Sécurité aérienne - Nouvelles 3/2004

Sécurité du système

Le secours au bout du fil

Le secours au bout du fil

Vous êtes-vous déjà demandé ce qu'il y avait dans le fameux colis de la FedEx® que Chuck Noland (alias Tom Hanks), ce cadre zélé de la FedEx® contraint à jouer les Robinson Crusoé, s'est abstenu d'ouvrir pendant quatre ans dans le film Seul au monde (Castaway)? Selon moi, il s'agissait d'un nouveau téléphone mobile par satellite à couverture mondiale, avec des piles chargées à bloc, un manuel d'instruction et une provision de deux semaines de barres granolas. Ah! Si seulement...

À l'instar d'autres technologies, les téléphones satellites se sont beaucoup améliorés depuis leur introduction. Ils sont maintenant plus accessibles, moins coûteux et plus fiables. Ils ne sont pas encore à la portée de toutes les bourses, mais aux aviateurs sérieux qui aiment parfois s'aventurer loin des centres urbains, ils offrent une couverture téléphonique sans comparaison avec celle offerte par le téléphone cellulaire standard.

À la suite de son enquête sur l'écrasement d'un Cessna 172 survenu près de Fort Good Hope (Territoires du Nord-Ouest) le 31 décembre 2001 (voir SA N 4/2003, page 4), le coroner a recommandé que tous les pilotes qui volent dans le Nord et dans les régions éloignées transportent des téléphones satellites. Ce ne sont pas tous les pilotes des régions nordiques qui devraient transporter des téléphones satellites dans toutes les situations, mais lorsque les moyens de communication sont limités, à titre de précaution en cas d'urgence, nous recommandons fortement de disposer d'un téléphone satellite ou d'un autre moyen de communication qui peut fonctionner indépendamment du circuit électrique de l'aéronef. Dans le numéro de janvier février 2004 du magazine La Brousse, on trouve un très bon article sur ce sujet dans lequel l'auteur, le pilote Claude Laplante, nous raconte l'aventure qu'il a vécue l'été dernier au cours de laquelle l'investissement qu'il avait fait dans l'achat d'un téléphone satellite lui a rapporté d'immenses bénéfices. En effet, cet achat lui a sans doute sauvé la vie, ainsi que celle de son compagnon de vol.

Le 17 août 2003, M. Laplante et un ami volaient dans le Nord du Labrador à bord d'un Cessna 172 monté sur flotteurs, dans le but d'aller explorer des fjords et des lacs et de rencontrer deux autres amis, qui prenaient place à bord d'un autre appareil, à un point de rendez-vous où ils devaient passer quelques jours à faire du camping et du pilotage. Étant arrivé tôt au point de rendez-vous, M. Laplante et son ami ont décidé d'effectuer un petit vol d'une distance de 10 à 12 mi vers le nord jusqu'au lac Kangalaksiorvik afin d'y filmer des scènes de la vie sauvage. Ils ont amerri en toute sécurité sur le lac et ils ont filmé des phoques d'eau douce et autres animaux sauvages. Malheureusement pour eux, les vents se sont mis à augmenter sérieusement d'intensité, et les vagues rendaient plus difficile la manoeuvre de l'hydravion. Pendant que le pilote tentait de replacer l'appareil face au vent pour le décollage, un flotteur s'est enfoncé dans l'eau et, très peu de temps après, l'hydravion s'est retourné dans une zone peu profonde, en laissant tout juste le temps aux occupants de sortir de l'appareil et de gonfler leurs gilets de sauvetage.

Toutefois, la première réaction de M. Laplante avant de quitter la cabine avait été de s'assurer d'emporter avec lui le contenant hermétique en plastique jaune qui renfermait son téléphone satellite. Comme la profondeur du lac à cet endroit n'était que d'environ sept pieds, les occupants ont pu se réfugier sur les flotteurs inversés. Comme les vents étaient forts, que l'eau était froide et que leurs vêtements étaient mouillés, le pilote et son passager grelottaient de tous leurs membres, même si c'était le mois d'août. Sans perdre une minute, M. Laplante a sorti son téléphone satellite pour demander de l'aide. Il a d'abord appelé un ami fiable afin qu'il déclenche les secours, et il a ensuite contacté directement le Centre de coordination des opérations de sauvetage (RCC) de Trenton (Ontario), qui était à plus de 2 000 mi de distance! Il s'est adressé à une préposée francophone du RCC qui lui a confirmé que son ami les avait déjà avisés et que les secours étaient en route. Un appareil de sauvetage s'est posé près d'eux environ quatre heures plus tard, alors qu'il faisait encore jour, et ils sont montés à bord pour retrouver chaleur et sécurité.

M. Laplante a subséquemment déclaré : « Quel réconfort cela a été d'apprendre qu'on s'occupait de nous et que l'aide était en route. ». L'hydravion étant partiellement immergé, avec les vents forts et l'eau très froide, qui sait si leurs amis seraient parvenus à les retrouver, et si oui, les auraient-ils retrouvés avant qu'ils ne soient victimes d'hypothermie? M. Laplante a d'ailleurs subséquemment appris que les amis en question avaient également eu un accident plut tôt dans la journée et qu'ils n'avaient pas pu se rendre au point de rendez-vous. M. Laplante est convaincu que sans son téléphone satellite, lui et son ami ne seraient plus de ce monde. Son téléphone satellite n'est à vendre à aucun prix!

NDLR : Ce récit est inspiré d'un article original de Claude Laplante intitulé : « Assurance-vie par téléphone satellite » publié dans le numéro de janvier-février 2004 du magazine La Brousse qui nous a gracieusement autorisé à publier la présente adaptation. Nous invitons les pilotes et les exploitants privés à s'informer davantage sur les téléphones satellites auprès de fournisseurs reconnus d'articles de pilotage, de boutiques de plein air et dans l'Internet.

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