À la lettre

À LA LETTRE

Changer la géométrie d’une trajectoire de collision potentielle

J’ai lu l’excellent article de Dave Loveman, Comment prévenir les abordages en vol, publié dans le numéro 1/2010 de Sécurité aérienneNouvelles, et j’aimerais ajouter quelques renseignements que j’ai glanés en tant que pilote d’avion intercepteur pour l’Aviation royale du Canada. Ceux et celles parmi vous qui utilisent régulièrement des aéronefs munis de pilotes automatiques couplés à un GPS, lisez ce qui suit!

Ce qui caractérise une trajectoire de collision, c’est que l’angle entre les aéronefs sur le point d’entrer en collision demeure constant et qu’il n’y a AUCUN mouvement relatif qui attire votre attention. Un aéronef qui s’approche et que de votre fenêtre, vous voyez dériver vers le haut, le bas, la gauche ou la droite sera bien plus facile à remarquer, et il est peu probable qu’une collision se produise! Le danger que présente une trajectoire de collision réelle est qu’elle est très difficile à détecter, car le point que vous voyez de votre fenêtre est « figé » et ne fait que s’agrandir jusqu’à ce que vous le heurtiez! Le même phénomène se produit également dans le poste de pilotage de l’autre aéronef.

Ce que j’essaie de faire, surtout en vol-voyage, c’est d’éviter de maintenir un cap pour plus de quelques minutes. Je le modifie vers la gauche ou vers la droite pour un moment, avant de revenir au cap initial. Cela me rassure de croire que j’ai changé la géométrie d’une trajectoire de collision potentielle. Il est vrai qu’en « zigzaguant », j’ai pu créer une trajectoire de collision, mais j’espère tout de même que mon vol irrégulier aura attiré l’attention des autres pilotes.

Constatez par vous-même ce phénomène la prochaine fois que vous voyagez comme passager à bord d’un véhicule lors d’une promenade en pleine campagne. Placez un doigt devant vous de façon à ne pas voir une voiture venant en sens inverse, et observez le changement de l’angle…

George Porayko
St. Andrews (Man.)

Stress lié au test en vol

Je suis pilote professionnel depuis plusieurs années et j’ai accumulé des milliers d’heures de vol dans les secteurs militaire et commercial. Au cours de ma carrière, j’ai dû, comme tous mes collègues, subir les nombreux examens écrits et tests en vol. Ceux-ci sont requis non seulement pour détenir les différentes licences et qualifications reliées au pilotage professionnel, mais aussi pour permettre de piloter tout type d’aéronef privé.

Mes conversations avec d’autres pilotes et collègues de travail m’ont convaincu que très peu de personnes aiment subir les tests en vol. Pendant ces tests, nos habiletés et nos connaissances sont scrutées de près. Même dans les circonstances les plus favorables, certains d’entre nous avons de la difficulté à nous détendre et à démontrer nos connaissances et compétences en raison du stress ressenti. Heureusement, la plupart des pilotes-examinateurs sont justes et vous mettent à l’aise. D’autres, par contre, sont intimidants, ou vous font sentir qu’il est de leur devoir de vous prendre en défaut, ce qui peut être déconcertant pour quelqu’un qui se sent prêt à effectuer le test en vol, mais qui est nerveux.

Je respecte le rôle et l’importance des pilotes-examinateurs, et je les encourage à mettre les candidats à l’aise avant et pendant le vol.

Derek Brown
Moose Jaw (Sask.)

NDLR : Nous vous remercions pour vos commentaires. Le pilote-examinateur doit s’assurer que les titulaires d’une licence de pilote sont compétents et peuvent exercer les avantages de leur licence. La politique de Transports Canada, dans le cadre du Programme de pilote-examinateur, stipule que les examinateurs doivent s’efforcer de ne pas intimider les candidats. Le Manuel du pilote-examinateur actuel énonce la politique suivante :

« Les pilotes-examinateurs sont des professionnels dont on peut exiger qu’ils soient ponctuels, organisés et sérieux dans la conduite de leurs tests en vol. Ils doivent être polis et courtois envers les candidats. »

Date de modification :