RÉPULSIFS VISUELS

Les répulsifs visuels produisent des stimulus visuels inhabituels pour les oiseaux, qui les font sursauter ou qu’ils associent à un danger. Le danger peut être un véritable prédateur, un prédateur artificiel, les effets de l’attaque par un prédateur (un oiseau mort ou une maquette d’oiseau mort), ou tout objet non familier que les oiseaux ont naturellement tendance à éviter. Des sources lumineuses, des épouvantails, des colorants, des rubans réfléchissants, des maquettes de prédateurs ou des cerfs-volants, des ballons, de la fumée et des oiseaux morts ou vivants sont autant de stimulus visuels capables de disperser des oiseaux. Certains produits combinent des stimulus visuels et des stimulus auditifs.

De nombreux oiseaux peuvent distinguer les couleurs dans la gamme de 400 à 700 nm de longueur d’onde (Pearson 1972; Martin 1985), ressemblant en cela aux humains. Certaines espèces, dont le pigeon, le colibri, le canard colvert, le martin-pêcheur d’Amérique, le fou et certains passereaux (Martin 1985; Meyer 1986; Reed 1987; Maier 1992) perçoivent aussi l’ultraviolet (d’une longueur d’onde inférieure à 390 nm), non perçu par l’oeil humain. Les pigeons et certains oiseaux chanteurs se sont également montrés sensibles au plan de polarisation de la lumière (Martin 1985), auquel l’oeil humain est très peu sensible. Comme les oiseaux, semble-t-il, perçoivent la couleur, il y a lieu de tenir compte de ce paramètre lors de la conception et du développement de dispositifs d’effarouchement visuel.

épouvantails

Description - Les épouvantails comptent parmi les plus anciennes techniques de lutte antiaviaire (Frings et Frings 1967; Hussain 1990). La plupart des épouvantails sont fabriqués à l’effigie du corps humain et utilisent toutes sortes de matériaux peu coûteux, comme des sacs à grains ou de vieux vêtements bourrés de paille. Plus les traits du visage et la forme du corps sont réalistes, plus l’épouvantail sera efficace. Des épouvantails revêtus de couleurs vives sont plus faciles à détecter pour les oiseaux (Littauer 1990a). On trouve aussi des épouvantails sur le marché, comme le Scarey Man. Il s’agit d’un mannequin en plastique de 1,46 m de hauteur, qui, par intermittence, se gonfle et se dégonfle, s’incline et se relève, s’illumine de l’intérieur et émet des hurlements aigus (Stickely et coll. 1995, cités dans Andelt et coll. 1997).

Fondement biologique - Les épouvantails, en imitant un prédateur (une personne), font fuir promptement les oiseaux, qui craignent leurs prédateurs. Plus leur comportement et leur apparence sont réalistes, plus ils sont efficaces. Comme la menace associée aux épouvantails est perçue, plutôt que réelle, l’accoutumance risque de survenir assez rapidement, à moins que d’autres techniques d’effarouchement soient utilisées en renfort.

Résultats de recherches - Règle générale, les dispositifs du genre épouvantail se sont révélés inefficaces lorsque utilisés seuls, ou alors d’une efficacité très fugace, le temps que l’espèce-proie s’habitue au stimulus visuel (Blokpoel 1976; Conover 1979, 1983, 1985b; Boag et Levin 1980; Hothem et De Haven 1982). Les épouvantails sont plus efficaces s’ils sont déplacés tous les deux ou trois jours (DeFusco et Nagy 1983; LGL Ltd. 1987; Hussain 1990). Les épouvantails qui bougent sous l’action du vent et qui sont conjugués à d’autres mesures de lutte antiaviaire (p. ex., intégrés à des canons à gaz) sont plus efficaces que les épouvantails immobiles non appuyés par des techniques concurrentes. Littauer (1990b) a noté que le fait de conduire de temps en temps un véhicule à proximité de l’épouvantail, ou de placer l’épouvantail sur un véhicule immobilisé peut accroître l’efficacité de cette technique. Un mannequin essayé sur des tourterelles des bois gardées dans une volière s’est avéré avoir une plus grande portée efficace qu’une corneille empaillée ou qu’un cerf-volant représentant un prédateur (Nakamura 1997).

Plus récemment, plusieurs types d’épouvantails mécaniques éjectables ont été créés. Nomsen (1989) a constaté l’efficacité d’un épouvantail à effigie humaine s’éjectant d’un canon au propane double au moment de la détonation pour éloigner des carouges et des quiscales qui se ravitaillaient à même un champ de tournesols de 4 à 6 acres de superficie. Les canards et les bernaches se sont révélés beaucoup plus faciles à effrayer que les carouges et les quiscales.

Un autre modèle d’épouvantail consiste en un sac gonflable de forme humaine, monté sur compresseur alimenté par un accumulateur, ou sur un ventilateur électrique. Il se gonfle toute les cinq minutes. Des minuteries peuvent aussi être reliées à une cellule photoélectrique qui permettrait de faire débuter la séquence de gonflage de l’épouvantail à l’aube ou au crépuscule. Une fois gonflé, l’épouvantail se tient debout et émet un cri perçant de sirène avant de se dégonfler (Littauer 1990a; Coniff 1991). Coniff (1991) a noté que ce genre d’épouvantail installé près d’un étang de poissons-chats a effectivement réussi à effrayer des cormorans. Les populations de grands hérons et de bihoreaux gris fréquentant une ferme aquacole ont tout d’abord diminué, par suite de la mise en place de deux effigies humaines du type « Scarey Man Fall Guy », mais à la faveur d’une habituation rapide, ont commencé à augmenter au bout de quatre nuits (Andelt et coll. 1997).

Littauer (1990b) a décrit un autre épouvantail mécanique comportant une tête de mannequin fixée à une tige d’acier. Un canon au propane projette la tête à environ 30 pouces de hauteur. On ne dispose d’aucune information sur l’efficacité de ce genre d’épouvantail.

Certaines espèces d’oiseaux s’habituent aux épouvantails, mobiles ou non. Naggiar (1974) a noté l’inefficacité d’épouvantails (immobiles) et de tirs d’arme à feu pour éloigner des échassiers d’un étang à pisciculture. Au bout de deux heures, les oiseaux étaient habitués à l’épouvantail.

Cummings et coll. (1986) ont utilisé un canon au propane et un épouvantail propulsé au CO2 pour éloigner des carouges et des quiscales de champs de tournesols. Ils ont constaté que l’épouvantail mettait en fuite la plupart des oiseaux; moins d’oiseaux revenaient pendant la période d’essai que pendant la période témoin. Les auteurs ont expliqué le retour des oiseaux par deux motifs : l’accoutumance de certains à l’épouvantail et le fait que, pour d’autres, les habitudes de recherche de nourriture étaient si bien ancrées qu’aucun moyen ne pouvait les déloger.

En Alberta, on a mis à l’essai des épouvantails pour empêcher les oiseaux de se poser sur des bassins de résidus contaminés aux hydrocarbures. Ward (1978) a installé un « radeau d’effarouchement » équipé d’un épouvantail orange fluorescent de grande taille, de deux feux continus et d’un canon à gaz. Les radeaux n’ont pas réussi à mettre en fuite tous les oiseaux. Les canards, en particulier les petits fuligules, étaient les plus sensibles, tandis que les foulques d’Amérique et les grèbes se sont révélés les plus coriaces.

Boag et Lewin (1980) ont noté qu’une effigie humaine était efficace pour éloigner des canards de surface et des canards plongeurs de petits étangs naturels. La présence d’une effigie a permis de réduire de 95 % la population de canards sur l’étang. Comme, dans le même intervalle, on a observé une diminution de 20 % seulement du nombre d’oiseaux sur les étangs témoins, on a conclu à l’efficacité de l’effigie.

