Après l’arrêt complet : Communications efficaces entre pilote et contrôleur

Communications efficaces entre pilote et contrôleur

par Brad Fowles, Services des aéronefs, Transports Canada

Des erreurs de communication entre le pilote et le contrôleur comptaient parmi les facteurs en cause dans un certain nombre d’incidents que nous avons examinés. Les erreurs commises ont entraîné des écarts d’altitude, des problèmes de résolution du système d’avertissement de trafic et d’évitement d’abordage (TCAS), des conflits au sol, des incursions sur piste et des écarts par rapport à la trajectoire autorisée. Dernièrement, des membres d’un équipage ont laissé tomber le nom du transporteur aérien lorsqu’ils se sont identifiés et n’ont fourni que le numéro d’identification de l’aéronef. Cette erreur peut sembler banale, mais dans le cas en question, l’indicatif d’appel abrégé a entraîné un conflit au sol.

Les problèmes de communication entre pilote et contrôleur ont contribué à beaucoup d’incidents dans le monde. Voici une définition succincte des communications entre pilote et contrôleur extraite du manuel de radiotéléphonie de la Civil Aviation Authority (CAA) britannique (CAP 413) :

[Traduction] La radiotéléphonie fournit les moyens par lesquels les pilotes et le personnel au sol communiquent entre eux. Utilisées correctement, l’information et les instructions transmises sont capitales pour l’exploitation sûre et prompte des aéronefs. Cependant, l’usage de procédures et d’une phraséologie non normalisées peut causer des malentendus. Il s’est produit des incidents et des accidents où l’un des facteurs contributifs était un malentendu causé par l’utilisation d’une phraséologie non normalisée. On ne saurait trop insister sur l’importance d’employer une phraséologie normalisée correcte et précise.

Les renseignements qui suivent ont été tirés de la note d’information sur les communications efficaces entre pilote et contrôleur élaborée par Airbus et la Fondation pour la sécurité aérienne (Human Performance, Effective Pilot/Controller Communications).

La boucle des communications pilote-contrôleur

La boucle des communications pilote-contrôleur constitue un cycle de confirmation/correction qui assure l’intégrité des communications. L’adhésion stricte à cette boucle fermée représente un moyen de prévenir les erreurs de communication. Les erreurs de relecture/réécoute peuvent avoir pour résultat un ou plusieurs des types d’événements suivants : déviation opérationnelle, perte d’espacement, incursion sur piste, CFIT et abordage en vol.

 Image de la boucle des communications pilote-contrôleur

Il est possible d’établir une communication efficace lorsque le processus mental permet de recevoir et d’interpréter l’information contenue dans un message.

Ce processus mental peut se résumer comme suit :

  • Comment le message est-il perçu?
  • Comment l’information contenue dans le message est-elle reconstituée?
  • Comment cette information est-elle reliée à un objectif ou à une attente?
  • Quel préjugé ou quelle erreur intervient dans le processus?

La recherche sur la gestion des ressources de l’équipage (CRM) fait ressortir l’importance du contexte et des attentes dans ce processus. Néanmoins, les attentes peuvent avoir un effet positif ou négatif sur l’efficacité des communications. La charge de travail, la fatigue, le non-respect du silence dans le poste de pilotage, les distractions, les interruptions, les conflits et la pression comptent parmi les facteurs qui peuvent nuire aux communications entre le pilote et le contrôleur.

Pour conclure, quelques points essentiels à retenir :

  • le respect des procédures d’utilisation normalisées (SOP) de l’entreprise;
  • la compréhension des contraintes et des milieux de travail respectifs;
  • l’usage rigoureux d’une phraséologie normalisée;
  • la stricte adhésion à la boucle des communications (confirmation/correction);
  • la diligence pour demander des précisions ou une confirmation en cas de doute. 
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