À la lettre

À la lettre

Dévouement au travail

Monsieur le rédacteur,

La présente lettre vise à reconnaître l’extraordinaire dévouement au travail dont j’ai directement été témoin en janvier 2005, alors que mon épouse et moi-même étions passagers d’un vol nolisé de la West Jet qui se préparait pour décoller à 7 h du matin de l’aéroport international de Victoria. J’occupais le siège 12A — siège à côté d’une issue de secours du côté gauche du 737-700. La veille au soir, le passage d’un front météorologique au-dessus de la ville de Victoria et des environs, y compris l’aéroport, avait apporté une dangereuse pluie verglaçante. Je dirais que le passage de ce front avait laissé une couche de verglas épaisse d’au moins un pouce. De mon siège situé près de l’aile gauche et en donnant sur celle-ci, j’ai été en mesure d’observer le déroulement de la procédure de dégivrage de l’aile gauche et de ses abords. Un préposé à l’entretien au sol qui se trouvait dans un engin élévateur à nacelle a pulvérisé sur l’aile une généreuse quantité de liquide de dégivrage, avant de s’éloigner de l’avion en contournant l’extrémité de l’aile gauche et de se diriger vers l’empennage.

Un deuxième préposé à l’entretien au sol a amené un véhicule jusqu’à l’aile gauche, est monté sur le toit de ce dernier et a procédé à l’inspection de l’extrados de l’aile avec sa lampe de poche. Il a semblé insatisfait des résultats du dégivrage, et l’engin élévateur à nacelle a été rappelé pour effectuer une deuxième pulvérisation. Cette fois, tout le givre a été retiré de l’aile.

L’équipage de conduite, qui était bien organisé, s’acquittait des tâches normales relatives au décollage. J’avais fait une remarque concernant le givre sur l’aile à un agent de bord qui m’a répondu que l’avion serait dégivré avant le décollage.
 
Mes observations se fondent sur 34 années de pilotage au cours desquelles j’ai accumulé plus de 16 000 heures de vol, dont essentiellement sur Boeing 737. Nous sommes tous conscients du fait que chaque année, de nombreux accidents d’aéronef surviennent en raison de mauvaises pratiques de dégivrage. Je sais également que l’on procède habituellement à une seconde application du liquide de dégivrage si la première ne suffit pas à retirer le givre. Mon appréhension de voler, en tant que passager, à bord d’un avion recouvert de givre a disparu lorsque j’ai vu avec quel professionnalisme et avec quelle minutie l’équipe de dégivrage effectuait son travail dans la froide noirceur du petit matin et dans des conditions très difficiles. Je ne crois pas me tromper de beaucoup en soulignant que la région de Victoria n’est généralement pas soumise à des conditions de givrage fort.
 
Les deux personnes que j’ai observées méritent des félicitations pour leur dévouement au travail. Il y a des gens dévoués qui travaillent dans l’ombre sur le terrain et qui n’obtiennent aucune reconnaissance pour le simple accomplissement de leur travail. À mon humble avis, ces deux employés devraient faire l’objet d’une reconnaissance officielle pour avoir bien effectué leur travail, tout comme la compagnie de dégivrage pour les avoir embauchés.

J.W. Carleton
Victoria (C.-B.)

NDLR : Merci pour votre lettre, M. Carleton. Effectivement, les équipes de dégivrage méritent notre reconnaissance pour les tâches cruciales et exigeantes qu’elles accomplissent. Je constate que vos commentaires ont également été envoyés à l’exploitant de l’aéronef en question ainsi qu’à l’administration aéroportuaire de Victoria. J’aimerais aussi transmettre votre reconnaissance à toutes les équipes de dégivrage de ce pays (et de tous les autres pays), afin d’attester que leur travail est d’une importance capitale pour la sécurité aérienne, et que nous en sommes tous bien conscients.



Soyez attentif à vos instructeurs

Monsieur le rédacteur,

Le court article intitulé « Quelle quantité de carburant faut-il? » apparaissant à la page 10 du numéro 3/2004 de la publication Sécurité aérienne — Nouvelles m’a fait penser à quelque chose qu’un de mes instructeurs m’avait enseigné au cours de ma formation en vue de l’obtention de ma licence de pilote privé (PPL) en 1971 (vous avez bien lu : 1971).

Il m’avait dit, et je le cite du mieux que ma mémoire me le permet après toutes ces années : « Tout ce que vous pouvez découvrir en regardant les indicateurs électriques de quantité de carburant à bord d’un aéronef équipé d’indicateurs électriques de quantité de carburant, c’est que cet aéronef est équipé d’indicateurs électriques de quantité de carburant. »

Après 34 années de pilotage actif, il me fait plaisir de vous signaler que je n’ai subi qu’un seul quasi-abordage (sur lequel je ne m’étendrai pas) au cours de toutes ces années; rien d’autre. Pas même un incident ressemblant de loin à un incident de bas niveau de carburant.

La leçon à tirer? (En matière de pilotage, il y a toujours une leçon à tirer…) Toujours jauger vos réservoirs et toujours être attentif à vos instructeurs — ils savent de quoi ils parlent!

Rick Silver

Victoria (C.-B.)


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