Boag et Lewin (1980) ont également tenté d’évaluer l’efficacité de 27 effigies disposées autour d’un bassin de résidus miniers de 150 ha. Les dénombrements d’oiseaux sur l’étang ont été comparés aux dénombrements effectués l’année précédente, alors que les effigies n’avaient pas encore été installées. Même si le nombre de carcasses d’oiseaux aquatiques était légèrement supérieur l’année où les effigies ont été posées (104 par rapport à 98), ces dernières ont quand même été jugées efficaces. On croit que la mise en place des effigies a eu lieu une année où les oiseaux aquatiques et les oiseaux de rivage étaient en plus grand nombre dans la région et où, par conséquent, davantage d’efforts ont été déployés pour récupérer les oiseaux morts.

évaluation - Les épouvantails constituent une technique très adaptable de lutte contre le péril aviaire. Mobiles et peu coûteux à fabriquer, ils peuvent être placés aussi bien sur terre que sur l’eau. On peut renforcer leur efficacité en leur adjoignant d’autres produits de lutte. Mais, ils se sont révélés inefficaces à long terme. Ils sont particulièrement indiqués lorsque l’on cherche à éloigner les oiseaux de façon temporaire ou à protéger une zone bien délimitée.

Recommandation - Technique recommandée pour une protection à court terme et localisée; non fiable pour la protection à long terme contre les oiseaux.

Documents recensés - Andelt et coll. 1997; Boag et Lewin 1980; Coniff 1991; Cummings et coll. 1986; DeFusco et Nagy 1983; Devenport 1990; EIFAC 1988; Frings et Frings 1967; Kevan 1992; LGL Ltd. 1987; Littauer 1990a,b; Nakamura 1997; Naggiar 1974; Nelson 1990b; Nomsen 1989.

Réflecteurs et banderoles réfléchissantes

Description - Une banderole réfléchissante est une bande élastique dont une face est revêtue d’argent métallique et l’autre face, d’une résine synthétique de couleur (habituellement rouge) (Bruggers et coll. 1986). Elle produit des éclairs en réfléchissant la lumière du soleil, ainsi qu’un bourdonnement ou un crépitement lorsqu’elle s’étire ou s’agite sous l’effet du vent. En raison des sons et de la lumière qu’elle émet, on l’utilise pour éloigner les oiseaux des terrains agricoles.

Fondement biologique - Il existe très peu de fondement biologique à l’efficacité des réflecteurs et des banderoles réfléchissantes. Les oiseaux s’écarteraient d’abord de ces produits en raison de leur prudence naturelle à l’égard des objets inconnus. Ils réagiraient également par un tressaillement aux vifs éclairs de lumière et aux bruits soudains. Mais l’absence de fondement biologique risque de favoriser l’accoutumance.

Résultats de recherches - Les premières études touchant ces dispositifs donnaient à penser que l’on pouvait se servir de réflecteurs pour éloigner les oiseaux des champs de récoltes et des aéroports. Ces études ont été résumées par Koski et Richardson (1976). Les études récentes ont été axées sur l’utilisation de banderoles réfléchissantes plutôt que sur de simples objets brillants et voyants. Les banderoles réfléchissantes font du bruit lorsqu’elles battent au vent, et on croit que le stimulus auditif ainsi produit les rend plus efficaces que les autres réflecteurs.

L’efficacité des bannières en Mylar en tant que répulsifs pour goélands a été étudiée par Belant et Ickes (1997). Les bannières ont été mises à l’essai dans une décharge, sur deux aires de nidification et deux aires de repos. Selon Belant et Ickes (1997), les bannières réfléchissantes se sont révélées inefficaces pour éloigner les goélands argentés (et, selon toute vraisemblance, les autres espèces de goélands) des aires de nidification, mais elles ont pu diminuer le nombre de goélands à bec cerclé dans les aires de repos.

Bruggers et coll. (1986) ont utilisé des banderoles réfléchissantes (de 0,025 mm d’épaisseur et 11 mm de largeur) pour éloigner les oiseaux de champs de maïs, de tournesols et de sorgho. Les banderoles se sont avérées efficaces lorsqu’elles étaient suspendues en rangs parallèles audessus des récoltes mûrissantes et lorsque le point d’accès aux champs était également protégé. Il se peut que la force du vent ait renforcé l’efficacité des banderoles en accentuant leur bruit. Dolbeer et coll. (1986) ont eu recours à des rubans réfléchissants pour éloigner des oiseaux de champs de cultures. Ils ont accroché les rubans à des poteaux espacés de 3, de 5 et de 7 m. Dans les intervalles de 3 m, les rubans atteignaient une hauteur d’au moins 0,5 à 1,0 m au-dessus du sol. Le système s’est révélé plus efficace lorsque l’intervalle était de 3 m plutôt que de 5 ou 7 m. Les rubans réfléchissants n’ont pas eu raison de toutes les espèces d’oiseaux et ils perdaient toute efficacité lorsqu’ils s’enroulaient et que la face réfléchissante devenait invisible.

Summers et Hillman (1990) ont mis à l’essai un ruban fluorescent rouge (de 20 mm de largeur) pour éloigner des oies des neiges de champs de blé d’hiver, au R.-U. La moitié d’un champ de 20,2 ha constituait la zone témoin et l’autre moitié, la zone expérimentale. Un autre champ témoin (de 7,5 ha), situé dans une autre région, était pourvu d’un canon à gaz et de deux épouvantails. Des longueurs de ruban ont été accrochées à des intervalles de 40 à 60 m transversalement aux rangs de blé, dans le champ expérimental. Le ruban s’est révélé plus efficace que le canon et les épouvantails pour repousser les oies. Celles-ci ont causé des pertes de 1 % de la récolte dans les champs protégés par les rubans, mais de 6 %, dans les champs non munis de rubans. Il semble que les oies aient brouté une lisière de 2 m en bordure des champs où avaient été installés des rubans.

Les rubans réfléchissants se sont révélés inefficaces pour éloigner des oiseaux de terrains de bleuets mûrissants (Tobin et coll. 1988). Le ruban était en place depuis 10 à 12 jours lorsqu’ont été faits les premiers dénombrements d’oiseaux et de fruits. Il se peut que cet intervalle ait suffi pour que les oiseaux s’habituent aux rubans. De plus, seulement 7 à 10 longueurs de ruban avaient été mises en place sur chaque parcelle, ce qui a pu être insuffisant pour effrayer les oiseaux.

évaluation - Les réflecteurs et banderoles réfléchissantes peuvent être utiles pour effaroucher les oiseaux dans certaines applications agricoles bien précises. Les rubans réfléchissants sont faciles à installer et peuvent tout aussi facilement être déplacés. Il est possible également de placer des réflecteurs autour d’étangs et de bassins. On peut accroître l’efficacité de ces dispositifs en les combinant avec d’autres techniques d’effarouchement (p. ex., des canons à gaz, des épouvantails).

Recommandation - Seule une utilisation restreinte des réflecteurs et des banderoles réfléchissantes est recommandée sur les terrains d’aviation.

Documents recensés - Belant et Ickes 1997; Bruggers et coll. 1986; Dolbeer et coll. 1986; Koski et Richardson 1976; Summers et Hillman 1990; Tobin et coll. 1988.

Prédateurs artificiels

Description - Les prédateurs artificiels imitent un prédateur, habituellement une buse ou un hibou. Ils vont de l’imitation approximative à la reproduction très fidèle du prédateur. Un (piètre) exemple est le hibou en plastique couramment utilisé sur les immeubles pour éloigner les pigeons, les moineaux et les hirondelles.

