Après l’arrêt complet
Quelques petits trucs d’un technicien d’entretien d’aéronefs expérimenté
Vous tirerez certainement profit de la lecture de certains extraits d’un compte rendu assez long fourni par un technicien d’entretien d’aéronefs (TEA) expérimenté. Cet article fut publié précédemment dans le numéro 1/1984 de Sécurité aérienne — Mainteneur, et il est tout aussi pertinent aujourd’hui qu’il l’était il y a 25 ans.
- Assurez-vous de bien connaître le rôle et les responsabilités que l’administration de la compagnie s’attend de vous et, en revanche, l’appui que vous exigez de cette même administration. À la question « L’avion est-il prêt pour le vol? », vous seul pouvez donner la réponse. Votre signature représente aux yeux de tous une garantie que l’aéronef est prêt pour le vol et qu’il est en état de navigabilité.
- Assurez-vous que toutes les anomalies techniques ou autres et leurs rectifications sont consignées, clairement, dans les registres appropriés. Nous avons tous entendu l’expression « le travail n’est terminé que lorsque la paperasse est remplie », un vieux cliché, mais néanmoins véridique. Outre leur aspect légal, ces dossiers sont d’une valeur inestimable pour détecter les tendances particulières de certaines pannes. Elles permettent également de mettre le doigt sur les procédures d’exploitations inappropriées, alors elles sont donc fort rentables.
- Il arrive souvent que les pilotes n’aient pas les connaissances techniques nécessaires pour définir clairement une anomalie connue ou suspectée. Encouragez vos pilotes à discuter du problème avec vous et, au besoin, aidez-les à les consigner par écrit.
- Sachez reconnaître vos propres limites. En cas de doute devant un nouveau problème, mettez de côté votre orgueil et consultez l’un de vos collègues. Peut-être que ce dernier aura déjà eu un problème analogue.
- Soyez vigilant devant une anomalie qui se présente une deuxième ou une troisième fois. Les « vérifié au sol et R.A.S. (retour au service) » sont, à mon avis, une solution trop facile si l’on s’en sert plus d’une fois. Si une anomalie se reproduit, c’est que la « machine » tente de vous avertir d’un problème sans doute beaucoup plus insidieux et plus grave.
- Ne déclarez pas un aéronef en état de fonctionnement après un changement de composants ou d’accessoires nécessitant un réglage des commandes avant de lui avoir fait subir un vol d’essai local. Les raisons sont évidentes. Bien qu’il ne soit pas du ressort du service d’entretien, les essais en vol devraient être effectués par un pilote-cadre d’expérience après avoir assisté à un exposé précis de la raison du vol d’essai. Dans la mesure du possible, le TEA responsable du travail devrait également monter à bord.
- Insistez pour avoir l’ensemble complet des manuels d’entretien moteur, des bulletins de service et des directives de navigabilité concernant l’aéronef, etc. La mémoire est une faculté qui oublie. Servez-vous de ces manuels à la lettre. Le travail devenu routinier est l’une des raisons pour lesquelles nous avons tendance à ne pas consulter ces manuels, mais le meilleur d’entre nous oublie parfois les étapes du travail le plus simple. Les tâches simples exécutées fréquemment peuvent être les plus « négligées ». (En 2009, les manuels viennent souvent en format électronique, mais le conseil demeure le même.)
- Ne surestimez pas les connaissances que vous avez acquises à l’école de formation, en croyant que vous savez déjà tout pour entreprendre avec succès une carrière en service d’entretien. Si vous envisagez devenir un membre d’équipe respecté et compétent, sachez que la véritable formation n’est jamais terminée.
- Ne croyez pas que plus une personne monte dans la hiérarchie, moins elle a de risque de commettre des erreurs. Ne croyez pas non plus que moins le travail est important, moins les conséquences sont graves. De fait, de nombreux cas se sont déjà présentés où des accidents sont survenus à cause de tâches d’entretien considérées peu importantes.
- Ne laissez pas un travail inachevé en vous fiant à quelqu’un d’autre pour le terminer, sans faire à ce dernier un exposé complet de ce qui a été fait et de ce qui reste encore à faire. La plupart des petits exploitants ne peuvent se payer le luxe d’un personnel d’inspection pour approuver un travail. Dans de tels cas, une double inspection et certification sont une procédure inestimable.
- Vous avez sans doute déjà entendu dire que la compétence d’un mécanicien va de pair avec l’ordre de sa boîte à outils. Sur une plus grande échelle, le même principe s’applique au nettoyage du hangar, de l’aire de trafic et de la propreté des aéronefs. Une personne qui garde propres ses outils, son équipement et sa place de travail, travaille proprement et pense clairement, et plus important encore, il le fait en toute sécurité.
Merci M. TEA. Des lecteurs auront sans doute quelque chose de plus à ajouter, nous les encourageons à le faire.
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Date de modification :
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2010-05-20