Sécurité aérienne - Nouvelles 4/2003

Sécurité du système

L'entrevue des SA - N avec Brian Stewart, coordonnateur/ instructeur de vol en chef, Sault College

par Mike Treskin, spécialiste de la Sécurité du système, Sécurité du système, Région de l'Ontario

Brian Stewart

SA - N : Pouvez-vous décrire l'école et son programme? Par exemple, la durée du cours, le nombre d'instructeurs, etc.

B. Stewart : Le Sault College est un collège communautaire situé à Sault Ste. Marie (Ontario). Il offre toute une gamme de programmes en plus de celui de technologie aéronautique (pilotage), dont les programmes de soins infirmiers et de sciences forestières. Le programme aéronautique s'étend sur trois ans (7 semestres). Nous disposons de 14 instructeurs, dont certains partagent également les fonctions d'enseignement en classe. Les étudiants obtiennent un diplôme avec une licence de pilote professionnel avec qualifications multimoteurs et vol aux instruments.

SA - N : Quel est votre titre officiel au Collège? Combien d'aéronefs exploitez-vous et de quels types?

B. Stewart : Je suis le coordonnateur/instructeur de vol en chef (IVC). Nous exploitons neuf avions Zlin 242 monomoteurs et deux avions Piper Seminole multimoteurs. De plus, nous avons deux dispositifs d'entraînement de vol (DEV) Mechtronix de niveau 2 et deux DEV Elite de niveau 2.

SA - N : En moyenne, combien d'étudiants obtiennent un diplôme chaque année?

B. Stewart : L'effectif de la promotion était d'environ 35 étudiants ces dernières années et je m'attends à ce que 36 étudiants obtiennent un diplôme l'an prochain.

SA - N : Comment sensibilisez-vous vos étudiants à la sécurité au sein du programme aéronautique?

B. Stewart : On informe les étudiants au sujet du programme : on leur présente l'agent de sécurité, on leur explique pourquoi la sécurité est importante au Sault College, on leur parle du système de compte rendu des incidents/événements de nature non punitive, du babillard sur la sécurité, du comité de sécurité, du plan d'intervention en cas d'urgence et de la vérification annuelle de sécurité. Certains de ces renseignements se trouvent dans le manuel de formation en pilotage et dans le manuel de formation et ils figureront dans nos procédures d'utilisation normalisées (SOP) d'ici le mois de septembre.

SA - N : Pouvez-vous étoffer sur le comité de sécurité? Les étudiants sont-ils membres de ce comité?

B. Stewart : Le comité de sécurité se réunit environ aux deux mois. Il est composé de deux étudiants de chaque année d'études, du gestionnaire de la maintenance, du recteur, de l'agent de sécurité et de l'instructeur de vol en chef.

SA - N : Est-ce que le programme aéronautique offre un cours officiel de gestion de la sécurité?

B. Stewart : Oui, nous offrons un cours intitulé « La sécurité et les facteurs humains », qui comprend une présentation annuelle de Transports Canada (TC) portant sur la gestion de la sécurité des vols. De plus, nous offrons deux autres cours qui traitent des facteurs humains et qui suggèrent fortement l'importance de la sécurité en aviation : « Physiologie du vol élémentaire » et « Les facteurs humains en vol ».

SA - N :À quel moment donne-t-on aux étudiants la présentation de TC sur la gestion de la sécurité des vols?

B. Stewart : Au cours du 7e semestre (l'année de graduation).

SA - N : Que pensez-vous de la présentation de TC sur la gestion de la sécurité des vols? Aide-t-elle à cerner les questions de sécurité en vol?

B. Stewart : Je pense que la présentation de TC est excellente. Elle permet d'établir des liens entre les trois cours sur les facteurs humains et elle comprend en plus un exposé sur la question de la prise de décision du pilote. Il s'agit d'une occasion parfaite pour la Sécurité du système de TC d'aider le milieu aéronautique à ouvrir la voie aux futurs aviateurs qui deviendront un jour gestionnaires et exploitants au sein de ce milieu.

