Alerte à la sécurité de l’Aviation civile (ASAC) Nº 2011-01

À L’ATTENTION DE :
EXPLOITANTS VISÉS PAR LA SOUS-PARTIE 604 ET LES SOUS-PARTIES 701, 702, 703, 704 ET 705 DU RAC

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Bureau émetteur : Direction des normes
Document nº : ASAC 2011-01   Édition nº : 01
SGDDI nº : 6398169 Date d'entrée en
vigueur :
2011-01-21

RENSEIGNEMENTS DE SÉCURITÉ RELATIFS AU GIVRAGE AU SOL ET EN VOL

OBJET :

La présente Alerte à la sécurité de l’Aviation civile (ASAC) vise à informer tous les intervenants sur le givrage au sol et en vol a pour objet de mettre en relief le fait que le maintien des opérations aériennes dans des conditions givrantes engendre des risques additionnels.

CONTEXTE :

Voler en conditions givrantes est une situation inévitable dans la vie des exploitants aériens canadiens qui effectuent des opérations par tous les temps. Comme il est indiqué ci-dessous et plus en détail dans la Circulaire d'information de l'aviation commerciale et d'affaires (CIACA) 130R, bien des facteurs entrent en ligne de compte quand il s’agit de déterminer la capacité d’un aéronef de voler en toute sécurité en conditions givrantes, et les aéronefs ne sont pas tous égaux à cet égard. Néanmoins, on peut douter de l’avantage de continuer à voler dans des conditions givrantes lorsqu’on peut éviter de le faire, quelles que soient les capacités de l’aéronef en matière de dégivrage et d’antigivrage. La charge de travail du pilote augmente, les performances et la pilotabilité diminuent, et la consommation de carburant augmente du fait du fonctionnement des systèmes antigivrage en même temps que le moteur.

Le givrage au sol et le givrage en vol sont des sujets très complexes. Des aspects environnementaux, les caractéristiques de conception de l’aéronef et la phase du vol sont des facteurs qui déterminent le type et la gravité de l’accumulation de givre et leurs effets sur les caractéristiques de vol et la performance de l’aéronef.

Par exemple, les avions de transport en service aérien commercial au Canada qui sont certifiés pour voler en conditions givrantes connues sont en fonction de la norme figurant à l’Annexe C de la Federal Aviation Regulation (FAR) 25. Les domaines de vol en conditions givrantes de l’Annexe C sont les normes de conception régissant l’équipement de protection contre le givrage. Toutefois, les conditions givrantes potentielles à l’intérieur et à  l'extérieur des nuages, comme les cristaux de glace à haute altitude et la pluie/bruine verglaçante, dépassent les domaines de vol en conditions givrantes de l’Annexe C.  À l’heure actuelle, la conception et la certification des avions, y compris de l’équipement d’antigivrage et de dégivrage, se font uniquement en fonction des exigences de l’Annexe C.

Les paramètres servant à définir les conditions givrantes à l’Annexe C n’ont pas directement trait aux termes météorologiques que les pilotes connaissent le mieux pour les précipitations givrantes, comme pluie verglaçante ou bruine verglaçante. De façon pratique, cela signifie que l’équipement de protection contre le givre sur certains avions certifiés en fonction de l’Annexe C peut ne pas convenir à toutes les conditions givrantes qui se présentent.

Un manuel de vol (AFM) peut  bien indiquer que l’aéronef est « approuvé pour le vol en conditions givrantes » ou qu’il est « approuvé pour le vol dans des conditions atmosphériques givrantes » mais il ne signifie pas automatiquement que l’aéronef soit autorisé à partir, à décoller et à voler dans toutes conditions givrantes prévisibles de façon sécuritaire.

De plus, les opérations en conditions givrantes au sol nécessitent l’effort coordonné de nombreuses personnes hautement spécialisées pour que l’aéronef parvienne au point de décollage dans un état « sûr pour le vol ».

MESURE RECOMMANDÉE :

Les exploitants et les équipages de conduite sont fortement encouragés à appliquer les mesures suivantes :

  1. S’assurer que l’aéronef est certifié pour le vol dans des conditions givrantes connues (au besoin, communiquer avec le constructeur pour obtenir des précisions);
  2. Revoir la section sur les limites dans le manuel de vol pour déterminer s’il y a des interdictions spécifiques en ce qui a trait au vol dans de la bruine verglaçante, de la pluie verglaçante ou d’autres conditions atmosphériques, et à se conformer à ces limites;
  3. Être conscients que l’exploitation de certains types d’aéronef en conditions givrantes présente un risque accru (p. Ex., l’exploitation d’avions à moteur à piston ou à turbopropulseur munis de gaines de dégivrage pneumatique et de gouvernes non assistées présente un plus grand risque que pour les gros avions à turboréacteurs munis de gouvernes assistées, de dispositifs hypersustentateurs de bord d’attaque et de systèmes d’antigivrage thermique);
  4. Si possible, éviter de partir ou de décoller pendant des précipitations givrantes (bruine verglaçante, pluie verglaçante, etc.). Cette précaution s’adresse plus aux aéronefs dont le manuel de vol recommande de sortir de ces types de conditions givrantes le plus tôt possible après qu’on y est entré, ou aux avions à moteur à piston ou à turbopropulseur munis de gaines de dégivrage pneumatique et de gouvernes non assistées;
  5. Comme suivi de d., évaluer l’ampleur horizontale et verticale des conditions givrantes et à envisager des stratégies de sortie sécuritaires (le meilleur choix pourrait être d’attendre au sol que ces conditions cessent);
  6. S’assurer que l’aéronef est convenablement dégivré ou protégé contre le givrage avant le départ et que l’équipage de conduite a déterminé immédiatement avant le décollage ou conformément à un programme approuvé de protection contre le givrage au sol que rien n’adhère aux surfaces critiques;
  7. Ne pas oublier que les liquides utilisés pour le dégivrage et l'antigivrage au sol n’offrent pas de protection contre les conditions givrantes en vol.
  8. Tenir compte du fait que les directives sur les durées d’efficacité n’ont pas été définies pour certaines conditions météorologiques (p. Ex., pluie verglaçante modérée et forte) parce que les durées de protection sont si courtes qu’elles sont inutilisables sur le plan opérationnel;
  9. S’assurer que les aires de trafic, les voies de circulation et les pistes peuvent être utilisées et, si l’information appropriée est disponible, adapter les performances au décollage et les limites de vent de travers en fonction d’un coefficient de friction de piste réduit;
  10. Envisager un plan d’action approprié relativement à des pannes possibles, comme une panne du moteur critique lors de la phase de décollage.

BUREAU RESPONSABLE :

Pour davantage de renseignements à ce sujet, communiquer avec le Centre de communications de l’Aviation civile de Transports Canada par téléphone au 1-800-305-2059 ou par courriel à services@tc.gc.ca.

[Original signé par Jacqueline Booth, 19 Janvier 2011]

Jacqueline Booth

Directrice p.i.
Directions des normes

L’alerte à la sécurité de l’Aviation civile (ASAC) de Transports Canada sert à communiquer des renseignements de sécurité importants et contient des mesures de suivi recommandées. Une ASAC vise à aider le milieu aéronautique dans ses efforts visant à offrir un service ayant un niveau de sécurité aussi élevé que possible. Les renseignements qu’elle contient sont souvent critiques et doivent être transmis rapidement par le bureau approprié. L’ASAC pourra être modifiée ou mise à jour si de nouveaux renseignements deviennent disponibles.

Les documents et les pages Web internes de Transport Canada mentionnés dans ce document sont disponibles sur demande.

Date de modification :