Sécurité aérienne - Nouvelles 3/2004

Sécurité du système

Textes provenant des dossiers du BST et du CADORS

Les textes suivants sont extraits de rapports diffusés par le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) et le Système de comptes rendus quotidiens des événements de l'aviation civile (CADORS). La plupart de ces accidents ont eu lieu en 2002 et sont reproduits ici pour que les pilotes d'avions ultra-légers et d'avions de construction amateur apprennent à bien connaître les causes des accidents. Les types d'accidents mentionnés ici ne se limitent en aucun cas aux avions ultra-légers ni aux avions de construction amateur.

L'inspection pré-vol devrait couvrir tous les composants principaux : Le pilote d'un ultra-léger ARV-1 Golden Hawk a signalé qu'il roulait pour se rendre à son aire de décollage lorsqu'il a reçu un avis d'information de vol du service consultatif télécommandé d'aéroport. Quelques minutes plus tard, lorsque le contrôleur lui a demandé sa position, il a signalé qu'il avait eu un accident et que son avion était endommagé. Pendant la course au décollage, le pilote a perdu la maîtrise de son appareil dans des conditions de vent et de rafales qui atteignaient apparemment les 15 à 20 kt. L'enquête a révélé que le train d'atterrissage avait eu un problème lorsqu'il s'était desserré et qu'il s'était déplacé, ce qui a causé un moment de pivot à l'origine de la perte de la maîtrise de l'avion. C'est à ce moment que ce dernier a quitté la piste et a subi des dommages au train, à l'hélice et aux ailes. Le train d'atterrissage n'avait pas été fixé solidement à la structure, et la défaillance s'est produite en raison de l'usure. Il faut faire de son mieux pendant l'inspection pré-vol, car on ne sait jamais quand on peut trouver un composant principal qui n'est pas en état de navigabilité.

Il importe de bien connaître les limites d'utilisation de votre avion : Le pilote d'un ultra-léger C.A.D.I. effectuait des circuits lorsqu'il s'est retrouvé dans des conditions de vent traversier qui ne lui ont pas permis de garder la maîtrise de son appareil au cours de l'atterrissage. Le vent atteignait une vitesse de 7 à 8 kt, avec des rafales qui soufflaient à un angle de 40 à 60° par rapport à la trajectoire d'atterrissage. L'avion a pivoté vers la gauche en touchant le sol et il a capoté, ce qui l'a considérablement endommagé. Le pilote a été légèrement blessé. La perte de maîtrise d'un avion pendant son atterrissage représente un pourcentage élevé des accidents, surtout pour les avions munis d'une roulette de queue. Seules la pratique et une formation adéquate peuvent assurer des atterrissages sécuritaires par vent traversier. Dans des circonstances semblables, le pilote d'un ultra-léger de type évolué Junior JK-05 effectuait des circuits lorsqu'il a perdu la maîtrise à l'atterrissage. L'avion est sorti accidentellement de la piste jusque dans l'herbe et a subi des dommages considérables. Personne n'a été blessé.

Un dégât causé par un corps étranger (FOD) entraîne un accident : Le pilote d'un ultra-léger Quad City Challenger II équippé de flotteurs était en approche finale lorsqu'il a eu de la difficulté à faire fonctionner les commandes. Comme l'appareil atteignait une altitude d'approximativement 200 pi au-dessus de l'eau, les commandes sont restées bloquées, et le pilote ne pouvait plus les faire bouger. L'avion s'est soudainement incliné vers l'avant, puis l'extrémité avant des flotteurs a percuté la surface de l'eau, et l'avion a capoté. Le pilote a été légèrement blessé tandis que l'avion a été très endommagé. Un gilet de sauvetage aurait apparemment glissé sous le mécanisme de commande pendant le vol, ce qui aurait bloqué le mécanisme et entraîné l'accident. Il faut vous assurer de toujours bien arrimer tout le matériel à bord de votre aéronef.

Les virages serrés à basse altitude sont très dangereux : Le pilote d'un ultra-léger Nordic V a été aperçu en train d'effectuer des virages serrés à basse altitude. Au cours d'une remontée suivie d'un virage serré, l'avion a décroché et a piqué vers le sol. Le pilote a été mortellement blessé. Il faut éviter d'effectuer des virages serrés à basse altitude, car il n'y a pas suffisamment de place pour s'en sortir en toute sécurité en cas de décrochage. Ce genre de manoeuvre nécessite assez d'altitude, puisque les conséquences d'un décrochage à basse altitude risquent d'être catastrophiques.

