Sécurité aérienne - Nouvelles 2/2004

Sécurité du système

Entrevue de Sécurité aérienne - Nouvelles avec Corey Nordal, agent de la sécurité aérienne de Northern Air Operations (NAO)

par Thomas T. Umscheid, inspecteur de la sécurité de l'aviation civile, Sécurité du système, Région des Prairies et du Nord

Corey Nordal, agent de la sécurité aérienne de Northern Air Operations (NAO)

M. Corey Nordal est agent de la sécurité aérienne auprès de Northern Air Operations (NAO), qui est une division du Department of Environment and Resource Management du gouvernement de la Saskatchewan, mieux connu sous le nom de « Saskatchewan Environment ». La principale fonction de NAO est de fournir des aéronefs pour la lutte contre les incendies de forêts. Sa flotte comprend six avions-citernes Grumman Trackers et six CL215, de même que divers bimoteurs légers utilisés comme avions d'aéropointage et pour le transport du personnel. L'organisme compte environ 95 employés, dont quelque 30 pilotes et quelque 35 techniciens d'entretien d'aéronefs (TEA).

SA - N : Depuis combien de temps possédez-vous un programme de sécurité?

Corey Nordal (C.N.) : Notre programme de sécurité a été mis sur pied en 1991, alors que nous étions assujettis aux exigences de la sous-partie 604 du Règlement de l'aviation canadien (RAC), et vers 2001 nous avons commencé à établir un système de gestion de la sécurité (SGS) officiel. Nous possédons maintenant un certificat d'exploitant et nous sommes assujettis aux exigences de la sous-partie 702 du RAC. Techniquement, nous ne sommes pas tenus de posséder un SGS, mais puisque nous en avions déjà un, nous avons décidé de le maintenir.

SA - N : Avez-vous constaté une grande différence lorsque vous avez établi un SGS?

C.N. : Non, pas vraiment, il n'y a pas eu de gros changements, mis à part des détails concernant la structure de comptes rendus. Nous avons également ajouté des membres à notre comité de sécurité.

SA - N : Sur votre site Web on peut lire un énoncé de la politique relative à la sécurité, cet énoncé s'applique-t-il uniquement à NAO ou à tout le ministère de l'Environnement de la Saskatchewan?

C.N. : Il existe en fait deux énoncés de politique; le premier a été créé à la suite de la formation du comité de sécurité aérienne du ministère de l'Environnement et il s'applique à l'ensemble du ministère, tandis que le deuxième concerne notre propre politique à titre d'exploitant aérien. NAO se conforme à la fois à la politique globale du ministère et à sa propre politique de sécurité.

SA - N : Où vous situez-vous dans la structure de gestion de votre division?

C.N. : Dans l'ancien système de comptes rendus, à titre d'agent de la sécurité aérienne, je me rapportais directement au gestionnaire de l'exploitation, mais dans le cadre du nouveau SGS, je suis le secrétaire du comité de sécurité, et je signale au pilote en chef toutes mes préoccupations liées à la sécurité. Je peux également transmettre au gestionnaire concerné toute préoccupation liée à la sécurité soulevée par le personnel. Par exemple, si un membre du personnel de maintenance me signale un problème, je peux en discuter avec le technicien d'entretien des aéronefs en chef et avec le gestionnaire de l'assurance de la qualité. Dans les faits, j'ai accès à tous les gestionnaires et chacun d'entre eux peut mettre en application une recommandation liée à la sécurité que je lui aurait signalée dans son domaine de compétence.

SA - N : En cas de différend avec le pilote en chef sur un point donné, pouvez-vous en discuter avec une autre personne?

C.N. : Oui, je peux en parler directement avec le gestionnaire de l'exploitation.

SA - N : Pouvez-vous nous en dire plus sur le comité de sécurité?

C.N. : Le comité de sécurité est composé de 15 membres, dont moi-même. Fondamentalement, il y a un pilote qui représente chacun des cinq groupes de vol, et il y a un représentant de chacun des autres groupes comme la maintenance, le système de surveillance des vols, la lutte aérienne, les corps de métier et le personnel de piste. Le gestionnaire de l'exploitation, l'officier de lutte aérienne, le technicien d'entretien des aéronefs en chef et le pilote en chef font également partie du comité.

SA - N : À quelle fréquence ce comité se réunit-il?

C.N. : Il y a des réunions régulières à toutes les six semaines, mais le comité peut se réunir en tout temps lorsqu'il y a un problème urgent à régler. Par exemple, s'il se produit un incident ou un accident, ou si un autre problème sérieux nécessite une réunion, nous recueillons immédiatement toute l'information disponible et nous convoquons une réunion afin de chercher une solution au problème.

SA - N : Qui fait enquête sur les accidents ou les incidents dans votre organisme?

