Éditorial — Collaboration spéciale

Dave Turnbull
Dave Turnbull

Étant l’un des directeurs nommés récemment au Conseil de la direction de la gestion de l’Aviation civile (CDGAC), je suis heureux de contribuer à ce numéro de Sécurité aérienne — Nouvelles (SA—N). Permettez-moi d’abord de vous expliquer un peu ce que fait la Direction de la certification nationale des aéronefs (CNA). Dans ce contexte, je dresserai un portrait des tâches principales des ingénieurs au sein des bureaux régionaux de la Certification des aéronefs.

La majeure partie du travail de la CNA porte sur les approbations relatives à la conception et à la modification des produits aéronautiques et à leur évaluation en fonction de normes de conception prescrites par règlement. En cours d’exploitation, le maintien de la navigabilité de ces produits est surveillé, et des mesures correctives sont prises pour combler les anomalies de conception observées en service qui pourraient compromettre la sécurité. La CNA contribue activement à l’évolution de moyens et de méthodes appropriés pour assurer la conformité aux normes de conception, tout en étant la principale source d’information technique nécessaire à l’élaboration ou à la modification des normes de conception et des documents connexes. La CNA fait aussi partie d’une communauté internationale et participe à divers groupes de travail et comités qui collaborent afin d’adapter continuellement les normes de conception et l’interprétation qui en est faite, et d’en élaborer de nouvelles.

Chaque projet de conception entrepris par un demandeur suit un processus unique, établi en fonction de la méthode de conception propre à une entreprise. Par conséquent, chaque évaluation ou modification de la conception par rapport aux normes est unique et nécessite des compétences et des connaissances spécialisées en essais en vol et en ingénierie, normalement acquises grâce à une vaste expérience de l’évaluation des conceptions en fonction de normes internationales. Le personnel de la CNA et des bureaux régionaux de la certification, de même que les délégués ministériels partout au pays détiennent cette expertise, et les interactions continues avec les demandeurs et les délégués relativement à ces projets sont essentielles pour demeurer au fait de l’évolution de la technologie et des méthodes utilisées pour la conception des aéronefs.

Au cours des dernières années, la surveillance du milieu aéronautique exercée par Transports Canada, Aviation civile (TCAC) s’est progressivement transformée en une approche systémique axée sur les nouvelles dispositions réglementaires établies nécessitant que certains secteurs du milieu mettent en place un système de gestion de la sécurité (SGS) approuvé. Dernièrement, nous avons travaillé à déterminer comment le SGS d’une entreprise peut inclure la conception, et comment notre approche en matière de surveillance peut se transformer en une approche systémique. Cette démarche est conforme à la volonté de Transports Canada (TC) d’améliorer la surveillance qu’il exerce sur l’ensemble du milieu aéronautique. Cela ajoute une certaine rigueur à la façon dont TC gère la sécurité et à son propre modèle de surveillance.

La surveillance, dans le contexte de la certification des aéronefs, est définie dans l’Architecture des activités de programmes (AAP) de TC comme : les services et la surveillance assurés relativement au secteur de la conception des produits aéronautiques. Les éléments du service liés à la certification des aéronefs (comme l’établissement de normes appropriées, le consentement de moyens et de méthodes de conformité acceptables et la délivrance d’approbations) sont essentiels et devront être maintenus après l’intégration du SGS à la conception. Actuellement, les éléments de surveillance consistent en une politique sur le niveau de participation axé sur les risques, selon laquelle les ingénieurs de TCAC interagissent avec les délégués ministériels au cours des projets de certification, des activités de vérification périodiques (à l’extérieur du cadre de projets précis) des entités déléguées, et une surveillance du maintien de la navigabilité de la flotte canadienne d’aéronefs. Lorsque le SGS d’un organisme englobe la composante « conception », il s’agit du volet « vérification » du modèle de surveillance de la CNA, et de la façon dont les leçons tirées de la surveillance du maintien de la navigabilité sont intégrées à la conception du SGS qui devra évoluer. Les services et la surveillance axés sur les projets devront exister en parallèle et en équilibre avec un nouveau modèle de surveillance afférent aux nouveaux éléments de conception du SGS de l’entreprise. Selon l’avis actuel, ni un modèle de surveillance strictement axé sur les systèmes ou sur les projets ne sera suffisant.

