À la Lettre

à LA LETTRE


Attention au souffle de réacteur sur l’aire de trafic!

Monsieur le rédacteur,

Notre aéronef venait tout juste d’être refoulé de la porte d’embarquement X à l’aéroport Y, lorsque le personnel assurant le service d’aire de trafic a autorisé un autre avion de ligne à rouler jusqu’à la même porte. Notre aéronef était alors aligné directement sur l’axe de la ligne d’entrée de la porte d’embarquement, conformément aux instructions reçues. Alors que l’autre avion roulait jusqu’à la porte, notre équipe au sol et notre aéronef ont été exposés au souffle considérable de réacteur de l’autre avion. Des produits chimiques ayant récemment été utilisés pour enlever la glace sur l’aire de trafic, la neige et les débris ainsi dégagés ont également été projetés en l’air.

Nous avons fait remarquer au service d’aire de trafic que cette décision était inopportune. Nous n’avons reçu aucune réponse satisfaisante et avons été avisés de rouler jusqu’au poste de dégivrage. L’équipage à bord de l’autre aéronef ne s’est jamais manifesté. En aucun temps l’équipe de l’aire de trafic en charge de l’autre aéronef n’a-t-elle tenté d’empêcher celui-ci d’accéder à la porte d’embarquement, bien que notre aéronef et notre équipe au sol étaient directement exposés au souffle de leurs réacteurs. Il aurait suffi de deux à trois minutes tout au plus pour que notre aéronef et notre équipe au sol libèrent ce secteur.

Nous avons tenté en vain de discuter de cette situation avec l’autre entreprise de transport aérien et le personnel de l’aéroport. Une des deux parties en cause a rejeté le blâme sur l’autre, alors que l’autre n’a tout simplement pas répondu à nos questions. J’aimerais faire valoir que leur comportement était loin d’être conforme aux principes des systèmes de gestion de la sécurité (SGS).

De nombreux pilotes utilisent l’appellation « contrôle de l’aire de trafic » pour désigner les gens du service d’aire de trafic. En réalité, ces personnes assurent un service consultatif et non de contrôle quant à la fluidité et, espérons-le, à la sécurité de la circulation sur l’aire de trafic. Tel qu’il est stipulé dans le Manuel d’information aéronautique de Transports Canada (AIM de TC), « ce service comprend généralement l’attribution de portes, les instructions de refoulement et les renseignements sur les aéronefs et les véhicules se trouvant sur l’aire de trafic ». Il incombe donc à toutes les parties concernées (administration aéroportuaire, service d’aire de trafic, pilotes et équipes au sol) de surveiller les secteurs présentant des dangers potentiels pour d’autres personnes ou des risques de dommages à l’équipement sur l’aire de trafic.

Il aurait été possible d’éviter cette situation. Le service d’aire de trafic aurait pu demander au deuxième aéronef d’attendre que nous soyons suffisamment à l’écart avant de procéder à sa manoeuvre. Toutefois, avant toute chose, on ne devrait jamais autoriser un aéronef à rouler directement devant un autre aéronef alors que ce dernier est refoulé en ligne droite avec la porte d’embarquement, et jusqu’à ce que ce secteur soit dégagé. Dans la plupart des grands aéroports, l’équipe au sol aura pour consigne de procéder au refoulement de l’aéronef à un endroit précédant la courbe de la ligne d’entrée qui mène directement à la porte d’embarquement afin de libérer cette voie pour les autres aéronefs. En respectant cette consigne, il serait également possible d’éviter que ne se produise le refoulement de deux aéronefs en position parallèle, ce qui risquerait d’exposer l’un des aéronefs au souffle de réacteur de celui qui s’éloigne de l’aire de trafic. J’ai été témoin à plusieurs reprises de ce phénomène à cet aéroport. Les membres d’équipage devraient également être conscients qu’il n’est pas sécuritaire de circuler devant un autre aéronef aligné devant la porte d’embarquement.

Au bout du compte, les membres de l’équipe au sol devraient être en mesure de reconnaître qu’une telle situation est sur le point de se produire et intervenir. Ils pourraient tenir leurs bâtons croisés pendant quelques minutes pour signaler un arrêt afin de permettre à l’aéronef en partance et à l’équipe au sol de quitter la zone dangereuse créée par le souffle de réacteur. Soyons vigilants!

Anonymat demandé

Vecteurs dans les airs et circulation progressive au sol

Monsieur le rédacteur,

J’aimerais apporter une précision sur un commentaire fait dans l’article « Le coin de la COPA — Incursions sur piste : faites votre part! », publié dans le numéro 4/2007 de Sécurité aérienne — Nouvelles (SA-N). Dans l’avant-dernier paragraphe, l’auteur suggère qu’ « Aux aéroports contrôlés, vous pouvez obtenir de l’aide : n’ayez pas peur de demander au contrôle au sol de l’ATC des vecteurs en direction de la piste ou de l’aire de trafic pertinente et éviter ainsi de vous retrouver au mauvais endroit. » Il est interdit aux contrôleurs de fournir des guidages directionnels sous forme de vecteurs de cap, même s’ils utilisent le radar de surveillance des mouvements de surface (ASDE) (article 307.5 du MANOPS ATC). Cependant, ils peuvent fournir des instructions de guidage (connues aussi sous le nom de circulation progressive au sol) comme : « VIREZ À GAUCHE/DROITE À LA PROCHAINE VOIE DE CIRCULATION/PISTE » ou « VIREZ À GAUCHE/DROITE SUR LA VOIE DE CIRCULATION/PISTE (numéro) ENVIRON (nombre) PIEDS EN AVANT. » Nous étions d’avis qu’il était nécessaire de faire la distinction pour les lecteurs et les lectrices de SA-N.

Ann Lindeis, Ph.D.
Gestionnaire, Planification et analyse,
Sécurité et performance des systèmes
NAV CANADA

NDLR : Merci à vous Madame Lindeis. La Canadian Owners and Pilots Association (COPA) a confirmé que l'intention était d’informer les lecteurs qu’à un aéroport inconnu ou complexe, les pilotes ne doivent pas avoir peur de demander de l’aide, de manière à diminuer le risque d’incursions sur piste. La « circulation au sol progressive » est un terme qui est mieux connu et utilisé plus souvent aux états-Unis qu’au Canada. L’auteur voulait probablement utiliser un autre terme qui décrivait mieux l’intention.

Date de modification :