(révisé 11/2009)
Afin d'acheter ou de visionner/télécharger les formats de rechange de cette publication, veuillez visiter le site internet d'achat de publications en ligne de Transports Canada.
INTRODUCTION
Depuis les débuts de l’aviation, les oiseaux présentent un danger aux aéronefs. Malgré leur taille relativement petite, les oiseaux peuvent causer des dommages considérables aux aéronefs lors d’un impact, principalement en raison de la vitesse élevée de l’aéronef. Ces dommages sont surtout infligés aux turboréacteurs à double flux, mais les oiseaux peuvent également briser ou courber des pales de rotor, obstruer des grilles d’entrée d’air, déformer ou fracasser des pare-brise et bosseler, déchirer ou percer des structures de queue.
À l’échelle mondiale, les impacts d’oiseaux ont entraîné la destruction d’aéronefs civils, militaires et de l’aviation générale et ont causé plusieurs décès. Afin de réduire le nombre d’incidents de ce genre, il importe de prendre connaissance de la possibilité et de la gravité des impacts d’oiseaux. La présente brochure vise à aider les pilotes à réduire le risque d’un impact d’oiseaux et à diminuer les conséquences en cas d’impact.
Fort Frances, Ontario (1994).
Écrasement au décollage en raison
de dommages aux moteurs causés
par des goélands.
a. Consultez la documentation de l’aéroport et les NOTAM (publiés dans certains pays sous le nom de BIRDTAM) afin d’obtenir des renseignements au sujet des problèmes permanents ou saisonniers reliés aux oiseaux, aux aéroports de départ et de destination.
b. Si vous n’êtes pas seul, discutez avec l’autre pilote avant le décollage des procédures d’urgence, y compris quoi faire si les communications dans le poste de pilotage sont interrompues ou si le pare-brise est fracassé.
c. Jusqu’à 80 ou 90 noeuds, les oiseaux ont suffisamment de temps pour se disperser. Par contre, plus la vitesse est accentuée, plus le risque d’un impact est élevé. Envisagez de porter des lunettes de protection et un casque protecteur pendant les courses aériennes ou d’autres opérations effectuéesà vitesse élevée et à basse altitude.
d. Planifiez votre vol de manière à circuler à l’altitude la plus haute possible. Le risque d’un impact d’oiseaux diminue considérablement au-dessus de 3 000 pieds.
Bécasseaux variables,
oiseau de petite taille,
Poids : 58 g (2 oz)
e. Bien que la plupart des espèces d’oiseaux soient surtout actives le jour, rappelez-vous que plusieurs oiseaux volent aussi la nuit, ainsi qu’au lever et au coucher du soleil.
f. Le risque d’un impact d’oiseaux s’intensifie durant trois périodes de l’année. La première est en mars et avril, pendant la migration printanière; la deuxième est en septembre et octobre, pendant la migration automnale et la dernière a lieu en juillet et août, lorsque les oisillons s’entraînent à voler et les aptitudes de vol des oiseaux adultes peuvent être gênées par la mue des oiseaux.
g. Évitez de voler au-dessus des refuges d’oiseaux et de faune, des décharges et des usines d’emballage de poisson.
h. Évitez de voler le long des rivières ou des littoraux, particulièrement à basse altitude. Les oiseaux, aussi bien que les pilotes, se guident sur ces aides pour naviguer.
Goélands argentés,
oiseau de taille moyen,
Poids : 1 100 g (2 lb.)
i. Évitez de survoler à basse altitude les îles, les promontoires, les falaises, les eaux intérieures et les estuaires peu profonds afin de ne pas déranger les aires de nidification et de réduire le risque d’un impact d’oiseaux.
Truoréacteur détruit à la suite d’un impact avec des oiseaux.
L’incident s’est produit au décolage, 50 pieds AGL, 140 noeuds.
On a déjà rapporté que des rapaces ont attaqué des planeurs et d'autres aéronefs!
Habitacle à verrière bombée d'un
Jet Ranger fracassé par un oiseau.
a. Le printemps, vérifiez l’aéronef de façon approfondie avant le vol, car les oiseaux peuvent construire un nid en une seule nuit. Tout signe d’herbe, de feuilles ou de branches indique qu’il est nécessaire d’examiner les coins cachés. Un nid sous le capot peut prendre feu ou un nid dans la queue peut nuire aux commandes de vol.
b. Lorsque l’avion circule au sol, écoutez tout avertissement d’activité d’oiseaux transmis par le service automatique d’information de région terminale (ATIS).
c. En circulant au sol, surveillez la présence d’oiseaux à l’aéroport, et signalez toute activité inhabituelle d’oiseaux aux services de la circulation aérienne (ATC) ou à la station d’information de vol (FSS). Demandez que les oiseaux soient dispersés avant le décollage. N’utilisez jamais l’aéronef pour effrayer les oiseaux.
