CLIN D’ŒIL SUR LE PASSÉ

Le pilotage des machines volantes

par Jim Dow, chef, Formation au pilotage et Examens, Normes, Aviation civile, Transports Canada

Où nous situons-nous par rapport à la première génération de pilotes de machines volantes? Réussirions-nous les tests que ces pilotes devaient subir pour obtenir leur certificat de pilote? À l’origine, les normes internationales qui régissaient l’aviation ne comportaient que deux genres de certificats de pilote de machines volantes : [traduction] le certificat de pilote privé et le certificat de pilote de machines volantes servant au transport public. Les exigences relatives à ces certificats avaient été établies lors de la Conférence diplomatique de Paris de 1910, puis stipulées en 1919 dans la Convention portant sur la réglementation de la navigation aérienne.

Les tests en vol devaient être menés conformément à certaines règles, la première étant que l’examinateur demeurait au sol pendant que le candidat pilotait en solo. Tous les tests devaient être effectués dans un délai d’un mois. L’ordre dans lequel ils étaient effectués importait peu, mais le candidat avait droit à seulement deux tentatives. Dans le cas des tests pratiques, les candidats devaient transporter un barographe et faire signer par les examinateurs le diagramme obtenu et l’annexer à leur rapport. Ils devaient également satisfaire aux normes médicales.

Le certificat de pilote privé nécessitait deux tests pratiques : un test en altitude et en vol plané, et un test de compétences.

Test en altitude et en vol plané
Le test en altitude et en vol plané nécessitait un vol d’au moins une heure à une altitude minimale de 2 000 m au-dessus du point de départ. La descente devait se terminer par un vol plané, le moteur étant coupé à 1 500 m au-dessus du terrain d’atterrissage. L’atterrissage devait se faire sans redémarrer le moteur et à au plus 150 m d’un point déterminé à l’avance par les examinateurs officiels.

Test de compétences
Le test de compétences comprenait un vol sans atterrissage autour de deux poteaux (ou balises) espacés de 500 m. Le candidat devait effectuer une série de cinq virages en huit, chacun de ces virages atteignant l’un des deux poteaux, le tout à une altitude d’au plus 200 m au-dessus du sol (ou de la surface d’un plan d’eau). À l’atterrissage, le moteur était coupé au toucher des roues et la machine volante devait s’arrêter à au plus 50 m d’un point déterminé par le candidat avant le début du test.

Test d’endurance
Le test d’endurance constituait une autre exigence à remplir pour l’obtention du certificat de pilote de machines volantes servant au transport public. Il s’agissait d’un vol de navigation ou d’un vol au-dessus de la mer sur au moins 300 km dont l’atterrissage final était effectué au point de départ. Ce vol devait être effectué à bord de la même machine volante dans un délai de huit heures et inclure deux atterrissages en des points déterminés par les juges, mais différents du point de départ. Au moment du départ, le candidat était informé de sa trajectoire et recevait la carte appropriée.

Vol de nuit
Il s’agissait de la seule expérience exigée dans les normes — dans le cadre du certificat lié au transport public. Le vol de nuit devait durer 30 min et se dérouler entre les deux heures après le coucher du soleil et les deux heures avant le lever du soleil, à une altitude d’au moins 500 m.

Examen technique
Une fois les tests pratiques réussis, les candidats étaient convoqués à un examen technique portant sur les sujets suivants :

Machines volantes

  • Connaissances théoriques des effets de la résistance de l’air sur les ailes et sur les empennages, sur les gouvernails de direction, sur les gouvernes de profondeur et sur les hélices.
  • Fonctions des différentes composantes de la machine et de leurs commandes.
  • Assemblage des machines volantes et de leurs différentes composantes.
  • Tests pratiques lors du réglage.

Moteurs

  • Connaissances générales sur les moteurs à combustion interne, notamment sur les fonctions de leurs différentes composantes.
  • Connaissances générales sur la construction, l’assemblage, le réglage et les caractéristiques des moteurs d’avion.
  • Causes de fonctionnement défectueux et de panne des moteurs d’avion.
  • Tests pratiques sur les réparations courantes.

Exigences spéciales

  • Connaissance des règles relatives aux feux et aux signaux ainsi que des règles de l’air et des règles de circulation aérienne aux aérodromes et à proximité de ces derniers.
  • Connaissance pratique des conditions spéciales auxquelles est assujettie la circulation aérienne et de la réglementation aérienne internationale.
  • Lecture de cartes, orientation, localisation de position, météorologie élémentaire.

Telles étaient les premières normes internationales qui régissaient la certification des pilotes. Dans les normes adoptées au Canada en vertu du Règlement de l’Air de 1920, on avait ajouté une exigence relative à la sortie de vrille à gauche et à droite ainsi que des exigences relatives à l’expérience, et modifié les distances relatives au vol de navigation et les altitudes requises pour évaluer les compétences. Ces normes reflétaient les besoins de l’époque en matière de sécurité, en particulier une grande aptitude à composer avec les pannes moteur.