Fondement biologique - Les maquettes de prédateurs servent à disperser et éloigner les oiseaux parce qu’elles imitent l’apparence et/ou le comportement de prédateurs vivants. L’évitement des prédateurs a une forte valeur de survivance. Aussi l’utilisation de prédateurs artificiels a-t-elle un solide fondement biologique. Mais la maquette doit être réaliste, sans quoi les oiseaux nuisibles s’y habitueront.

Résultats de recherches - Les prédateurs artificiels ou les maquettes de prédateurs ont habituellement été utilisés pour protéger des champs de cultures (Conover 1979, 1983, 1984, 1985b; DeFusco et Nagy 1983; Crocker 1984). Conover (1979, 1983) a constaté que des maquettes de buses fixes et des cerfs-volants en forme de buse éloignaient les oiseaux de postes d’alimentation et de champs de maïs mais qu’ils n’étaient efficaces qu’à court terme. Belant et coll. (1997e) ont pour leur part constaté l’inefficacité d’effigies de grands-ducs d’Amérique et de faucons émerillons peintes à la main pour réduire la « squatterisation » de nichoirs par des étourneaux. En effet, on n’a noté aucune différence significative entre des nichoirs avec et sans effigie, pour ce qui est de la proportion de nichoirs portant des nids, des oeufs ou des oisillons.

Les maquettes de prédateurs peuvent même, à l’occasion, attirer les oiseaux plutôt que les repousser (Conover 1983; LGL Ltd. 1987). Il arrive souvent, par exemple, que les carouges, les quiscales et les corneilles houspillent les hiboux ou les maquettes de hiboux. Conover (1982, 1985b) a cependant constaté qu’un hibou mobile en plastique tenant une corneille en plastique dans ses serres éloignait les corneilles de potagers et de champs de faible superficie. Une version fixe du même dispositif s’est avérée inefficace.

évaluation - Les prédateurs artificiels étant moins réalistes que les oiseaux vivants, leur efficacité est limitée. Les oiseaux nuisibles finissent par se rendre compte que la maquette n’est qu’une maquette et qu’il n’y a pas de danger. Si une protection à court terme suffit, on peut recourir aux prédateurs artificiels. Ils sont bon marché et faciles à mettre en place. On peut renforcer leur efficacité en les déplaçant souvent.

Recommandation - Technique recommandée seulement dans le cas où une protection à très court terme ou localisée est nécessaire. Non recommandée, en général, pour les terrains d’aviation. Documents recensés - BSCE 1988; Belant et coll. 1997e; Conover 1979, 1982, 1983, 1984, 1985b; Crocker 1984; DeFusco et Nagy 1983; Frings et Frings 1967; Hothem et DeHaven 1982; Inglis 1980; Koski et Richardson 1976; LGL Ltd. 1987; Naef-Daenzer 1983; Saul 1967; Stout et Schwab 1979.

Cerfs-volants en forme de buse et ballons

Description - Les cerfs-volants en forme de buse sont une autre forme de prédateur artificiel. Ils sont ancrés au sol ou suspendus à des ballons d’hélium ou à des mâts, qui les maintiennent en hauteur.

Fondement biologique - Les cerfs-volants en forme de buse exploitent le principe selon lequel une espèce-proie fuira une zone dans laquelle elle perçoit un danger. En l’absence de menace réelle, les oiseaux auront tôt fait de s’apercevoir qu’ils n’ont pas besoin de fuir : c’est alors que le cerf-volant aura perdu son efficacité.

Résultats de recherches - Des cerfs-volants imitant des buses et d’autres rapaces ont été utilisés pour effrayer des oiseaux dans des champs de maïs et de tournesols (Harris 1980; Conover 1983) et dans des vignobles (Hothem et coll. (1981); Hothem et DeHaven 1982). Habituellement, ces cerfs-volants sont suspendus à des ballons remplis d’hélium ou attachés à des mâts de façon à demeurer en hauteur pendant les périodes sans vent.

Conover (1983) a mené des expériences avec quatre modèles de cerfs-volants imitant des buses (Mauserbussard, Falke, Steinalder et Habitch). Ceux-ci différaient par l’espèce représentée, la taille, l’envergure et la couleur. Chaque cerf-volant était attaché à mi-chemin d’un fil de nylon tressé reliant deux mâts de bambou plantés à 3 m de distance. Les cerfs-volants n’ont pas découragé les oiseaux de ravager des champs de maïs. Parce qu’ils n’étaient pas attachés à des ballons, ils étaient moins mobiles (40 m de portée pour les cerfs-volants reliés à des ballons par rapport à 2 m, pour des cerfs-volants sans ballon) et donc moins efficaces pour effrayer les oiseaux. Une fois en mouvement (on les a suspendus à des ballons), ils sont devenus efficaces (Conover 1984).

Hothem et coll. (1981) ont utilisé quatre cerfs-volants avec ballons pour éloigner des oiseaux de vignobles : un cerf-volant en forme d’aigle d’une envergure de 1,35 m, un cerf-volant en forme d’aigle dont le bord d’attaque des ailes était percé de quatre trous ronds, un cerf-volant à la face inférieure représentant un faucon, et un cerf-volant en tissu en forme d’aigle de 1,65 m d’envergure. Tous les cerfs-volants étaient attachés à des ballons d’hélium (de 1,2 m de diamètre). Les ballons étaient retenus au sol par un fil de nylon d’une force de 23 kg; chaque jour, la longueur du fil étaient réglée entre 8 et 52 m. Un ensemble cerf-volant-ballon a été mis en place pour protéger de 1,0 à 1,1 ha de vignes pendant une période (d’essai) de sept jours, puis enlevé pour une autre période (témoin) de sept jours. Pour réduire le risque d’habituation, les cerfs-volants et la couleur des ballons (cinq couleurs différentes) étaient changés tous les un à deux jours. Les résultats donnent à penser que les dégâts causés par les oiseaux ont diminué pendant les sept jours où les vignes étaient protégées par les cerfs-volants-ballons; mais cette diminution n’était pas significative. Il se peut que la taille de l’échantillon ait été trop restreinte pour permettre un essai significatif.

Hothem et DeHaven (1982) ont mis à l’essai un cerf-volant-buse dans des vignobles. Le cerfvolant avait une envergure de 1,3 m et arborait les couleurs d’un aigle royal immature. Il était suspendu à un ballon bleu rempli d’hélium, d’un diamètre de 1,7 m. Au terme de six périodes de 14 jours (7 jours avec protection suivis de 7 jours sans protection), aucune différence n’a été constatée dans le pourcentage de raisins perdus (2,8 % pendant les périodes avec protection par rapport à 2,9 % pendant les périodes témoins). Toutefois, l’ampleur des dégâts semble avoir augmenté en fonction de la distance du cerf-volant-ballon, donnant à penser que le répulsif ait pu avoir un très petit rayon d’efficacité. Les cerfs-volants subissaient des dommages lorsque les vents dépassaient 8 km/h, mais leur durée de vie atteignait généralement 14 jours.

Des oies des neiges auraient été repoussées d’une grande superficie (5 km de rayon) lorsqu’on a utilisé un cerf volant en losange rempli d’hélium, accroché à une ligne tendue au sol sur laquelle il se déplaçait selon des mouvements irréguliers (DeFusco et Nagy 1983). Apparemment, les oies des neiges ne se sont pas habituées à ce dispositif.

