Modèle pour l'élaboration du Plan de gestion de la faune - Section B

Plan de gestion de la faune d l'aéroport

12. Buts et objectifs spécifiques

Le but du présent plan de gestion de la faune est d'assurer la sécurité des passagers et des équipages en réduisant les risques pour les aéronefs et les opérations aéroportuaires associés aux animaux présents sur le terrain de l'aéroport et dans les environs.

La partie B vise à déterminer les techniques de gestion qui devront être mises en ouvre pour réduire les risques repérés dans la partie A du présent document.

Les objectifs spécifiques de la partie B sont les suivants :

  1. Déterminer et mettre en ouvre les mesures de gestion de la faune pour le terrain de l'aéroport.
  2. Établir les mesures requises pour les environs.
  3. Établir un programme de surveillance pour tous les aspects du plan de gestion de la faune, comprenant l'évaluation de la performance et la production de rapports annuels.
  4. Établir des procédures de communication concernant le péril faunique.
  5. Décrire le programme de formation, les rôles et les responsabilités.
  6. Établir les besoins en matière de recherche de façon à pouvoir améliorer le plan de gestion de la faune de l'aéroport XXX.

13. Survol des mesures de gestion de la faune possibles

Il existe divers outils et techniques pour réduire le péril faunique aux aéroports à un niveau acceptable. Les approches employées pour minimiser les risques d'impacts d'animaux graves aux aéroports sont les suivantes (d'après Jackson, 2001) :

  1. Manipulation des habitats et de l'accès à ces derniers à l'aéroport ou dans les environs (techniques dites passives);
  2. Éloignement, enlèvement ou exclusion des animaux du terrain de l'aéroport (techniques dites actives);
  3. Influence sur les décisions concernant les utilisations des terres autour de l'aéroport qui pourraient accroître les dangers pour les aéronefs;
  4. Élaboration de systèmes visant à avertir des risques d'impacts d'oiseaux;
  5. Mise au point d'aéronefs et de moteurs qui ne sont pas affectés par les impacts d'oiseaux.

Pour le présent plan de gestion de la faune, seules les trois premières approches sont à considérer.

Deux éléments sont essentiels au succès de tout programme de gestion de la faune : le facteur humain et la mise en place de systèmes de gestion de la sécurité (voir Transports Canada, 2001a), grâce auxquels on peut mieux mettre en ouvre les éléments suivants :

  • Engagement La gestion de la faune exige l'engagement de tous les niveaux, depuis la haute direction jusqu'au personnel technique de terrain. On doit veiller à ce que les outils disponibles soient utilisés efficacement.
  • Connaissance La connaissance des dangers et des risques et de ce qui doit être fait à quel moment et de quelle manière est essentielle au succès des activités de gestion de la faune.
  • Compétence On ne peut gérer efficacement la faune sans un personnel bien formé qui comprend la dynamique de la faune et peut trouver et bien appliquer les outils appropriés. Par exemple, on doit pouvoir prévoir les effets des mesures prises pour une espèce donnée sur l'abondance d'une autre espèce.

Dans la présente section, deux tableaux donnent un aperçu des diverses techniques de gestion de la faune existantes, tirées principalement du Manuel de maîtrise de la faune (Transports Canada, 2002). Le Manuel fournit beaucoup plus de détails sur ces techniques et devrait être consulté directement. Cependant, elles sont présentées ici pour qu'elles puissent être considérées au regard des dangers et risques repérés au présent aéroport. Il est important de rattacher les mesures de gestion à l'évaluation des dangers et des risques, qui a fixé les priorités en matière de gestion de la faune pour l'aéroport.

Les méthodes actives visent principalement le terrain de l'aéroport. Par ailleurs, des techniques additionnelles peuvent être employées pour régler certains problèmes particuliers existant en dehors de l'aéroport (p. ex. installation de fils aériens au-dessus des décharges en exploitation).

13.1 Techniques passives

Ces techniques sont généralement celles qui altèrent le milieu ou bloquent de façon permanente l'accès de la faune aux lieux visés (tableau 13). Les gestionnaires de la faune expérimentés savent très bien que les mesures prises pour exclure une espèce donnée (p. ex. herbes courtes) attireront inévitablement une autre espèce. En matière d'altération du milieu, il y a un grand principe à respecter : il faut réduire au minimum la diversité des habitats. Plus les habitats sont divers, plus il y aura d'espèces animales. Il peut être plus facile de gérer un groupe restreint d'espèces qu'une mosaïque d'espèces attirées par une diversité d'habitats au fil des saisons.

Tableau 13. Techniques passives de gestion de la faune

Exemples Approches suggérées (voir le Manuel de
maîtrise de la faune
pour plus de détails)
Terres cultivées • Aucune à moins de 365 m d'une piste • Seulement foin, luzerne, lin, soja, seigle d'automne, blé, orge et autres céréales sauf le maïs et l'avoine • Labour : labour et travaux de récolte seulement le soir; diverses autres mesures touchant les récoltes, comme ne pas laisser de bottes dans les champs
Herbes • Gérer la hauteur des herbes selon les espèces présentant un danger à l'aéroport • Gestion adaptative fondée sur des manipulations expérimentales à chaque aéroport • Éviter la production de graines, enlever les tiges porte-graines
Bâtiments • Boucher les trous et crevasses (grillages, filets ou autres) • Influer sur la conception des nouveaux bâtiments, corniches inclinées • Bandes hérisson, dispositifs électrifiés, produit de calfeutrage visqueux
Eaux libres, étangs, fossés, bassins d'eaux pluviales, zones mal drainées • Drainer, améliorer le drainage • Remblayer, installer des fils aériens ou des filets, BirdBallsMD • Accentuer fortement les pentes, enlever la végétation • Piéger les mammifères (p. ex. castor et rat musqué)
Arbustes, arbres, broussailles, haies, boisés • Couper tous les étages de végétation • Réduire la biodiversité, les niches écologiques
Perchoirs potentiels dans l'entrepiste • Enlever les perchoirs potentiels • Y installer des pointes acérées au besoin
Déchets entreposés • Tous les contenants à déchets doivent être à l'épreuve des animaux • Aucune décharge sur le terrain de l'aéroport
Aires de pique-nique • Panneaux d'avertissement • Fournir des contenants à déchets à l'épreuve des animaux
Tous les autres milieux, pourtour de l'aérodrome • Clôture en grillage à mailles losangées en acier galvanisé, clôture à mailles nouées haute résistance • Clôture ElectroBraidMD • Clôtures enfouies • Barrières à sens unique, barrières à bestiaux
Aéronefs • Veiller à ce que les oiseaux ne nichent pas dans les aéronefs stationnés (période habituelle de nidification au Canada : du 1er avril au 30 juillet)

13.2 Techniques actives

Les techniques actives se répartissent en deux grands sous-groupes, soit :

  1. les techniques de dispersion (répulsifs, enregistrements, fauconnerie, etc.);
  2. les techniques d'enlèvement (piégeage non létal, abattage).

