Sécurité aérienne - Nouvelles 3/2003

Sécurité du système

Encore plus de leçons retenues en 2002...

Les descriptions d'incidents ci-dessous ont été sélectionnées de façon aléatoire parmi les enquêtes de classe 5 qu'a menées le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) au cours de l'année 2002. Comme vous pourrez le constater, il y a très peu de nouveaux accidents. Les récits d'incidents ont été légèrement modifiés et dépersonnalisés, et ce, juste assez pour protéger les innocents aviateurs étourdis ou simplement malchanceux. Dans les cas où une mise en contexte l'exigeait, certains noms de lieu ont été laissés.

Un Piper PA18-150 avait quitté Fort Nelson/Gordon Field (CBL3) avec deux personnes à son bord. Au poser sur un champ de ferme rudimentaire, le pilote n'était pas satisfait de la vitesse de l'avion et il a décidé d'interrompre l'atterrissage. Peu de temps après le décollage, l'avion a accroché une ligne de transport d'électricité et le pilote a perdu la maîtrise de l'appareil, qui s'est renversé dans un petit étang. Les deux occupants ont reçu des blessures légères, et l'avion a été considérablement endommagé.

NDLR : Il est permis d'interrompre un atterrissage, tant que l'espace le permet.

Le pilote propriétaire d'un avion Nanchang CJ6A (Yak 18), qui effectuait un vol de familiarisation locale, occupait le siège arrière tandis que son passager occupait la place avant. L'avion a survolé le lac Osoyoos et a entamé une montée vers le relief ascendant à l'est du lac. Au cours de cette montée, la vitesse s'est mise à chuter. L'avion a effectué un virage lent en sens horaire et a pénétré dans un canyon en cul-de-sac où il a décroché pour ensuite aller s'écraser. Le pilote a été grièvement blessé, et le passager s'en est sorti avec des blessures légères. L'avion a été détruit.

NDLR : étant donné les antécédents des vols effectués dans des « canyons en cul-de-sac », ces deux individus peuvent se compter chanceux. Il faut redoubler de vigilance et bien connaître les capacités de rendement de son aéronef lors de vols effectués dans des montagnes, des vallées et des canyons.

Avion amphibie
NDLR : Les avions amphibies sont merveilleux, jusqu'à ce qu'on amerrisse train sorti.

Un DHC-2 Beaver amphibie quittait l'aéroport de Sudbury (Ontario) et avait pour destination le lac Temagami. Après le décollage, le train d'atterrissage n'avait pas été rentré. En se posant sur la surface du lac Temagami, l'avion a capoté et il s'est immobilisé sur le dos. Le pilote, qui n'a pas été blessé, n'a eu aucun problème à évacuer l'avion et il a été recueilli par des plaisanciers qui avaient été témoins de l'incident.

Un hydravion Cessna 180 effectuait un amerrisage en direction ouest sur le fleuve Fraser à l'hydroaérodrome de Pitt Meadows. La tour de contrôle a reçu un signal de radiobalise de détresse peu de temps après que le contrôleur de l'aérodrome a perdu l'hydravion de vue derrière la limite des arbres le long de la rive. Le flotteur gauche s'était enfoncé au poser, et l'avion avait capoté pour finalement s'immobiliser sur le dos. Les deux occupants, indemnes, ont eu le temps d'évacuer la cabine et ont été sauvés par un bateau-taxi environ 40 minutes après l'accident. Tous deux portaient la ceinture trois points au moment de l'accident, et le pilote portait aussi un gilet de sauvetage gonflable.

NDLR : Voici un bon exemple d'usage de l'équipement de sécurité et d'urgence.

Au moment où un Cessna 206 était sur le point de se poser sur une piste de terre de 1 200 pi de longueur, le soleil a percé les nuages et a aveuglé le pilote. Quelques secondes plus tard, le pilote a recouvré la vision et a décidé d'interrompre l'atterrissage parce que l'avion n'était pas bien positionné, mais ce dernier n'a pu franchir la pente ascendante de la piste et il est allé percuter des arbustes et des petits arbres qui se trouvaient en bout de piste. Les occupants, qui portaient les bretelles de sécurité disponibles, en sont sortis indemnes mais l'avion a subi des dommages importants.

NDLR : Un coucher de soleil peut nuire grandement à votre vision. Voyez l'article sur le port de lunettes de soleil appropriées dans le présent numéro.

Un Bombardier CL-415 circulait à la surface avant de quitter le lac Pickle (Ont.) dans le but d'effectuer un vol local de lutte contre les incendies. Pendant que l'avion évoluait, l'extrémité de son aile gauche a accroché un hélicoptère Bell 205A qui était stationné sur la bretelle. Personne n'a été blessé, mais le CL-415 a subi des dommages à l'aile gauche, tandis que l'ensemble rotor principal du Bell 205A a subi des dommages.

NDLR : Circuler à la surface dans une zone exiguë? En cas d'incertitude quant au dégagement de l'aéronef, faites appel à un placier.

Un DHC-2 Beaver équipé de flotteurs volait du lac Holinshead en direction du lac Kashishibog lorsque le pilote a remarqué que les conditions météorologiques se détérioraient. Au fur et à mesure que le vol progressait, le plafond nuageux descendait de plus en plus jusqu'à ce qu'il atteigne la cime des arbres. Peu après, le pilote a observé une cabane du camp éloigné en direction duquel il se dirigeait. À l'approche finale du camp, l'avion a heurté la surface du lac au cours d'un virage, ce qui a arraché un de ses flotteurs et a ensuite entraîné son naufrage. Le pilote ainsi que quatre passagers sont sortis de l'avion et ont tenté de rejoindre la rive à la nage. Un des passagers est disparu en nageant et il n'a pas été retrouvé.

NDLR : Pourquoi poursuivre un vol dans des conditions atmosphériques qui se dégradent?

Un Piper PA28-180 voyageait du lac Pickle (Ont.) en direction de International Falls (Minnesota). À une distance approximative de 16 NM au nord de l'aéroport de Fort Francis, le moteur s'est éteint et l'avion a été contraint d'atterrir sur un chemin d'exploitation. Deux des trois occupants ont reçu des blessures légères, et l'avion a subi des dommages importants. L'exploitant a déclaré que l'avion avait manqué de carburant.

NDLR : Trouvez-moi une bonne raison de tomber en panne sèche.

Un Cessna 182 effectuait un vol en palier à 10 500 pi d'altitude, et ses passagers se préparaient à sauter en parachute. En se préparant à sauter, un des chuteurs se trouvait sur la marche à l'extérieur de l'avion et se tenait au mât lorsque son parachute s'est ouvert prématurément et l'a soulevé de la marche vers l'arrière. Le casque du chuteur a percuté le bec débordant de la gouverne de profondeur droite, ce qui a endommagé cette partie de l'avion et blessé le chuteur. La gouverne de profondeur droite était flambée et arrachée au niveau de l'articulation extérieure, mais le pilote a été en mesure de conserver la maîtrise de son appareil et il s'est posé en toute sécurité, ne notant qu'une petite restriction au moment de l'arrondi. On a retrouvé le chuteur dans un état critique environ huit heures plus tard.

NDLR : La raison pour laquelle le parachute s'est ouvert prématurément ne figurait pas dans le rapport. Si vous pilotez un avion lors d'activités de parachutisme sportif, informez-vous auprès de l'Association canadienne du parachutisme sportif.

Page précédentePage suivante
Date de modification :