Éditorial — collaboration spéciale

Conseil régional sur la sécurité en aviation, Région de l'Atlantique

Arthur W. Allan

Le 23 février 1909, le premier avion motorisé du Canada a survolé la surface gelée du lac Bras d’Or à Baddeck (N.-É.). J.A. Douglas McCurdy, originaire de Baddeck, a alors piloté le Silver Dart à une altitude « vertigineuse » de 9 m pendant presque un kilomètre à une vitesse approximative de 65km/h.

Cet événement a eu lieu grâce au rêve d’Alexander Graham Bell de réaliser un vol motorisé au Canada. Pour ce faire, il a formé une équipe d’experts qui partageaient sa passion pour l’aviation et qui possédaient les compétences et les connaissances requises pour concrétiser sa vision. Ensemble, ils ont démontré ce qu’il est possible d’accomplir lorsque des personnes provenant de diverses disciplines unissent leurs efforts pour résoudre des problèmes complexes. En février 2009, lors du rassemblement à Baddeck et dans le cadre des événements liés à la reconstitution de ce premier vol, des personnes présentes m’ont fait part de leurs réflexions sur les progrès réalisés au cours des 100 dernières années ainsi que sur les occasions et les défis qui se présenteront.

En raison de la complexité croissante du milieu de l’aviation, des progrès technologiques, de la conception des avions, des milieux opérationnels variés, de l’accroissement de la circulation aérienne et de la circulation mixte complexe, Transports Canada (TC) et les membres du secteur de l’aviation doivent continuer à travailler ensemble pour cerner les problèmes ayant une incidence sur la sécurité aérienne, et en discuter. Une telle approche est essentielle pour maintenir et améliorer le niveau élevé de sécurité aérienne au Canada.

Le Conseil régional sur la sécurité en aviation (CRSA) de la Région de l’Atlantique permet aux membres du milieu de l’aviation de se réunir deux fois par année afin de cerner les problèmes qui risquent d’avoir une incidence sur la sécurité aérienne, d’en discuter et d’y remédier. Environ 70 représentants de tous les secteurs de l’aviation participent à la réunion de ce Conseil, notamment des exploitants aériens, des organismes de maintenance, des exploitants d’aéroport, des membres de la Force aérienne du Canada, des représentants d’associations du milieu, de syndicats, de NAV CANADA et de TC. L’Association canadienne de l’aviation d’affaires (ACAA) tient habituellement sa réunion pour la section de la Région de l’Atlantique la veille en soirée pour permettre aux membres de participer aux deux événements. NAV CANADA organise un forum sur le service à la clientèle au même endroit le jour suivant, ce qui permet également aux participants de faire d’une pierre deux coups.

Le CRSA existe depuis des années. Il est récemment devenu la principale tribune régionale qui permet au milieu de travailler ensemble afin de résoudre les problèmes. Les membres proposent des sujets d’exposés et des points à mettre à l’ordre du jour aux fins de discussion. Les points à l’ordre du jour font l’objet d’une discussion ouverte et des suggestions pour résoudre les problèmes sont souvent proposées et, dans bien des cas, acceptées. Si des renseignements ou des analyses supplémentaires sont nécessaires à l’égard de certaines propositions, les participants du milieu de l’aviation, les représentants de NAV CANADA ou de TC, suivant le cas, voient à les obtenir et à les soumettre à la réunion semestrielle suivante. La participation de la Force aérienne du Canada a sensibilisé davantage les exploitants civils et militaires à leur présence respective dans la Région.

Au cours des dernières années, les discussions entamées dans le cadre du CRSA ont donné lieu à la mise sur pied de plus petits groupes de travail et de comités indépendants du CRSA, qui se concentrent sur des problèmes particuliers. La collaboration entre des entreprises exploitant l’aéroport de Deer Lake (T.-N.-L) est un exemple récent de réussite à cet égard. Leurs préoccupations initiales concernaient la congestion résultant du trafic IFR, à certains moments de la journée, aux aéroports non contrôlés dans un environnement non radar. Un groupe de travail composé d’exploitants aériens et de NAV CANADA a été formé, lequel a permis aux exploitants aériens de discuter des problèmes et de s’entendre sur des solutions. À la suite des discussions et avec l’accord des exploitants concernés, NAV CANADA a lancé un projet pilote sur une base volontaire qui comprend des autorisations pré-départ pour les entreprises participantes. Le projet s’est avéré un succès, et le système d’autorisations pré-départ est maintenant en place à l’aéroport de Deer Lake.