Le tableau 14 indique aussi l'efficacité relative des diverses techniques. Nombre de ces techniques sont efficaces quand elles sont utilisées dans le cadre d'un programme intégré (p. ex. enregistrements de cris de détresse), mais peuvent être très peu efficaces quand elles sont mal employées. Par exemple, les oiseaux s'habituent facilement aux enregistrements en l'absence d'autres techniques de gestion.

Comme les espèces fauniques s'habituent souvent aux menaces non létales en quelques semaines, à long terme, les techniques de dispersion sont rarement efficaces à moins que l'espèce visée se trouve exposée à une menace claire et pressante (p. ex. un chien, un rapace ou un coup réel - non enregistré - d'arme à feu). Le défi est donc de maintenir les animaux dans le doute quant au caractère réel ou factice des menaces.

Tableau 14. Techniques actives de gestion de la faune

Techniques Principales cibles Efficacité potentielle dans le cadre d'un programme intégré
Non létales Pièces pyrotechniques Oiseaux, certains mammifères Élevée
Canons à gaz Oiseaux, surtout les migrateurs Modérée
Marrons d'air Oiseaux planeurs (p. ex. goélands) Élevée
Lasers Oiseaux, particulièrement dans leurs lieux de repos Modérée
Fauconnerie Oiseaux Élevée
Border Collies (chiens) Oiseaux, certains mammifères Élevée à modérée
Piégeage (non létal) Oiseaux, certains mammifères Faible à modérée
Irritants chimiques Oiseaux Faible
Enregistrement de cris de détresse - système à distance Oiseaux Faible à modérée
Enregistrement - système mobile Oiseaux Modérée à élevée
Drapeaux et banderoles Oiseaux Faible à modérée
Oiseaux morts (répliques ou spécimens réels) Oiseaux Modérée
Répulsifs chimiques comportementaux Oiseaux, mammifères (sur les câbles) Modérée
Avions miniatures téléguidés Oiseaux Faible (peut être plus élevée)
Létales Piégeage (létal) Certains mammifères Faible
Produits chimiques létaux Oiseaux dans les bâtiments, mammifères Élevée à modérée
Bénomyl/Tersan (fongicide) Homologué pour le soin des gazons, mais permet de tuer les vers de terre Modérée
Balayage des vers de terre Vers de terre sur les surfaces dures Modérée à élevée
Vaporisation de surfactants mélangés à de l'eau Oiseaux dans leurs lieux de repos Modérée
Mise à mort par armes à feu Oiseaux, certains mammifères Élevée

Les avantages et inconvénients de chacune de ces techniques et de leurs diverses formes sont traités dans le Manuel de maîtrise de la faune (Transports Canada, 2002b) et dans la Circulaire de la Sécurité des aérodromes 98-004- TP 13029 - Évaluation de l'efficacité des produits et des techniques utilisés pour la lutte contre le péril aviaire aux aéroports.

13.3 Armes à feu

L'utilisation des armes à feu est très réglementée et exige des permis spéciaux. Une formation spéciale est exigée pour les utiliser dans les aérodromes et à proximité.

De plus, pour utiliser des armes à feu au Canada (p. ex. un fusil, mais pas un lance-fusées pyrotechnique classique), on doit être titulaire d'un permis de possession et d'acquisition. Ceux qui veulent obtenir ce permis doivent suivre le Cours canadien de sécurité dans le maniement des armes à feu. Un certificat d'enregistrement est aussi exigé pour chaque arme à feu, certificat qui indique à qui l'arme appartient. On trouvera des renseignements supplémentaires à ce sujet à l'adresse http://www.cfc-ccaf.gc.ca/default_f.asp.

Quand on utilise des armes à feu, les douilles vides doivent être ramassées; elles peuvent causer de graves dommages quand elles sont aspirées dans les moteurs des aéronefs à turbines.

13.4 Autres permis requis

Le personnel de gestion de la faune doit s'assurer de détenir les permis requis avant d'entreprendre ses activités.

Oiseaux migrateurs - Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs

Les dispositions réglementaires de cette loi protègent la plupart des espèces d'oiseaux, dont les goélands (mais pas, par exemple les corneilles et les Ictéridés), et des permis sont requis pour l'effarouchement actif de même que pour l'abattage de ces oiseaux. On doit donc demander un permis d'effarouchement et un permis d'abattage. Dans la demande de permis d'abattage, on doit justifier clairement la nécessité d'un tel permis et expliquer l'utilisation limitée qui en sera faite et la manière dont les moyens de lutte létaux de renforcement et les divers répulsifs seront utilisés. Les permis sont délivrés par [Insérer le nom du bureau local du SCF].

Règlements provinciaux et territoriaux

Les règlements provinciaux et territoriaux peuvent exiger un permis pour petit gibier ou d'autres permis semblables pour la chasse ou le piégeage des corneilles, de certains Ictéridés et de la plupart des mammifères. En Ontario, par exemple, tout détenteur de permis doit aussi détenir une Carte Plein air (version chasse), suivre un cours d'éducation des chasseurs et réussir l'examen du permis de chasse. On trouvera plus de renseignements sur la réglementation ontarienne à l'adresse http://www.mnr.gov.on.ca/MRN/pubmenu.html. L'utilisation de certains produits chimiques peut aussi être réglementée; on doit consulter les règlements provinciaux et territoriaux. [Insérer les règlements provinciaux et territoriaux pertinents ici.]

Règlements locaux - décharge d'armes à feu

De nombreuses municipalités urbaines et suburbaines ont des règlements limitant l'utilisation des armes à feu. Il peut donc être nécessaire de demander aux autorités locales une exemption pour gestion de la faune [Déterminer les règlements pertinents et les insérer ici.]

13.5 À l'extérieur de l'aérodrome

La plupart des activités de gestion de la faune décrites dans le présent plan se dérouleront à l'intérieur des limites de l'aéroport, où la plupart des impacts d'animaux se produisent, mais on porte de plus en plus attention aux environs immédiats, qui constituent une source majeure d'espèces fauniques pouvant fréquenter le terrain de l'aéroport ou passer dans des zones où elles présentent un danger pour les aéronefs.

Dans certaines circonstances, les aéroports peuvent étendre leurs mesures de gestion actives ou passives au delà des limites de leur terrain. Cependant, on recourt plutôt habituellement aux mécanismes suivants pour influer sur les utilisations des terres à l'extérieur des limites des aéroports : réglementation, information, éducation (programme de sensibilisation au péril faunique), discussion et persuasion. Les approches suivantes peuvent être employées pour influer sur les activités existant à l'extérieur de l'aéroport.

Règlements sur le zonage des aéroports

Des règlements sur le zonage des aéroports, passés en vertu du paragraphe 5.4(2) de la Loi sur l'aéronautique, peuvent être adoptés pour interdire des utilisations des terres jugées dangereuses pour les aéronefs. En juillet 2004, les règlements de zonage de 55 aéroports canadiens renfermaient une disposition concernant l'élimination des déchets.