Les vents violents peuvent réduire l’efficacité des cerfs-volants. Harris (1980) a signalé que les cerfs-volants-ballons ne peuvent supporter les vents violents dans les prairies du Manitoba. On ne connaît pas clairement quelle est la vitesse d’accoutumance; certains travailleurs ont fait état d’une habituation lente ou nulle (DeFusco et Nagy 1983), tandis que d’autres ont signalé une perte d’eficacité plus rapide. Inglis (1980) a signalé que des pigeons ramiers s’étaient habitués à un cerf-volant- ballon en 4 heures à peine.

évaluation - Les ballons et les cerfs-volants peuvent s’avérer de bons dispositifs d’effarouchement sur les terrains d’aviation; ils sont toutefois d’une utilité limitée parce que les animaux s’y habituent. Les cerfs-volants-ballons, d’installation facile, peuvent être déplacés d’un endroit à un autre sans trop de difficulté. Ils pourraient être efficaces près de petits étangs ou de zones temporairement humides qui attirent les oiseaux, par exemple. Les cerfs-volants-ballons présentent toutefois des limites dans la pratique. Il peut être difficile de garder les ballons gonflés. Les vents violents (un problème sur les terrains d’aviation ouverts) et la pluie peuvent les rendre inefficaces. Il faudrait utiliser d’autres dispositifs d’effarouchement (canons, épouvantails) pour rendre les cerfs-volants-ballons plus efficaces.

Recommandation - Les cerfs-volants en forme de buse et les ballons sont recommandés uniquement pour les cas où une protection à court terme et localisée suffit.

Documents recensés - Conover 1983; DeFusco et Nagy 1983; Harris 1980; Hothem et coll. 1981; Hothem et DeHaven 1982; Inglis 1980.

Goélands et mouettes artificiels

Description - Ici, on entend des répliques ou de véritables carcasses de goélands et de mouettes disposées comme si les oiseaux étaient tombés et étaient morts sur place.

Fondement biologique - Les carcasses d’oiseaux, ou des répliques de celles ci, servent d’avertissement d’un danger, actuel ou récent, dans la zone où elles se trouvent. Souvent, les oiseaux s’approchent de la carcasse pour l’examiner, mais ils quittent habituellement les lieux lorsqu’ils découvrent que l’oiseau est dans une position non naturelle.

Résultats de recherches - On a utilisé des carcasses d’oiseaux pour repousser et épouvanter les oiseaux des zones agricoles (Naef Daenzeer 1983) et des aéroports (voir Koski et Richardson 1976, Inglis 1980, et DeFusco et Nagy 1983). Des carcasses artificielles ont également été utiles pour effrayer les oiseaux dans d'autres circonstances. Par exemple, on a pu, au moyen de carcasses naturelles ou artificielles de goélands ou de mouettes disposées bien en évidence, effaroucher les oiseaux de ces espèces et ainsi les éloigner de certains aéroports (Saul 1967; Stout et Schwab 1979; Howard 1992). Dans la plupart des pays, toutefois, ces méthodes n’ont pas été jugées suffisamment efficaces pour être adoptées de manière opérationnelle (BSCE 1988).

Le recours à des carcasses, naturelles ou artificielles, de goélands et de mouettes placées dans des positions non naturelles ou dans des positions d’oiseaux morts ou blessés a démontré une certaine efficacité. Stout et coll (1974) ont utilisé des goélands ou des mouettes artificiels pour éloigner des goélands à ailes grises d’un terrain d’aviation situé à Shemya dans les îles Aléoutiennes, ainsi que des goélands à bec cerclé d’une décharge située près d’une base aérienne à Pasadena, au Texas. Dans ce dernier cas, les goélands devaient être en vol pour voir la carcasse artificielle sur le sol. On a fait jouer un enregistrement de cris de détresse pour que les oiseaux prennent leur envol. Aux Pays Bas, on a pu constater que le recours à des goélands empaillés adoptant des positions d’oiseaux blessés était efficace uniquement si on les déplaçait fréquemment pour éviter que les oiseaux s’habituent à leur présence (Hardenberg 1965). Grâce à des carcasses crucifiées et à des reproductions en polystyrène, on a réussi à éloigner les goélands et les mouettes de certaines aires de repos, aux aéroports d’Auckland et de Wellington, en Nouvelle Zélande. La réussite, ici, était attribuable à la présence d’autres aires de repos. À un troisième aéroport, où les oiseaux ne disposaient pas d’une autre aire de repos, les résultats ont été moins bons (Caithness 1970).

On a eu recours à des goélands et des mouettes artificiels dans le cadre du programme intensif de lutte aux goélands et aux mouettes mené chaque année au site de la colonie importante de goélands à bec cerclé, sur la flèche de la rue Leslie, à Toronto. Les goélands artificiels étaient, en fait, des ailes de goélands attachées à une bouteille en plastique que l’on lançait en l’air pour simuler la chute d’un oiseau blessé. On a également utilisé des faucons, des dispositifs pyrotechniques et des cris de détresse dans le cadre d’un programme qui a permis d’empêcher la nidification des goélands à bec cerclé dans de grandes parties du secteur en cause (Watermann 1985, 1986, 1987; Watermann et Cunningham 1989). Dans plusieurs programmes de lutte à des aéroports et à des décharges, on tue des goélands et des mouettes qu’on lance ensuite en l’air en même temps que se font entendre les détonations de pièces pyrotechniques; cela accroît, signale t on, l’efficacité des dispositifs pyrotechniques.

évaluation - Tout comme bon nombre des répulsifs visuels dont nous avons traité jusqu’à maintenant, les carcasses réelles ou artificielles de goélands et de mouettes (ou d’autres espèces) repoussent certains oiseaux, mais leur période d’efficacité est limitée car les oiseaux finissent par s’habituer.

Recommandation - Utilisés seuls, les goélands ou les mouettes artificiels sont recommandés uniquement dans les cas où une protection à court terme et localisée suffit. Toutefois, les carcasses artificielles (ou les oiseaux empaillés) peuvent être un élément efficace d’un programme intégré de protection.

Documents recensés - BSCE 1988; Caithness 1970; DeFusco et Nagy 1983; Hardenberg 1965; Inglis 1980l; Koski et Richardson 1976; Naef-Daenzer 1983; Saul 1967; Stout et Schwab 1979; Stout et coll. 1974; Howard 1992; Watermann 1985, 1986, 1987; Watermann et Cunningham 1989.

Fauconnerie

Description - Utilisation de faucons et d’autres rapaces (des buses) entraînés par des fauconniers professionnels pour chasser les oiseaux de certaines aires et parfois même les tuer.

Fondement biologique - La majorité des oiseaux adoptent un comportement d’échappement à la vue de faucons et de buses susceptibles de les attaquer. Les oiseaux fuient la présence des faucons pour leur propre survie.

Résultats de recherches - On a utilisé des rapaces pour effaroucher les oiseaux à un certain nombre d’aéroports, notamment au Canada (Blokpoel 1976; Koski et Richardson 1976; DeFusco et Nagy 1983; Blokpoel 1984; Hild 1984; BSCE 1988; Erickson et coll. 1990). Dans le cadre d’une étude menée à la fin des années 1940, on a utilisé des faucons pèlerins pour chasser des goélands et des mouettes d’un terrain d’aviation en Grande-Bretagne (Wright 1965). La mesure s’est révélée efficace même s’il fallait lancer les faucons au moins une fois par jour, et parfois plus souvent, pour tenir les goélands et les mouettes à l’écart.