SA - N : Quel est le rôle des étudiants dans le programme de sécurité?

B. Stewart : Les étudiants sont les pilotes de ligne de notre programme de sécurité, c'est-à-dire qu'ils doivent suivre les règles d'exploitation du programme, ce qui comprend le signalement de tout danger, incident, événement ou accident. Leur participation est essentielle au bon fonctionnement du programme.

SA - N : Pensez-vous que le programme de sécurité actuel du collège suit les principes du récent Système de gestion de la sécurité (SGS)? Prévoyez-vous adapter ce programme?

B. Stewart : D'après ce que j'ai compris de la présentation sur la gestion de la sécurité et d'après mes lectures sur la réglementation proposée sur le SGS, il ne nous manque probablement que quelques éléments et certains points nécessiteraient sans doute des modifications mineures. Nous prévoyons incorporer tous les éléments de la réglementation proposée sur le SGS dans notre propre programme de gestion de la sécurité d'ici l'automne 2003.

SA - N : Qui gère le programme de sécurité?

B. Stewart : L'agent de sécurité, Earl Turner.

SA - N : êtes-vous satisfait du niveau de sensibilisation à la sécurité qui est atteint au moment de la remise des diplômes ou croyez-vous que le collège n'a fait qu'effleurer la surface en matière de sécurité lorsque l'étudiant est prêt à se lancer sur le marché du travail?

B. Stewart : Je crois que le niveau de sensibilisation est assez élevé. Cependant, il y a quelques incohérences au niveau des communications tout au long du séjour des étudiants. Notre bulletin d'information interne en matière de sécurité n'est pas produit régulièrement et les gens sont mal informés sur notre façon de gérer les incidents et les accidents. J'aimerais aussi étoffer davantage sur certains éléments des facteurs humains, comme la connaissance de la situation et ce que nous appelons la « gestion des menaces et des erreurs ».

SA - N : De quel type de système de compte rendu disposez-vous sur la ligne de vol réelle?

B. Stewart : Nous avons un système anonyme non punitif de compte rendu des événements ou incidents. Une boîte de dépôt située à l'écart permet aux informateurs de garder l'anonymat s'ils le désirent.

SA - N : Comment donnez-vous de la rétroaction aux informateurs anonymes?

B. Stewart : La rétroaction est donnée par le procès-verbal des réunions sur la sécurité, par des changements de politique au besoin ou par le bulletin d'information en matière de sécurité. Le comité de sécurité gère les comptes rendus. Les résultats et les recommandations sont consignés dans le procès-verbal de la réunion et sont affichés sur le babillard.

SA - N : Comment fonctionne le système non punitif de compte rendu? à quelle fréquence est-il utilisé?

B. Stewart : Ce n'est pas facile puisque les étudiants pensent qu'ils seront ciblés s'ils se prononcent. Notre plus grand défi est de changer cette mentalité. Nous sommes chanceux lorsque nous recevons une poignée de comptes rendus d'incidents, de dangers ou d'événements par année.

SA - N : êtes-vous satisfait de ce système de compte rendu?

B. Stewart : Je suis content que nous ayons un système, mais je ne suis pas satisfait du fait que de nombreux étudiants croient qu'ils seront la cible de mesures punitives s'ils s'avancent pour signaler des problèmes de sécurité ou des incidents. Les étudiants ont l'impression qu'ils seront inscrits sur la liste noire s'ils signalent un problème de sécurité. Je le répète, notre plus grand défi est de changer cette mentalité.

SA - N : Comment voyez-vous le futur par rapport à la gestion de la sécurité et au programme de technologie aéronautique au Sault College?

B. Stewart : Dans une industrie comme la nôtre où les erreurs et les omissions sont aussi coûteuses, je ne pense pas que l'un puisse exister sans l'autre.

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