Sécurité aérienne - Nouvelles 1/2002

Sécurité du système

Attention aux accidents dus à un décrochage suivi d'une vrille

Que vous pilotiez un petit ou un gros avion, un ultra-léger, un delta-plane ou un planeur, il existe un élément commun et nécessaire au maintien du contrôle de l'appareil et c'est la maîtrise constante de l'angle d'attaque. Comme vous le savez, c'est l'angle qui se définit par le rapport de la corde aérodynamique moyenne (MAC) au vent relatif. Lorsque vous dépassez cet angle critique, vous perdez toute la portance de l'aile, l'avion décroche et se dirige vers le sol d'une façon incontrôlable. Et à moins d'avoir l'altitude nécessaire pour rétablir le contrôle, l'appareil va s'écraser. Il importe de noter que le vent relatif est celui qui est créé par le déplacement de l'aéronef dans l'air.

En tant que pilote, vous vous devez de comprendre en profondeur ce concept d'angle d'attaque et ne pas oublier ce principe de physique qui peut mettre votre vie en péril à basse altitude. Trop souvent j'ai été mis au courant de malheureux événements rapportés dans des articles concernant des amis, des collègues ou des pilotes qui avaient péri ou avaient été grièvement blessés après un décrochage suivi d'une vrille à basse altitude.

Quelle est la cause? Quel est le problème? Il n'est pas facile de répondre à ces questions, et c'est d'ailleurs bien pourquoi il y a autant d'accidents provoqués par ce phénomène décrochage et vrille. Comme vous pouvez le constater, ce type d'ennui est souvent difficile à prévoir et à reconnaître. Pouvons-nous dire qu'il est insidieux et oserions-nous même dire qu'il est inévitable? Pour répondre franchement, oui il peut être insidieux, mais non il n'est pas inévitable! C'est une simple question de principe de physique.

Pour qu'un tel accident survienne, la présence de deux éléments est indispensable. D'abord, l'aéronef doit être en condition de décrochage; ensuite, il faut qu'il y ait introduction d'un mouvement de lacet. Les élèves-pilotes doivent pouvoir reconnaître les paramètres de vol qui favorisent un décrochage imminent et arriver à les maîtriser parfaitement.

Pas de décrochage, pas de vrille. C'est aussi simple que cela. Mais il est encore plus important d'inculquer aux élèves des notions leur permettant de bien comprendre le concept de l'angle d'attaque. Il semblerait que certains aient bien du mal à saisir ce dont il s'agit, et un petit nombre de pilotes n'ont aucune idée de la relation qui existe entre le régime du moteur et l'angle d'attaque, pas plus qu'ils ne savent comment le fait d'augmenter ou de réduire la puissance provoque des variations de la direction du vent relatif et, donc, de l'angle d'attaque.

Prenons une paire d'ailes : tant que l'air s'écoule à la même vitesse sur les deux et que l'angle d'attaque ne varie pas, tout va bien. Si, toutefois, vous modifiez l'angle d'attaque et le vent relatif - par exemple en virage serré à gauche pour passer de l'étape de base en finale et pour essayer de vous aligner dans l'axe de la piste - et que vous tiriez sur le manche pour resserrer davantage votre virage, vous pouvez alors faire ralentir une aile, car vous utilisez les ailerons pour essayer d'abaisser l'aile qui se soulève, souvent trop rapidement. L'aileron gauche va augmenter la traînée de l'aile basse et va la faire ralentir encore plus. En virage à gauche, le couple du moteur et la gravité vont peut-être abaisser l'aile et faire descendre l'appareil trop vite à votre goût, et si vous mettez du palonnier pour continuer à aller là où vous voulez, il se peut que l'aile la plus basse continue de s'enfoncer, peu importe ce que vous faites. Le fait de relâcher le manche, d'abaisser le nez de l'appareil, d'augmenter la puissance, de modifier l'angle d'attaque et de ramener les ailes à l'horizontale peut vous tirer instantanément d'un mauvais pas, surtout si vous avez un peu d'altitude pour vous le permettre; autrement, il se pourrait que vous alliez gonfler les statistiques en la matière.

Si vous n'avez pas assez d'altitude pour vous en sortir, tout risque de s'arrêter très vite pour vous! Et vos dernières pensées seront probablement quelque chose du genre : Que s'est-il passé? Comment cela a-t-il pu arriver? ça n'arrive qu'aux autres!

À basse altitude, pareille mésaventure est soudaine et souvent mortelle! Et quelle est la solution? Disons sans craindre de nous tromper qu'un entraînement régulier, périodique et bien structuré dans une école de pilotage et en compagnie d'un instructeur qualifié va grandement vous aider à acquérir les qualités, les connaissances et, par dessus tout, la confiance qu'il vous faut pour reconnaître les paramètres et le milieu propices à l'imminence d'un décrochage suivi d'une vrille.

Votre instructeur entraîne des pilotes jour après jour, et il est donc en mesure de percevoir les petites subtilités qui font toute la différence en matière de pilotage sécuritaire; de plus, il vous permettra d'acquérir les connaissances qu'il faut pour déceler les situations dangereuses bien avant qu'elles ne se manifestent. Un entraînement périodique va faire plus que vous sauver la vie, il va faire de vous un pilote plus sûr, plus confiant et surtout plus heureux. Bon vol.

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