Éditorial — Collaboration spéciale


Selon les statistiques établies par le Bureau de la sécurité des transports (BST), le taux des accidents aériens au Canada diminue de façon constante. Plus précisément, une nette amélioration a été constatée en ce qui concerne le taux d'accidents liés au secteur du taxi aérien, amélioration qui résulte probablement de plusieurs initiatives favorisant l'amélioration de la culture de la sécurité au sein de notre milieu. Ces initiatives, notamment celle relative à la sécurité de l'exploitation d'un taxi aérien (SATOPS)1 lancée par Transports Canada en 1996, ont changé la façon dont les exploitants aériens et les organismes de maintenance agréés mènent leurs activités quotidiennes.

Bien que le dossier du Canada en matière de sécurité aérienne soit enviable, je ne peux m'empêcher de penser qu'il m'incombe une responsabilité particulière à l'égard du secteur de l'aviation de loisir. En effet, même si le nombre d'heures de vol effectuées dans ce secteur n'a cessé de diminuer au cours de la dernière décennie, les données du BST n'indiquent aucune tendance à la baisse quant au nombre d'accidents. Au Canada, plus du tiers de toutes les activités aériennes sont menées en Ontario, et près de 40 % de la flotte d'aéronefs de loisir se trouve dans cette province.

Dans son article publié l'an dernier2 dans Sécurité aérienne  —  Nouvelles (SA-N), l'auteur Adam Hunt suggère que : « ... si vous [le pilote] êtes rouillé, investissez judicieusement dans une vérification de vos compétences auprès d'un instructeur, et assurez-vous de voler régulièrement afin de maintenir vos compétences à jour. » Cette constatation s'est imposée à la suite d'un examen des réclamations d'assurance présentées dans le cadre du programme d'assurance aviation offert par la COPA. L'analyse a permis de constater que 33,9 % des accidents examinés étaient attribuables à des erreurs associées aux compétences et que 6,5 % de ces accidents s'étaient produits à la suite de mauvaises décisions. En outre, 10 % des accidents ayant fait l'objet d'un examen ont été causés par des pannes de moteur, ce qui pousse l'auteur à se demander si les propriétaires s'occupent de faire faire l'entretien de leurs avions en temps opportun. Selon moi, l'article de M. Hunt donne de judicieux conseils et soulève une question pertinente.

Comment pouvons-nous collaborer pour améliorer le bilan de sécurité? Les principes des systèmes de gestion de la sécurité pourraient-ils être propagés dans les aéroclubs et les associations, et même parmi les pilotes de loisir? Une initiative comme celle relative à la SATOPS obtiendrait-elle le même succès dans ce secteur? Quelles mesures le milieu de l'aviation de loisir peut-il prendre pour améliorer considérablement son rendement en matière de sécurité?

Manifestement, si nous voulons améliorer le bilan de sécurité du secteur de l'aviation de loisir en Ontario et partout au Canada, nous devons axer nos efforts sur certaines initiatives prioritaires. Nous devons créer un meilleur climat de collaboration entre l'organisme de réglementation et le secteur aéronautique. Nous ne pourrons améliorer la sécurité que si le milieu de l'aviation de loisir parvient à définir les enjeux et à trouver, de lui-même et en collaboration avec Transports Canada, des solutions.

En Ontario, j'ai eu l'occasion d'assister au cours des trois dernières années à des [traduction] séminaires mensuels sur la sécurité aérienne (Monthly Aviation Safety Seminars [MASS]). Ces réunions permettent aux membres de mon personnel régional de rencontrer régulièrement entre 150 et 200 pilotes et propriétaires d'aéronefs de la catégorie loisir pour discuter des défis à relever et partager des pratiques exemplaires. Dans chacun des centres régionaux de Transports Canada en Ontario, un inspecteur a été désigné comme personne-ressource; j'ai également nommé un de nos surintendants champion régional de l'aviation de loisir. La Région de l'Ontario a créé une adresse électronique consacrée tout particulièrement à ce milieu : RecAvOnt@tc.gc.ca. De nombreuses personnes ont déjà tiré avantage de cette ressource. Il ne s'agit là que de quelques exemples des moyens auxquels nous avons eu recours pour favoriser la participation du milieu de l'aviation de loisir.

Travaillons de concert. Parlez à un représentant du centre de Transports Canada dans votre localité ou soumettez vos suggestions directement au moyen du Système de signalement des questions de l'Aviation civile à l'adresse www.tc.gc.ca/SSQAC. Nous saurons tirer profit de vos suggestions, de vos commentaires et de vos préoccupations pour renforcer les liens de collaboration entre vous et l'Aviation civile de Transports Canada. Votre collaboration est essentielle à l'amélioration de la culture de la sécurité au sein de votre milieu!

Le directeur régional de l'Aviation civile
Région de l'Ontario

Michael R. Stephenson

1 SATOPS - http://www.tc.gc.ca/fra/aviationcivile/publications/tp13158-menu-2020.htm

2 SA-N - http://www.tc.gc.ca/fra/aviationcivile/publications/tp185-1-07-pre-vol-3009.htm#COPA

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