Sécurité aérienne - Nouvelles 2/2003

Sécurité du système

Rapports d'accident du BST, du NTSB1 et de l'AAIB2

Attention aux lignes à haute tension : Ballon Avian Skyhaw. Le pilote s'apprêtait à atterrir dans un champ lorsqu'il s'est rendu compte que des lignes à haute tension coupaient sa trajectoire d'atterrissage. Il a été grièvement blessé, mais son passager n'a subi que des blessures légères, lorsqu'ils ont décidé de sauter en bas de la nacelle avant que le ballon n'entre en collision avec les lignes électriques. Le ballon n'a pas été endommagé. Des vents soufflaient de 100 degrés à une vitesse de 5 noeuds. En vol, les lignes électriques sont difficiles à apercevoir, mais lorsqu'un pilote s'efforce de repérer les pylônes et les poteaux qui soutiennent les fils, il diminue de beaucoup, les risques de collision avec ces obstacles. L'aérostier peut aussi faire appel à ses passagers pour qu'ils lui signalent toute situation qui pourrait constituer un risque au cours du vol. Le niveau de sécurité s'en trouverait accru et le succès de l'envolée garantirait un voyage réussi et mémorable.

Prise de médicaments et pilotage : Un étudiant-pilote choisi d'effectuer un vol aux commandes d'un appareil acheté d'occasion, de type Rans S4 Coyote. Son instructeur l'avait bien mis en garde de ne pas voler en solo. Malgré cela, et bien qu'il contrevienne aux privilèges de sa licence, il a décollé et s'est aussitôt écrasé, se tuant sur le coup. On a rapporté que le pilote souffrait à ce moment-là d'une infection virale et qu'il était peut-être sous l'effet de médicaments contre le rhume. Il se pourrait qu'il ait aussi éprouvé des difficultés avec le circuit de commandes de vol au décollage, problème qui peut venir du contact entre le siège et la tige de liaison de contrôle des ailerons. Un pilote non qualifié qui prend des médicaments pouvant compromettre sa capacité à manoeuvrer un appareil va à la catastrophe. Se fier à un pilote non qualifié pour garantir l'installation et le fonctionnement corrects de tous les composants d'un aéronef qu'il ne connaît pas, peut aussi aboutir à des problèmes. Tous les pilotes, y compris les élèves-pilotes, doivent se conformer aux privilèges de leur licence et de leur permis. Soyez prudent lorsque vous utilisez des médicaments en vente libre et que vous pilotez. Dans le doute, consultez votre médecin-examinateur de l'Aviation civile.

Voir et être vu : Avion de remorquage Piper Pawnee et planeur KA13. Le Piper Pawnee venait de larguer un planeur et il retournait lentement vers l'aéroport avec le câble de remorquage suspendu au crochet de queue. Le planeur effectuait un vol circulaire à faible distance de l'avion de remorquage. Les deux pilotes se sont vus à quelque 200 m de distance et ont constaté qu'ils se dirigeaient directement l'un vers l'autre. Malgré une rapide manoeuvre d'évitement, le câble de remorquage a heurté la verrière du planeur, ce qui l'a endommagée ainsi que la voilure. Les deux pilotes ont cependant réussi à atterrir sans autres dommages ni blessures. Les pilotes d'avions remorqueurs devraient être particulièrement vigilants lorsqu'ils retournent à l'aérodrome, et faire très attention d'éviter d'évoluer dans le voisinage des planeurs en phase d'approche pour l'atterrissage. Les planeurs qui entrent dans le circuit ne peuvent choisir ni la vitesse, ni l'altitude, ni la manouvrabilité leur permettant d'éviter facilement les autres aéronefs et les obstacles.

Dangereuse collision en vol : Nova Axon. Pendant qu'il effectuait un vol plané à une hauteur de 100 pi en même temps que plusieurs parapentes et deux deltaplanes, le pilote a entendu crier, mais il n'a pas réussi à déterminer d'où provenaient les cris. Il a regardé au-dessus son épaule juste au moment où l'extrémité de l'aile d'un deltaplane a heurté l'arrière de son harnais. Il a atterri immédiatement sain et sauf, et le pilote du deltaplane a poursuivi son vol pendant encore 15 minutes. Tout vol exige le plus haut niveau de sécurité qui ne peut être assuré que par une réévaluation méthodique de tous les facteurs qui entrent en jeu. Les deux pilotes auraient dû atterrir le plus tôt possible afin de déterminer les causes de la collision. L'examen de cet incident dans une discussion de groupe profiterait certainement à tous ceux qui pilotent ce type d'aéronef et aiderait à réduire considérablement le risque de récurrence de cet incident.

