Sécurité aérienne - Nouvelles 2/2005

Sécurité du système

Intervention retardée des services de recherches et de sauvetage

Un Avis de sécurité aérienne du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST)

Le 26 août 2004, un aéronef privé de type Piper Cherokee PA-28 s'est écrasé près du Lake Manitoba Narrows lors d'un vol VFR de nuit effectué dans de mauvaises conditions météorologiques. Le pilote a subi des blessures mortelles. Avant son départ, il avait déposé un itinéraire de vol auprès d'un ami qui se trouvait à destination. Voyant que le pilote avait pris du retard, son ami ne sut trop que faire et ne prit aucune mesure pour déclencher les opérations de recherches et de sauvetage (SAR). L'enquête (A04C0162) se poursuit toujours.

Pour les deux premières étapes de son voyage, c'est-à-dire de Olds-Didsbury à Kindersley, puis de là jusqu'à Yorkton, le pilote avait déposé des plans de vol auprès de NAV CANADA. Pour la dernière portion de son trajet, donc de Yorkton à Gimli, il avait déposé un itinéraire de vol auprès d'un ami qui se trouvait à sa destination finale, Gimli (Manitoba). En route, le pilote a dérouté l'aéronef sur Roblin, d'où il a communiqué avec son ami pour l'informer de ce détour et l'aviser qu'il poursuivrait sa route vers Gimli. N'ayant aucune expérience aéronautique, son ami ne connaissait pas les exigences relatives à la transmission d'un avis aux services de SAR qui s'appliquent lorsqu'un itinéraire de vol a été déposé, et il n'en avait pas été informé par le pilote.

Dans le cas présent, des conducteurs circulant sur une autoroute située tout près des lieux de l'accident ont été témoins de l'écrasement et ont immédiatement alerté les services d'intervention d'urgence qui, à leur tour, ont communiqué avec le Centre de coordination de sauvetage de Trenton. Cependant, advenant que l'accident se soit produit dans une région plus éloignée loin des regards de quiconque et que le pilote ait survécu, il est fort probable que l'intervention des services de SAR ait été retardée en raison de l'incertitude de son ami sur les mesures à prendre. Les enquêtes du Bureau de la sécurité des transports (BST) font état de six autres incidents s'étant produits entre 1989 et 2004 au cours desquels les services de SAR ont été retardés ou auraient pu l'être dû au fait que la personne de confiance responsable de l'itinéraire de vol avait été mal renseignée.

Dans le cas de l'incident A89O0058, le pilote avait informé sa femme qu'il reviendrait le soir même, mais aucune mesure ne fut prise lorsqu'il accusa du retard. Pour ce qui est de l'incident A90W0091, le pilote avait déposé un itinéraire de vol auprès d'un membre de la famille, mais cet itinéraire était tellement vague qu'il n'était d'aucune utilité pour les opérations de SAR. Lors de l'incident A91P0265, le pilote avait déposé un itinéraire de vol auprès de sa femme et avait informé son fils d'un changement à cet itinéraire un peu plus tard. Malgré tout, les services de SAR ont été alertés avec un jour de retard. Dans le cas de l'incident A92P0212 où le pilote avait déposé un itinéraire de vol auprès de son fils. Les services de SAR n'ont été avisés qu'une journée après le moment où ils auraient dû l'être.

Dans tous les cas qui précèdent, le pilote a omis de s'assurer que la personne auprès de qui il déposait son itinéraire de vol comprenait clairement les exigences relatives à la transmission d'un avis aux services de SAR. Résultat : l'intervention des services de SAR a été retardée ou n'a pas eu lieu. Le BST n'a jamais produit de document sur cette déficience en matière de sécurité.

Il existe des procédures pour déclencher les opérations de SAR lorsqu'un aéronef est en retard. Le paragraphe 602.73(2) du Règlement de l'aviation canadien exige qu'un pilote dépose un plan de vol ou un itinéraire de vol avant d'effectuer un vol VFR à une distance de plus de 25 NM de l'aérodrome de départ. Un pilote peut déposer un itinéraire de vol auprès d'une personne de confiance qui s'engage à aviser les services de la circulation aérienne ou un centre de coordination de sauvetage dans les délais prescrits par le pilote ou dans les 24 heures suivant la dernière heure d'arrivée prévue en cas de retard de l'aéronef.

La réglementation actuelle concernant les itinéraires de vol fait porter la responsabilité d'aviser les services de SAR sur une personne qui a accepté de prendre des mesures, mais qui ne comprend peut-être pas tout à fait les obligations qu'elle doit remplir. L'omission par le pilote d'informer convenablement la personne de confiance responsable de l'itinéraire de vol quant aux exigences de transmission d'un avis aux services de SAR risque de retarder le déclenchement des opérations de SAR. Un tel retard peut entraîner la mort des occupants d'un aéronef qui, advenant une évacuation et des soins médicaux plus rapides, pourraient peut-être survivre.

Transports Canada pourrait envisager de prendre des mesures pour sensibiliser davantage les pilotes à l'importance de veiller à ce que les personnes de confiance responsables d'un itinéraire de vol comprennent bien les obligations qu'elles doivent assumer quant à la transmission d'un avis aux services de SAR. (NDLR : C'est fait!)

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