C.N. : Moi-même et le gestionnaire de l'assurance de la qualité sommes chargés d'effectuer les enquêtes. Dans le cas d'un accident, c'est le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) qui dirigera l'enquête et nous collaborerons entièrement avec ses enquêteurs. Dans le cas d'un incident, s'il est relié à un aéronef, je m'en remets habituellement au gestionnaire de l'assurance de la qualité ou au technicien en chef pour la rédaction d'un rapport détaillé sur la question. Lorsqu'il s'agit d'un incident relié directement à la lutte contre les incendies, je fais généralement le suivi de l'incident moi même en interrogeant l'équipage en cause ainsi que toute autre personne concernée.

SA - N : Offrez-vous une « formation sur la sécurité » officielle pour les pilotes ou les autres employés?

C.N. : Au départ, lorsque nous avons créé le site Web et adopté notre SGS, nous avons donné un exposé à tous les membres du personnel. Par la suite, nous avons donné un exposé à tous les nouveaux employés sur la façon d'utiliser le système, sur la personne à qui faire rapport, etc. Dans le cas des équipages chargés de l'intervention initiale contre un incendie, des gestionnaires de lutte contre les incendies et des gestionnaires de l'aviation chargés de la lutte contre les gros incendies, c'est une personne basée à Prince Albert (Saskatchewan), qui est mon homologue en ce qui concerne la lutte contre les incendies, qui leur donne l'information relative à la sécurité.

SA - N : Le système de comptes rendus à l'aide de l'Internet permet-il d'assurer la confidentialité des signalements?

C.N. : Lorsqu'une personne dépose un rapport par l'intermédiaire du site Web, ce rapport m'arrive directement et j'enlève alors le nom de l'auteur du rapport avant de le communiquer à quiconque. Je communique également avec l'auteur pour lui donner un suivi. Si une personne ne veut prendre aucun risque en regard de la protection de son identité, je tiendrai quand même compte d'un rapport anonyme déposé sur le coin de mon bureau mais, en pareil cas, je ne pourrai évidemment pas fournir directement un suivi à l'auteur du rapport.

SA - N : Une telle situation s'est-elle déjà produite? Un tel rapport a-t-il déjà suivi tout le processus?

C.N. : Oui, en fait, plusieurs rapports de ce type ont passé par toutes les étapes du système.

SA - N : Possédez-vous un programme d'inspection de la sécurité aérienne?

C.N. : Oui, nous avons mis sur pied un tel programme au moment de la mise en oeuvre du SGS, nous avons fait des vérifications et nous avons fourni les résultats en ligne. Cette année, nous tentons de simplifier les formulaires et nous demanderons aux gens de faire les vérifications à l'endroit où ils travaillent réellement. Une telle démarche amène la participation d'un plus grand nombre de personnes et leur donne une meilleure idée de la réglementation et de ce qui devrait exister dans leur lieu de travail. Les rapports de chaque groupe sont déposés sur le site Web, je les étudie tous, et je signale les problèmes aux gestionnaires concernés qui, à leur tour, doivent apporter les correctifs nécessaires. Une fois les mesures correctives appliquées, les gestionnaires m'en informent, et je fais parvenir le rapport complet, avec les dates et autres renseignements pertinents, au gestionnaire de l'exploitation.

SA - N : Quels avantages avez-vous tirés de votre programme de sécurité depuis 1991?

C.N. : Je pense que le plus grand avantage a été la participation des employés. Tout le monde sait que le programme existe et personne n'hésite à l'utiliser. En retour, nous assurons un suivi adéquat à tous les rapports soumis.

SA - N : Quel est votre plus grand défi à titre d'agent de la sécurité aérienne?

C.N. : Mon plus grand défi est de demeurer actif, de maintenir le dynamisme du programme et d'éviter toute forme d'apathie. Lorsque tout va bien et qu'il n'y a pas de problème majeur, il est plus difficile de maintenir la bonne attitude mentale face à la promotion de la sécurité.

SA - N : Avez-vous rencontré de la résistance de la part des employés? Par exemple, ont ils parfois l'impression que vous leur faites faire des choses inutiles?

C.N. : Non, je ne le pense pas, car personne ne m'a jamais fait une telle remarque. Nous tâchons de rendre le système de comptes rendus le plus simple possible. Tout ce qu'ils ont à faire c'est de signaler le problème à l'aide du site Web. C'est ensuite à nous de trouver une solution au problème et, subséquemment, de donner un suivi aux employés concernés.

SA - N : Qu'entrevoyez-vous dans l'avenir pour votre programme de sécurité?

C.N. : Nous aimerions voir notre programme prendre de l'expansion. Non seulement nous souhaitons qu'un plus grand nombre de nos employés utilisent le système, mais nous aimerions aussi que d'autres divisions du ministère de l'Environment de la Saskatchewan utilisent notre programme ou mettent sur pied leur propre SGS pour leurs propres activités aériennes. Nous aurons accompli du bon travail lorsque l'ensemble du ministère sera exploité de la manière la plus sécuritaire possible.

SA - N : Aimeriez-vous ajouter quelque chose en conclusion de cette entrevue?

C.N. : J'invite toute personne désireuse d'en connaître davantage sur notre système à communiquer avec moi en tout temps, au 306-425-4585 ou par courriel au CNordal@serm.gov.sk.ca.

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