Sécurité aérienne - Nouvelles 2/2004

Sécurité du système

À la lettre - Espace aérien de classe D à Bagotville

Monsieur le rédacteur,

Depuis un peu plus de deux ans, le service de contrôle de la circulation aérienne de Bagotville a instauré un espace aérien contrôlé de classe D pour tous les aéronefs VFR volant à plus de 1 200 pi AGL dans un rayon de 30 milles de l'aéroport de Bagotville. Plusieurs incidents sont survenus dernièrement, principalement dus à la méconnaissance de cet espace aérien. Plusieurs pilotes n'ont tout simplement pas communiqué avec le service de contrôle de la circulation aérienne et ont provoqué des situations dangereuses pour les autres pilotes. Malheureusement cet espace aérien contrôlé n'est pas encore indiqué sur la carte VNC pour la région de Chicoutimi. Par contre, il est bien indiqué dans le Supplément de Vol - Canada. J'invite donc les pilotes de la région et les pilotes itinérants à se familiariser avec cette zone afin d'assurer la sécurité.

Capt F. Chouinard
Contrôle de la circulation aérienne,
Bagotville (Québec)

N.D.L.R. : L'agent de la sécurité aérienne de la base des Forces canadiennes Comox m'a aussi contacté pour me faire part d'incursions d'aéronefs civils dans l'espace aérien militaire en service ayant eu lieu au cours de ces derniers mois. Voici quelques exemples de conflits dans lesquels se sont retrouvés les pilotes militaires. Alors qu'il évoluait en VFR au-dessus de la couche dans la zone réglementée CYR 107, un aéronef militaire s'est trouvé à un demi-mille d'un DHC-2 Beaver civil et à la même altitude, ce qui l'a forcé à exécuter une manouvre d'évitement. Le Beaver a quitté la zone, et l'aéronef militaire a poursuivi sa mission. Autre cas, lors d'un vol d'entraînement d'équipage dans la zone réglementée CYR 106, un aéronef civil a été repéré alors qu'il évoluait à 9 900 pi sans autorisation. Il s'agissait encore une fois d'un DHC-2 Beaver, dont le propriétaire était un exploitant commercial de la région. L'équipage militaire a communiqué avec l'aéronef civil pour se mettre d'accord sur un espacement. Le pilote civil a fait savoir qu'il effectuait une étude sur les oiseaux; il avait déposé un avis de vol de compagnie mais pas de plan de vol. Ce pilote connaissait les exigences concernant la zone d'identification de défense aérienne (ADIZ,) mais semblait ignorer les procédures concernant la zone réglementée CYR 106. L'agent de la sécurité aérienne insiste sur les dangers que représentent les incursions dans les espaces aériens militaires en service et dans les zones de contrôle militaire. Il fait remarquer que le manuel militaire Procédures et planification des vols - Canada et Atlantique Nord (GPH 204) énumère dix zones réglementées pour la Colombie-Britannique ainsi que quatre zones de service consultatif militaires. Ces renseignements sont aussi indiqués sur diverses cartes de vol, mais, et c'est surprenant, on ne les trouve pas dans le Supplément de vol - Canada. Il insiste aussi sur la nécessité de former non seulement les pilotes qui s'égarent dans les espaces aériens militaires, mais aussi les superviseurs, les instructeurs et les régulateurs. Étant donné que les aéronefs militaires participent souvent à des manouvres exécutées à grande vitesse au cours desquelles ils effectuent des largages ou des tirs, ces espaces aériens ne sont pas des zones où un pilote civil a envie de se promener. Pour éviter les zones militaires, la clé réside dans la préparation approfondie avant le vol de la route à suivre.

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