Éditorial — Collaboration spéciale

Initiatives de chefs de file au sein du milieu aéronautique


Photo du directeur régional de l’Aviation civile, Région du Pacifique, Trevor Heryet
 

Trevor Heryet

La Colombie-Britannique est l’un des plus beaux endroits au monde, mais cette beauté est à l’origine de bien des défis pour le milieu aéronautique. Le temps peut y être imprévisible en raison des zones côtières d’eau salée et des montagnes. Le terrain montagneux est source de défis pour le milieu de l’aviation, notamment en raison du choix limité de corridors pour les vols VFR lorsque les plafonds sont bas, de la nécessité d’effectuer des approches aux instruments complexes, des moyens limités de communication aux niveaux inférieurs et de l’espace aérien IFR encombré. À travers l’histoire, les aviateurs évoluant dans la région du Pacifique ont non seulement réussi à faire face à ces défis, mais également à les percevoir dans bien des cas comme de belles expériences. Certaines collectivités en Colombie-Britannique n’ont accès qu’à quelques routes et parfois à aucune. Elles dépendent énormément du milieu de l’aviation pour assurer le maintien de leur mode de vie.

Souvent, en raison de ses caractéristiques géographiques uniques, la région du Pacifique a donné lieu à des possibilités d’affaires pour les aviateurs, tel l’héliski. Les gens de la place et des touristes de partout dans le monde aiment skier dans l’arrière-pays non aménagé. Bien souvent, il n’est possible de s’y rendre que par hélicoptère. En raison des dangers associés à ces vols, il a été nécessaire de prendre des mesures pour atténuer les risques pour la sécurité. Il y a plus de dix ans, l’Helicopter Association of Canada (HAC), consciente des risques associés à de telles opérations, a assumé un rôle de chef de file en élaborant des lignes directrices et des pratiques exemplaires applicables à l’héliski. Ses efforts n’ont pas été vains, car les exploitants utilisent encore de nos jours ces documents.

Une initiative du même genre a été prise par les exploitants d’hydravions qui utilisent le port de Victoria dans le cadre de leur service régulier. Ce port est unique en tant que zone où sont exploités les hydravions, en ce que sa structure et ses procédures officielles ressemblent à celles d’un aéroport terrestre. Sa structure et ses procédures ont été établies par Transports Canada (TC) à la suite d’une étude sur la sécurité qui a démontré qu’une meilleure gestion du trafic considérable et varié à cet endroit s’imposait. Sa structure permet l’utilisation continue du port par toutes les parties concernées et fait en sorte que les résidents de l’endroit acceptent que des activités liées à l’aviation s’y déroulent. Toutefois, le succès de l’exploitation des hydravions dans le port ne découle pas uniquement de ces deux éléments. Tous les mois, les exploitants d’hydravions se réunissent et rencontrent, à titre de groupe et non de compétiteurs, l’exploitant du port pour discuter de problèmes et d’activités. Les exploitants de traversiers et de bateaux-taxis ainsi que de remorqueurs et de barges participent à plusieurs de ces réunions. Pendant celles-ci, les participants interviennent non plus en fonction des activités qui les définissent, mais dans le but de trouver des solutions qui seront avantageuses pour tous les intervenants, peu importe leur champ d’activités.

Malheureusement, ce n’est parfois qu’à la suite d’une tragédie que des initiatives sont prises. Il y a plusieurs années, une série d’accidents mortels sont survenus dans une zone précise de la côte ouest de la région du Pacifique. L’aviation civile et les exploitants concernés ont eu de la difficulté à comprendre pourquoi des activités menées selon les règles et de façon professionnelle et sécuritaire avaient pu donner lieu aux événements horribles entraînant la mort de 23 personnes. En réaction à ces événements, TC a organisé et animé un atelier conçu à l’intention des exploitants aériens d’hydravions pendant lequel il a été possible de traiter des problèmes qui touchent ce secteur du milieu aéronautique. Cet atelier a donné lieu à une initiative du secteur des hydravions de l’endroit, soit la création de la Floatplane Operators Association (FOA) de la Colombie-Britannique. Cette association existe depuis un an, compte 29 membres et constate déjà les avantages d’avoir une voix commune, de partager des pratiques exemplaires et de réaliser des progrès dans l’établissement d’une culture de la sécurité. Il est à souhaiter que les initiatives prises par la FOA soient la conséquence d’une sécurité accrue et non uniquement d’une conformité aux règlements et qu’elles incitent d’autres exploitants d’hydravions à s’engager dans la même voie.

Le milieu aéronautique dans la Région du Pacifique s’est démarqué à maintes reprises par ses nombreuses initiatives, tellement en fait qu’un article ne saurait suffire pour les décrire. Il y en a deux toutefois dont j’aimerais parler, même si elles n’ont aucun lien avec un secteur ou une activité du milieu aéronautique, la première étant le Safety and Quality Summit animé par la Canadian Helicopter Corporation (CHC). Depuis presque dix ans, la CHC fournit au milieu l’occasion de discuter de la sécurité et de la qualité des opérations. Les thèmes varient d’une année à l’autre, et des conférenciers et des délégués de partout dans le monde s’y rendent dans le but de partager leur point de vue en matière de sécurité et de qualité.

L’Aviation Leadership Forum est un autre événement annuel qui a lieu dans la région; il est axé sur le leadership requis au sein du milieu aéronautique pour amorcer des changements positifs et en assurer la continuité. Des conférenciers et des animateurs très qualifiés fournissent leurs opinions sur la façon de résoudre des défis constants. Ces initiatives originales et de nature non réglementaire cadrent bien avec la politique réglementaire du gouvernement du Canada visant à réduire les formalités administratives, la Directive du Cabinet sur la rationalisation de la réglementation, et selon laquelle les propositions réglementaires sont évaluées d’entrée de jeu pour déterminer là où les processus peuvent être rationalisés. Cette directive a pour but de rendre le système de réglementation plus efficace.

En tant que nouveau directeur régional de l’Aviation civile de la Région du Pacifique, je tiens à poursuivre le travail de mon prédécesseur, M. David Nowzek. L’avenir est rempli de défis qui nous permettront d’améliorer la sécurité au sein de notre milieu. La gestion des risques continuera à nous servir de méthode pour décider de l’allocation des ressources et poursuivre nos activités de surveillance. Nous aurons recours à une approche systémique pour gérer les risques, tout en tentant de trouver un juste équilibre entre la nécessité de se conformer à la réglementation et celle d’offrir des services au milieu, en conformité avec la vision de TC qui est d’obtenir « […] un réseau de transport au Canada qui est reconnu dans le monde entier comme étant à la fois sûr et sécuritaire, efficace et respectueux de l’environnement. »

 

Le directeur régional de l’Aviation civile,
Région du Pacifique
Trevor J. Heryet

AIM de TC — Nouvelles fonctionnalités

Une nouvelle fonctionnalité a été ajoutée à la section « Explication des changements » du Manuel d’information aéronautique de Transports Canada (AIM de TC); au lieu de devoir cliquer sur chaque lien pour imprimer individuellement les pages, vous pourrez maintenant ouvrir un fichier PDF distinct et imprimer toutes les nouvelles pages à la fois. De plus, le prochain numéro de l’AIM de TC contiendra des images en couleurs (p. ex., graphiques et cartes).

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