Modèle pour l'élaboration du Plan de gestion de la faune

PARTIE B : PLAN DE GESTION DE LA FAUNE DE L'AÉROPORT

14. Détermination des activités de gestion de la faune à l'aéroport XXX

La partie A du présent plan de gestion de la faune a présenté des informations détaillées sur :

  1. les mouvements des aéronefs et les types d'aéronefs;
  2. les espèces fauniques présentant un danger et leurs habitats et déplacements;
  3. l'évaluation des risques pour le présent aéroport.

Dans la partie B (sections 12 et 13), on a jusqu'ici traité des outils de gestion classiques qui peuvent être utilisés à l'intérieur et à l'extérieur du terrain de l'aéroport. Dans les sections qui suivent, on traitera des activités de gestion visant à enlever ou à gérer les espèces fauniques présentant un danger et à atténuer les risques associés.

La présente section a été subdivisée en trois sous-sections : première priorité, deuxième priorité et troisième priorité. Les activités prévues ont été élaborées sur la base d'un examen des espèces problématiques, des éléments qui les attirent dans la zone à risque (tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'aérodrome) et des mesures prises contre les éléments attrayants (p. ex. herbes courtes, plans d'eau, petits mammifères ou vers proies) et les espèces elles-mêmes (p. ex. dispersion des goélands).

Il est important de noter que dans le cadre de l'amélioration continue de la gestion de la faune à l'aéroport, les activités n'ont pas à être toutes mises en ouvre dès le départ. Le présent plan vise à aider à établir les priorités de gestion. Des progrès seront réalisés dans le courant des prochaines années en ce qui a trait à l'atteinte des objectifs du plan, qui seront revus de temps en temps.

[Les sous-sections suivantes devront être élaborées à partir de l'information présentée précédemment dans le présent document. On donne ici des exemples fictifs, deux pour la première priorité, un pour la deuxième priorité et également un pour la troisième priorité. Vous devrez mettre à la place de ces exemples les éléments pertinents pour votre aéroport. À noter que les techniques les plus efficaces sont répertoriées dans le Manuel de maîtrise de la faune (TP11500; Transports Canada, 2002)].

14.1 Première priorité

Bernache du Canada

Cote maximale de risque aéroportuaire : risque modéré
Priorité de gestion : élevée

Sommaire :

On a attribué aux bernaches du Canada une priorité élevée parce qu'elles sont souvent vues à l'aéroport et peuvent croiser au vol les couloirs d'approche durant l'après-midi tandis qu'elles se dirigent vers un tronçon de la rivière XYZ qu'elles fréquentent souvent. Les bernaches s'alimentent occasionnellement dans l'herbe courte de l'aéroport et tentent chaque année de nidifier aux étangs. Il s'agit d'un oiseau de grande taille qui forme des groupes et dont le vol est relativement lent. L'espèce est généralement présente de mars à décembre.

Les mesures suivantes seront prises :

  1. Une politique de tolérance zéro sera mise en oeuvre pour les bernaches à l'aéroport.
  2. Les étangs du terrain de l'aéroport seront remblayés dans la mesure du possible.
  3. Des fils aériens seront installés au-dessus des bassins nécessaires pour la gestion des eaux pluviales.
  4. Dans les aménagements de drainage futurs, on s'efforcera de réduire au minimum l'habitat de la sauvagine (rives abruptes [4 pour 1], surfaces dures en bordure et absence de végétation si possible); des conduites devraient être utilisées si possible.
  5. La végétation palustre associée aux éléments de drainage sera coupée et son étendue sera réduite au minimum.
  6. Les herbes des zones humides du terrain de l'aéroport qui ne peuvent être coupées par les moyens traditionnels seront maintenues à une hauteur de 30 à 50 cm.
  7. On n'utilisera pas d'engrais dans les zones d'herbe courte.
  8. Les bernaches locales présentes à l'aéroport seront abattues en mars pour empêcher la nidification et à l'automne pour renforcer les répulsifs.
  9. Des pièces pyrotechniques (renforcées par des tirs réels de fusil) seront systématiquement utilisées quand des bernaches seront aperçues durant les patrouilles fauniques ou signalées par le personnel ou les pilotes. Des patrouilles visant spécifiquement les bernaches seront accrues en avril et tout particulièrement en août, quand les bernaches commencent à réapparaître à l'aéroport après leur période de sédentarité.
  10. Une présentation PowerPointMD de sensibilisation au péril aviaire sera élaborée pour les bernaches.
  11. On présentera ce document PowerPointMD aux entités suivantes : a) la municipalité locale, afin obtenir de l'aide relativement à la gestion du bassin d'eaux pluviales se trouvant en bordure de la route régionale 28 (figure 3 - partie A) et des effectifs régionaux de bernaches de façon générale; b) le golf adjacent, pour voir s'il y a intérêt partagé pour la gestion des bernaches; c) la communauté des fermiers locaux, pour encourager le déchaumage et éviter les cultures céréalières, si possible.

On ne veut pas pour le moment employer une technique de gestion favorisant les herbacées autres que graminées et graminoïdes (soit les herbacées à feuilles larges), étant donné que cela pourrait attirer les petits mammifères, les lièvres d'Europe, les cerfs de Virginie et les rapaces.

