La médecine aéronautique et vous

La médecine aéronautique et vous

Chirurgie réfractive

par Dr Jim Pfaff, conseiller principal, Politiques et normes, Médecine de l’aéronautique civile, Aviation civile, Transports Canada

L’Aviation civile reçoit plusieurs questions concernant les exigences relatives à la vue requises pour être pilote. Contrairement à la croyance populaire, il n’est pas nécessaire d’avoir une vision non corrigée parfaite pour être pilote ou contrôleur de la circulation aérienne. Le port de lunettes ou de lentilles cornéennes et le recours à la chirurgie réfractive sont des moyens acceptables (dans certaines limites) de corriger une acuité visuelle déficiente. Cet article aborde la popularité grandissante de la chirurgie réfractive en tant qu’approche pour obtenir une meilleure vision.

Les changements technologiques et l’expérience médicale ont mené à une prolifération des options en matière de chirurgie de l’œil visant à améliorer l’acuité visuelle et ont facilité l’accès à cette dernière. La Médecine de l’aéronautique civile (MAC) a observé ces progrès et a adapté ses lignes directrices en matière de médecine concernant la certification pour vol afin de tenir compte de l’ensemble grandissant de connaissances et d’expériences dans ce domaine important.

Quel type d’intervention Transports Canada (TC) recommande-t-il?
La position de TC à cet égard est que la chirurgie réfractive est une intervention élective, c.-à-d. relevant d’une décision volontaire et personnelle prise à la suite d’un examen approfondi des risques et des avantages et de discussions entre le pilote et ses médecins traitants.

Bien qu’il existe bon nombre de techniques, certaines méthodes plus anciennes sont délaissées pendant que d’autres gagnent rapidement en popularité et en précision. Parmi ces dernières, on compte : extraction du cristallin clair, kératotomie radiaire, kératotomie astigmatique, kératoplastie lamellaire automatisée, photokératectomie réfractive, kératomileusie in situ au laser (LASIK), thermokératoplastie au laser et anneaux intracornéens. Cet article n’a pas pour objet d’aborder en détail ces interventions chirurgicales. De plus amples renseignements à ce sujet sont disponibles auprès d’ophtalmologues.

Quel centre de traitement chirurgical TC recommande-t-il?
Les conseillers médicaux de TC ne peuvent pas indiquer à d’éventuels candidats quel fournisseur de services choisir. Ces fournisseurs sont nombreux et les techniques qu’ils utilisent varient, tout comme leurs compétences ou leur succès. Toute personne qui envisage subir une intervention chirurgicale doit se renseigner sur les techniques et sur le fournisseur. Il revient au consommateur de se montrer prudent.

Pourquoi TC a-t-il certaines inquiétudes concernant cette intervention?
Bien que les progrès impressionnants réalisés dans ce domaine aient permis de réduire les complications postopératoires et d’abréger la période d’incapacité, il subsiste certains aspects qui risquent sérieusement de compromettre la sécurité en vol. Parmi les plus importants, on compte : perte d’une acuité visuelle parfaite avec correction, sous-correction ou surcorrection, fluctuations de la vision à différents moments de la journée, éblouissements, phénomènes de « halo » ou d’« étoilement » attribuables à la cornée voilée, perte de sensibilité au contraste, perte de l’acuité visuelle à faible contraste et régression ou retour à des degrés de réfraction préopératoires.

Il est donc très important que ces problèmes soient résolus au cours de la période postopératoire avant qu’un retour actif au vol opérationnel ou aux fonctions de contrôleur de la circulation aérienne ne soit autorisé.

Qui dois-je informer après avoir subi cette intervention?
Vous devez informer votre clinique de l’œil que vous êtes un pilote ou un contrôleur de la circulation aérienne. Elle doit aviser la Médecine de l’aéronautique civile de TC de votre situation. Vous devriez aussi prévenir votre médecin-examinateur de l’aviation civile (MEAC) pour qu’il puisse mettre votre dossier à jour et s’assurer que vous êtes conscient de votre obligation de demeurer au sol. Bien qu’il ne soit pas nécessaire d’informer directement le bureau régional de la MAC, vous devriez peut-être songer à le faire si, sur le plan professionnel, le retour aux commandes est prioritaire. La MAC sera ainsi informée, ce qui accélérera la délivrance d’un nouveau certificat lorsque les rapports seront prêts.

