Sécurité aérienne - Nouvelles 2/2003

Sécurité du système

Leçons tirées en 2002? Lisez et pleurez...

Les descriptions d'incidents ci-dessous ont été sélectionnées de façon aléatoire parmi les enquêtes de classe 5 qu'a menées le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) au cours de l'année 2002. Comme vous pourrez le constater, il y a très peu de nouveaux accidents. Les récits d'incidents ont été légèrement modifiés et dépersonnalisés, et ce, juste assez pour protéger les innocents aviateurs étourdis ou simplement malchanceux. Dans les cas où une mise en contexte l'exigeait, certains noms de lieu ont été laissés.

Alors que le pilote d'un Piper PA 28-180 tentait d'atterrir sur une route, à 10 NM au sud de Lloydminster (Alberta), l'appareil est entré en collision avec une ligne électrique non balisée et, en heurtant le sol, il a subi d'importants dommages aux ailes, au moteur et à la partie avant du fuselage. Le pilote, unique occupant, a subi de graves blessures dans cet accident. Il y a eu déversement de carburant, mais aucun incendie après impact. On a signalé que le pilote avait déjà atterri sur cette route à plusieurs reprises.

N.D.L.R. — Devrait-on baliser toutes les lignes de transmission se trouvant près des routes?

Lors du décollage de la piste 25 d'un terrain d'aviation privé d'un Cessna 172M ayant à son bord le pilote et deux passagers, le vent mesuré soufflait du 200° à une vitesse de 7 à 10 noeuds, la température était d'environ 24°C et la surface du terrain d'aviation était constituée de sable mou et sec. Le pilote a sorti les volets de 10° pour décoller et l'appareil a quitté le sol après y avoir roulé péniblement sur quelque 2 000 pi. En passant en montée à 40 pi, l'appareil a subi un cisaillement du vent améliorant ses performances, et le pilote a rentré les volets. Immédiatement après, l'appareil a subi un cisaillement du vent réduisant ses performances et est entré pleins gaz dans un décrochage. Le pilote a alors décidé d'interrompre la montée au décollage. L'appareil est descendu dans la végétation de seconde pousse du prolongement dégagé de décollage et s'est immobilisé à l'endroit à quelque 230 m au-delà des cônes d'extrémité de la piste. Le pilote a subi des blessures mineures et les passagers, des blessures graves mais non mortelles, notamment des fractures et des lacérations. L'appareil a subi des dommages importants. La piste est située à 1 910 pi au-dessus du niveau de la mer, et l'appareil était à sa masse maximale ou presque au moment de l'accident.

N.D.L.R. — On dit que le pilote a décidé d'interrompre la montée au décollage après être entré pleins gaz dans un décrochage... hmmm. avait-il autre choix? Vous devriez avoir un entretien avec votre instructeur de vol sur un tel scénario; décollage par temps chaud, appareil lourd, terrain mou, etc... sans oublier l'utilisation des volets.

Un Luscombe 8C privé effectuait un vol local à High River (Alberta). Comme à l'atterrissage l'appareil a rebondi à plusieurs reprises, le pilote a décidé d'interrompre l'atterrissage et de remettre les gaz. Pendant que l'appareil remontait, ses roues ont heurté une clôture. Il a alors touché le sol en-dehors de la piste et s'est renversé. Il n'avait à son bord qu'un occupant, lequel s'en est tiré indemne.

N.D.L.R. — Clôture trop haute ou interruption tardive?

Après un parachutage, un Cessna 182 a fait une approche vers une piste longue de 2 424 pi à une vitesse supérieure à la normale, il a flotté sur une distance considérable avant le toucher des roues, puis il a effectué une sortie en bout de piste. L'appareil a traversé une clôture avant de s'immobiliser dans un fossé, subissant d'importants dommages. Le pilote s'en est tiré indemne. Au moment de l'accident, le vent était léger.

N.D.L.R. — Haut et chaud? Savoir quand interrompre!

Un Slepcev Storch de construction amateure volait à basse altitude lorsque l'extrémité de son aile droite a heurté le montant d'une barrière. L'appareil s'est incliné à droite, son train principal droit s'est affaissé et le capotage moteur, l'hélice ainsi que la cloison pare-feu ont été endommagés. Le pilote, unique occupant, s'en est tiré indemne.

N.D.L.R. — toute une barrière.

