A04H0004 - système de surveillance des performances de décollage

Décollage à puissance réduite et collision avec le relief
du Boeing 747-244SF 9G-MKJ
exploité par MK Airlines Limited
à l'aéroport international de Halifax
(Nouvelle-Écosse)
le 14 octobre 2004

Lien au rapport final A04H0004 (http://www.tsb.gc.ca/fra/rapports-reports/aviation/2004/a04h0004/a04h0004.asp)

Résumé

Le 14 octobre 2004, le Boeing 747-244SF exploité par MK Airlines Limited immatriculé 9G-MKJ, portant le numéro de série 22170, effectue un vol international non régulier de transport de fret entre Halifax (Nouvelle-Écosse) et Saragosse en Espagne. Vers 6 h 54, temps universel coordonné, soit 3 h 54, heure avancée de l'Atlantique, l'équipage du vol 1602 de MK Airlines Limited entreprend la course au décollage sur la piste 24 de l'aéroport international de Halifax. L'avion franchit l'extrémité de piste, parcourt 825 pieds supplémentaires, quitte le sol sur 325 pieds et percute un monticule de terre. La partie arrière de l'avion se sépare du fuselage. L'avion poursuit sa course en vol sur une distance de 1200 pieds avant de percuter le relief et de prendre feu. L'avion est détruit sous le choc et par le violent incendie qui s'est déclaré. Les sept membres d'équipage perdent la vie dans l'accident.

Recommandations

Recommandation A06-07 du Bureau de la sécurité des transports du Canada

« Plusieurs accidents et incidents aériens similaires ont montré que, dans l’industrie de l’aviation, il était déjà arrivé que d’autres équipages ne se rendent pas compte des mauvaises performances de décollage de leur avion. Certains de ces accidents ont occasionné de lourds dommages aux avions et, dans plusieurs cas, il y a eu de nombreuses pertes de vie. Malgré les efforts déployés pour trouver des solutions procédurales ou techniques permettant d’alerter les équipages des accélérations insuffisantes des avions au décollage, ces efforts ne se sont toujours pas traduits par l’introduction ou l’installation d’une méthodologie ou d’un système à l’intérieur des avions de la catégorie transport. En l’absence d’un tel système, les équipages et le public voyageur continuent d’êtres exposés à des risques indus. »

« En conséquence, le Bureau recommande que :
le ministère des Transports du Canada, en liaison avec l’Organisation de l’aviation civile internationale, la Federal Aviation Administration des États-Unis, l’Agence Européenne de la Sécurité Aérienne et d’autres instances de réglementation, instaure une exigence pour que les avions de la catégorie transport soient tenus d’être équipés d’un système de surveillance des performances de décollage permettant d’alerter rapidement et avec précision les équipages de conduite en cas de performances de décollage insuffisantes. »

Réponse de Transports Canada à la recommandation A06-07

Il va de soi que s’il existait un système de surveillance des performances de décollage capable de fonctionner de la manière prévue, celui-ci aurait pour avantage d’assurer un niveau élevé de sécurité. Avant que les administrations de l’aviation civile n’exigent des aéronefs qu’ils soient équipés d’un système de surveillance des performances de décollage, il faudra qu’un système approuvé existe bel et bien. Or, Transports Canada n’est pas au courant de l’existence d’un système homologué qui réponde actuellement aux objectifs de la présente recommandation.

Un système inadéquat pourrait être la source d’un plus grand danger que celui qu’il est censé prévenir en obligeant, par exemple, l’équipage à effectuer inutilement des décollages interrompus à haute vitesse.

Bien que l’élaboration de tels systèmes fasse l’objet de discussions depuis plusieurs années, aucun n’a encore été homologué ni, à la connaissance du Ministère, n’a entamé le processus de certification en raison des nombreux problèmes techniques reliés à sa conception. Pour être homologué, les renseignements que transmettra le système devront être des plus exacts, peu importent les conditions d’exploitation prévisibles, qu’il s’agisse de la masse de l’aéronef, de l’altitude, de la température, de la force du vent, de l’état de la piste en surface, de la configuration de l’avion, ou de toute autre variable de grande importance.

Même s’il est concevable de créer un tel système à l’aide de notre technologie actuelle, le secteur privé et les chercheurs devront déployer des efforts considérables pour établir les critères appropriés de conception, dresser des projets détaillés, fixer le développement du système et entreprendre un nombre important d’essais et de mises en situation pour s’assurer d’une fiabilité maximale avant de passer à l’étape suivante. Qui plus est, les critères de conception et les normes devront faire l’objet d’une harmonisation avec les autres administrations de l’aviation civile.

Transports Canada ne peut actuellement exiger que les aéronefs soient équipés d’un système de surveillance des performances au décollage, mais réévaluera la situation dès qu’un produit admissible aura été mis au point.

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