Pour permettre cette évolution de la surveillance au sein du secteur de la conception des produits aéronautiques, les organismes devront détenir un nouveau type de certificat d’exploitation, semblable au certificat d’exploitation aérienne (CEA). Le SGS de l’entreprise devra comprendre un système d’assurance de la qualité de la conception qui permet de s’assurer que les conceptions sont sécuritaires et que l’entreprise va déterminer de manière raisonnable et justifiable s’il y a conformité. Cela signifie aussi que le secteur de la conception devra rendre compte à TC du fondement de ces constatations et du maintien de la navigabilité des produits approuvés.

La délivrance de ce nouveau type de certificat d’exploitation exigera que la CNA et les ingénieurs dans les Régions fournissent des services et exercent une surveillance à l’égard du SGS d’une entreprise. Une partie de ces activités pourra être établie à partir du système de délégation en place au Canada depuis 1968. Le reste découlera d’autres secteurs opérationnels de l’aviation où les SGS ont déjà été mis en place. L’approche systémique relative aux activités de conception des organismes vise à favoriser une solide culture de sécurité grâce à des processus rigoureux d’assurance de la qualité de la conception et à une culture positive de communication de l’information.

De toute évidence, l’avenir nous réserve de nombreux défis, mais nous vivons aussi des moments passionnants, et je me réjouis à l’idée qu’ensemble nous travaillerons à améliorer notre façon de faire. Il sera crucial d’établir un équilibre adéquat entre la surveillance axée sur les systèmes et celle axée sur les projets, et d’y porter une attention particulière. Entre-temps, la CNA continue de s’acquitter de son mandat en collaborant directement avec le milieu aéronautique et ses partenaires internationaux afin de soutenir le secteur très solide et exigeant de la construction et de la conception aéronautiques au Canada. Le Canada exporte plus de 80 % de ses produits aéronautiques, et ce secteur représente près de 5 % de notre produit intérieur brut (source : Association des industries aérospatiales du Canada). L’obtention rapide de l’approbation de nos marchés étrangers dépend directement de la qualité de notre propre processus d’approbation. Notre but ultime, que nous partageons avec le milieu, est d’améliorer la sécurité.

Le directeur,
Certification nationale des aéronefs
Transports Canada, Aviation civile

Dave Turnbull

Prix commémoratif David Charles Abramson (DCAM) pour l’instructeur de vol — Sécurité aérienne pour l’année 2010

De gauche à droite : Wayne Gouveia du conseil d'administration
de l'ATAC, William Sutherland et Jane Abramson.

De gauche à droite : Wayne Gouveia du conseil d'administration de l'ATAC, William Sutherland et Jane Abramson.

M. William Sutherland, gestionnaire de la sécurité et de la qualité au Moncton Flight College (MFC), à Dieppe (N.-B.) est le récipiendaire du Prix DCAM pour l’instructeur de vol — Sécurité aérienne pour l’année 2010. Ce prix lui a été remis le 8 novembre 2010 par Jane et Rikki Abramson, fondateurs de ce prix, à l’assemblée générale annuelle et salon des professionnels de l'Association du transport aérien du Canada (ATAC), à Vancouver (C.-B.).

« Le prix va cette année à un jeune homme dont les réalisations à ce jour et son potentiel pour l’avenir sont très prometteurs et brillent comme un phare pour l’avenir de la sécurité aérienne au Canada », a déclaré Mme Abramson. « Son leadership, son intégrité, ses compétences techniques et son engagement envers l’excellence ont joué un rôle fondamental dans la réussite du MFC à répondre aux critères de performance exigés pour obtenir la certification comme organisme de formation agréé (OFA) autorisé à effectuer une formation au pilotage au Canada. L’obligation d’exploiter un organisme de formation au pilotage dans le respect des normes rigoureuses d’un OFA constitue un préalable essentiel pour que le MFC et son partenaire, CAE, puissent diriger le premier programme de formation en Amérique du Nord menant à la licence de pilote en équipage multiple (MPL). »

Le Prix DCAM, qui est remis annuellement, vise à promouvoir la sécurité aérienne en soulignant le travail exceptionnel d’instructeurs de vol au Canada. Il a ainsi permis de faire valoir et de mieux connaître le travail des instructeurs de vol. Le fait de reconnaître l’excellence dans ce secteur du milieu aéronautique contribue à la sensibilisation en matière de sécurité qui, espérons-le, fera ressentir ses effets pendant de nombreuses années. Les nominations pour le prix 2011 doivent être reçues d’ici le 13 septembre 2011. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le site www.dcamaward.com.

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