Sécurité aérienne - Nouvelles 2/2005

Sécurité du système

Logo COPALe coin de la COPA - Situation quand tu nous tiens!

par Adam Hunt, Canadian Owners and Pilots Association (COPA)

On peut être dépassé par certaines situations, particulièrement lorsqu'il s'agit d'un vol. Une mauvaise situation peut avoir raison de notre jugement, d'ordinaire bon, et nous entraîner dans des pièges qui nous poussent à prendre des risques inutiles. La bonne nouvelle? On peut souvent maîtriser ces situations et prévenir les pièges. Et la mauvaise? Pour y arriver, on doit souvent se préparer à l'avance.

Le fait de braver le mauvais temps est un bon exemple. Très peu de pilotes partent pour un voyage avec l'intention de voler dans des conditions météorologiques qui dépassent leurs capacités. Habituellement, la situation les pousse à prendre de mauvaises décisions. Prenez l'exemple suivant. Un pilote qui ne détient pas de qualification de vol aux instruments prévoit un voyage de fin de semaine en vol VFR à bord d'un Cessna 150 loué. Il vérifie les conditions météorologiques, et les prévisions lui semblent bonnes, tant pour le vol que pour le retour prévu le lendemain. Il quitte donc un samedi matin et se dirige vers sa destination, qui se trouve à 200 NM, et il passe la nuit sur place.

Le lendemain, son départ est retardé. Il se voit contraint de quitter plus tard qu'il ne l'avait prévu cet après-midi-là. Les prévisions n'annoncent rien de bien réjouissant. Une zone inattendue de plafonds bas et de la pluie l'avancent en direction de sa trajectoire de vol. À destination, on parle déjà de conditions VFR marginales, et la situation empire. Il s'agit d'un trajet assez court de 150 NM, mais il faudra quand même de deux heures à deux heures et demie pour rentrer à la maison. Comme il est censé pleuvoir toute la journée lundi, cela veut dire qu'il faudra attendre mardi avant de pouvoir repartir. Demeurer sur place jusqu'à mardi serait probablement la meilleure chose à faire, mais le pilote se trouve peut-être déjà aux prises avec de fortes contraintes situationnelles qui font en sorte qu'il a du mal à prendre la décision de rester.

Les pilotes qui se trouvent dans ce genre de situations doivent composer avec les facteurs suivants :

  • le locateur de l'avion pourrait facturer jusqu'à quatre heures additionnelles par jour pour un avion immobilisé au sol en raison des mauvaises conditions météorologiques, ce qui pourrait s'avérer très coûteux;

  • l'employeur du pilote s'attend probablement à voir ce dernier au travail lundi matin;

  • il faut aussi que le pilote ait assez d'argent pour deux nuits à l'hôtel.

On se retrouve avec un tas de facteurs qui dépendent de la situation et qui poussent le pilote à braver le mauvais temps pour rentrer à la maison.

Il se peut que le pilote se sente pris entre l'arbre et l'écorce, mais tous ces facteurs auraient pu être réduits à l'avance.

Il aurait pu :

  • s'assurer que le locateur de l'avion avait une politique qui consistait à ne pas facturer pour les délais liés aux conditions météorologiques (la plupart des écoles et des entreprises de location d'avions savent qu'il s'agit d'une bonne pratique et que cela leur évitera de perdre un de leurs avions dans un accident);

  • parler à son patron et lui expliquer qu'il se peut qu'il doive prendre une journée de congé dans le cas où il se trouverait cloué au sol. Un petit appel lundi aurait pu solutionner ce problème;

  • s'assurer qu'il ne se trouverait pas sans argent en emportant sa carte de guichet ou ses cartes de crédit.

De nombreuses situations mènent d'elles-mêmes à des solutions créatives. Dans le cas présent, le pilote aurait pu :

  • demander à l'école qui lui a loué l'avion d'envoyer un pilote IFR pour qu'il puisse effectuer le vol avec lui - il aurait pu se prévaloir d'une leçon IFR sur le chemin du retour (en admettant que l'avion soit équipé convenablement et que les conditions météorologiques soient propices à ce type de vol);

  • louer une voiture et conduire les 200 NM qui le séparaient de chez-lui et retourner sur place mardi pour prendre l'avion, s'il devait absolument être de retour au travail lundi.

Avec un peu de planification, presque toute la pression découlant d'une situation difficile peut être réduite au point où elle ne vous pousse plus à prendre de mauvaises décisions et à entreprendre des vols risqués. Pour de plus amples renseignements sur la COPA, consulter le site à l'adresse http://www.copanational.org/.

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