Planificateurs

La participation au processus de planification locale est essentielle si l'on veut influer sur les changements dans les utilisations des terres entourant l'aéroport. L'exploitant de l'aéroport peut discuter avec les planificateurs, fournir de la documentation et des exemplaires du plan de gestion de la faune de l'aéroport et faire environ tous les deux ans une présentation sur les questions d'utilisation des terres affectant l'aéroport. Il est important de maintenir ces informations à jour et de joindre tous les responsables de la planification (dans le cas où la zone d'influence de l'aéroport chevauche deux territoires administratifs ou quand l'autorité de planification comptent plusieurs instances). Dans certains cas, les plans officiels locaux indiquent aux demandeurs de consulter les gestionnaires de l'aéroport quand certains changements dans les utilisations des terres sont proposés à proximité de l'aéroport.

Administration locale

Pour influer sur les demandes futures de changement dans l'utilisation des terres, il est important de faire occasionnellement une présentation sur les problèmes aéroportuaires liés à la faune au conseil local, municipal ou régional. Nombre de promoteurs essaient de tâter le pouls des politiciens locaux avant de se lancer dans l'élaboration détaillée d'un projet de développement. Le fait que les problèmes associés à la faune soient connus le plus tôt possible favorisera la prise de décisions bénéfiques.

Utilisateurs des terres

Les utilisateurs des terres entourant l'aéroport peuvent être invités à dialoguer avec les autorités de l'aéroport. Un tel dialogue peut s'avérer plus facile avec les propriétaires qui ont des liens directs avec l'aéroport (p. ex. un agriculteur local dont une partie des cultures se trouve sur le terrain de l'aéroport). Le dialogue est toutefois aussi possible avec les autres utilisateurs des terres. On pourrait par exemple commencer par tenir une journée portes ouvertes pour discuter du péril faunique, de la sécurité, des éventuelles questions de responsabilité, de ce que les utilisateurs des terres peuvent faire pour aider et de la manière dont l'aéroport peut de son côté aider ces derniers. Si des problèmes spécifiques apparaissent, il pourrait s'avérer nécessaire d'entrer en contact avec les utilisateurs des terres concernés.

Organismes de réglementation

Les organismes de réglementation peuvent influer sur une grande variété de projets, depuis la création d'habitats fauniques jusqu'à la construction d'installations de gestion des eaux pluviales. Quand, par manque d'information, ces organismes ne tiennent pas compte des problèmes de péril faunique dans leur réglementation, les demandes relatives à la protection des aéronefs contre les impacts d'animaux peuvent être problématiques pour les promoteurs dont les projets entraîneraient des changements dans l'utilisation des terres. Les organismes qui doivent régulièrement être tenus au courant des problèmes de péril faunique aux aéroports comprennent les autorités fédérales, provinciales et municipales, comme le ministère fédéral des Pêches et des Océans, les ministères provinciaux responsables du patrimoine naturel, des terres et des eaux et les offices de protection de la nature (ou tout autre organisme touchant à la réglementation concernant les inondations et le remblayage).

Organismes non gouvernementaux (ONG)

Certains des plus importants ONG nationaux ou provinciaux impliqués dans la création d'habitats pourraient être invités à faire partie d'un groupe d'intéressés (p. ex. Canards illimités Canada). De même, d'autres organismes, comme des clubs de naturalistes ou des sociétés de protection des animaux, pourraient devenir importantes pour l'aéroport si des mesures de lutte contre les animaux, particulièrement des mesures létales, sont prévues dans le plan de gestion de la faune. Étant donné qu'une opposition publique organisée pourrait influer sur l'obtention de certains permis, il est important que l'aéroport entretienne des rapports avec ces groupes s'il y a lieu.

Dans certaines circonstances, l'aéroport peut avoir intérêt à mettre sur pied un comité d'intéressés (un « comité de gestion de la faune »), qui pourrait accroître la sensibilisation et l'appui aux mesures de gestion de la faune à l'aéroport.

14. Détermination des activités de gestion de la faune à l'aéroport XXX

La partie A du présent plan de gestion de la faune a présenté des informations détaillées sur :

  1. les mouvements des aéronefs et les types d'aéronefs;
  2. les espèces fauniques présentant un danger et leurs habitats et déplacements;
  3. l'évaluation des risques pour le présent aéroport.

Dans la partie B (sections 12 et 13), on a jusqu'ici traité des outils de gestion classiques qui peuvent être utilisés à l'intérieur et à l'extérieur du terrain de l'aéroport. Dans les sections qui suivent, on traitera des activités de gestion visant à enlever ou à gérer les espèces fauniques présentant un danger et à atténuer les risques associés.

La présente section a été subdivisée en trois sous-sections : première priorité, deuxième priorité et troisième priorité. Les activités prévues ont été élaborées sur la base d'un examen des espèces problématiques, des éléments qui les attirent dans la zone à risque (tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'aérodrome) et des mesures prises contre les éléments attrayants (p. ex. herbes courtes, plans d'eau, petits mammifères ou vers proies) et les espèces elles-mêmes (p. ex. dispersion des goélands).

Il est important de noter que dans le cadre de l'amélioration continue de la gestion de la faune à l'aéroport, les activités n'ont pas à être toutes mises en ouvre dès le départ. Le présent plan vise à aider à établir les priorités de gestion. Des progrès seront réalisés dans le courant des prochaines années en ce qui a trait à l'atteinte des objectifs du plan, qui seront revus de temps en temps.

[Les sous-sections suivantes devront être élaborées à partir de l'information présentée précédemment dans le présent document. On donne ici des exemples fictifs, deux pour la première priorité, un pour la deuxième priorité et également un pour la troisième priorité. Vous devrez mettre à la place de ces exemples les éléments pertinents pour votre aéroport. À noter que les techniques les plus efficaces sont répertoriées dans le Manuel de maîtrise de la faune (TP11500; Transports Canada, 2002)].

14.1 Première priorité

Bernache du Canada

Cote maximale de risque aéroportuaire : risque modéré
Priorité de gestion : élevée

Sommaire :

On a attribué aux bernaches du Canada une priorité élevée parce qu'elles sont souvent vues à l'aéroport et peuvent croiser au vol les couloirs d'approche durant l'après-midi tandis qu'elles se dirigent vers un tronçon de la rivière XYZ qu'elles fréquentent souvent. Les bernaches s'alimentent occasionnellement dans l'herbe courte de l'aéroport et tentent chaque année de nidifier aux étangs. Il s'agit d'un oiseau de grande taille qui forme des groupes et dont le vol est relativement lent. L'espèce est généralement présente de mars à décembre.

