Éditorial — collaboration spéciale

Au nord du 60e parallèle

Kate FletcherChaque Région de l’Aviation civile possède son propre milieu et sa culture en aviation. Il en est ainsi pour la Région des Prairies et du Nord. Créée il y a presque 12 ans grâce à la fusion des anciennes Région de l’Ouest et Région du Centre, cette Région a été établie pour servir de point de contact unique relativement à la surveillance du transport effectuée par le ministère au Canada dans les Prairies et les Territoires du Nord. Puisque cette Région est la seule au Canada à avoir un contact régulier avec l’un des endroits les plus éloignés au pays, j’ai décidé de vous renseigner sur quelques faits et défis auxquels font face le milieu aéronautique et les organismes de réglementation dans le cadre des activités quotidiennes gérées au sein d’un environnement vaste et unique.

L’Arctique canadien porte plusieurs désignations. En inuktitut, arctique signifie « l’endroit où les personnes trouvent des choses » et Nunavut, « notre terre ». Dans la Région des Prairies et du Nord, nous préférons dire « au nord du 60e parallèle », ce qui fait référence à la frontière des Territoires du Nord (60e parallèle de latitude).
 
Depuis quelques années, l’intérêt pour l’Arctique canadien a atteint des niveaux sans précédent. Bien que l’Arctique représente presque 40 % de la superficie du Canada (3,8 M km²), sa population (100 000 habitants seulement) est inférieure à celle de plusieurs villes canadiennes. Cet intérêt découle de perspectives économiques, culturelles et géopolitiques. L’Arctique possède une nature sauvage splendide, des archipels uniques, une industrie de l’écotourisme prospère et une industrie des ressources florissante. Il est difficile de croire que dans l’Arctique, quatre mines de diamants produisent un tiers des diamants de qualité gemme de la plus haute qualité au monde, et que cinq autres mines sont en voie de construction. Les estimations récentes sur les réserves de pétrole et de gaz dans l’Arctique démontrent qu’elles équivalent presque à celles de tout le Moyen-Orient. Comment s’étonner que la souveraineté arctique, l’exploitation et le développement des ressources naturelles (or, diamants, pétrole et gaz) et la construction de l’oléoduc et du gazoduc du Mackenzie aient dominé notre paysage économique et médiatique au cours des dernières années. Mais quel rapport ont ces renseignements avec l’aviation civile?

évidemment, la croissance économique a considérablement augmenté le recours aux moyens de transport. Le transport aérien est devenu essentiel aux « nouvelles » activités menées au nord du 60e parallèle et a toujours fait partie de la vie des nordistes, car même aujourd’hui, peu de routes relient les collectivités de cette région; il s’agit encore du seul moyen d’avoir accès toute l’année à la plupart des collectivités et des mines. De nos jours, les nordistes voyagent dix fois plus par aéronef que le Canadien moyen. Il n’est pas surprenant que la Région des Prairies et du Nord ait constaté une croissance phénoménale des services aériens desservant le Nord. Il y a toujours eu une riche histoire de l’aviation au nord du 60e parallèle, et des histoires de pilotes légendaires et d’aéronefs de brousse font partie de notre patrimoine aéronautique. Toutefois, le ciel de l’Arctique n’est plus paisible et nous pouvons y apercevoir bien d’autres aéronefs que des Beavers, des Otters et des DC-3. Le milieu aéronautique actuel dans le Nord est vivant, moderne et dynamique. Le Nord a sa propre association de transport aérien (Northern Air Transport Association [NATA]), 48 aéroports certifiés et 73 aérodromes, dont 20 peuvent accueillir des 737. Saviez-vous qu’il y a deux aéroports internationaux au nord du 60e parallèle qui traitent des vols réguliers de passagers (vols directs) en provenance de l’Europe? Avec les nouvelles routes polaires et les installations internationales d’essais à température froide situées à Iqaluit, il n’est pas inhabituel de voir un A380, un B777, un B767 ou un B747 circuler sur les aires de trafic de certains aéroports ou un hélicoptère russe Mi-26 (le plus gros hélicoptère au monde) transporter ou construire des appareils de forage pour le pipeline du Mackenzie.

Le Nord compte 48 aéroports certifiés et 73 aérodromes, dont 20 peuvent accueillir des 737.

Le Nord compte 48 aéroports certifiés et 73 aérodromes,
dont 20 peuvent accueillir des 737.

En l’espace de six ans, le nombre d’exploitants régis par la sous-partie 705 du Règlement de l’aviation canadien dans la Région des Prairies et du Nord de l’Aviation civile est passé de six à dix-sept. Tous ces exploitants offrent un service desservant le nord et le sud; de plus, trois exploitants assurent des vols d’aéronefs munis de 100 sièges passagers ou plus 
(737-200, 300, 700) vers le Nord. Nous avons constaté des modernisations importantes des flottes d’aéronefs. Les évacuations médicales par Learjet sont maintenant possibles pour les nordistes grâce à un exploitant local basé à Cambridge Bay (T.N.-O.).

Les essais à température froide au nord du 60e parallèle sont communs pour les transporteurs aériens et les constructeurs d'aéronefs.

Les essais à température froide au nord du 60e parallèle
sont communs pour les transporteurs aériens
et les constructeurs d’aéronefs.

L’environnement arctique n’est pas propice à l’aviation : conditions météorologiques, opérations sur pistes en gravier, installations, distances, aéroports de dégagement, etc. Ces éléments représentent bien les défis à venir qui sont mentionnés dans notre plan stratégique énoncé dans Vol 2010 : programme du gouvernement, croissance, mondialisation, facteurs démographiques et gestion des risques.

Le nord du 60e parallèle constitue le champ d’expansion le plus excitant et le plus unique pour la Région des Prairies et du Nord de l’Aviation civile, et nous sommes fiers de contribuer à son avenir et à l’évolution de son réseau de transport aérien.

La directrice régionale, Aviation civile
Région des Prairies et du Nord
Kate Fletcher

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