Étude de Sécurité portant sur l'évacuation des gros avions de passager

Étude de Sécurité portant sur l'évacuation des
gros avions de passagers

Aperçu

Lorsque l'avion s'est posé, la visibilité dans la cabine était presque nulle à plus d'un pied du plancher. Les survivants ont déclaré qu'ils n'avaient pratiquement plus la force ni l'état d'esprit nécessaires pour emprunter les sorties (1). (A83F0006)

Entre 1978 et 1991 au Canada, il y a eu 18 évacuations de gros avions de passagers immatriculés au Canada, et trois évacuations d'avions immatriculés à l'étranger. Ces avions transportaient 2 305 passagers et 139 membres d'équipage. Dans ces 21 accidents, 91 occupants ont perdu la vie et 78 ont été blessés grièvement. Trente-six occupants ont perdu la vie et 8 ont subi des blessures graves au cours de l'évacuation proprement dite.

Lien au rapport

Objectif

La présente étude de sécurité porte sur les évacuations de gros avions de passagers survenues au Canada. Elle fait ressortir les manquements à la sécurité associés à la présence d'incendies, de fumée et de gaz toxiques,aux communications pendant les évacuations, au fonctionnement des issues de secours, et à la préparation des passagers en matière d'évacuation.

Inhalateurs protecteurs - Personnel de cabine

Rien n'indique que l'absence d'inhalateurs protecteurs destinés au personnel de cabine ait entraîné des pertes de vie ou des blessures pendant l'évacuation proprement dite. Or, il est paradoxal que les agents de bord censés combattre les incendies de cabine ne disposent pas, dans bien des cas, d'inhalateurs protecteurs rangés dans la cabine. L'accès facile à des inhalateurs pourrait améliorer les chances des agents de bord de combattre les incendies. Les inhalateurs permettent de réduire les risques que courent les occupants pendant une évacuation. Par conséquent, le Bureau recommande que :

Le ministère des Transports exige qu'un nombre suffisant d'inhalateurs protecteurs portatifs avec masque intégral destinés au personnel de cabine soient installés dans les cabines de passagers des avions de transport.
(A95-01)

Réponse de Transports Canada :

Transports Canada, Aviation, est d’accord avec la recommandation du Bureau de la sécurité des transports (BST) et a proposé l’adoption d’un règlement exigeant que des inhalateurs protecteurs portatifs soient à la disposition de tous les membres d’équipage pour être utilisés dans la lutte contre les incendies dans les compartiments de fret accessibles aux membres d’équipage pendant le vol, dans les offices isolés et dans la cabine.

On entend par inhalateur protecteur tout équipement qui couvre les yeux, le nez et la bouche (ou bien le nez et la bouche seulement si un autre appareil est prévu pour protéger les yeux) et qui protégera celui qui le porte de la fumée, de toute émanation de dioxyde de carbone ou de tout autre gaz nocif.

Le règlement proposé fait partie de l’ébauche du Règlement de l’aviation canadien. Le règlement devrait faire l’objet d’une publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada à la fin du printemps 1995 et être publié dans la Partie II d’ici la fin de l’année 1995.

Inhalateurs protecteurs - Passagers

Compte tenu du nombre de pertes de vie attribuables aux incendies, à la fumée et aux gaz toxiques, le Bureau estime qu'il faut poursuivre les recherches relatives aux inhalateurs protecteurs afin de déterminer si les passagers devraient avoir le droit d'emporter des inhalateurs protecteurs s'ils le désirent. Par conséquent, le Bureau recommande que :

Le ministère des Transports se penche à nouveau sur la question des inhalateurs protecteurs pour passagers dans le but d'autoriser leur emport à bord des aéronefs.
(A95-02)

Réponse de Transports Canada :

Les types d’inhalateurs protecteurs pour les passagers actuellement disponibles sur le marché sont la cagoule anti-fumée à filtre, la cagoule anti-fumée dotée d’un dispositif qui produit de l’oxygène par suite d’une réaction chimique et la cagoule anti-fumée dotée d’une bouteille d’oxygène comprimé. Selon que l’inhalateur protecteur contient ou non des marchandises dangereuses, il peut être soumis à la Loi de 1992 sur le transports des marchandises dangereuses. Selon la réglementation en vigueur, il est interdit aux passagers d’emporter à bord de la cabinet d’un aéronef des inhalateurs protecteurs contenant des marchandises dangereuses. Le groupe d’experts sur les marchandises dangereuses de l’Organisation de l’aviation civile internationale examine actuellement les caractéristiques techniques des cagoules anti-fumée afin d’évaluer la quantité et la nature des marchandises dangereuses qui y sont contenues.

En 1987, la British Civil Aviation Authority, de concert avec trois autres autorités de l’aviation (y compris les représentants de Transports Canada, Aviation), a effectué une recherche afin d’évaluer jusqu’à quel point les inhalateurs protecteurs peuvent sauver des passagers. L’étude a démontré qu’en général leurs avantages sont minimes et que, lors de certains accidents, des vies humaines supplémentaires étaient perdues à cause du temps que prennent les gens pour enfiler leur cagoule anti-fumée ce qui ralentit l’évacuation. Bien qu’il n’y ait pas d’avantages suffisants à exiger le port des inhalateurs protecteurs pour les passagers, un passager peut toutefois emporter à bord son propre inhalateur protecteur si ce dernier ne contient pas de marchandises dangereuses.

RÉFÉRENCE

(1)Dans la présente étude, les citations sont tirées des rapports d'enquête sur les accidents rédigés par le Bureau canadien de la sécurité aérienne (BCSA), le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) ou le National Transportation Safety Board (NTSB) des États-Unis, ou des déclarations des témoins.

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