Plumes dans un refroidisseur d'huile -
résultat d'un impact avec des oiseaux.
d. Si vous pilotez un aéronef silencieux, rappelez-vous que les oiseaux au sol font face au vent et pourraient ne pas vous entendre ni vous voir approcher.
e. Si vous apercevez des oiseaux, rappelez-vous que plus le battement des ailes de l’oiseau est lent, plus l’oiseau est gros et par conséquent, plus les dommages peuvent être considérables. Les gros oiseaux représentent la plus grande menace pour les aéronefs.
f. Si votre aéronef est muni d’un circuit de réchauffage pare-brise, rappelez-vous qu’en l’utilisant conformément au manuel de vol ou au manuel d’utilisation de l’avion, le pare-brise sera plus souple et mieux en mesure de résister aux impacts d’oiseaux.
Buse à kueue rousse,
Oiseau moyen-gros,
Poids : 1 200 g (2.5 lb.)
g. Allumez vos phares d’atterrissage au décollage, en montée, en descente, à l’approche et à l’atterrissage (la plupart des impacts d’oiseaux surviennent pendant ces étapes du vol). Bien que rien ne prouve concrètement que les oiseaux voient et évitent les phares des aéronefs, ces derniers rendent l’aéronef plus visible.
h. Si un impact d’oiseaux survient lors du roulement au décollage et qu’il reste suffisamment de piste, arrêtez l’aéronef. Libérez la piste et coupez les moteurs. Inspectez les conduits d’air, le moteur, etc. pour tout dommage ou pour l’ingestion, ou pour des restes d’oiseaux qui pourraient bloquer les conduits de refroidissement ou d’air. Plusieurs incidents d’aéronefs se sont produits dans lesquels des dommages aux turbomoteurs ont été occasionnés ou de hautes vibrations se sont manifestées pendant les vols suivants en raison de dommages au moteur qui n’avaient pas été décelés. N’oubliez pas de vérifier le train d’atterrissage, les lignes hydrauliques des freins, les verrous bas, les interrupteurs d’amortisseur écrasés, etc.
i. Si vous devez poursuivre le décollage avec un problème de moteur, déterminez quel moteur a été touché et suivez les procédures d’urgence. Informez le personnel de l’aéroport pourquoi vous y retournez.
Bernaches du Canada,
grands oiseaux,
poids : 3 500 g (7.5 lb.)
j. Si vous voyez des oiseaux devant vous, essayez de les survoler, car les oiseaux plongent habituellement lorsqu’ils sont menacés. Prenez garde lorsque vous êtes près du sol et ne faites rien qui pourrait entraîner un décrochage ou une vrille.
k. Si vous croyez qu’il y a des dommages structuraux ou au système de commandes (ou que le parebrise est percé), une vérification de maîtrise de l’appareil pourrait être de mise avant de tenter l’atterrissage. Soyez à l’affût des dommages inaperçus aux pales des rotors d’un hélicoptère.
l. Si le pare-brise est brisé ou fracassé, ralentissez l’aéronef pour réduire le souffle aérodynamique, suivez les procédures approuvées (dépressurisez si l’aéronef est pressurisé), portez des lunettes de soleil ou de protection pour réduire l’effet du vent, des précipitations ou des débris. Souvenez-vous de piloter l’aéronef – ne soyez pas distrait par le sang, les plumes, l’odeur et le souffle aérodynamique.
Note :
Il n’est pas exigé que les pare-brise de petits aéronefs de l’aviation générale et d’hélicoptères résistent à un impact d’oiseau, et les hélices offrent peu de protection. Toutefois, la plupart des aéronefs pesant entre 2300 kg (5 000 lb) et 5 700 kg (12 600 lb) peuvent résister à un impact d’oiseau de 900 g (2 lb). Certains oiseaux, tels que les goélands et les pigeons, peuvent percer des pare-brise d’aéronefs légers.
m. Si vous prévoyez de grandes concentrations d’oiseaux, évitez les descentes et les approchesà haute vitesse. En réduisant de moitié la vitesse, vous réduisez d’un quart la force de l’impact.
n. Si vous rencontrez une envolée d’oiseaux pendant l’approche, remettez les gaz et effectuez une deuxième approche, car les oiseaux se seront peut-être envolés.
Dommages causés par l'impact
d'un urubu à tête rouge.
a. Après l’atterrissage, si un impact d’oiseaux est survenu, vérifiez et inspectez l’aéronef pour déceler les dommages.
b. Signalez tous les impacts d’oiseaux, soit par l’intermédiaire du site Web à wwwapps.tc.gc. ca/Saf-Sec-Sur/2/bsis/v , soit en remplissant le formulaire rose sur les impacts d’oiseaux ou -800-282-BIRD.
c. Dans la mesure du possible, photographiez les dommages et transmettez les photos au spécialiste en gestion de la faune de la Division des normes de Transports Canada (AARTA).
Transports Canada
Division des normes (AARTA)
330, rue Sparks
Ottawa (Ontario) K1A 0N8
À l’attention de : Spécialiste en gestion de la faune