Les mesures suivantes seront prises :

  1. Une politique de tolérance zéro sera mise en oeuvre pour les bernaches à l'aéroport.
  2. Les étangs du terrain de l'aéroport seront remblayés dans la mesure du possible.
  3. Des fils aériens seront installés au-dessus des bassins nécessaires pour la gestion des eaux pluviales.
  4. Dans les aménagements de drainage futurs, on s'efforcera de réduire au minimum l'habitat de la sauvagine (rives abruptes [4 pour 1], surfaces dures en bordure et absence de végétation si possible); des conduites devraient être utilisées si possible.
  5. La végétation palustre associée aux éléments de drainage sera coupée et son étendue sera réduite au minimum.
  6. Les herbes des zones humides du terrain de l'aéroport qui ne peuvent être coupées par les moyens traditionnels seront maintenues à une hauteur de 30 à 50 cm.
  7. On n'utilisera pas d'engrais dans les zones d'herbe courte.
  8. Les bernaches locales présentes à l'aéroport seront abattues en mars pour empêcher la nidification et à l'automne pour renforcer les répulsifs.
  9. Des pièces pyrotechniques (renforcées par des tirs réels de fusil) seront systématiquement utilisées quand des bernaches seront aperçues durant les patrouilles fauniques ou signalées par le personnel ou les pilotes. Des patrouilles visant spécifiquement les bernaches seront accrues en avril et tout particulièrement en août, quand les bernaches commencent à réapparaître à l'aéroport après leur période de sédentarité.
  10. Une présentation PowerPointMD de sensibilisation au péril aviaire sera élaborée pour les bernaches.
  11. On présentera ce document PowerPointMD aux entités suivantes : a) la municipalité locale, afin obtenir de l'aide relativement à la gestion du bassin d'eaux pluviales se trouvant en bordure de la route régionale 28 (figure 3 - partie A) et des effectifs régionaux de bernaches de façon générale; b) le golf adjacent, pour voir s'il y a intérêt partagé pour la gestion des bernaches; c) la communauté des fermiers locaux, pour encourager le déchaumage et éviter les cultures céréalières, si possible.

On ne veut pas pour le moment employer une technique de gestion favorisant les herbacées autres que graminées et graminoïdes (soit les herbacées à feuilles larges), étant donné que cela pourrait attirer les petits mammifères, les lièvres d'Europe, les cerfs de Virginie et les rapaces.

Goéland à bec cerclé

Cote maximale de risque aéroportuaire : risque modéré
Priorité de gestion : élevée

Sommaire :

On a attribué à cette espèce une priorité élevée parce qu'elle est souvent vue à l'aéroport, se nourrit de vers et se repose sur la piste. Il s'agit d'un oiseau de taille moyenne qui forme des groupes et dont le vol est relativement lent. L'espèce est présente toute l'année, les effectifs étant plus élevés à l'automne et au début de l'hiver. Les goélands à bec cerclé peuvent croiser au vol les couloirs d'approche des aéronefs lors de leurs déplacements entre la décharge et d'autres éléments attrayants, vers la ville le long de la rivière XYZ, ou encore entre la ville et le lac XZY (lieu de repos saisonnier potentiel). On ne connaît pas avec certitude les lignes de vol de l'espèce et les risques potentiels qu'elle présente en raison d'un manque de données. Il y a déjà eu à l'aéroport un impact grave avec une espèce de goéland non identifiée.

Les mesures suivantes seront prises :

  1. Au printemps et à l'automne, on procédera au balayage mécanique de la piste et des voies de circulation après les pluies qui y font apparaître les vers en grand nombre.
  2. De façon générale, la hauteur des herbes courtes à l'aéroport sera accrue à 12 cm idéalement, ces herbes ne devant jamais être coupées à une hauteur de moins de 9 cm.
  3. Les petits étangs de l'aéroport seront éliminés ou recouverts de fils aériens.
  4. Les goélands feront l'objet d'un abattage sélectif à l'aéroport pour renforcer les répulsifs.
  5. Des pièces pyrotechniques et des marrons d'air (renforcés avec des tirs réels de fusil) seront toujours utilisés quand des goélands seront aperçus durant les patrouilles fauniques. Les patrouilles visant spécifiquement les goélands seront accrues quand la surveillance montrera une plus forte présence de l'espèce à l'aéroport.
  6. Tous les contenants à déchets de l'aéroport seront à l'épreuve des animaux.
  7. La politique de l'aéroport interdisant au personnel et aux visiteurs de nourrir les animaux sera affichée et appliquée.
  8. Un document PowerPointMD de sensibilisation au péril aviaire sera élaboré pour les goélands et présenté aux entités suivantes : a) l'exploitant de la décharge, avec la demande que cette exploitation prépare un plan de gestion des goélands (les questions de sécurité et de responsabilité seront soulignées); b)  la communauté des fermiers locaux, principalement les deux points chauds, afin d'encourager le labour de soir.
  9. Si elle le juge nécessaire, l'aéroport demandera officiellement une évaluation des risques associés aux goélands, en faisant valoir les inquiétudes quant à la sécurité. L'aéroport demandera aussi d'être consultée dans tout processus de certification concernant la décharge.

14.2 Deuxième priorité

Cerf de Virginie

Cote maximale de risque aéroportuaire : risque modéré
Priorité de gestion : modérée

Sommaire :

On a attribué à cette espèce une priorité modérée, plutôt qu'élevée, parce que l'installation de la clôture ElectroBraidMD a réduit les observations de cerfs de 90 % à l'aéroport. Les collisions entre aéronefs et cerfs causent des dommages importants. Ces animaux sont aussi particulièrement actifs à l'aube et au crépuscule et la nuit, quand la faible luminosité les rend difficiles à voir. Ils fréquentent les étangs, particulièrement en été, de même que les zones à herbacées hautes; ils traversent souvent le secteur de l'aéroport. On en voit rarement ou pas du tout durant les hivers normaux.

Les mesures suivantes seront prises :

  1. On continuera d'appliquer la politique de tolérance zéro pour les cerfs.
  2. La clôture ElectroBraidMD sera inspectée une fois par jour et réparée au besoin; on portera une attention particulière aux endroits où la clôture traverse les plans d'eau.
  3. Une fois par semaine durant la saison de végétation, la végétation sera coupée tout le long de la clôture électrique pour prévenir les courts-circuits.
  4. On surveillera les problèmes que peut causer la neige abondante et des mesures appropriées seront prises; on pourrait par exemple éteindre un ou deux fils, ou encore la clôture entière à moins que des empreintes trahissent la présence de cerfs.
  5. Les herbes hautes seront maintenues à une hauteur n'excédant pas 50 cm.
  6. Les petits étangs de l'aéroport seront éliminés ou recouverts de fils aériens.