D’autres études du recours à la fauconnerie ont été menées sur une gamme variée d’espèces (Seaman 1970; Heighway 1970; Mikx 1970). Heighway (1970) a fait état d’une étude sur les faucons pèlerins à la Royal Naval Air Station sur la côte nord de l’écosse. Il a fallu à une équipe de huit faucons pèlerins dirigés par deux entraîneurs à plein temps deux ans pour contrôler la population de goélands et de mouettes qui utilisaient l’endroit. On a eu recours à des dispositifs pyrotechniques et à des canons à gaz comme compléments aux efforts des fauconniers. Il fallait, en moyenne, remplacer deux faucons par année. À une base aérienne de Hollande, on a réussi à éloigner les goélands et les mouettes ainsi que d’autres espèces des pistes d’atterrissage grâce à un groupe de quatre vautours. Là encore, on a eu recours à des techniques comme l’emploi de dispositifs pyrotechniques, en plus des rapaces. Il est important de noter que les goélands et les mouettes n’ont démontré aucun signe d’accoutumance aux vautours pendant les deux années de cette étude (Mikx 1970). Par contre, Hahn (1996) dans un rapport sur l’utilisation de faucons sur un terrain d’aviation militaire en Allemagne signale, en conclusion, qu’il ne peut recommander le recours à la fauconnerie comme méthode courante de protection aux terrains d’aviation civile.

La fauconnerie constitue ou a constitué un élément clé des programmes de lutte contre le péril aviaire aux cinq aéroports suivants : Lester B. Pearson International (Toronto), Dorval (Montréal), North Bay, BFC Trenton, et BFC Shearwater (Blokpoel 1980; Mason 1980; Transports Canada 1984; LGL Limited, obs. pers. 1998). Tous ces programmes comportent le recours à des techniques supplémentaires en plus de la fauconnerie, notamment des cartouches détonantes (dispositifs pyrotechniques), des cris de détresse et des mises à mort. De plus, les goélands et les mouettes ont appris à associer la présence du camion patrouilleur au danger et le camion lui-même est devenu cause d’effarouchement (les goélands et les mouettes sont capables de distinguer le camion patrouilleur des autres véhicules [Mason 1980]). En règle générale, les programmes fondés sur la fauconnerie à ces aéroports ont été jugés une réussite (Environmental Assessment Board 1987a,b; Mason 1988). En fait, Mason (1988) croyait que les goélands et les mouettes avaient appris à ne pas voler au dessus de l’aéroport à cause du programme de lutte contre le péril aviaire.

Récemment, on a utilisé des rapaces, de concert avec d’autres méthodes d’effarouchement, dans le but de limiter l’aire de nidification d’une grande colonie de goélands à bec cerclé, à Toronto (Blokpoel et Tessier 1987). On a attaché diverses espèces de rapaces à des perchoirs pendant la majeure partie de l’étude, ne les laissant libres de voler qu’occasionnellement. L’utilisation de ces rapaces, jumelée à d’autres techniques (dispositifs pyrotechniques, goélands et mouettes artificiels, mises à mort et cris de détresse) a permis d’empêcher les goélands et les mouettes de faire leurs nids dans certains secteurs; d’autres espèces, toutefois, comme les bernaches du Canada, n’ont été aucunement affectées (Watermann 1985, 1986, 1987). En 1997 et en 1998, on a utilisé des faucons pour empêcher les oiseaux nicheurs d’avoir accès à une partie étendue de la grande colonie de goélands à bec cerclé d’Eastport (Hamilton, Ontario) (U. Watermann et M. Givlin, Bird Control International, comm. pers. 1998).

Les techniques de fauconnerie ont été appliquées à des décharges contrôlées à Trenton et North Bay (Blokpoel 1980). Une étude quantitative de l’efficacité du programme d’effarouchement des goélands et des mouettes a été menée à la décharge de Quinte (Trenton, Ontario) au printemps de 1983 (Risley 1983; Risley et Blokpoel 1984). L’équipe de lutte contre le péril aviaire s’est rendue à la décharge au moins deux fois par jour et a appliqué diverses techniques d’effarouchement, notamment en lâchant des faucons ou des buses, en tirant des cartouches détonantes, en lançant des carcasses de goélands et de mouettes en l’air et en tirant des munitions chargées. Les méthodes utilisées et le moment de la journée variaient et le niveau d’accoutumance des goélands et des mouettes était faible (Risley 1983). L’étude a permis de conclure que le programme de lutte contre les goélands et les mouettes à la décharge de Quinte a été très efficace. La grande efficacité du programme semblait découler des effets cumulatifs de plusieurs épisodes de lutte contre le péril aviaire (Risley et Blokpoel 1984). Le recours à la fauconnerie fait actuellement partie des programmes de lutte utilisés à la décharge régionale de Halton ainsi qu’à celle de la route 12 de Niagara, à Grimsby en Ontario et à une autre décharge située près de Montréal.

Dans le cadre d’une étude effectuée par Kenward (1978, in Inglis 1980), les vautours n’ont pas réussi à chasser des pigeons ramiers de champs de Brassica. Après des attaques répétées de la part des vautours les pigeons revenaient habituellement s’installer dans les champs et continuaient à s’y nourrir.

Le recours à la fauconnerie de concert avec d’autres techniques d’effarouchement a permis d’éloigner les goélands et les mouettes, qui ont montré peu de signes d’accoutumance. Toutefois, plusieurs travailleurs ont remarqué que la fauconnerie présente diverses lacunes dont on devrait tenir compte avant d’opter pour cette technique (Wright 1965; Blokpoel 1980; Mason 1980; Transports Canada 1984; Environmental Assessment Board 1987a). Auparavant, il était difficile d’obtenir des faucons et des buses, et beaucoup des oiseaux les plus performants (comme les faucons pèlerins, par exemple) appartenaient à des espèces menacées d’extinction. Toutefois, grâce au récent essor des programmes de reproduction en captivité, on peut dorénavant se procurer facilement des rapaces, même des faucons pèlerins. Tout bon programme de lutte contre le péril aviaire exige plusieurs rapaces. Selon Transports Canada (1984), par exemple, le nombre optimal d’individus pour le programme de lutte à l’aéroport international Lester B. Pearson s’établit à 20 rapaces appartenant à 5 espèces différentes. Ainsi, des rapaces de tailles variées peuvent s’attaquer spécifiquement aux diverses espèces problèmes de l’aéroport. Là où les goélands et les mouettes posent le principal risque, quelques individus d’une seule et même espèce de faucons de grande taille suffiraient. Il faut plusieurs individus parce que les faucons ne peuvent être maintenus en vol constamment; ils se fatiguent. Ils ne peuvent voler toute une journée après un repas complet et on ne peut pas les faire voler en période de mue. De plus, ils peuvent se blesser ou se perdre.

Il faut faire appel à des fauconniers sérieux et bien formés pour obtenir de bons résultats. La fauconnerie est art, et l’entraînement, la volerie et les soins exigent beaucoup de dévouement et de grandes compétences (Blokpoel 1980). À cause des longues heures de travail et des risques de maladie et d’absences de la part des fauconniers, il est préférable de faire appel à une équipe de plusieurs personnes. Enfin, les faucons ne peuvent être mis à contribution par mauvais temps, comme dans le brouillard, pendant de fortes pluies ou des vents forts (Wright 1965; Blokpoel 1980; Transports Canada 1984). Ce sont là des conditions qui ont pour effet d’encourager les goélands et les mouettes à utiliser les aires de nutrition et de repos situées à l’intérieur des terres. Un nombre insuffisant de faucons pendant ces périodes pourrait rendre difficile la lutte contre les goélands et les mouettes.

évaluation - Le recours à la fauconnerie pour la lutte contre le péril aviaire repose sur un fondement biologique solide. Les faucons effarouchent les oiseaux nuisibles de manière adéquate et ceux ci ne s’y habituent pas parce qu’ils sont réellement menacés. Le fait de laisser un faucon tuer un oiseau nuisible à l’occasion renforce la menace. Le fait que la fauconnerie soit une technique manuelle utilisée de manière sélective en accroît l’efficacité par comparaison à un produit automatique contrôlé par une minuterie.