L’omission d’informer la MAC de TC de cette intervention chirurgicale pourrait donner lieu à des mesures d’application de la loi si les faits venaient à être découverts. Les améliorations « miraculeuses » de l’acuité visuelle observées lors des examens médicaux de renouvellement avec votre MEAC seront minutieusement étudiées.

De même, la non-divulgation de cette information à des employeurs du secteur de l’aviation sera sans aucun doute très mal perçue. La majorité des transporteurs et des employeurs accepteront ces interventions chirurgicales si TC a approuvé le certificat médical. Les personnes qui envisagent une carrière de pilote dans les Forces canadiennes devraient vérifier quelles sont les politiques médicales militaires actuelles applicables aux membres d’équipage d’aéronef.

Quels documents dois-je soumettre pour rétablir ma licence après avoir subi cette intervention?
Vous devez soumettre un rapport 30 jours (4 semaines) après la chirurgie au bureau de votre agent médical régional de l’aviation (AMRA) à l’aide du formulaire sur la chirurgie réfractive qui figure sur le site Web de la MAC de TC (http://www.tc.gc.ca/fra/aviationcivile/opssvs/mac-chirurgieoculaire-75.htm).

Si vous utilisez toujours des médicaments ophtalmiques (gouttes pour les yeux ou médicament oral) pour soulager la douleur ou d’autres symptômes, vous devez attendre d’avoir cessé de prendre vos médicaments avant de présenter le rapport. Cela ne s’applique pas aux « larmes artificielles ».

Le rapport peut être rédigé par l’ophtalmologue traitant ou par un optométriste et doit contenir des renseignements sur :

  • l’acuité visuelle avant la chirurgie;
  • la date de la chirurgie;
  • le type d’intervention;
  • la dimension de la surface enlevée (zone opérée);
  • l’acuité visuelle après la chirurgie;
  • tout commentaire concernant les effets indésirables, comme une vision floue, un éblouissement, des problèmes de vision nocturne ou de sensibilité au contraste.

Devrai-je soumettre d’autres rapports?
La MAC de TC demande actuellement un rapport de suivi si des complications postopératoires surviennent après la période d’évaluation initiale. Vous pouvez utiliser le même formulaire que celui utilisé pour les rapports originaux. Le rapport peut être rédigé par un ophtalmologue ou un optométriste.

Qu’en est-il des retouches?
Une retouche est une nouvelle intervention qui vise habituellement à améliorer les résultats de la chirurgie initiale. Dans de tels cas, il faudra fournir à la MAC un autre rapport 30 jours (4 semaines) après la retouche pour confirmer l’acuité visuelle et l’absence d’effets indésirables.

Après combien de temps un pilote ou un contrôleur de la circulation aérienne peut-il reprendre ses activités?
La reprise de vos activités doit être retardée jusqu’à ce que la MAC de TC ait examiné les résultats de votre chirurgie. Un rapport de suivi doit être soumis 30 jours après la chirurgie. Vous pouvez envoyer votre rapport par télécopieur ou par courrier à votre AMRA. Si tout semble satisfaisant, vous recevrez rapidement un avis vous indiquant que vous pouvez reprendre vos activités.

Qu’en est-il des restrictions figurant sur mon certificat médical actuel concernant le port de lunettes ou de lentilles cornéennes?
La chirurgie réfractive améliore habituellement l’acuité visuelle à tel point que les verres correcteurs ne sont plus nécessaires pour piloter. Dans un tel cas, votre dossier sera réévalué et un nouveau certificat médical ou une vignette (pour le nouveau carnet de documents d’aviation) tenant compte de ce changement vous sera délivré.

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