Recommandation intérimaire de sécurité aérienne Réacteur Pratt & Whitney JT8D-7B

Recommandation intérimaire de sécurité aérienne
Réacteur Pratt & Whitney JT8D-7B

La 5 mars 1994, l'équipage d'un McDonnell-Douglas DC-9 d'Air Canada a ressenti d'importantes vibrations de la cellule pendant la course au décollage à Regina (Saskatchewan). Il a interrompu le décollage et a immobilisé l'avion sur la piste. Le réacteur gauche (Pratt & Whitney JT8D-7B) avait subi une défaillance non confinée. L'enquête, à laquelle le BST a attribué le numéro A94C0034, n'est pas encore terminée.

L'enveloppe extérieure de la chambre de combustion (ci-après l'enveloppe) avait subi une rupture non confinée dans les premiers instants de la course au décollage. Il semble que cette défaillance de l'enveloppe ait pris naissance dans la région du rebord arrière.  Des défaillances analogues de l'enveloppe extérieure de la chambre de combustion avaient incité la Federal Aviation Administration (FAA) à publier la consigne de navigabilité 87-11-07-R1 (dont la dernière révision est entrée en vigueur en novembre 1989), laquelle s'appuyait sur un bulletin d'alerte en service de Pratt & Whitney. Cette consigne explique comment inspecter l'enveloppe et précise divers intervalles d'inspections systématiques en fonction du modèle de réacteur, du composant de l'enveloppe, de la méthode d'inspection et de la présence ou non de réparations antérieures. Dans le cas du modèle-7B, la consigne exige une inspection systématique des bossages de l'enveloppe, il est soumis à des inspections systématiques tous les 3 000 cycles ou tous le 12 000 cycles. Des intervalles d'inspections plus stricts doivent être respectés s'il s'agit d'enveloppes extérieures qui ont été réparées à l'aide de soudures ou qui ont été montées sur plus d'un modèle de réacteur JT8D. De plus, la consigne précise que les bossages et les rebords arrière subit une «visite en atelier».

Les premier examen des dossiers de maintenance du réacteur endommagé a révélé que la défaillance de l'enveloppe est survenue alors qu'il restait encore 4 499 cycles avant la prochaine inspection systématique des 12 0000 cycles. Les dossiers n'indiquent pas clairement si le bossage et le rebord arrière de l'enveloppe ont été inspectés au cours des deux visites intermédiaires en atelier. à ce stage-ci de l'enquête, il semble que les exigences de la consigne n'ont peut-être pas été respectées à cause d'une mauvaise interprétation donnée à l'expression «visite en atelier». En fait, la signification précise du libellé de la consigne reste encore à définir. L'enquête portant sur le réacteur s'est déroulée en présence de représentants de Pratt & Whitney et de Transports Canada pour  qu'ils puissent prêter main-forte à l'équipe dans l'espoir de résoudre le problème.  Entre-temps, Air Canada vérifie activement tous les dossiers de maintenance et de révision de ses réacteurs JT8D pour s'assurer que tous ceux qui pourraient être concernés subissent une nouvelle inspection.  En conséquence, neuf autres réacteurs ont été inspectés, et dans l'un de ces cas, l'enveloppe devra peut-être remplacée.

Le réacteur JT8D équipe de nombreux modèles d’avions de grandes compagnies aériennes; c’est pourquoi ce réacteur est largement utilisé de par le monde. Comme une grande compagnie aérienne souscieuse de la sécurité aurait apparement mal compris que, en vertu de la consigne de navigabilité 87-11-07 R1, une inspection était obligatoire chaque fois que les réacteur subissait une visite en atelier, il est permis de penser que d’autres exploitants ont fait de même. La rupture de l’enveloppe extérieure de la chambre de combustion d’un réacteur JT8D risque d’avoir des conséquences graves; c’est pourquoi le Bureau recommande que:

le ministère des Transports exige que les dossiers de maintenance de tous les réacteurs JT8D actuellement utilisés par des exploitants canadiens soient examinés pour vérifier si les exigences indiquées dans la consigne de navigabilité 87-11-07 R1 ont bien été respectées, et que, le cas échéant, les enveloppes extérieures de chambre de combustion soient remplacées; et que (BST A94-05)

le ministère des Transports prenne les dispositions nécessaires pour signaler aux autres exploitants de réacteurs JT8D à l’étranger que la consigne de navigabilité 87-11-07 R1 porte à confusion et risque d’être mal interprétée. (BST A94-06)

Réponse de Transports Canada :

Transports Canada partage les préoccupations du Bureau de la sécurité des transports Canada relatives au respect, par les exploitants, de la consigne de navigabilité 87-11-07 R1. Cependant, comme la définition de «visite en atelier» est clairement énoncée dans la consigne de navigabilité, il n’est pas approprié d’imposer un examen des dossiers de maintenance. Comme solution de rechange, Transports Canada publiera un Avis de difficultés en service afin d‘aviser les exploitants canadiens de réacteurs JT8D de réviser leurs dossiers de maintenance pour vérifier si les exigences obligatoires indiquées dans la consigne de navigabilité 87-11-07 R1 de la FAA ont bien été respectées et si cette dernière a été correctement interprétée. Après que la FAA aura reçu une copie de l’Avis à titre informatif, elle pourra, si elle le désire, tenir les exploitants, à l’échelle internationale, au courrant de son contenu.

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