Le port des bretelles de sécurité peut s'avérer être une bénédiction : Le pilote d'un ultra-léger Quad City Challenger II simulait un atterrissage forcé lorsque son avion a accroché des lignes d'énergie électrique avant de capoter et de s'écraser dans un champ. Le pilote a été grièvement blessé, mais son passager a eu plus de chance et n'a reçu que des blessures légères. Ils portaient tous les deux la ceinture de sécurité du type harnais à quatre points, ce qui leur a sauvé la vie. L'avion a subi des dommages importants.

Une défaillance structurale en vol cause l'écrasement d'un appareil : Le pilote et le passager d'un ultra-léger Bushmaster DM-3 ont perdu leur vie lorsque leur avion s'est écrasé dans un champ, à la suite de la perte d'un aileron en vol. Un observateur au sol a vu une pièce se détacher de l'avion avant son écrasement. Les défaillances structurales sont rares; une maintenance et des inspections attentives peuvent les éliminer, ce qui comprend l'application d'excellents principes d'inspection pré-vol et le maintien des paramètres d'utilisation respectant ceux prescrits par le constructeur de l'aéronef. Tenir un registre de toute la maintenance effectuée sur son avion représente une police d'assurance peu dispendieuse que la famille appréciera. Connaître le temps de service des parties principales de l'avion ainsi que le nom de la dernière personne qui a inspecté l'avion et la date de cette inspection confirmera que le calendrier de maintenance est à jour et que l'avion est en état de navigabilité.

Un point à temps en vaut cent : Le pilote d'un ultra-léger Bushmaster a été grièvement blessé lorsque l'aile de son avion a été endommagée à la suite d'un passage dans des turbulences. Au moment où le pilote effectuait une approche en vue d'atterrissage de précaution, il s'est aperçu que les points de la couture de l'aile gauche était en train de se défaire. L'avion s'est mis à tanguer d'un côté à l'autre avant de piquer en vrille vers le sol. L'aile avait gonflé à un point tel que sa traînée était supérieure à sa portance. Une maintenance et des inspections attentives aideront à réduire les risques de défaillance et garantiront la sécurité des vols.

L'inspection pré-vol est primordiale : Le pilote d'un ultra-léger Tierra II effectuait la course au décollage lorsque la porte gauche s'est soudainement déverrouillée. L'avion est sorti de piste à gauche et s'est abîmé le long de la piste. Personne n'a été blessé, mais l'ultra-léger a été grandement endommagé. Le pilote a déclaré qu'il avait oublié de s'assurer que la porte était bien verrouillée avant de procéder au décollage. Une liste de vérifications pré-vol, avant la mise en route, avant le décollage et propres aux autres phases du vol doit faire partie de l'équipement de l'avion et doit être utilisée pour s'assurer que toutes les vérifications nécessaires sont effectuées dans le bon ordre. Cette procédure aidera certainement à réduire les risques d'accidents.

L'inspection du harnais de sécurité devrait figurer sur la liste de vérifications avant le décollage : Le pilote d'un parachute propulsé Adventure F2Q a bien cru que sa dernière heure était venue lorsque, peu de temps après le décollage, il a remarqué que les courroies du harnais qui le retenait à l'appareil étaient en train de se défaire. Il a immédiatement fait demi-tour pour atterrir en vent arrière en se retenant aux cordons du parachute. La maîtrise de l'appareil était très limitée mais il a quand même réussi à atterrir. Il a été grièvement blessé, et l'appareil a subi des dommages importants. Une inspection pré-vol de tout le matériel aurait réduit le risque qu'un tel accident se produise.

La liste de vérifications avant l'atterrissage peut vous sauver la vie : Le pilote d'un ultra-léger amphibie Challenger IIA avait décollé d'une piste gazonnée pour effectuer un vol local. À son approche d'un lac pour amerrir, le mouvement des embarcations à moteur le long de la trajectoire d'atterrissage l'a distrait et il se peut qu'il ait oublié de vérifier la position du train d'atterrissage. Par conséquent, l'avion a percuté la surface de l'eau train sorti et ses ailes et sa structure ont été considérablement endommagées, mais il est resté à l'endroit. Personne n'a été blessé. Les vérifications avant l'atterrissage sont une nécessité.

Bons vols.

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