Sécurité aérienne - Nouvelles 4/2004

Sécurité du système

À la lettre — Quasi-collision à un aéroport non contrôlé

Monsieur le rédacteur,

Je vous écris concernant un incident qui est survenu quelques semaines après mon test en vol — licence de pilote professionnel, en espérant que mon récit aidera à empêcher des situations semblables de se reproduire. Un pilote privé titulaire depuis peu de sa licence m'avait demandé de l'accompagner lors d'un vol-voyage de Langley (C.-B.) à Powell River (C.-B.) Fraîchement formé, le pilote a effectué un vol presque parfait et il s'est bien occupé des communications radio. Nous avons syntonisé la fréquence de trafic d'aérodrome de Powell River dès que le contrôle terminal nous a autorisés à quitter sa fréquence. Il n'y avait aucun appareil sur cette fréquence de trafic. Nous avons transmis le message requis 5 minutes avant d'entrer dans la zone, nous avons effectué une approche indirecte à la verticale, à 500 pi au-dessus du circuit, pour vérifier le vent, puis nous sommes descendus face au vent pour rejoindre le circuit à mi-terrain, en vent arrière, tout en effectuant les appels radio appropriés, conformément à la section RAC 4.5 de l'A.I.P. Canada (AIP).

Nous virions en finale lorsque nous avons reçu une communication radio en provenance d'un hélicoptère signalant qu'il se trouvait à 1 mille au nord-est, en approche directe de l'aéroport, ce qui faisait que, par rapport à nous, il se trouvait à deux heures face au vent, à une altitude inconnue. Ce fut la seule communication que nous avons entendue en provenance de cet hélicoptère au cours de nos 15 minutes de veille de cette fréquence. Comme nous ne l'avions pas repéré, j'ai décidé d'effectuer une communication radio de plus pour lui signaler notre position et l'informer que nous ne le voyions pas. Nous n'avons pas reçu de réponse. J'ai frénétiquement parcouru le ciel des yeux et, alors que nous nous trouvions à quelque 200 pieds en finale, je l'ai repéré. Il se trouvait à notre droite, en approche directe oblique, à quelque 30° de l'axe de la piste. Il évoluait presque à la même altitude que nous, rasant la cime des arbres, et nous étions sur le point d'entrer en collision. Pour l'éviter, nous avons dû effectuer un virage anticollision dangereux. À cause de cette manoeuvre d'évitement à une vitesse et à une altitude déjà faibles, nous avons failli décrocher au-dessus des arbres, le long de la trajectoire d'approche. Nous sommes sortis de cette manoeuvre très déconcertante, nous avons effectué un autre circuit et nous avons atterri en toute sécurité.

Par la suite, le pilote de l'hélicoptère est venu vers nous et s'est excusé d'avoir failli provoquer une collision. Il nous a dit que pendant toute la durée de son approche, il ne nous avait pas vus du tout et qu'il n'avait pas porté attention à la radio. Je lui demandé si les pilotes d'hélicoptère étaient tenus de suivre les procédures normales en vigueur aux aéroports non contrôlés. Il m'a répondu qu'ils étaient censés les suivre, mais que lui ne les suivait que s'il y avait du trafic. Je lui ai suggéré de lire l'AIP et d'étudier les procédures en vigueur aux aéroports non contrôlés. S'il avait suivi les procédures appropriées, cette situation ne serait jamais survenue. Nous nous serions vus beaucoup plus tôt et nous aurions communiqué pour résoudre tous les conflits.

Ce qui m'a sidéré à propos de cette situation, c'est que ce pilote d'hélicoptère a décidé de ne pas suivre les règles et règlements figurant dans l'AIP et dans le Règlement de l'aviation canadien (RAC) simplement pour épargner quelques dollars en carburant. Ce dont il ne s'est pas rendu compte, c'est que son comportement menaçait la sécurité de nos deux appareils et de tous leurs occupants. Cette réglementation a été établie pour normaliser les procédures d'arrivée et de départ aux aéroports non contrôlés, afin de faciliter le maintien de l'espacement et le repérage du trafic. Si nous devions tous, de quelque façon, rejoindre le circuit sans communiquer nos intentions, ce serait le chaos.

Le vol à des aéroports contrôlés avec le luxe que procure l'ATC nous fait simplement oublier les compétences requises aux aéroports non contrôlés. J'ai même volé avec des instructeurs qui ne connaissaient pas très bien les procédures en vigueur aux aéroports non contrôlés. Nous devons tous prendre le temps d'étudier et de passer en revue régulièrement les procédures figurant dans l'AIP, dans le RAC et dans le Supplément de vol Canada (SVC), et nous devons les suivre. Une formation périodique personnelle et disciplinée favorise l'élimination de situations comme celle de notre quasi-collision, près de Powell River.

Jason Wannamaker
Calgary (Alberta)

NDLR : Cher Jason,

Malheureusement, votre incident est l'un des nombreux qui surviennent régulièrement près de nos aéroports non contrôlés. Le principe en vertu duquel « le ciel est grand et les aéronefs sont petits » a sauvé la vie de nombreux pilote — mais d'autres n'ont pas eu cette chance. De nombreuses quasi-collisions et de nombreux quasi-accidents ne sont jamais signalés. J'espère que votre contribution nous rappellera à tous une fois de plus l'importance de bien connaître nos procédures et de les appliquer dans tous les cas.

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