Il faut disposer de fauconniers expérimentés et de rapaces entraînés; il se peut que ni l’un ni l’autre ne soit disponible à court préavis. Les rapaces ne peuvent être utilisés la nuit ou en période de grands vents ou de fortes pluies.

Recommandation - La fauconnerie est recommandée comme élément très efficace d’un programme de lutte contre le péril aviaire dans les aéroports. Cette méthode peut être utilisée de concert avec d’autres techniques.

Documents recensés - Blokpoel 1976; Blokpoel 1980; Blokpoel 1984; Blokpoel et Tessier 1987; BSCE 1988; DeFusco et Nagy 1983; Environmental Assessment Board 1987a,b; Erickson et coll. 1990; Heighway 1970; Hild 1984; Kenward 1978 in Inglis 1980; Koski et Richardson 1976; Mason 1980; Mason 1988; Mikx 1970; Risley 1983; Risley et Blokpoel 1984; Seaman 1970; Transports Canada 1984; Watermann 1985, 1986, 1987; Wright 1965.

Aéronefs

On a utilisé des aéronefs, à voilure fixe ou tournante (hélicoptères), dans l’intention avouée de chasser ou d’effaroucher les oiseaux d’un lieu, particulièrement en milieu agricole. Il existe, au Canada, des règlements interdisant aux aéronefs de voler à proximité de colonies d’oiseaux marins en raison des perturbations qui peuvent en résulter pour les oiseaux nicheurs. Toutefois, nombre d’oiseaux se sont de toute évidence adaptés au bruit et aux stimulus visuels associés aux aéronefs près des aéroports. Ces oiseaux ne sont alors ni repoussés ni effrayés. Bien que dans beaucoup de situations on puisse clairement effaroucher ou chasser les oiseaux au moyen d’aéronefs, et même près des aéroports si le but visé est de les effaroucher, cette technique ne peut s’appliquer de manière pratique aux aéroports, étant donné que, dans ces cas, l’aéronef de chasse pourrait présenter lui même un risque pour les autres aéronefs. En outre, les collisions entre oiseaux et aéronefs représentent un risque. On a signalé au moins un écrasement d’avion au cours d’un exercice d’effarouchement d’oiseaux; le pilote de l’avion aurait tenté d’éviter une volée d’oiseaux (National Transportation Safety Board des états Unis, dossier no 1612).

Recommandation - Non recommandé.

Modèles réduits d’avions téléguidés

Description - On peut utiliser des modèles réduits d’avions téléguidés pour effaroucher et chasser les oiseaux. Le niveau d’efficacité de l’avion peut être rehaussé si l’on peint la forme d’un rapace sur le fuselage. Des modèles réduits d’avions en forme de faucon sont également utilisés.

Fondement biologique - Des modèles réduits d’avions imitant des faucons et des buses peuvent être utilisés pour effaroucher et chasser les oiseaux de certains endroits précis.

Résultats de recherches - Les modèles réduits d’avions radioguidés offrent des possibilités pour ce qui est d’éloigner les oiseaux des aéroports, des terres agricoles, des installations aquacoles ainsi que des décharges (Saul 1967; Ward 1975a; DeFusco et Nagy 1983; Parsons et coll. 1990). L’utilisation de ces modèles réduits nécessite des opérateurs habiles (Littauer 1990a). C’est pourquoi, notamment, leur utilisation n’est pas très répandue pour effaroucher les oiseaux aux aéroports (BSCE 1988).

On a eu recours à des modèles réduits d’avions pour éloigner des oiseaux piscivores, comme les cormorans et les hérons, d’installations d’aquaculture (Coniff 1991; Parsons et coll. 1990). Pour les grandes fermes piscicoles sur le continent, on a recommandé de faire voler un modèle réduit d’avion pour chaque section de 200 à 300 acres (Littauer 1990a). Les modèles réduits d’avions se sont révélés utiles pour réduire le nombre de goélands et de mouettes dans une décharge du sud est des états Unis (R. Davis, LGL Limited, obs. non publiées). Dans ce cas, un modèle d’avion à large voilure tournait continuellement en rond au dessus du site pendant les heures de clarté. Le programme a été une réussite, mais nécessitait beaucoup de main d’oeuvre. En Israël, on a eu recours à des modèles réduits d’avions de concert avec des dispositifs sonores pour effaroucher des oiseaux nuisibles (Yashon 1994).

À l’aide d’un avion expérimental épousant la forme d’un faucon, on a réussi à chasser les étourneaux et les pluviers kildir de l’aéroport international de Vancouver, ainsi que les canards et les oies de l’île Westham de Vancouver, en C. B. (Ward 1975a; Solman 1981). La plupart des oiseaux ont affiché un comportement d’évitement similaire au comportement causé par un véritable faucon. Toutefois, un tel avion étant difficile à piloter, il faut faire appel à un technicien expérimenté. Une autre approche efficace consiste à peindre le dessin d’un rapace sur un modèle réduit d’avion conventionnel (Saul 1967).

L’utilisation d’avions radioguidés présente un problème en ce sens qu’il est souvent difficile de contrôler la direction dans laquelle les oiseaux effarouchés se dispersent, ce qui peut entraîner des blessures et des dommages s’il y a collision entre les oiseaux et les modèles réduits (Coniff 1991). Le recours à ce moyen nécessite de bonnes conditions météorologiques ainsi que des aires d’atterrissage et de ravitaillement adéquates. On se préoccupe beaucoup également du risque que la présence de modèles réduits d’avions près de pistes d’atterrissage en service peut présenter pour les avions en vraie grandeur.

évaluation - L’utilisation de modèles réduits d’avions ne serait efficace que sur des aires plutôt restreintes dont le technicien pilotant le modèle réduit pourrait avoir une vue d’ensemble. Cidessous figurent d’autres avantages et d’autres limites de cette méthode.

Avantages

  1. Les oiseaux peuvent ne s’habituer que lentement à un modèle réduit d’avion qui les effarouche activement, spécialement si l’appareil épouse la forme d’un faucon.
  2. Pour empêcher les oiseaux de retourner à une aire et de s’y poser, on peut faire tourner en rond un modèle réduit d’avion au dessus du site.
  3. Il est fort probable que cette technique soit moins ciblée sur certaines espèces que le sont d’autres.

Inconvénients

  1. Il faut faire appel à des pilotes habiles.
  2. Cette technique nécessite beaucoup de main d’oeuvre.
  3. Il faut avoir à proximité un site d’atterrissage et de ravitaillement.
  4. Il n’est pas facile de contrôler la direction dans laquelle les oiseaux se dispersent.
  5. On ne peut utiliser les modèles réduits d’avions par vents forts, lorsqu’il pleut ou qu’il neige.
  6. L’utilisation de cette méthode près des pistes d’atterrissage en service présente certains risques.

Recommandation - Technique recommandée, mais uniquement pour les aires des aéroports qui n’avoisinent pas des pistes d’atterrissage et des voies de circulation en service. Il peut être difficile de mettre en oeuvre cette technique en raison de la rareté des pilotes compétents.

Documents recensés - Coniff 1991; BSCE 1988; DeFusco et Nagy 1983; Inglis 1980; Littauer 1990a; Parsons et coll. 1990; Saul 1967; Solman 1976, 1981; Ward 1975a.

Sources lumineuses

Description - Lors de diverses tentatives dans le but d’effaroucher des oiseaux, on a eu recours à des feux clignotants, tournants et stroboscopiques ainsi qu’à des projecteurs (Krzysik 1987).

