Après l’arrêt complet

S’en tenir à l’essentiel : Approche stabilisée et silence dans le poste de pilotage

par Mike Treskin, inspecteur de la sécurité de l’aviation civile, Sécurité du système, Région de l’Ontario, Aviation civile, Transports Canada

J’ai récemment animé un séminaire sur la sécurité à un groupe important de pilotes de l’aviation générale. Quelques sujets ont soulevé de sérieuses discussions : remises de gaz, approches interrompues et importance (ou manque) du silence dans le poste de pilotage pendant l’approche finale et le départ.

De nombreuses procédures d’utilisation normalisées (SOP) sont utilisées dans les grandes compagnies aériennes et peuvent être intégrées par les pilotes de l’aviation générale dans leurs propres procédures d’utilisation. L’approche stabilisée en est une. Normalement, un avion de ligne en approche dans des conditions météorologiques de vol aux instruments (IMC) devra être stabilisé avant de descendre au-dessous de 1 000 pi au minimum, ou lors du passage au repère d’approche finale (FAF), selon la première éventualité. Dans des conditions météorologiques de vol à vue (VMC), 500 pi est le minimum. Si l’aéronef n’est pas en approche stabilisée à ce moment, le pilot doit remettre les gaz et essayer à nouveau, s’il y a assez de carburant.

Qu’entend-on par approche stabilisée? « Stabilisée » signifie que l’aéronef a la bonne configuration et vitesse de référence (Vref) nécessaires pour l’approche et l’atterrissage. Dans le contexte de l’aviation générale, cela signifie qu’il faut établir l’altitude minimale à laquelle l’aéronef doit être à l’horizontale, tous les composants de portance et de traînée sont sortis et la vitesse d’approche est fixée. Cette altitude devrait être l’altitude minimale de votre zone de confort. Si, pendant l’approche, l’aéronef n’est pas stabilisé au moment d’atteindre cette altitude, il faut remettre les gaz.

Il faut prévoir une marge pour de légères pertes d’altitude et pour effectuer des remises de gaz avec succès. N’oubliez pas que pendant la remise des gaz, vous serez occupé à compenser et à reconfigurer l’aéronef et à communiquer avec les services de la circulation aérienne ou les autres appareils autour de vous. Vous devrez cesser de descendre puis monter vers une altitude de sécurité. Vous souvenez-vous de la dernière fois que vous avez eu à remettre les gaz ou que vous avez pratiqué la manoeuvre?

Nous avons parfois tendance à mettre de côté la sécurité au moment de l’atterrissage. Il suffit d’observer un aéronef en finale pour voir s’il est stabilisé et prêt à atterrir. Plusieurs pilotes effectuent des changements de puissance et de pas importants ainsi que des corrections de cap. Certains descendent au-dessous de la trajectoire d’approche idéale et rejoignent la piste de peine et de misère. Une remise des gaz après une approche non stabilisée est habituellement plus sûre que de tenter le coup malgré tout.

Un autre sujet discuté lors du séminaire concernait le silence dans le poste de pilotage. Toute distraction pendant une phase critique du vol, comme le décollage et l’atterrissage, pourrait avoir des conséquences désastreuses. Les membres d’équipage de gros aéronefs commerciaux doivent tous suivre la SOP précisant que pendant la descente, toute conversation ne concernant pas le pilotage doit cesser lorsque l’aéronef est au-dessous de 10 000 pi en descente. Le poste de pilotage doit être silencieux, à moins d’avoir à signaler quelque chose se rapportant au vol. Cette SOP peut être facilement adaptée aux pilotes de l’aviation générale qui effectuent régulièrement des vols avec des passagers à bord.

Il est plus facile de traiter de cette question pendant l’exposé de sécurité pré-vol donné aux passagers. Avertissez-les que le poste de pilotage doit être silencieux pendant le décollage, la montée initiale, la descente et l’atterrissage. Toutefois, ils ne devraient pas hésiter à signaler toute préoccupation relative à la sécurité, comme des appareils à proximité ou un voyant d’alarme qui s’allume sur le tableau de bord.

Une fois que vous aurez effectué un vol dans un poste de pilotage silencieux, vous constaterez à quel point le stress de voler avec des passagers à bord s’en trouve réduit.


Faites un investissement judicieux cet été...

...en prenant quelques minutes pour réviser les exigences en matière de carburant dans la section RAC 3.13 du Manuel d’information aéronautique de Transports Canada (AIM de TC).

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