Un Cessna 175 effectuant un voyage d'agrément survolait à basse altitude une petite route en vue d'atterrir, lorsqu'il a rencontré une masse d'air turbulent. Peu après, il est entré dans une masse d'air calme et a perdu de l'altitude. Comme le pilote remettait les gaz l'appareil a heurté une ligne électrique. Il s'est ensuite écrasé sur une route secondaire, subissant d'importants dommages. Il avait à son bord quatre occupants. Le pilote a subi de graves blessures, mais les passagers s'en sont tirés indemnes.

N.D.L.R. — Vol à basse altitude, masse d'air turbulent, masse d'air calme, lignes électriques... dangereuse combinaison! Si vous désirez tenter le destin de cette façon, au moins faites-le tout seul.

Un Cessna U206G s'est posé au milieu ou presque de la bande d'atterrissage privée longue de 2 800 pi et, pendant la course à l'atterrissage, il a effectué une sortie en bout de piste. La roue avant s'est enfoncée dans la mousse recouvrant l'aire de prolongement de la piste et l'appareil a capoté avant de s'immobiliser à l'envers. Le pilote et les deux passagers s'en sont tirés indemnes, mais l'appareil a subi d'importants dommages. Le pilote avait effectué l'approche au-dessus de grands arbres situés près du seuil de la piste, dans un léger vent arrière, et la surface de la piste avait été décrite comme étant très humide et boueuse.

N.D.L.R. — Approche en vent arrière au-dessus d'obstacles sur une piste courte, très humide et boueuse... Peut-on vraiment s'étonner que l'appareil ait effectué une sortie en bout de piste?

Un Cessna 150M se trouvait en descente lorsque son moteur s'est mis à subir des pertes de puissance. Le pilote a effectué un atterrissage forcé sur la rive asséchée d'un lac. Après une course au sol de quelque 60 m, le train avant s'est affaissé et l'appareil s'est renversé avant de s'immobiliser à l'envers. Le pilote portait un baudrier et s'en est tiré indemne.

Un Ayres S-2R effectuait un vol de pulvérisation au-dessus d'un champ de pois lorsque son moteur a subi une perte de puissance. Le pilote a largué le reste de son chargement et il a posé l'appareil droit devant dans le champ, où l'appareil s'est renversé sur le dos. L'appareil a subi d'importants dommages et le pilote, qui portait un casque et un baudrier à quatre points, a subi des blessures mineures.

N.D.L.R. — Deux histoires à succès mettant en vedette le baudrier... Que dire de plus?

Un Piper PA-34-220T a atterri sur le côté gauche de la piste 03, dans des conditions IMC, et a heurté une congère (amas de neige entassée par le vent). Le train principal gauche s'est détaché de l'appareil, et l'aile gauche ainsi que les deux hélices ont subi d'importants dommages. Le pilote s'en est tiré indemne. Il avait effectué une approche NDB et il avait estimé la hauteur du plafond à 550 pi et la visibilité à 2 mi dans de la neige. L'AWOS a enregistré un plafond à 0 pi et une visibilité de 0,2 mi au moment de l'accident. La congère était parallèle à la piste et se trouvait à quelque 25 m à gauche de l'extrémité gauche de celle-ci. Les extrémités de la piste étaient balisées au moyen de drapeaux et la surface de la piste était recouverte de 3 po de neige.

N.D.L.R. — Le pilote a signalé une visibilité de 2 mi mais il a tout de même raté l'axe de la piste de plus de 25 m... J'aurais tendance à me fier à l'AWOS dans ce cas-ci.

Un pilote effectuait le contrôle des compétences d'un autre pilote sur un Cessna 210B. Après plusieurs circuits, pendant ce qui devait être un autre posé-décollé, l'appareil a effectué un atterrissage train rentré. Les pilotes ont été interrompus et distraits par des appels de l'ATC pendant qu'ils passaient en revue la liste de vérifications avant atterrissage et n'ont pas sorti le train. Le klaxon du train d'atterrissage a retenti pendant l'arrondi et les pilotes ont cru à tort qu'il s'agissait de l'avertisseur de décrochage. L'hélice et la partie inférieure du fuselage ont subi d'importants dommages, mais les occupants s'en sont tirés indemnes.

N.D.L.R. — Bon récit à ne pas oublier. Ça s'est déjà produit et ça SE PRODUIRA encore.

Après un vol de courte durée, le pilote d'un Cessna 180 monté sur flotteurs a amerri sur un lac et avait commencé à circuler jusqu'au quai lorsque le flotteur gauche s'est rapidement rempli d'eau. L'appareil s'est renversé et il a coulé. Les deux occupants qui se trouvaient à bord ont évacué l'appareil en toute sécurité et ont été ramenés sur la terre ferme par un bateau. Ils s'en sont tirés indemnes. Le pilote pense que le bouchon du compartiment avant du flotteur gauche s'est détaché pendant le court vol.

