Sécurité aérienne - Nouvelles 4/2004

Sécurité du système

Un ciel à partager : attention aux impacts d'oiseaux

Attention aux impacts d'oiseauxLes risques de collision entre les aéronefs et les oiseaux de toutes espèces sont très fréquents. Au cours des cinq dernières années seulement, on a rapporté un total de 1975 collisions aviaires, soit un peu plus d'une par jour. Bien entendu, il est probable qu'un très grands nombres d'événements de la sorte n'ont été signalés ni par le propriétaire de l'aéronef ni par le pilote. Le résultat d'une telle collision est généralement mortel pour l'oiseau et souvent très dangereux pour la sécurité du vol. Il n'y a qu'à penser à ce qu'un petit caillou ( ½ oz 14 g) peut faire au pare-brise en verre trempé d'une automobile lors d'une collision à 100 km à l'heure, pour réaliser qu'une collision avec un petit canard ou une mouette peut endommager un avion au point de compromettre sa capacité à poursuivre le vol et à mettre en danger la vie de ses occupants.

En 1983, le propriétaire d'un aéronef volait à une altitude d'environ 500 pi lorsqu'il a rencontré une volée de bernaches du Canada et a dû faire demi-tour vers sa base d'attache. L'impact, absorbé par l'hélice, a provoqué l'arrachement du moteur dont le support était boulonné au longeron principal qui s'est rompu. Par chance, le petit ultra-léger bimoteur en question était équipé d'un parachute d'urgence qui a permis de faire descendre le pilote et son appareil en toute sécurité jusqu'au sol. Subséquemment, le pilote en question est devenu le rédacteur en chef d'un bulletin d'information canadien sur les ultra-légers. Plus récemment, soit le 25 mai 2004, un Fairchild SA-227AC Metro franchissait 9 500 pieds en montée après avoir décollé de La Ronge (Alberta), lorsque son appareil a heurté deux bernaches du Canada. Le stabilisateur a été légèrement endommagé, mais le vol a néanmoins pu se poursuivre sans encombre jusqu'à destination. Cet incident aurait pu avoir des conséquences catastrophiques si les oiseaux avaient heurté le pare-brise plutôt que l'empennage. En effet, le poids d'une bernache est très supérieur à celui des oiseaux utilisés pour établir la norme de résistance à l'impact des pare-brise.

Le Canada abrite un nombre étonnant d'oiseaux et ces derniers constituent un péril constant pour l'aviation que l'on ne peut se permettre d'ignorer. Les oiseaux se concentrent dans les zones où ils peuvent trouver un abri sûr, de la nourriture, ainsi que des endroits où ils peuvent se reproduire et rendre leur progéniture à maturité. Les oiseaux aquatiques vivent le long des rivières et des lacs. Les pélicans et les mouettes, par exemple, préfèrent les cités, villes et villages situés à proximité d'une grande voie navigable, d'un lac, d'une mer ou d'un océan, où ils peuvent trouver facilement de la nourriture sur les berges, ou des restants de table et autres détritus déversés au dépotoir local par les habitants de l'endroit. Les oiseaux affectionnent particulièrement les environs de l'aéroport local où ils peuvent construire des nids sans être inquiétés par leurs prédateurs naturels. Les migrations printanières et automnales représentent un danger particulier pour les pilotes, mais ces derniers peuvent atténuer le risque en tenant compte dans leur planification de vol des diverses routes migratoires empruntées par les oiseaux selon la période de l'année. On peut rencontrer certains types d'oiseau à des altitudes aussi élevées que 20 000 pi.

Le pire scénario pour un pilote est de rencontrer une volée de canards ou de mouettes peu après le décollage, à basse altitude et pendant la montée. L'aéronef a alors une faible vitesse de translation, son angle d'attaque est élevé, et toute panne moteur ou des gouvernes survient à un moment où le pilote a déjà besoin de toute sa concentration et où la marge d'erreur est minime. Une collision aviaire est définie comme étant tout contact entre un aéronef en mouvement et un oiseau. L'article 6(1) du Règlement sur le Bureau de la sécurité des transports exige que toute collision avec un obstacle soit signalée dès que possible aux autorités afin que les renseignements puissent être compilés et analysés, et que des programmes puissent être mis au point dans le but de diminuer le risque que ces collisions constitue pour la sécurité aérienne. Les statistiques relatives aux impacts d'oiseaux au Canada tendent à démontrer que la plupart des collisions aviaires se produisent en proportion presque égale pendant les phases de décollage ou d'atterrissage du vol, soit 39 % et 41 % respectivement. On a déjà observé certains oiseaux de proie attaquer directement des aéronefs, mais la plupart des oiseaux sont généralement effrayés par l'arrivée d'un appareil et ils tentent de s'enfuir pour éviter la collision. Pendant la saison migratoire, on a également vu des volées de bernaches suivre un ultra-léger volant à basse altitude. Il faut donc toujours se méfier de la présence possible de ces volatiles, surtout pendant le décollage et l'approche à l'atterrissage, et chaque fois que l'on vole à basse altitude ou pendant les périodes de migration. Soyez toujours en éveil et rappelez vous que vous n'êtes pas seuls là-haut.

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