Un autre point semblable à l’ordre du jour concernait le volume de trafic et le trafic mixte à l’aéroport de Fredericton (N.-B.), tous les deux attribuables en grande partie à l’augmentation considérable des activités liées à l’entraînement en vol. Un comité, constitué d’exploitants, de représentants de NAV CANADA et de l’administration aéroportuaire, a donc été formé et se réunit tous les mois pour traiter de cette question. Les discussions ont donné lieu à plusieurs initiatives positives pour aider à gérer l’augmentation du trafic à court terme et à maintenir un environnement d’exploitation sécuritaire.

Les problèmes cernés par le CRSA ne peuvent pas tous être réglés facilement, mais la prise de conscience résultant des discussions ouvertes ne peut que contribuer au succès du processus. Il est important de préciser que même si TC agit à titre d’animateur lors de la réunion du CRSA, les problèmes et les points à l’ordre du jour sont soumis par les participants. La résolution de plusieurs de ces problèmes dépend de la participation du milieu dans la recherche de solutions réalisables.

En mai, un membre du milieu aéronautique provenant d’une autre région du pays a participé à la réunion de notre CRSA. Il nous a, par la suite, envoyé le courriel suivant que je tiens à partager avec vous : [traduction] « Je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de prendre part à la réunion du Conseil régional sur la sécurité en aviation de la Région de l’Atlantique. J’ai été surtout impressionné par le sentiment d’appartenance qui caractérise le groupe et par le fait que tous les participants acceptent les divers types d’exploitation dans la Région. Chaque groupe ou chaque exposé présentait des éléments d’intérêt pour tous ceux présents. » Ce sont des commentaires comme celui-ci qui nous rappelle l’importance de nos efforts de collaboration. Les membres participant au CRSA devraient être fiers de leur contribution à la sécurité aérienne au Canada.

Toutefois, même si le CRSA est utilisé dans notre Région comme une tribune utile pour entamer des discussions sur divers problèmes, il existe d’autres options. Lorsque vous décelez des problèmes qui ont une incidence sur vos activités, que ce soit au moyen de votre système de gestion de la sécurité (SGS) ou autrement, je vous encourage à communiquer avec d’autres membres du milieu (concurrents ou partenaires) qui pourraient vous aider à résoudre ces problèmes.

Selon notre expérience, wwten collaborant ensemble, les membres du secteur de l’aviation peuvent surmonter les problèmes (ils réussissent d’ailleurs à le faire), en proposant des solutions ou des mesures d’atténuation qui leur conviennent, et ce, tout en contribuant à la sécurité aérienne au Canada.

Le directeur régional, Aviation civile
Région de l’Atlantique
Arthur W. Allan


Accord sur la sécurité de l’aviation civile
entre le Canada et l’Union européenne

Au Sommet Canada-Union européenne tenu à Prague, en République tchèque, le 6 mai 2009, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont signé l’Accord sur la sécurité de l’aviation civile entre le Canada et l’Union européenne. En vertu de ce nouvel accord, l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) reconnaîtra la certification des produits et services aéronautiques canadiens, ce qui permettra au milieu aéronautique canadien d’être plus compétitif sur le marché européen. La sécurité de l’aviation civile sera également améliorée puisque l’AESA et Transports Canada travailleront en collaboration pour régler les questions imprévues en matière de sécurité. Un accord semblable a été signé entre le Canada et les États-Unis en 2000, ce qui a eu une incidence positive sur le milieu de l’aviation civile au Canada et a occasionné une plus grande harmonisation des exigences en matière de sécurité. L’Accord sur la sécurité de l’aviation civile entre le Canada et l’Union européenne a été signé par les deux parties et devra être ratifié par le Parlement canadien au cours de la prochaine session.

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