14.3 Troisième priorité

Coyote

Cote maximale de risque aéroportuaire : risque faible
Priorité de gestion : faible

Sommaire :

On a attribué à cette espèce une priorité faible, plutôt que modérée, parce qu'il semble que seulement un ou deux couples fréquentent le secteur. De plus, les coyotes déplacent les renards roux et limitent les populations de diverses autres espèces pouvant présenter un danger, comme le lièvre d'Europe, le pluvier kildir et la sauvagine nicheuse, ainsi que celles de proies des rapaces (p. ex. les campagnols); ils peuvent aussi éloigner les cerfs de Virginie. Tout bien considéré, on ne prévoit pas mener une lutte active contre les coyotes pour le moment, sauf si des terriers sont trouvés sur le terrain de l'aéroport; toutefois, cette décision pourrait être reconsidérée si l'espèce montre une hausse d'effectifs ou un changement dans ses comportements.

Les mesures suivantes seront prises :

  1. On surveillera de près s'il y a changement dans les effectifs ou les comportements de l'espèce.
  2. Tout terrier de coyote présent sur le terrain de l'aéroport sera éliminé au début de l'été pour réduire le risque que de jeunes coyotes inexpérimentés se promènent côté piste.

15. Surveillance

La surveillance joue un rôle essentiel dans la gestion de la faune. Elle fournit à l'agent responsable de la gestion de la faune de l'information qui lui permet d'adapter le programme aux changements dans les dangers et les risques. De plus, les résultats de la surveillance permettent de démontrer aux autorités de réglementation et à d'autres intéressés ce que l'aéroport a fait pour réduire les risques et assurer la sécurité de son personnel et des voyageurs. Cela peut être particulièrement important en cas de litige.

15.1 Registre quotidien des activités de gestion de la faune

Pour assurer le succès du programme de surveillance, on doit en premier lieu tenir un registre quotidien précis des activités. Pour ce faire, on obtiendra les meilleurs résultats en utilisant un logiciel spécialement conçu à cette fin. On peut se procurer ce type de logiciel auprès de plusieurs fournisseurs (voir la section K.3 du Manuel de maîtrise de la faune). Le présent aéroport achètera un logiciel pour consigner (pour toutes les espèces cibles mentionnées dans le présent plan) les données standard suggérées par Transports Canada dans le modèle de formulaire de terrain proposé dans le Manuel, soit : la date, les heures de début et de fin, les espèces et leurs effectifs, les activités de maîtrise de la faune, les détails des mesures létales, les résultats et évaluations, les lieux où se trouvent les animaux, les conditions météorologiques, le personnel et autres informations pertinentes.

15.2 Sommaire mensuel

À la fin de chaque mois, un sommaire écrit, établi à l'intérieur du registre quotidien, fera état de tout changement dans l'environnement et de toute condition inhabituelle pouvant avoir donné lieu ou pouvant donné lieu à des situations inhabituelles quant au péril faunique ou encore à des changements dans l'évaluation des risques.

Ce sommaire traitera également des interactions entre animaux pour aider à déterminer les changements devant éventuellement être apportés au plan de gestion de la faune. Par exemple, on devrait noter tout cas où la réussite dans la gestion d'une espèce donnée entraîne une forte hausse des effectifs d'une autre espèce, même si les preuves sont circonstancielles ou anecdotiques. Le jugement des agents de gestion de la faune ayant l'expérience du terrain sera pris en considération avec attention.

Le sommaire mensuel permet aussi de consigner dans un document facilement accessible toute nouvelle information concernant les politiques, les nouvelles lois, les changements dans le statut des espèces rares présentes à l'aéroport, les programmes de formation ou les examens de la gestion.

15.3 Impacts d'animaux

La réglementation exige maintenant que les directions des aéroports signalent tous les impacts d'animaux à Transports Canada quand il se produisent ou de présenter pour le 1er mars de l'année suivante un rapport annuel décrivant tous les impacts d'animaux. [Indiquer ici la procédure que le présent aéroport suivra.]

Pour signaler un impact d'animal, on peut utiliser le formulaire de Transports Canada intitulé Rapport d'impact d'oiseau / de mammifère, disponible en ligne à l'adresse suivante :

http://wwwapps.tc.gc.ca/Saf-Sec-Sur/2/bsis/s_r.aspx?lang=fra

Toutes les informations que possède l'exploitant de l'aéroport sous les rubriques figurant dans le formulaire doivent être fournies. Si les données sur les impacts d'animaux deviennent des sources d'information de plus en plus fiables, elles faciliteront l'évaluation des risques au présent aéroport et les futures mises à jour du présent plan de gestion de la faune.

Selon Transports Canada, un impact d'animal est reconnu s'être produit lorsque :

  1. un pilote rapporte un impact d'animal;
  2. une personne chargée de la maintenance des aéronefs détermine qu'un aéronef a été endommagé par un impact d'animal;
  3. un membre du personnel au sol déclare avoir vu un aéronef entrer en collision avec un ou plusieurs animaux;
  4. des restes d'animal, complets ou partiels, sont trouvés sur l'aire pavée côté piste ou à une distance de 200 pieds de la ligne médiane d'une piste, à moins qu'une autre cause puisse expliquer la mort de l'animal.

Les données sur les impacts seront versées dans la base de données sur la gestion de la faune suivant les champs de données établis (vois l'annexe 3 du Manuel de maîtrise de la faune). Le logiciel mentionné à la section précédente comprend une fenêtre de saisie de données pour les impacts d'animaux.

Au présent aéroport, on notera durant des patrouilles fauniques régulières tout animal frappé trouvé mort à moins de 200 m de la ligne médiane de la piste. On notera aussi tous les restes d'animaux jugés comme n'ayant pas été frappés avant de les enlever.

Quand il y a incertitude en ce qui concerne l'identité des restes d'animaux frappés, des parties des restes seront conservées pour identification. Après prise d'une photographie numérique pour le registre de gestion de la faune, les restes (p. ex. os, fourrure, plumes de différents types, bec et pattes, mais pas de tissus mous) seront placés dans des sacs à fermeture par pression et glissière (sacs « ziplock »). Comme les spécialistes peuvent pouvoir identifier un oiseau à partir d'une seule petite plume, les restes, même s'ils paraissent non identifiables, doivent être récupérés. Les spécimens de restes peuvent être envoyés par courrier à : Ms. Carla J. Dove, Division of Birds, Smithsonian Institution PO Box 37012 National Museum of Natural History Room E 607 MRC 116 Washington, DC 20013-7012 USA. (courriel : dove.carla@nmnh.si.edu). Le formulaire d'identification des espèces est affiché à l'adresse :

http://www.tc.gc.ca/fra/aviationcivile/opssvs/opsnationales-verinspsur-programme-circulairessecurite-especesident-874.htm

Les agents de gestion de la faune pourraient aussi recueillir les animaux frappés, identifiés ou non, pour éventuellement tirer de leurs contenus stomacaux ou de leur âge des renseignements utiles (p. ex.  les sources d'aliments qui ont attiré les oiseaux à l'aéroport).

En plus des études, recherches ou autres nouvelles informations, le registre quotidien de gestion de la faune et les sommaires mensuels seront examinés soigneusement pour en tirer des informations utiles pour les mises à jour biennales du présent plan de gestion de la faune.

