Sécurité aérienne - Nouvelles 2/2004

Sécurité du système

Un décrochage à basse altitude fait une autre victime

Décrochage Lazair

Le pilote d'un avion ultra-léger Lazair avait pris l'air pour effectuer des exercices de posé-décollé. En prévision de l'atterrissage, il suivait un large circuit à gauche en vent arrière. Il était le premier de la séquence et, au moment du virage pour l'étape de base, des témoins ont entendu les deux moteurs de l'appareil s'arrêter. L'ultra-léger a poursuivi ce qui semblait être un vol plané moteurs coupés en direction de l'aéroport. Le Lazair est équipé de deux petits moteurs Rotax de 185 cc qui sont montés devant le bord d'attaque des ailes, et le pilote prend place sous la voilure. Au moment où l'avion approchait de l'étape finale, on a vu les ailes battre d'un côté et de l'autre. L'ultra-léger a ensuite piqué du nez selon un angle d'environ 90 degrés et le pilote a été incapable de le redresser, même si, selon ce qui a été rapporté, la descente aurait débuté à partir d'une hauteur de près de 500 pi. Le pilote a été mortellement blessé. Chaque année, les décrochages sont responsables d'un nombre élevé d'incidents et d'accidents souvent mortels. Ces événements se produisent souvent dans le circuit après le décollage ou à l'arrivée pour l'atterrissage. De nombreux pilotes ont également perdu la vie au cours d'un vol à basse altitude ou d'un virage serré au-dessus de la demeure d'un ami. Les décrochages sont souvent causés par une panne moteur inopinée, par de mauvaises techniques d'atterrissage et par l'omission de reconnaître l'amorce d'un décrochage. Pour vous éviter des ennuis, surtout si vous avez l'habitude de vous entraîner régulièrement, nous vous conseillons de passer en revue avec un instructeur expérimenté la théorie du vol et les caractéristiques de décrochage de votre propre avion. Personne n'est à l'abri des dangers du décrochage, il tue sans discrimination.

On peut toutefois prévenir les décrochages. Le principal signe avant-coureur du décrochage est habituellement un tremblement non équivoque de l'avion. Ce tremblement est provoqué par le décollement des filets d'air de l'extrados de la voilure. Ce phénomène peut survenir très rapidement, selon l'angle d'attaque, l'angle d'inclinaison et la masse brute de l'appareil. Il faut y réagir sans tarder. Pour sortir d'un décrochage, vous devez diminuer l'angle d'attaque en abaissant graduellement le nez de l'avion à l'aide de la commande de profondeur. Une fois que l'angle d'attaque est redevenu inférieur à l'angle critique, les molécules d'air peuvent recommencer à s'écouler de façon ordonnée sur l'extrados de la voilure en générant de nouveau de la portance. C'est aussi simple que cela. Rappelez-vous que vous devez utiliser toute la puissance disponible pour faire accélérer l'avion et aider à réduire l'angle d'attaque. Vous devez ensuite remettre l'appareil dans l'assiette voulue en prenant garde de ne pas décrocher de nouveau. Lorsqu'un avion dépasse l'angle d'attaque critique, sa voilure ne génère plus aucune portance, et si l'altitude n'est pas assez élevée pour permettre un redressement, c'est la chute ingouvernable jusqu'au sol. L'angle d'attaque critique se situe généralement à près de 18 degrés. Lorsque vous volez à un angle qui s'approche de cette valeur, les molécules d'air se déplacent trop rapidement sur l'extrados de la voilure pour pouvoir suivre un écoulement laminaire uniforme à grande vitesse, c'est ce phénomène qui provoque le décrochage des ailes.

N'oubliez pas qu'au moment où les ailes cessent de soutenir l'appareil, à cause du stress engendré par cette situation nouvelle, vous risquez de solliciter les commandes en sens contraire de ce que vous devez faire pour rétablir la portance. Au moment où l'avion pique du nez, de nombreux pilotes auront instinctivement tendance à tirer davantage sur le manche. Ne faites pas cela! Relâchez plutôt le manche et augmentez la puissance. Il faut bien comprendre que les avions peuvent décrocher à n'importe quelle altitude et à n'importe quelle vitesse. Un décrochage se produit lorsque la voilure d'un avion dépasse son angle d'attaque critique, et cela indépendamment de l'altitude et de la vitesse.

Dans la plupart des cas, il y a cinq signes annonciateurs de l'imminence d'un décrochage :

  1. Le tremblement caractéristique qui est ressenti dans tout l'avion et notamment dans les commandes de vol;

  2. Une diminution de l'efficacité des commandes de vol, ces dernières pouvant donner une sensation de mollesse à l'approche du décrochage;

  3. L'aiguille de l'anémomètre approche du début de la zone blanche ou verte;

  4. Le bruit causé par l'écoulement aérodynamique de l'air diminue considérablement;

  5. Le klaxon de l'avertisseur de décrochage se fait entendre (pour les appareils qui en sont équipés).

Il y a un sixième signe d'avertissement que peuvent déceler les pilotes capables de percevoir les subtiles différences de sensation de pesanteur sur le siège de leur appareil. En effet, à l'amorce du décrochage, le pilote peut ressentir une certaine apesanteur lorsque la force centrifuge le tire vers le haut alors que l'avion se dirige vers le bas.

Comme pilote, vous avez l'obligation envers vous-même de faire des exercices de décrochage afin d'être en mesure de reconnaître les conditions qui l'entraîne. Cet article ne constitue qu'un court aperçu de la question. Rappelez-vous cependant ceci : l'avion décrochera à coup sûr chaque fois que sa voilure dépassera son angle d'attaque critique. Laissez vos ailes faire leur travail.

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