Fondement biologique - Le fondement biologique de l’efficacité des sources lumineuses comme élément dissuasif n’a pas été clairement établi. Les feux ne sont pas un élément à long terme de l’environnement auquel les oiseaux ont pu s’adapter naturellement. Il se peut qu’ils constituent, dans certaines situations, un stimulus nouveau qui, par conséquent, provoque une réaction d’évitement. Cela s’avère particulièrement dans le cas des feux clignotants, tournants et stroboscopiques. Dans l’obscurité, les feux peuvent aveugler ou désorienter les individus des espèces nocturnes. Ils peuvent également servir à avertir les oiseaux de l’approche d’un danger, comme un avion, par exemple.

Résultats de recherches - On a utilisé des projecteurs pour dissuader des canards de se poser dans des champs de céréales pour s’y nourrir, et des essais ont démontré que certains migrateurs nocturnes font des manoeuvres d’évitement lorsqu’ils sont éclairés par des faisceaux lumineux (voir Koski et Richardson 1976). Bien que les projecteurs soient des éléments dissuasifs efficaces dans certaines situations, ils attirent parfois les oiseaux, la nuit, spécialement par temps nuageux ou brumeux.

La plupart des renseignements sur l’utilisation de feux stroboscopiques pour effaroucher les oiseaux proviennent de cas où les oiseaux présentaient un risque grave à la sécurité des avions et des terrains d’aviation. Les informations récentes sur l’utilisation de feux stroboscopiques sur des terrains d’aviation font état de résultats inégaux. Lawrence et coll. (1975), après avoir examiné divers types de données non scientifiques, statistiques et expérimentales, ont conclu que les feux stroboscopiques avaient un certain effet dissuasif. Une étude effectuée au R. U. en 1976 a révélé que l’utilisation des feux d’atterrissage des aéronefs pendant le jour entraînait une réduction du nombre de collisions avec des oiseaux. L’utilisation simultanée des feux à éclats anticollision a permis de réduire encore plus le nombre de collisions avec des oiseaux. Les feux stroboscopiques semblaient plus efficaces pour effaroucher les pluviers que les goélands et les mouettes. Toutefois, Zur (1982) n’a pas constaté de réduction importante du nombre de collisions avec des DC 9 équipés de feux stroboscopiques par comparaison à d’autres appareils qui n’en possédaient pas.

Briot (1986) a observé la manière dont des corneilles, des pies bavardes et des geais des chênes rattachés au sol réagissaient à des survols à faible altitude d’aéronefs équipés ou non de feux stroboscopiques blancs de 100 000 candela clignotant à 4 Hz. On a enregistré la distance séparant l’oiseau de l’aéronef au moment où l’oiseau essayait de s’envoler. Aucune différence importante n’a été observée dans la distance à laquelle la réaction apparaissait entre les survols d’aéronefs munis de feux stroboscopiques et les autres. Par contre, on a noté que la distance à laquelle les oiseaux étaient effarouchés augmentait légèrement à mesure qu’augmentait la fréquence de clignotement. Toutefois, la procédure expérimentale utilisée peut avoir influé sur les résultats. Il se peut que les oiseaux rattachés au sol aient été hésitants à s’envoler à mesure que l’aéronef approchait.

Lors d’une étude portant sur les effets des feux stroboscopiques sur des mouettes atricilles et des crécerelles d’Amérique, Bahr et coll. (1992) ont constaté que des feux stroboscopiques à une fréquence de 50 Hz provoquaient des réactions plus rapides dans les battements cardiaques que des fréquences de 5, 9 et de 15 Hz. En revanche, les fréquences faibles semblaient déterminer les augmentations les plus fortes du rythme cardiaque. D’après les résultats d’une étude effectuée par Briot (1986), il semblerait que la distance d’effarouchement s’accroît à mesure qu’augmente la fréquence. Laty (1976) a proposé qu’on ne laisse pas cette fréquence dépasser 100 Hz. Gauthreaux (1988) a utilisé une fréquence de 1,3 à 2 Hz lors d’études en laboratoire menées avec des moineaux migrateurs. D’autres études ont démontré que des fréquences de 8 à 12 Hz provoquent du stress chef les goélands et les mouettes, les pigeons et les étourneaux (Belton 1976; Solman 1976). Belton (1976) a constaté que les goélands et les mouettes mettaient de 30 à 45 minutes de plus avant de s’approcher d’une aire d’alimentation lorsque celle ci était éclairée par un feu stroboscopique blanc ou magenta à une fréquence de 2 Hz. Les feux stroboscopiques n’ont démontré aucun effet répulsif à des fréquences supérieures à 60 Hz.

Lors d’une étude approfondie menée en laboratoire sur des mouettes atricilles et des crécerelles d’Amérique, Green et coll. (1993) ont examiné les réactions des oiseaux à diverses longueurs d’ondes (couleurs) et à diverses fréquences. Les essais ont clairement démontré que les sujets étaient conscients des stimulus offerts par les feux stroboscopiques et que ceux ci provoquaient chez eux des réactions physiologiques (augmentation du rythme cardiaque). On n’a toutefois observé aucune réaction d’évitement manifeste. Selon les conclusions des auteurs, bien que les feux stroboscopiques puissent attirer l’attention des oiseaux, ils ne provoquent pas de réactions évidentes d’effroi, à tout le moins en l’absence d’autres stimulus menaçants. Si les oiseaux associaient un feu stroboscopique à une menace, comme l’approche d’un avion, par exemple, ils s’éloigneraient peut être du danger. On a recommandé que des essais soient effectués quant à la fréquence, à la couleur, à l’intensité et au mouvement des feux.

Selon les résultats de quelques études effectuées au moyen de feux stroboscopiques, de feux de barrière jaunes et les feux rotatifs sur les installations aquacoles (Salmon et coll. 1986; Nomsen 1989; Littauer 1990a) ces feux repoussent effectivement les oiseaux qui s’alimentent la nuit (par exemple, les hérons). Les feux aveuglent probablement les oiseaux; ceux ci, confus, éprouvent ensuite de la difficulté à attraper le poisson. Dans certains cas, les oiseaux s’habituaient aux feux et apprenaient même à les éviter en se posant le dos tourné aux sources lumineuses. Andelt et coll. (1997) ont constaté que les feux rotatifs vifs n’éloignaient pas les bihoreaux gris, qui se nourrissent la nuit, et les grands hérons d’une écloserie de truites. Les hérons se rendaient dans la zone non éclairée de l’écloserie, mais ils attrapaient tout aussi bien le poisson, que la zone soit éclairée ou non.

Mossler (1979) a mené des expériences à l’aide de feux clignotants à une décharge. On a construit un panneau lumineux équipé de feux d’automobiles clignotants (0,75 Hz) en séquence dans un mouvement allant du centre vers l’extérieur du panneau. On voulait ainsi reproduire un battement d’aile. Une personne portait le panneau lumineux tout en s’avançant vers les goélands et les mouettes et on surveillait les réactions des oiseaux. Le rouge et le bleu provoquaient les réactions les plus vives. Toutefois, l’utilisation du panneau de feux clignotants n’a entraîné aucun changement dans la réaction de fuite des oiseaux comparativement à l’approche par une personne non munie d’un panneau. L’utilisation du même panneau monté sur une automobile a provoqué encore moins de réactions chez les goélands et les mouettes que celle d’une automobile non munie d’un panneau.

Lefebvre et Mott (1983, in Krzysik 1987) ont remarqué que des feux clignotants de couleur jaune, utilisés de concert avec des leurres en forme de hibou, avaient réussi à chasser une volée d’étourneaux. Gauthreaux (1988) a observé que des bruants des prés gardés dans des cages à l’extérieur avec une vue sur l’horizon s’étaient orientés en sens diamétralement opposé à un feu stroboscopique rouge. Toutefois, ils ne montraient aucune réaction à un feu stroboscopique blanc ou à une lumière rouge ou blanche constante.