N.D.L.R. — Il est temps de vérifier les bouchons de vos flotteurs.

Un Piper PA 18-150 Super Cub survolait une pourvoirie de camping pour vérifier les conditions régionales lorsque le pilote a décidé qu'il ventait trop pour atterrir. Alors qu'il faisait demi-tour (à une vitesse de 45 à 50 noeuds) pour rentrer à la base, une rafale a soufflé sous les ailes et presque renversé l'appareil. Le pilote a tenté un redressement, mais l'appareil a décroché et son altitude était insuffisante pour qu'il sorte de ce décrochage. L'appareil est entré en collision avec des arbres et s'est immobilisé en piqué. Le seul occupant de l'appareil a subi des blessures mineures, mais l'appareil a subi d'importants dommages.

N.D.L.R. — Faible vitesse, faible inclinaison; vitesse élevée, forte inclinaison.

Le pilote d'un King Air 100 qui effectuait un vol en provenance de Comox a annulé l'approche IFR avec l'aéroport de Quesnel lorsqu'il a aperçu la piste 31. Cependant, comme il y avait formation de bancs de brouillard, en particulier au nord-ouest, la FSS de Prince George l'a avisé que les conditions météorologiques qui prévalaient à Quesnel étaient inférieure aux conditions VFR minimales, le pilote a demandé de voler en VFR spécial, ce qui lui a été accordé. Quelques secondes avant le toucher des roues, le pilote a perdu toute référence visuelle et, pendant la course à l'atterrissage, le pilote a perdu la maîtrise en direction de l'appareil, lequel est sorti du côté gauche de la piste 31, a effectué un cheval de bois et s'est immobilisé à un cap de quelque 130° magnétiques. L'accident n'a fait aucun blessé, mais l'appareil a subi d'importants dommages, en majeure partie aux hélices et aux moteurs. L'ATS avait omis de remettre au pilote un compte rendu d'état de piste faisant état de conditions passablement glissantes qui avait été transmis 28 minutes avant l'accident.

N.D.L.R. — Quelques problèmes. il n'est pas rare que des changements imprévisibles surviennent à la dernière minute dans les conditions météorologiques, alors soyez prêts. Il se peut que l'annulation prématurée d'une approche IFR dans des conditions de brouillard épars ne soit pas très indiquée. Il convient également de toujours demander un compte rendu de l'état de la surface de la piste.

Un Cessna 180 monté sur flotteurs décollait du port de Tofino. À la montée, au moment où les flotteurs de l'appareil passaient sur le redan, l'aile droite s'est mise à monter et le flotteur droit est sorti complètement de l'eau. L'appareil s'est mis à virer à gauche, en direction d'une barge. Le pilote a réduit la puissance jusqu'au ralenti pour interrompre le décollage, mais il n'a pu éviter une poutre métallique qui dépassait de la barge. L'aile gauche a heurté la poutre et l'aile droite, la surface de l'eau, ce qui a provoqué la déformation de ladite aile. L'accident n'a fait aucun blessé, ni à bord de l'appareil ni sur la barge. L'appareil a été remorqué jusqu'aux quais.

N.D.L.R. — Il s'agit d'une leçon pour les exploitants d'hydravions. laissez le plus d'espace latéral possible, juste au cas.

Un DHC-2 Beaver monté sur flotteurs et ayant à son bord deux pilotes et cinq passagers a amorcé un décollage du port de Victoria. Pendant les dernières étapes de la course au décollage, l'appareil s'est mis à virer à gauche de façon marquée et le pilote a interrompu la course au décollage. Le pilote a ramené le Beaver au début de l'aire de décollage et il a amorcé un deuxième décollage. Environ au milieu de la course au décollage, le pilote s'est de nouveau trouvé incapable de conserver la maîtrise en direction de l'appareil, lequel a viré brusquement à gauche. Le pilote a interrompu le décollage, mais il n'a pu empêcher l'aile droite de heurter la surface de l'eau, l'extrémité de l'aile de s'enfoncer et le flotteur gauche de quitter momentanément la surface de l'eau pour se retrouver complètement hors de l'eau. L'appareil est demeuré à l'endroit et le pilote l'a ramené au quai pour faire débarquer les passagers. Au décollage, le pilote aurait braqué complètement à droite la gouverne de direction et le compensateur de direction. Au moment de l'incident, il y avait un vent de travers qui soufflait directement de la gauche.

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