Sécurité aérienne - Nouvelles 2/2005

Sécurité du système

À la lettre : Un décollage serré sur la rivière des Outaouais

Monsieur le rédacteur,

Je travaillais sur le balcon de la remise à bateaux du New Edinburgh Club, sur la rivière des Outaouais près du centre-ville d'Ottawa (Ontario), lorsque j'ai entendu un hydravion décollé au loin. Après quelques secondes, le bruit croissant du moteur a attiré mon regard vers la rivière juste au moment où l'hydravion quittait la surface de l'eau, selon un cap sud-ouest parallèlement à la rive. J'ai été surpris de voir que le pilote amorçait immédiatement un large virage à gauche vers la rive sud de la rivière. À cet endroit, la rivière des Outaouais mesure environ 2 000 pi de largeur, et un vent de 5 kt soufflait du nord-ouest.

Après quelques secondes, l'appareil incliné à 20 degrés se dirigeait directement vers moi à une hauteur inférieure à celle du balcon. Il était tellement proche que je me suis placé dans l'entrée d'une porte ouverte, prêt à me précipiter à l'intérieur s'il se rapprochait encore davantage! L'appareil, que j'ai identifié comme étant un Aeronca, s'est incliné encore un peu plus et j'ai constaté qu'il allait littéralement frôler le bâtiment. L'hydravion est passé à côté de la remise à bateaux en direction est, toujours sous le niveau du toit, à quelque 50 verges du balcon. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la marge de sécurité était très faible!

L'hydravion est passé à côté de la remise à bateaux en direction est, toujours sous le niveau du toit, à quelque 50 verges du balcon.
Vue d'artiste de l'événement

J'ai calculé que le rayon de virage d'un appareil volant à 60 mi/h avec une inclinaison de 20 degrés devait être d'environ 750 pi. Un virage de 135 degrés (sud-ouest vers l'est) nécessiterait 1 300 pi. Dans le cas d'un appareil qui amorce un virage à 100 pi de la rive nord de la rivière, et qui demeure en virage pendant 25 secondes avec une dérive de 5 kt vers le sud-est, on peut calculer qu'il reste un jeu d'environ 300 pi, puisque la remise à bateaux est construite sur des fondations qui s'avancent 100 pi dans la rivière. Pour une vitesse de 65 mi/h, qui est une vitesse de montée optimale plus réaliste, le virage nécessiterait 1 500 pi et la marge de franchissement de l'obstacle serait réduite à 100 pi, ce qui est prêt de mon estimation de 50 verges pour l'approche la plus rapprochée.

Il aurait suffi d'un vent arrière légèrement plus fort pour que le pilote, l'hydravion et ce bâtiment en bois historique centenaire soient tous réduits en cendres et que l'on doive consigner un autre accident mettant en cause un hydravion incapable de franchir un obstacle au décollage. Si le pilote de cet appareil n'a pas été effrayé par ce quasi-accident, je pense sincèrement que cette personne a besoin de sérieux conseils.

John Firth, Ottawa (Ontario)

NDLR : Merci, John, pour ce récit qui devrait sensibiliser les pilotes d'hydravion aux dangers que représentent les décollages à partir de zones congestionnées, comme la rivière des Outaouais près de Rockcliffe, ou autres endroits semblables. Je suppose que le pilote en cause a voulu éviter de décoller au-dessus du centre-ville, et c'est pourquoi il a rapidement viré à gauche vers l'est, et qu'il n'avait pas l'intention de frôler la remise à bateaux de si près. Vous avez cependant tout à fait raison de souligner qu'il s'agissait d'une manouvre pour le moins douteuse que de tenter un virage en vent arrière aussi près de la surface de l'eau. Il aurait été beaucoup plus sûr d'effectuer un virage à droite en montant vers le nord, face au vent, et de survoler la ville de Gatineau.

Page précédentePage suivante
Date de modification :