Opérations de vol - Délices d'hélices... Tout est bien amarré...

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Pour des motifs évidents, le nom du client, celui des membres d'équipage et celui de notre confrère pilote ont été modifiés.

La scène est la suivante : nouveau pilote professionnel d'hélicoptère, premier emploi, premier contrat et première année de vol...

Tout va bien, je totalise environ 30 à 35 heures d'épandage pour commencer ma carrière, et je crois que je suis vraiment très bon dans ce genre de travail! Il est peut-être temps de procéder à une petite vérification au sol - LITTéRALEMENT!

Nous (Ace et moi) venions tout juste de terminer pour l'avant-midi, car le vent était devenu trop fort pour les opérations d'épandage; le temps que j'atterrisse, il soufflait en rafale à 20 km/h. Lorsque j'ai atterri, Ace avait déjà poussé son appareil dans le hangar. Il m'attendait en compagnie de notre petit technicien au sol, Junior, pour aller prendre un petit déjeuner tardif. J'ai atterri, effectué un arrêt complet, amarré l'appareil, débranché la batterie, et c'est là que tout a commencé...

à ce moment précis, le représentant du client, Knuckles, est venu vers moi en courant. Il disait avoir obtenu de son patron l'autorisation d'effectuer un vol de reconnaissance afin de jeter un coup d'oil à la zone d'épandage et de prendre des photos. Comme il était impatient et que mon appareil se trouvait toujours à l'extérieur, nous avons décidé que ce serait moi qui l'emmènerais effectuer son vol de reconnaissance. SUPER! UN PASSAGER EN CHAIR ET EN OS! « Bien sûr que je vous emmène », ai-je répondu avec la désinvolture que seul un pilote totalisant 135 heures de vol peut avoir, le tout sous le regard jaloux de mon bon ami Ace qui observait la scène depuis le hangar.

Me préparant à partir, j'ai ravitaillé l'appareil en carburant, j'ai enlevé les amarres, j'ai retiré les bâches de protection du moteur et j'ai rebranché la batterie. J'étais sur le point de démarrer lorsque Knuckles s'est aperçu que les piles de son appareil-photo numérique étaient à plat. Il a dû retourner en courant au bureau municipal pour obtenir d'autres piles. Je suis sorti et, comme il ventait beaucoup, j'ai de nouveau amarré l'appareil. Puis, en attendant Knuckles, je suis allé arroser la pelouse derrière le hangar, et j'ai dit à Ace ainsi qu'à Junior d'aller déjeuner sans moi. Knuckles est revenu aussi vite qu'il pouvait, avec de nouvelles piles. Nous avons déposé la porte passager pour l'aider à prendre de bonnes photos, nous avons bouclé notre ceinture de sécurité, et nous étions prêts à partir. Après un arrêt complet, mon appareil n'aimait pas redémarrer lorsque le moteur était encore tiède ou chaud. Il semblait mieux démarrer si on le faisait un peu tourner sans les magnétos, puis que l'on mettait celles-ci en marche un peu plus tard dans la séquence de démarrage. J'étais donc en train de faire tourner le moteur de cette façon, sans les magnétos, et je commençais à appuyer avec mes doigts sur le commutateur des magnétos afin de les mettre en marche, lorsque notre petit ami Junior est sorti du hangar en courant comme je ne l'avais encore jamais vu faire de toute ma vie; il agitait désespérément les bras pour tenter de m'arrêter...

J'ai effectivement tout arrêté, puis j'ai bondi hors de l'hélicoptère pour lui passer un savon parce qu'il avait couru comme un fou jusqu'à l'appareil, juste au moment où j'allais démarrer. Comme je sortais de l'hélicoptère, il est passé de mon côté de l'appareil et il m'a emmené du côté de l'appareil qui se trouvait hors de la vue de mon passager, Knuckles. Il a ensuite pointé du doigt la queue de mon hélicoptère, endroit où battait fièrement au vent l'extrémité de mon câble d'amarrage, lequel était complètement enroulé et formait un noeud d'attache parfait qui fixait la pale du rotor principal à ma boîte de transmission de rotor de queue.

C'est alors que ce petit bonhomme a regagné énormément d'estime à mes yeux; il m'avait empêché de démarrer l'appareil, alors que ce dernier était encore amarré. Dans le cas d'un appareil propulsé par turbomachine, un tel démarrage n'aurait pas été bon. Mais dans le cas d'un appareil à moteur à pistons, je crois qu'il aurait eu des conséquences désastreuses, en particulier parce que le câble utilisé était l'un de ces câbles d'amarrage ronds et épais, faits d'un matériau du même type que celui dont sont fabriqués les câbles de traction. Ce câble, j'en suis certain, n'aurait pas cédé avant les boulons de fixation de la boîte de transmission du rotor de queue. Vous savez tous comment ces moteurs à pistons démarrent violemment quand ils le veulent. Si Junior ne m'avait pas arrêté, je suis certain que la boîte de transmission et les pales du rotor de queue auraient fait un vacarme d'enfer au moment de leur arrachement et de leur projection autour de l'appareil, selon une belle trajectoire circulaire située à 2 pieds de l'extrémité de la pale de mon rotor. Je suis certain que cela aurait gâché la journée de tout le monde et aurait fort probablement mis bruyamment un terme à ma carrière!

J'étais très mal à l'aise envers Junior, mais je lui étais aussi tout à fait reconnaissant. J'ai même payé à déjeuner à ce bonhomme un peu paresseux pendant presque une semaine d'affilée. Quant au passager, je suis timidement remonté à bord de l'hélicoptère et lui ai concocté une histoire à dormir debout selon laquelle Junior voulait vérifier le bouchon d'avitaillement, ou quelques salades du genre, puis nous sommes partis effectuer notre vol. Pas de problèmes, n'est-ce pas? Je crois que le passager était déjà suffisamment inquiet de voler la porte déposée (à en juger par la façon dont il avait solidement bouclé sa ceinture de sécurité) et avec aux commandes un merveilleux pilote « inexpérimenté » totalisant 100 heures de vol!

Depuis cet incident, je crois en la pratique consistant à placer les pales à 10 et à 4 heures CHAQUE fois, pour CHAQUE démarrage! De plus, au cas où l'on m'interromprait dans la séquence habituelle de la procédure ou si quelque chose « ne tournait pas rond », comme ça été le cas ici, j'ai mis au point ma propre petite technique pour assurer la sécurité. CHAQUE FOIS que j'effectue un arrêt complet, je débranche la batterie, j'amarre les pales et je mets en place les bâches de protection du moteur. C'est TOUT ou RIEN! SI, pour une raison quelconque, je sais que mon arrêt complet ne durera que quelques minutes, mais qu'en raison de la vitesse du vent, je dois procéder à l'arrimage, j'étends les bâches de protection du moteur sur le cyclique. De cette manière, si je saute dans l'appareil sans retirer ses amarres ET que je ne regarde pas à l'extérieur pour vérifier si les pales sont détachées, il y a toujours les bâches de protection du moteur sur le cyclique pour me rappeler que l'appareil est amarré. Si j'essaie tout de même de démarrer l'appareil, je disposerai au moins de la sangle cousue entre les bâches de protection du moteur pour m'étrangler après avoir détruit l'hélicoptère!

Quoi qu'il en soit, j'espère que vous pourrez apprendre de mon erreur ou, du moins, que ce récit vous divertira un peu. Je suis sûr que vous allez tous trouver quelque chose à en retirer!

CDW

Pilote professionnel d'hélicoptère (Totalisant maintenant 2 000 heures et volant toujours - heureusement)
Région du Pacifique

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