Les lumières n’ont réussi qu’en partie à tenir les oiseaux éloignés des déversement de pétrole. Grâce à des feux clignotants, on réussissait à effaroucher de 50 à 60 % de tous les oiseaux des sites de déversement de pétrole (U.S. Dept. Interior 1977, in DeFusco et Nagy 1983). Certains essais ont démontré que l’on pouvait effaroucher sauvagines, échassiers, moineaux, goélands et mouettes ainsi que d’autres espèces au moyen de lumières (DeFusco et Nagy 1983). D’autres essais ont toutefois démontré que des lumières n’avaient pas réussi à chasser sauvagines (Boag et Lewin 1980), goélands et mouettes, carouges, quiscales et étourneaux (DeFusco et Nagy 1983).

Au cours des années 1970, Syncrude Canada a effectué des essais avec des feux à l’épreuve des intempéries, utilisés de concert avec des figures humaines, dans le but de chasser la sauvagine en migration de bassins de résidus près de la rivière Athabasca. Des problèmes de fonctionnement et les coûts élevés de ce système ont mené à son abandon à la fin des années 1970 (T. Van Meer, comm. pers.). SUNCOR Inc. a également procédé à des expériences avec des feux clignotants afin d’éloigner la sauvagine en migration de bassins de résidus semblables, mais plus petits. On a ajouté des balises lumineuses à un système de protection existant constitué d’effigies et de canons au propane. D’après l’évaluation subjective effectuée, les feux ne rendaient pas le système plus efficace; on a donc mis un terme à l’utilisation de balises (J. Gulley, comm. pers.).

évaluation - Les feux clignotants et stroboscopiques pourraient s’avérer utiles pour effaroucher les oiseaux dans les aéroports pendant la nuit et au crépuscule. Une lumière constante, comme un projecteur, n’est pas aussi efficace que des feux clignotants ou rotatifs et pourrait même attirer les oiseaux dans certaines conditions météo.

On pourrait installer des feux clignotants ou stroboscopiques autour de l’aéroport. Ces feux serait très probablement utiles conjugués à d’autres dispositifs comme des canons, des Phoenix Wailers et des effigies. L’utilisation de feux clignotants pourrait accroître l’efficacité de ces autres techniques pendant la nuit.

Avantages

  1. Les feux sont faciles à installer et ils exigent très peu d’entretien.
  2. Les feux pourraient s’avérer efficaces pour effaroucher certaines espèces d’oiseaux pendant la nuit.

Inconvénients

  1. Les feux peuvent être utilisés à un aéroport uniquement dans des circonstances très particulières. Ils ne doivent aucunement nuire à la vision des équipages d’aéronefs et des contrôleurs de la circulation aérienne et terrestre.
  2. Les feux peuvent être inutiles pour certaines espèces pendant les heures diurnes.
  3. Les feux peuvent attirer les oiseaux la nuit, par temps brumeux.
  4. On n’a pas vérifié l’efficacité de cette méthode sur les grandes nappes d’eau.

Recommandation - Le recours à des systèmes d’éclairage est recommandé uniquement pour des essais et certaines utilisations limitées. À ce jour, il s’agit encore d’une technique de lutte contre le péril aviaire dont l’efficacité n’est pas démontrée; elle ne devrait donc pas servir d’élément central à un programme de lutte contre le péril aviaire aux aéroports.

Documents recensés - Andelt et coll. 1997; Bahr et coll. 1992; Belton 1976; Boag et Lewin 1980; Briot 1986; Gauthreaux 1988; Green et coll. 1993; Koski et Richardson 1976; Laty 1976; Lawrence et coll. 1975; Littauer 1990a; Lefebvre et Mott 1983; Mossler 1979; Nomsen 1989; Salmon et coll. 1986; Solman 1976; Thorpe 1977; Zur 1982.

Colorants

Description - Les documents consultés contiennent de nombreuses observations sur l’utilisation d’objets de couleur comme des épouvantails, des bannières et des ballons pour effaroucher les oiseaux ou les chasser des champs et des fermes ainsi que des installations aquacoles. Peu de recherches, toutefois, ont été faites sur l’utilisation de colorants comme méthode de lutte contre le péril aviaire.

Fondement biologique - Du point de vue biologique, on ne sait pas vraiment pourquoi les oiseaux évitent certaines couleurs. Tout comportement initial d’évitement peut être dû à une réaction à un stimulus nouveau et inusité. Les réactions d’évitement à l’eau colorée peuvent être associées à une expérience antérieure avec une eau ayant mauvais goût et/ou à des aires polluées ou contaminées par du pétrole.

Résultats de recherches - La coloration des pistes n’a eu aucun effet de dissuasion sur les oiseaux (ACBHA 1963), mais on a signalé que la coloration d’un étang d’une couleur jaune verdâtre avait permis d’en éloigner la sauvagine tant qu’il y avait d’autres étangs non colorés dans les environs (Richey 1964). Une fois tous les étangs colorés, l’effet dissuasif a disparu et les canards se posaient sur les étangs colorés.

Lipcius et coll. (1980) ont effectué des essais relativement à la réaction de jeunes canards colverts à l’eau colorée. On a privé les canards de nourriture pendant des périodes de 24 et de 48 heures, puis on les a placés dans un enclos voisin d’un bassin. Une mangeoire avait été placée de l’autre côté du bassin. Les canards colverts ont été mis en présence d’eau claire et d’eau colorée (au moyen de colorants solubles); les couleurs utilisées étaient le rouge, le jaune, l’orangé, le vert, le bleu, l’indigo, le violet et le noir. L’orangé était la couleur qui réussissait le plus souvent et le plus efficacement à retarder l’entrée des canards dans l’eau. Les autres couleurs étaient, en règle générale, moins efficaces et tenaient les canards à l’écart d’une manière moins uniforme. Le noir dissuadait le moins les canards d’entrer dans l’eau ou retardait le moins leur entrée. Les résultats obtenus portent à croire que le noir pourrait même attirer les canards colverts. Lipcius et coll. (1980) ont laissé entendre qu’il pourrait valoir la peine de mener des recherches plus poussées sur ce point, notamment par des essais faisant appel à des colorants orangés et à des objets colorés comme moyen de chasser les oiseaux marins des eaux contaminées par des hydrocarbures.

évaluation - Les colorants, s’ils étaient efficaces, seraient utiles pour dissuader les oiseaux de se poser dans les mares et dans les étangs situés sur les terrains d’aviation. Les colorants sont d’application facile et ne nécessitent que peu de mesures d’entretien exception faite d’une nouvelle application à l’occasion. Ils n’auraient aucune efficacité pendant la nuit. Les colorants demeurent une approche qui n’a pas encore fait ses preuves pour la lutte contre le péril aviaire. Ils semblent prometteurs, mais n’ont pas encore été mis à l’essai de manière adéquate.

Recommandation - Méthode non recommandée dans les situations où la lutte est essentielle. Acceptable pour des essais uniquement.

Documents recensés - ACBHA 1963; Koski et Richardson 1976; Lipcius et coll. 1980; Maier 1992; Martin 1985; Meyer 1986; Pearson 1972; Reed 1987; Richey 1964; Salter 1979.

Fumée

On a déjà utilisé la fumée pour chasser les oiseaux d’aires de nidification et de repos (voir Koski et Richardson 1976). Il n’est toutefois pas pratique d’utiliser cette méthode pour les aéroports.

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