16. Établissement d'indicateurs de performance et auto-évaluation

L'établissement d'indicateurs de performance est essentiel pour aider à établir ce qui doit être amélioré ou modifié. Les indicateurs de performance sont aussi très nécessaires du fait que les mesures prises pour réduire le danger associé à une espèce donnée donneront nécessairement lieu à des conditions plus favorables pour d'autres espèces. Quand ce type d'effets non voulus entraînent un accroissement des risques, on doit pouvoir le déceler et prendre les mesures qui s'imposent.

Dans le présent plan, les sept principales mesures de la performance sont les suivantes :

  1. nombre d'impacts d'animaux;
  2. taux d'impacts;
  3. dommages associés aux impacts;
  4. évaluations du danger par espèce;
  5. commentaires des utilisateurs de l'aéroport;
  6. cotes de risque pour l'aéroport;
  7. application des mesures recommandées dans le plan.

Les données sur les impacts seront tirées du programme de surveillance et du rapport annuel sur les impacts devant être présenté au Ministre au plus tard le 1er mars de l'année suivante. L'aéroport veut réduire le nombre d'impacts quel que soit le volume de circulation aérienne, mais comme la probabilité d'impacts augmente avec l'accroissement de la circulation aérienne, on mesurera aussi le taux d'impacts par 10 000 mouvements d'aéronefs. On prendra aussi en considération les dommages causés par les impacts, une moins grande attention pouvant être accordée aux impacts entraînant peu ou pas de dommages.

L'évaluation des dangers et des risques sera mise à jour et comparée aux évaluations précédentes dans le plan de gestion de la faune à tous les deux ans (ou plus tôt si un changement important dans les dangers ou les risques est noté). Toute modification sera expliquée.

On recueillera les commentaires des utilisateurs de l'aéroport à temps pour chaque mise à jour biennale; cela aidera à déterminer si le programme de gestion de la faune répond bien à leurs besoins.

Le dernier élément mesuré est le niveau d'application des mesures prévues dans le plan. Une liste des mesures est présentée à la section 17; elle sera mise sous forme de tableau pour la mise à jour du plan de gestion de la faune, tableau dans lequel sera noté le niveau d'application des mesures proposées.

L'ensemble de ces sept mesures permettra d'évaluer objectivement et efficacement le plan de gestion de la faune du présent aéroport.

17. Sommaire des activités et mesures de gestion de la faune

Plusieurs des techniques de gestion ont été répétées dans les sections précédentes; on a vu par exemple que l'élimination d'un élément de l'habitat tel qu'un étang réduira le danger et le risque associés à plusieurs groupes d'espèces (p. ex. oies, canards et Ictéridés).

On présente ici un sommaire des activités et des diverses exigences, comme les permis requis.

[Dresser la liste de toutes les mesures proposées et des éléments nécessaires pour mettre en oeuvre ces mesures, comme les permis et les équipements. Il s'agit ici d'exemples qui devront être remplacés par les activités prévues pour le présent aéroport.]

Mesures passives

  1. On visera à accroître la hauteur des herbes courtes à 12 cm, en veillant en outre à ne jamais les couper à une hauteur de moins de 9 cm (sauf là où on doit maintenir les herbes plus courtes pour les aides à la navigation et les zones de drainage).
  2. On maintiendra la hauteur des herbes hautes entre 30 et 50 cm.
  3. On réduira au minimum les zones dénudées non végétalisées.
  4. On s'efforcera de couper les herbes courtes et les herbes hautes avant l'apparition des graines et à la fin de l'automne pour enlever les grandes tiges porte-graines.
  5. On élaborera un plan de gestion des herbes visant à réduire l'abondance des herbacées autres que graminées et graminoïdes (soit des herbacées à feuilles larges) et à favoriser une bonne croissance des herbes sans utilisation d'engrais. On examinera quelle technologie pourrait être utilisée dans les herbes pour éliminer les tiges porte-graines.
  6. On s'efforcera de trouver une méthode de coupe pour les herbes hautes en terrain humide.
  7. On coupera et réduira au minimum la végétation palustre associée aux éléments de drainage.
  8. On coupera la végétation le long de la clôture ElectroBraidMD au besoin, et la clôture sera inspectée quotidiennement.
  9. On surveillera les problèmes que peut causer la neige abondante et des mesures appropriées seront prises; on pourrait par exemple éteindre un ou deux fils, ou encore la clôture entière à moins que des empreintes trahissent la présence de cerfs.
  10. On veillera à ce que les éléments de drainage, s'ils sont retravaillés, aient des côtés de pente 4 pour 1 et des bords préférablement en matériaux durs; on utilisera des conduites si possible.
  11. Toute culture sera exclue de l'aéroport.
  12. On profitera des travaux de développement de l'aéroport pour faire remblayer les étangs du terrain de l'aéroport.
  13. On installera des fils aériens au-dessus des bassins nécessaires à la gestion des eaux pluviales.
  14. On veillera à ce que les futurs exutoires d'eaux pluviales soient à l'épreuve des castors.
  15. On demandera aux agriculteurs locaux s'ils peuvent labourer le soir.
  16. On veillera à ce que tous les contenants à déchets soient à l'épreuve des animaux.
  17. On affichera et mettra en oeuvre une politique interdisant au personnel et aux visiteurs de nourrir les animaux à l'aéroport.
  18. On grillagera les corniches favorables à la nidification des pigeons bisets pour freiner leur reproduction à l'aéroport.
  19. On repérera et comblera ou recouvrira sur les bâtiments toute ouverture empruntable par les étourneaux, les pigeons bisets et les hirondelles.
  20. On éliminera les arbres produisant des graines comestibles (p. ex. érables, chênes et hêtres) aperçus.

