Sécurité aérienne - Nouvelles 3/2003

Sécurité du système

Bref examen des notions liées aux facteurs humains

NDLR : L'erreur humaine contribue à environ 80 % des accidents d'aviation, alors que 20 % d'entre eux relèvent la plupart du temps d'une composante des facteurs humains. Le texte qui suit est le quatrième et dernier d'une série de courts extraits du TP 12863F, Facteurs humains en aviation ? Manuel de base. Nous espérons qu’il vous incitera à vouloir en connaître davantage sur ce sujet fascinant et pertinent.

L'importance du jugement

Certains écrivains considèrent le jugement comme le processus consistant à choisir la solution de rechange qui donne le résultat le plus sûr dans une situation donnée. Quelle que soit la définition, nous avons besoin d'exercer un bon jugement en vue d'évoluer en toute sécurité. Mais il y a beaucoup plus que cela.

Jugement et réglementation

Dans le domaine de l'aviation, beaucoup plus que dans n'importe quel autre champ d'activité auquel nous pouvons penser, les règlements sont fon dés sur l’hypothèse que les intéressés les interpréteront conformément à leurs compétences. Quoiqu’ils s’appliquent au pied de la lettre à l’ensemble des pilotes, les règlements s’adressent réellement au pilote qui est extrêmement chevronné, et qui vole à bord d’un aéronef bien équipé. Par conséquent, tandis que tout pilote peut être habilité légalement à effectuer un vol-voyage de navigation dans des conditions VFR marginales, il appartient à chaque pilote de juger si une situation dépasse ses limites personnelles en se fondant sur son expérience et ses compétences actualisées.

De même, l’ensemble des données de performance qui figurent dans le manuel d’exploitation des aéronefs découle de situations parfaites. La course au décollage, par exemple, suppose une piste sèche en dur et un aéronef en bon état de fonctionnement dont le moteur développe le maximum de chevaux-vapeur. Dans la vie réelle, évidemment, tout écart par rapport à cette norme idéale augmente le distance de piste requise. Si le moteur est un peu plus ancien, si la piste est contaminée par de la neige ou de l’eau, ou si les pneus de l’avion n’ont pas la pression requise, alors les données qui figurent dans le manuel ne sont pas exactes. Ainsi, une fois de plus, le pilote doit interpréter la situation et faire preuve de jugement pour déterminer les valeurs à appliquer. Utiliser aveuglément les données fournies dans le manuel de l’aéronef, sans les interpréter, c’est vraisemblablement faire preuve de mauvais jugement.

Le jugement en tant qu'assise de l'aviation

Le jugement est important en vol parce que le pilote dispose d'une grande marge de manoeuvre dans la prise de décision. Le système aéronautique dans son ensemble repose sur l'hypothèse que les pilotes feront preuve de bon jugement pour assurer leur propre sécurité et celle de tous les autres intervenants du système. En d'autres mots, le système aéronautique est fondé sur la confiance. Les pilotes sont censés bien s'acquitter des responsabilités qu'on leur a confiées. Chaque fois que vous faites preuve de mauvais jugement, vous mettez en danger non seulement vous-même et d'autres personnes, mais vous sapez également l'assise de l'aviation.

Le bon jugement, par conséquent, est beaucoup plus qu’un gage de la sécurité. C’est le ciment qui lie ensemble tous les aspects du pilotage.

Extrait du TP 12863F, chapitre 10, page 145. Vous pouvez obtenir une copie de cette publication en communiquant avec les services du Centre de communications de l’Aviation civile, Transports Canada, au 1-800-305-2059.

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