Sécurité aérienne - Nouvelles 4/2004

Sécurité du système

Gestion des risques d'abordage dans un espace aérien de classe « G » au Canada

par Don Henderson, Gestionnaire, Niveaux de service et études aéronautiques, NAV CANADA

Au cours d'une récente consultation et d'autres réunions auxquelles ont participé NAV CANADA ainsi que différents transporteurs aériens et pilotes, les intervenants ont fait part de leurs préoccupations concernant les pratiques d'exploitation dans l'espace aérien de classe G — en particulier près des aéroports à circulation intense. Ces préoccupations s'articulent autour des sujets suivants : les hypothèses des pilotes concernant les services fournis par le contrôle de la circulation aérienne; la vigilance des pilotes; l'utilisation de routes VFR, de routes de transit et de points de compte rendu connexes; enfin, les pratiques de communication.

Fonctionnement du système

La gestion des risques d'abordage entre aéronefs est l'un des principaux buts du système de gestion de la circulation aérienne. Elle ne peut s'accomplir qu'à l'intérieur du cadre d'un « système complet » où les règles de conduite de l'utilisateur sont harmonisées avec la fourniture des services. Il est essentiel de comprendre comment chaque élément contribue à la sécurité du système dans son ensemble pour réduire efficacement les risques d'abordage.

Risques et moyens de protection

Il existe trois techniques fondamentales que l'on peut utiliser pour gérer le risque d'abordage. La première consiste à aménager l'espace aérien et à diriger les opérations aériennes de façon à éliminer toute possibilité de conflit ou tout risque d'abordage. Pour ce faire, on peut par exemple demander de voler le long de trajectoires non sécantes ou réserver un volume d'espace aérien à l'usage exclusif d'un utilisateur.

Une deuxième technique consiste à modifier les trajectoires de vol de façon à résoudre les conflits et à éviter les abordages. À titre d'exemple, mentionnons notamment les renseignements que fournit l'ATC aux pilotes qui sont « sous guidage radar ».

Enfin, les « règles de l'air » s'appliquent aux pilotes, et le respect de ces règles assure un moyen de protection éprouvé contre les risques d'abordage.

En pratique, on ne gère habituellement pas les risques d'abordage par l'application d'une technique ou d'une autre, mais plutôt grâce à des pratiques et procédures combinant dans une certaine mesure ces trois techniques. Ainsi, les classes d'espace aérien, la fourniture de services par l'ATC, le radar ou d'autres moyens de surveillance ou de comptes rendus de position, les communications et la réglementation (règles de l'air) sont utilisés conjointement pour créer un système d'exploitation.

De plus, les procédures d'arrivée et de départ, les routes ainsi que les voies aériennes sont conçues de façon à favoriser davantage un environnement d'exploitation sécuritaire et efficace. Ce système peut posséder différentes configurations et différents composants, selon le volume et la complexité de la circulation. Dans le cas d'un espace aérien contrôlé, on peut s'attendre à ce que ces moyens de protection fonctionnent d'une manière prévisible.

Espace aérien de classe G

Dans le cas d'un espace aérien non contrôlé (de classe G), c'est différent. Même si les routes VFR, les routes de transit, les points de compte rendu et les pratiques recommandées peuvent être présents, ils ne reposent pas entièrement sur la réglementation et dépendent de la compréhension qu'ont les pilotes du système ainsi que de leur bon comportement — que l'on appelle discipline aéronautique.

Si les pilotes utilisent le système de la façon prévue, ils pourront réduire les risques et augmenter l'efficacité de leurs opérations. Mais s'ils suivent des procédures « de circonstance », s'ils décident de procéder comme ils l'ont toujours fait ou s'ils trouvent qu'il est plus rapide de procéder comme ils le font et que, de toute façon, ils n'ont pas à faire autrement, il se peut que des conséquences néfastes imprévues en découlent.