Mesures actives

  1. On effectuera des patrouilles fauniques à intervalles irréguliers durant les périodes où l'aéroport est ouvert.
  2. On balayera la piste et les voies de circulation au printemps et à l'automne après les émergences massives de vers de terre.
  3. On tirera sélectivement au fusil sur les goélands et mouettes à l'aéroport pour renforcer les répulsifs.
  4. On tirera au fusil sur les oies et bernaches en mars et à l'automne au besoin à titre de répulsif.
  5. On pourra tirer au fusil sur les canards colverts en avril pour les empêcher de nidifier.
  6. On recherchera les nids de bernache du Canada, de canard colvert, de pluvier kildir, d'hirondelle rustique et d'hirondelle à front blanc durant leur saison de nidification (au moins deux fois par saison pour chaque espèce ) afin de détruire ces nids.
  7. On appliquera un programme d'appâtage printanier pour tuer les pigeons bisets qui nichent à l'aéroport, le cas échéant.
  8. Les patrouilles fauniques compteront tout animal mort se trouvant à moins de 200 m de la piste comme un cas de collision avec un aéronef.
  9. Les patrouilles fauniques photographieront tout animal frappé et, au besoin, recueilleront dans un sac des spécimens de restes pour identification par des spécialistes.
  10. Toute carcasse trouvée à l'aéroport ou la route adjacente sera notée et enlevée par les patrouilles fauniques, puis éliminée d'une manière qui la rende inaccessible aux charognards.
  11. Les patrouilles fauniques inspecteront la clôture ElectroBraidMD quotidiennement, particulièrement aux éléments de drainage, et répareront rapidement les bris.
  12. Les patrouilles fauniques vérifieront chaque semaine si des castors sont présents, d'avril à novembre.
  13. Si des castors sont détectés, on procédera immédiatement à leur piégeage. On enlèvera complètement leurs huttes et barrages.
  14. On utilisera toujours des pièces pyrotechniques et des marrons d'air (renforcés avec des tirs réels de fusil au besoin) quand des espèces présentant un risque élevé ou modéré seront vues durant les patrouilles fauniques.
  15. Les patrouilles fauniques seront accrues en avril et en août ou quand la surveillance indiquera une fréquentation accrue du terrain de l'aéroport par les goélands et mouettes.
  16. Des patrouilles fauniques seront effectuées avant les vols MEDIVAC, ou quand des vols de nuit sont prévus, dans la mesure où il y a préavis et disponibilité de personnel.
  17. On détruira en été les terriers fréquentés par des coyotes sur le terrain de l'aéroport.
  18. On ira porter les chélydres serpentines trouvées côté piste dans des milieux humides ou cours d'eau se trouvant à l'extérieur du terrain de l'aéroport.
  19. On encouragera la chasse au dindon sauvage et au cerf de Virginie à l'aéroport.

Autres

  1. On tiendra un registre quotidien de gestion de la faune en utilisant des feuilles de données de terrain préparées et un logiciel pour la compilation et l'analyse des données.
  2. On tiendra des sommaires mensuels à l'intérieur du registre de gestion de la faune.
  3. On présentera à Transports Canada un rapport annuel sur les impacts d'animaux pour le 1er  mars de l'année suivante.
  4. On élaborera un document PowerPointMD de sensibilisation au péril aviaire lié aux bernaches du Canada (incluant aussi les pigeons bisets et les canards) qui sera présenté au personnel municipal, au golf adjacent et aux agriculteurs locaux.
  5. On élaborera un document PowerPointMD de sensibilisation au péril aviaire lié aux goélands et mouettes (incluant les urubus à tête rouge) qui sera présenté au personnel de la ville et à l'exploitant de la décharge. On demandera à la décharge locale de participer à la gestion des goélands et mouettes.
  6. On préparera un document combiné de sensibilisation au péril faunique destiné à un public plus large (p. ex. administration locale).
  7. Le plan de gestion de la faune sera révisé et mis à jour avant [Indiquer la date dans deux ans.].

Équipements, contrats et permis

  1. On préparera une liste des équipements requis pour le plan de gestion de la faune.
  2. On aura besoin d'un outil approprié pour la coupe des longues herbes en terrain humide.
  3. On passera un contrat avec un spécialiste de la lutte contre les animaux nuisibles pour l'appâtage des pigeons (si des pigeons nichent à l'aéroport).
  4. On passera un contrat pour le piégeage des castors, aux termes duquel le contractuel devra agir dans les 48 heures suivant les demandes de piégeage.
  5. On achètera un logiciel pour la gestion de la faune et la compilation des impacts d'animaux.
  6. On mettra à jour les permis fédéraux d'armes à feu et les permis fédéraux d'abattage pour les oiseaux migrateurs en veillant à faire ajouter les espèces cibles additionnelles (permis d'abattage pour les goélands et mouettes, les bernaches et oies et les canards colverts, et permis de destruction des nids pour les pluviers kildirs, les canards colverts, les bernaches du Canada, les hirondelles rustiques et les hirondelles à front blanc).
  7. On mettra à jour les permis de chasse, de piégeage et d'abattage provinciaux et territoriaux.

18. Procédures de communication

[Établir en lieu et place de la liste de recommandations suivantes la liste convenant au présent aéroport.]

Les procédures de communication suivantes ont été établies aux fins de la gestion de la faune au présent aéroport.

  1. L'information sera communiquée directement par le personnel de terrain en poste au Service de la circulation aérienne (ATS) par contact radio.
  2. Le personnel de terrain aura la responsabilité de veiller à ce que l'information à jour sur la faune soit communiquée à l'ATS immédiatement en cas de situation d'urgence et de façon régulière selon les conditions existantes, ou à la demande de l'ATS. L'ATS communiquera aussi toute information relative à des observations de la faune au personnel de terrain en temps opportun.
  3. L'ATS fournira aux pilotes de l'information sur les dangers courants présentés par la faune et leur demandera de lui signaler (ou de signaler à l'installation UNICOM) toutes les observations d'animaux, particulièrement celles faites lors des déplacements à la surface.
  4. Les activités relatives à la faune seront régulièrement mises à jour dans le service automatique d'information de région terminale (ATIS) et/ou l'installation UNICOM.
  5. On versera toute information pertinente dans le Supplément de vol au Canada (SVC) pour avertir les pilotes de la présence d'animaux présentant un danger.

19. Programme de formation

Les dispositions réglementaires sur la planification et la gestion de la faune stipulent que doit être établi pour le plan de gestion de la faune un plan de formation conforme aux normes de l'aéroport. Selon ces dispositions réglementaires, il est essentiel et obligatoire que l'aéroport dispose d'un personnel bien formé pour mettre en ouvre le plan, réévaluer les risques et procéder aux mises à jour biennales du plan.

Seul un personnel qualifié disposant des outils, des connaissances et de la motivation nécessaires peut assurer une gestion de la faune efficace. Transports Canada a mis sur pied un programme de formation standard pour le personnel de gestion de la faune. Ce programme traite des points suivants :

  • nature et étendue du problème de la gestion de la faune;
  • réglementation, normes et directives;
  • écologie et biologie des principales espèces présentant un danger;
  • Manuel de maîtrise de la faune (TP 11500) et Un ciel à partager (TP 13549);
  • espèces en péril;
  • responsabilité;
  • gestion des habitats;
  • questions touchant les terres environnant l'aéroport;
  • gestion active;
  • techniques d'élimination;
  • sécurité en matière d'armes à feu (préalable : Cours canadien de sécurité dans le maniement des armes à feu);
  • planification de la gestion de la faune;
  • élaboration et mise en ouvre de programmes de sensibilisation;
  • surveillance;
  • registre et calendrier de formation.

En plus d'assurer une formation concernant le comportement animal et l'application des techniques de gestion dans le cadre du plan de gestion de la faune, il est essentiel de traiter des précautions de sécurité. À cet égard, on devra minimalement couvrir les points suivants :

  • utilisation et entreposage sécuritaires des pièces pyrotechniques;
  • utilisation, entreposage et entretien sécuritaires des lance-fusées pyrotechniques;
  • description et utilisation obligatoire de l'équipement de sécurité.

