Sécurité aérienne - Nouvelles 2/2003

Sécurité du système

L'importance de l'emplacement d'une surface de stationnement!

Avions stationné

Le 8 août 2002, alors qu'un Beech 200 allait se stationner chez un FBO d'un important aéroport canadien, un signaleur à l'emploi du FBO l'a dirigé vers une surface de stationnement. Après avoir coupé les moteurs, l'équipage s'est rendu compte que son appareil était stationné queue à queue avec un Boeing 727, lequel se trouvait à environ 100 pi derrière. Comme il ne comptait rester stationné que pour une courte période, l'équipage n'a pas installé les dispositifs de blocage des commandes de l'appareil au cas où le FBO aurait à déplacer ce dernier.

À son retour, quelques heures plus tard, l'équipage n'a rien remarqué d'inhabituel pendant l'inspection extérieure de l'avion et les vérifications prévol effectuées avant le décollage. Après un décollage sans incident, l'équipage a remarqué que les pédales de direction étaient désalignées et qu'il était impossible d'ajuster la gouverne de direction. L'équipage a consulté le manuel d'utilisation de l'avion et la MEL, et il a communiqué par téléphone cellulaire avec son service d'entretien. Après s'être assuré de posséder une bonne maîtrise en direction, il a décidé de poursuivre son vol jusqu'à sa base d'attache. Le service d'entretien a décelé d'importants dommages à l'intérieur du gouvernail de direction, notamment : criques dans le corps du vérin de compensation, rivets cisaillés à la base du longeron du gouvernail de direction, revêtement déchiré aux points d'articulation du gouvernail de direction et trous de boulons déformés dans le tube de conjugaison.

En discutant, le BST, le personnel de la Sécurité du système ainsi que la direction de l'exploitant de l'appareil et du FBO, se sont entendus pour dire que cette situation aurait pu être évitée et qu'elle aurait pu dégénérer en un incident extrêmement grave. Il a été établi que le gouvernail de direction avait été endommagé pendant la courte période où l'appareil avait été stationné de nuit, fort probablement par le souffle réacteur lors du départ du 727. Étant donné que la majeure partie des dommages étaient internes, il aurait été très difficile pour le pilote de les déceler pendant l'inspection extérieure de l'avion qu'il a effectuée puisqu'il ne cherchait alors rien en particulier. Cet incident est de plus survenu par une nuit calme qui ne laissait présager aucun dommage externe.

L'entreprise avait délibérément décidé de ne pas installer les dispositifs de blocage des commandes dans les situations de stationnement de courte durée, au cas où l'on devrait déplacer les appareils, façon de procéder qui, dans ce cas-ci, ne s'est sans aucun doute pas avérée être une bonne idée. L'entreprise utilise maintenant des dispositifs de blocage des commandes lors de tout stationnement de courte durée et place un drapeau d'avertissement « Ne pas remorquer » sur le train avant pour ne pas que l'on déplace l'appareil pendant que les dispositifs de blocage des commandes sont en place.

De l'extérieur, sans connaître tous les faits dans leurs moindres détails, on peut facilement blâmer l'une ou l'autre des personnes (ou toutes les personnes) en cause dans cet incident. Mais, appliquons notre devise et tirons simplement les enseignements de cette erreur. En qualité de pilotes et de commandants de bord, nous avons l'ultime responsabilité de prendre bien soin de l'appareil qui nous est confié et de le stationner adéquatement. Il faut toujours vous assurer que votre FBO comprend parfaitement ce qu'il faut à votre appareil ainsi que les mesures nécessaires à sa protection, y compris l'espacement requis entre ce dernier et les autres appareils stationnés. Ne laissez jamais, ne serait-ce qu'un court instant, cette responsabilité à un étranger qui tient deux lampes de poche dans les mains!

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