Goéland à bec cerclé

Cote maximale de risque aéroportuaire : risque modéré
Priorité de gestion : élevée

Sommaire :

On a attribué à cette espèce une priorité élevée parce qu'elle est souvent vue à l'aéroport, se nourrit de vers et se repose sur la piste. Il s'agit d'un oiseau de taille moyenne qui forme des groupes et dont le vol est relativement lent. L'espèce est présente toute l'année, les effectifs étant plus élevés à l'automne et au début de l'hiver. Les goélands à bec cerclé peuvent croiser au vol les couloirs d'approche des aéronefs lors de leurs déplacements entre la décharge et d'autres éléments attrayants, vers la ville le long de la rivière XYZ, ou encore entre la ville et le lac XZY (lieu de repos saisonnier potentiel). On ne connaît pas avec certitude les lignes de vol de l'espèce et les risques potentiels qu'elle présente en raison d'un manque de données. Il y a déjà eu à l'aéroport un impact grave avec une espèce de goéland non identifiée.

Les mesures suivantes seront prises :

  1. Au printemps et à l'automne, on procédera au balayage mécanique de la piste et des voies de circulation après les pluies qui y font apparaître les vers en grand nombre.
  2. De façon générale, la hauteur des herbes courtes à l'aéroport sera accrue à 12 cm idéalement, ces herbes ne devant jamais être coupées à une hauteur de moins de 9 cm.
  3. Les petits étangs de l'aéroport seront éliminés ou recouverts de fils aériens.
  4. Les goélands feront l'objet d'un abattage sélectif à l'aéroport pour renforcer les répulsifs.
  5. Des pièces pyrotechniques et des marrons d'air (renforcés avec des tirs réels de fusil) seront toujours utilisés quand des goélands seront aperçus durant les patrouilles fauniques. Les patrouilles visant spécifiquement les goélands seront accrues quand la surveillance montrera une plus forte présence de l'espèce à l'aéroport.
  6. Tous les contenants à déchets de l'aéroport seront à l'épreuve des animaux.
  7. La politique de l'aéroport interdisant au personnel et aux visiteurs de nourrir les animaux sera affichée et appliquée.
  8. Un document PowerPointMD de sensibilisation au péril aviaire sera élaboré pour les goélands et présenté aux entités suivantes : a) l'exploitant de la décharge, avec la demande que cette exploitation prépare un plan de gestion des goélands (les questions de sécurité et de responsabilité seront soulignées); b)  la communauté des fermiers locaux, principalement les deux points chauds, afin d'encourager le labour de soir.
  9. Si elle le juge nécessaire, l'aéroport demandera officiellement une évaluation des risques associés aux goélands, en faisant valoir les inquiétudes quant à la sécurité. L'aéroport demandera aussi d'être consultée dans tout processus de certification concernant la décharge.

14.2 Deuxième priorité

Cerf de Virginie

Cote maximale de risque aéroportuaire : risque modéré
Priorité de gestion : modérée

Sommaire :

On a attribué à cette espèce une priorité modérée, plutôt qu'élevée, parce que l'installation de la clôture ElectroBraidMD a réduit les observations de cerfs de 90 % à l'aéroport. Les collisions entre aéronefs et cerfs causent des dommages importants. Ces animaux sont aussi particulièrement actifs à l'aube et au crépuscule et la nuit, quand la faible luminosité les rend difficiles à voir. Ils fréquentent les étangs, particulièrement en été, de même que les zones à herbacées hautes; ils traversent souvent le secteur de l'aéroport. On en voit rarement ou pas du tout durant les hivers normaux.

Les mesures suivantes seront prises :

  1. On continuera d'appliquer la politique de tolérance zéro pour les cerfs.
  2. La clôture ElectroBraidMD sera inspectée une fois par jour et réparée au besoin; on portera une attention particulière aux endroits où la clôture traverse les plans d'eau.
  3. Une fois par semaine durant la saison de végétation, la végétation sera coupée tout le long de la clôture électrique pour prévenir les courts-circuits.
  4. On surveillera les problèmes que peut causer la neige abondante et des mesures appropriées seront prises; on pourrait par exemple éteindre un ou deux fils, ou encore la clôture entière à moins que des empreintes trahissent la présence de cerfs.
  5. Les herbes hautes seront maintenues à une hauteur n'excédant pas 50 cm.
  6. Les petits étangs de l'aéroport seront éliminés ou recouverts de fils aériens.

14.3 Troisième priorité

Coyote

Cote maximale de risque aéroportuaire : risque faible
Priorité de gestion : faible

Sommaire :

On a attribué à cette espèce une priorité faible, plutôt que modérée, parce qu'il semble que seulement un ou deux couples fréquentent le secteur. De plus, les coyotes déplacent les renards roux et limitent les populations de diverses autres espèces pouvant présenter un danger, comme le lièvre d'Europe, le pluvier kildir et la sauvagine nicheuse, ainsi que celles de proies des rapaces (p. ex. les campagnols); ils peuvent aussi éloigner les cerfs de Virginie. Tout bien considéré, on ne prévoit pas mener une lutte active contre les coyotes pour le moment, sauf si des terriers sont trouvés sur le terrain de l'aéroport; toutefois, cette décision pourrait être reconsidérée si l'espèce montre une hausse d'effectifs ou un changement dans ses comportements.

Les mesures suivantes seront prises :

  1. On surveillera de près s'il y a changement dans les effectifs ou les comportements de l'espèce.
  2. Tout terrier de coyote présent sur le terrain de l'aéroport sera éliminé au début de l'été pour réduire le risque que de jeunes coyotes inexpérimentés se promènent côté piste.
Date de modification :