Le tableau suivant (tableau 15) dresse la liste des employés qui ont suivi le programme de formation ou sont appelés à le suivre.

Tableau 15. Programme de formation

Nom Responsabilité/
titre
A suivi le programme de formation Suivra le programme de formation d'ici
• Directeur de l'aéroport
• Agent de gestion de la faune (AGF)
• Directeur de service
• Remplaçant de l'AGF

20. Rôles et responsabilités

[Adapter cette section aux conditions existant à votre aéroport. Dans les petits aéroports, ces responsabilités pourraient être partagées par un moins grand nombre d'employés.]

La responsabilité de la mise en ouvre du plan de gestion de la faune incombera au personnel de direction. Ce dernier s'occupera ainsi de l'acquisition des divers permis, de la prestation des programmes de formation et de sensibilisation et de l'établissement et de la présentation des rapports sur les impacts d'animaux et des mises à jour biennales.

La direction, ou le personnel qu'elle désignera, aura la responsabilité de coordonner, superviser et gérer globalement le plan de gestion de la faune pour l'aéroport dans le long terme et au jour le jour. Elle devra ainsi nommer l'agent de gestion de la faune principal, coordonner la formation, assurer la sécurité et veiller à ce que l'équipement nécessaire soit disponible.

L'agent de gestion de la faune aura les responsabilités suivantes :

  1. établir et tenir le registre de gestion de la faune (données sur les impacts, informations sur les effectifs et l'activité fauniques, mesures appliquées dans le cadre du plan de gestion de la faune, renseignements sur l'utilisation des armes à feu, renseignements sur l'utilisation des renforcements létaux, sommaires mensuels, etc.);
  2. coordonner l'ensemble du programme de surveillance;
  3. rédiger le rapport annuel sur les impacts;
  4. voir à ce que les opérations aéroportuaires soient conformes aux exigences du plan de gestion de la faune;
  5. veiller à ce que les permis appropriés ne soient pas expirés et soient gardés sur place;
  6. veiller à la réalisation des activités de gestion des animaux;
  7. voir à ce que toutes les activités soient menées suivant les pratiques et protocoles de sécurité standard;
  8. établir les besoins en matière d'équipement, de ressources et de formation.

Le tableau suivant dresse la liste des rôles et responsabilités principaux associés au présent plan.

Tableau 16. Rôles et responsabilités principaux

Nom et numéro de téléphone Titre Responsabilités principales associées au Plan
Directeur de l'aéroport • Mettre en ouvre le présent plan.
• Acquérir les divers permis.
• Mettre en oeuvre les programmes de formation et de sensibilisation.
• Établir et présenter les rapports sur les impacts et les mises à jour biennales.
Directeur adjoint • Coordonner, superviser et gérer l'ensemble du Plan; nommer l'agent de gestion de la faune (AGF) principal.
• Coordonner la formation; assurer la sécurité.
• Veiller à ce que l'équipement nécessaire soit disponible.
Agent de gestion de la faune (AGF) • Établir et tenir le registre de gestion de la faune (données sur les impacts, informations sur les effectifs et l'activité fauniques, mesures appliquées dans le cadre du plan de gestion de la faune, renseignements sur l'utilisation des armes à feu, renseignements sur l'utilisation des renforcements létaux, sommaires mensuels, etc.).
• Coordonner le programme de surveillance.
• Rédiger le rapport annuel sur les impacts.
• Voir à ce que les opérations aéroportuaires soient conformes aux exigences du plan de gestion de la faune.
• Veiller à ce que les permis appropriés ne soient pas expirés et soient gardés sur place.
• Veiller à la réalisation des activités de gestion des animaux.
• Voir à ce que toutes les activités soient menées suivant les pratiques et protocoles de sécurité standard.
• Établir les besoins en matière d'équipement, de ressources et de formation.
Remplaçant de l'AGF • Remplacer l'AGF durant ses vacances, ses périodes de repas, ses congés de maladie, etc.

21. Projets de recherche

Il pourrait à l'occasion s'avérer nécessaire de procéder à des travaux de recherche. Cela pourrait découler d'un changement proposé dans la gestion de l'habitat, par exemple dans la hauteur des herbes, élément qui est très spécifique à chaque aéroport. Si on décide de maintenir les herbes à une hauteur plus élevée dans l'entrepiste pour y exclure certaines espèces (p. ex. les étourneaux et les pluviers kildirs), il se pourrait que cette mesure ait pour effet d'attirer d'autres espèces (p. ex. des grues du Canada et des cerfs). Il pourrait alors être nécessaire de mener un projet de recherche sur la question pour déterminer la meilleure option dans le contexte de la gestion globale de la faune.

Toutes les études devant être effectuées pour vérifier que les effets non désirés des changements proposés dans l'habitat n'empirent la situation seront documentées dans la présente section dans les mises à jour futures du plan de gestion de la faune. La documentation devra comprendre une présentation de la raison et des objectifs des initiatives, des méthodes envisagées pour atteindre les objectifs et de l'échéancier des projets. Les mises à jour ou rapports spéciaux (p. ex. ceux présentés au Comité canadien sur le péril aviaire) subséquents présenteront les résultats des recherches.

Les priorités actuelles en matière de recherche au présent aéroport sont les suivantes :

[Insérer ici toute priorité; un exemple est fourni ci-dessous.]

  1. Déplacements et comportements des goélands fréquentant la décharge et d'autres éléments des environs qui les attirent.

Annexe A

Bibliographie

Canada. Transports Canada. 1998. Circulaire de la Sécurité des aérodromes 98-004. Évaluation de l'efficacité des produits et des techniques utilisés pour la lutte contre le péril aviaire aux aéroports (TP13029), Ottawa, Transports Canada.

Canada. Transports Canada. 2001a. Système de gestion de la sécurité (TP13739), Ottawa, Transports Canada.

Canada. Transports Canada. 2001b. Un ciel à partager : guide de l'industrie de l'aviation à l'intention des gestionnaires de la faune (TP13549), Ottawa, Transports Canada.

Canada. Transports Canada. 2002. Manuel de maîtrise de la faune (TP11500), Ottawa, Transports Canada.

Dolbeer, R. A., S. A. Wright et E. C. Cleary. 2000. Ranking the Hazard Level of Wildlife Species to Aviation. Wildlife Soc. Bull. 28 (2).

Jackson, J. A. 2001. Understanding Bird-Strike Potential: Niche Concepts, Birds and Airports. Proceedings and Papers, Joint Meeting of the Canada/USA Bird Strike Committees, Calgary. Pp.-243-253.

Kelly, T. 2004. Safety System review of Land Use in the Vicinity of Vancouver International Airport. Ébauche inédite, février 2004. Document rédigé pour Transports Canada, Ottawa.

Annexe B

Aéroport XXX
Plan de gestion de la faune
Feuille des signatures

Les personnes suivantes ont lu le présent plan et comprennent leur rôle dans sa mise en ouvre.

Signature Responsabilité/titre Date
Date de modification :