Dans l'espace aérien de classe G, les pilotes sont les seuls responsables de l'espacement entre les aéronefs. Pour éviter les conflits, il faut que les pilotes communiquent les uns avec les autres sur les fréquences appropriées, qu'ils annoncent leurs intentions et qu'ils planifient leurs vols en conséquence.

S'il existe des pratiques recommandées particulières pour une région, comme des routes VFR, des voies de transit, des points de compte rendu ou une ATF, les pilotes doivent s'y conformer volontairement afin de garantir que le système fonctionne comme prévu et qu'il existe un niveau de sécurité acceptable.

Dans certains cas, l'ATC ou les spécialistes de l'information de vol peuvent fournir des renseignements additionnels, notamment des renseignements sur la circulation, si leur charge de travail le leur permet, ce qui n'implique aucunement que des espacements sont fournis aux pilotes ou que les vols de ces derniers sont contrôlés d'une quelconque façon. Les pilotes demeurent entièrement responsables du pilotage de leurs aéronefs.

Routes VFR

On publie souvent des routes VFR ou des voies de transit pour réduire les risques d'abordage dans les corridors VFR à circulation intense ainsi que pour aider l'ATC à accélérer les arrivées et les départs aux aéroports.

Les routes VFR sont fournies à titre indicatif, ce qui veut dire qu'elles ne sont pas obligatoires, mais que, en les suivant, on réduit les risques de conflits.

Voir et éviter

Les pilotes sont censés suivre les règles en volant aux altitudes appropriées, en communiquant au besoin et en se conformant aux pratiques recommandées afin de réduire les probabilités de conflit. Le concept « voir et éviter » joue toujours un rôle clé et nécessite la vigilance des pilotes — en particulier dans les zones de circulation intense.

Dans le futur, la technologie permettra aux pilotes d'obtenir dans le poste de pilotage une image de la circulation capable de réduire les risques d'abordage. Malgré tout, rien ne remplacera une bonne vigilance.

Système de classification de l'espace aérien

Le système de classification de l'espace aérien définit les services de la circulation aérienne fournis ainsi que les responsabilités des pilotes.

Les classes pertinentes à la fourniture des divers services de contrôle de la circulation aérienne sont les suivantes :

Classe A : Seuls les vols IFR sont autorisés; tous les vols reçoivent des services de contrôle de la circulation aérienne et sont espacés les uns des autres.

Classe B : Les vols IFR et VFR sont autorisés; tous les vols reçoivent des services de contrôle de la circulation aérienne et sont espacés les uns des autres.

Classe C : Les vols IFR et VFR sont autorisés; tous les vols reçoivent des services de contrôle de la circulation aérienne et les vols IFR sont espacés les uns des autres, en plus de disposer d'un service de résolution de conflit avec les vols VFR. Les vols VFR disposent d'un service de résolution de conflit avec les vols IFR et ils reçoivent des renseignements sur la circulation concernant les autres vols VFR. Un service de résolution de conflit entre les vols VFR est disponible sur demande, si l'équipement et la charge de travail le permettent.

Classe D : Les vols IFR et VFR sont autorisés; tous les vols reçoivent des services de contrôle de la circulation aérienne et les vols IFR sont espacés les uns des autres, en plus de recevoir des renseignements sur la circulation concernant les vols VFR. Les vols VFR reçoivent des renseignements concernant tous les autres vols. Un service de résolution de conflit entre les vols VFR est disponible sur demande, si l'équipement et la charge de travail le permettent.

Classe E : Les vols IFR et VFR sont autorisés; tous les vols IFR reçoivent des services de contrôle de la circulation aérienne, en plus d'être espacés les uns des autres. Dans la mesure du possible, tous les vols reçoivent des renseignements sur la circulation.

Classes G/F : Tout autre espace aérien est soit de classe G, espace aérien non contrôlé, soit de classe F, espace aérien à statut spécial.

En conclusion, si vous êtes pilote et que vous volez dans un espace aérien de classe G, la responsabilité en matière d'évitement des abordages vous incombe entièrement — autrement dit, vous avez le contrôle!

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