Après l’arrêt complet : Collision avec une tour météorologique

Collision avec une tour météorologique…

par Eduard Alf, ingénieur, Service technique — Aides visuelles, Division des aérodromes et de la navigation aérienne, Normes, Aviation civile, Transports Canada

L’épandage aérien effectué au moyen d’un aéronef spécialement adapté est une activité courante en milieu rural et pour ce faire le plus efficacement possible, l’aéronef doit voler à une altitude de 3 à 4 m au-dessus du sol. Lorsque la construction d’un parc éolien est envisagée, une tour météorologique est érigée dans un champ afin de recueillir, puis analyser des données sur la ressource éolienne locale. Une telle tour est constituée d’un mât tubulaire métallique qui est maintenu en place par des haubans.

Dessin d'une tour météorologique

L’emplacement des tours météorologiques, lesquelles ne sont pas généralement installées à proximité d’un aérodrome ou d’une route aérienne reconnue, ainsi que leur hauteur, font en sorte qu’il n’est pas obligatoire de les baliser ou de les éclairer, comme le prescrit la norme 621.19 du Règlement de l’aviation canadien (RAC) de Transports Canada. Pour cette même raison, elles ne sont pas indiquées sur les cartes de navigation.

Le mât et les haubans peuvent être difficiles à voir, selon les conditions de luminosité ambiante et la direction de l’approche. La photo ci-dessous illustre bien ce problème potentiel.

tour météorologique vue de loin

Événement survenu en juin 2010

Le 29 juin 2010, un Air Tractor 502B effectuait un épandage aérien près de Portage la Prairie (Man.) lorsqu’il a heurté le mât métallique d’une tour météorologique d’environ 56 m de hauteur. Le pilote a effectué un atterrissage de précaution dans un champ avoisinant. L’inspection de l’aéronef a révélé des dommages à l’hélice, au train d’atterrissage droit, ainsi qu’au volet et au bord d’attaque de l’aile droite à environ 1,2 m du fuselage.

Photographie de l'aile endommagée

La photo ci-dessus illustrant les dommages au bord d’attaque de l’aile montre clairement à quel point le pilote a eu de la chance en ce qui concerne le point de contact de l’aéronef avec le mât. En effet, si le point de contact avait été plus loin sur le bord d’attaque, le pilote aurait sans doute perdu la maîtrise de l’aéronef. Selon l’exploitant, l’intégrité structurelle de la partie de l’aile de l’Air Tractor près du fuselage est ce qui a permis à l’aéronef de maintenir son état de navigabilité et sa pilotabilité. Le sommet du mât a été endommagé et un hauban galvanisé d’un diamètre de 3/8 po a été coupé. Le Bureau de la sécurité des transports du Canada a publié un rapport de catégorie 5 sur l’événement (A10C0101).

Avant qu’un pilote ou un exploitant effectue un épandage aérien, il devrait toujours s’informer directement auprès du propriétaire du champ pour savoir s’il y a un obstacle dont il devrait se méfier dans le champ. Si une tour météorologique est difficile à voir dans certaines conditions, il est fort probable qu’un vol de reconnaissance ne suffise pas pour la repérer. Le pilote ou l’exploitant devrait également demander au propriétaire du champ s’il y a des tours météorologiques dans les champs avoisinants au-dessus desquels l’aéronef d’épandage pourrait être amené à effectuer les virages nécessaires.

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