Sauvé par le parachute de secours : Icaro Mr 2000. À la fin d'un vol en thermique de deux heures, le pilote a amorcé un piqué à grande vitesse. Au moment où il tentait de ralentir la descente, le planeur s'est cabré à 90 degrés et a culbuté. Même si le planeur s'est redressé, l'aile droite s'était rompue pendant la culbute. Le pilote a déployé son parachute de secours et il s'est posé en toute sécurité sur une pente herbeuse. Cet événement laisse supposer que le pilote a peut-être dépassé la vitesse maximale et le facteur de charge autorisé par le constructeur, affaiblissant ainsi la structure au point d'en causer la rupture. Heureusement, le pilote avait suffisamment d'altitude et de maîtrise du planeur pour déployer son parachute de sauvetage et éviter la catastrophe. Les pilotes d'aéronef ultra-léger devraient faire preuve de vigilance et se retenir d'exécuter des manoeuvres qui pourraient imposer une surcharge à la structure. En outre, il faudrait effectuer une inspection rigoureuse de l'aéronef selon un calendrier régulier et chaque fois que le pilote estime que la structure a pu subir une surcharge.

Réchauffage du carburateur et harnais de sécurité : Avion micro-léger Jabiru UL. Lorsque le pilote a mis en marche le réchauffage du carburateur à une hauteur de 500 pi AGL pendant l'approche vers la piste pour micro-légers, le moteur s'est arrêté. Le pilote a effectué un atterrissage forcé sur un champ labouré et le micro-léger s'est retourné. Les deux occupants de l'appareil n'ont pas été blessés grâce au port d'un harnais de sécurité complet. Habituellement, l'utilisation du réchauffage-carburateur est recommandée toutes les fois qu'il y a risque de givrage du carburateur, réel ou suspecté, et aussi pendant toute phase d'approche pour l'atterrissage. Dans le cas présent, l'utilisation répétée du réchauffage de carburateur pendant le vol et à l'altitude de circuit aurait pu avertir le pilote de la présence de givre dans l'entrée d'air et de la possibilité de perte de puissance dans la phase d'approche à l'atterrissage. Il faut remarquer qu'à moins que le pilote ne soit titulaire d'une licence d'instructeur d'avions ultra-léger, il lui est interdit de transporter un passager. Le vol doit être un vol d'entraînement, à moins que le passager ne soit lui aussi titulaire d'une licence de pilote d'avion ultra-léger ou d'une licence de pilote privé ou supérieur, approuvée pour ce type d'aéronefs. La réglementation qui permet le transport d'un passager dans un avion ultra-léger et le programme de cours de formation sont à l'heure actuelle à l'examen. Nous vous tiendrons informés.

Perte de maîtrise au décollage : Avion ultra-léger Interplane SkyBoy. Un pilote a été grièvement blessé et un avion ultra-léger a été lourdement endommagé à la suite d'une perte de maîtrise au décollage. Le pilote a déclaré qu'il n'était pas parvenu à maintenir la vitesse ascensionnelle optimale avant que l'appareil ne bascule du côté droit puis du côté gauche et ne touche le sol. Selon les témoins, l'aéronef ultra-léger a pris l'air dans une assiette cabré après une course au décollage de 100 pi. Les ailes ont basculé d'un côté à l'autre à une hauteur de 25 pi et l'appareil est descendu vers la piste sur le dos. Le pilote venait d'acheter l'aéronef et ne totalisait que 15,4 heures de vol. Il semble que ce soit là un cas de formation insuffisante, de connaissances limitées des spécifications de l'aéronef et des caractéristiques de vol ainsi que des exigences en matières de règlement pour agir à titre de commandant de bord d'un nouvel aéronef. Les dommages auraient pu être plus importants. Il aurait pu perdre la vie! Une formation appropriée donnée par un instructeur qualifié aurait garanti à ce pilote quantité d'heures de vol en sécurité à bord de son aéronef nouvellement acquis.

1 - National Transportation Safety Board (États-Unis)
2 - Air Accident Investigation Branch (Royaume-Uni)

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