Après l’arrêt complet : Douze pièges qui guettent les pilotes d’hélicoptères

Douze pièges qui guettent les pilotes d’hélicoptères

par l’International Helicopter Safety Team (IHST)

Les pilotes, particulièrement les plus expérimentés, comptent se rendre à destination comme prévu, veulent que leurs passagers soient satisfaits, tiennent à respecter les horaires établis et à démontrer qu’ils sont compétents. Ces motivations peuvent compromettre la sécurité et conduire les pilotes à surévaluer leurs compétences en pilotage en situation de stress. Pire encore, ces évaluations erronées peuvent donner lieu à des automatismes qui rendent les techniques de pilotage utilisées dangereuses, souvent illégales et en dernier ressort, responsables d’accidents. Voici 12 exemples de tendances ou de comportements potentiellement dangereux :

  • Réagir en fonction des pressions des pairs — Cela entraîne la prise de mauvaises décisions fondées sur une réaction émotive aux pressions des pairs plutôt que sur une évaluation objective de la situation.
  • Se créer des attentes — Cela provient de l’incapacité de constater le changement et d’y faire face lorsque la situation diffère de celle anticipée ou prévue. Les illusions visuelles et sonores qui se produisent à des moments inopportuns sont souvent à l’origine de telles erreurs.
  • Se rendre à destination à tout prix — Ce « symptôme », fréquent chez les pilotes, fausse la réalité et le jugement; la personne est déterminée à atteindre le but premier ou la destination fixée et fait totalement abstraction de toute autre alternative.  
  • Descendre sous l’altitude minimale — Tendance à « jeter un coup d’œil » en descendant sous les minimums pendant l’approche. Attitude du pilote fondée sur la croyance qu’une marge de manœuvre a été prévue ou sur le refus d’admettre que la situation est hors de son contrôle et qu’il devra effectuer une approche interrompue.
  • Forcer le vol à vue — Capacités du pilote et de l’aéronef mises à l’épreuve en voulant garder un contact visuel avec le relief tout en évitant d’entrer en collision avec celui-ci.
  • Continuer en vol VFR dans des conditions de vol IFR — Trop souvent, le vol IFR devient la seule option possible lorsque le fait de forcer le vol à vue (point ci-dessus) résultera en une collision avec le relief. Cette option est tout aussi, sinon plus, dangereuse lorsque le pilote n’est pas qualifié pour le vol IFR ou refuse de se fier aux instruments.
  • Être dépassé par les événements — Le pilote laisse les événements ou situations dicter ses actions plutôt que d’être maître de la situation; en d’autres mots, il est constamment surpris par la tournure des événements.
  • Ne pas avoir conscience de la situation ou connaître sa position — Un autre exemple de situation où le pilote est dépassé par les événements : il ne sait pas où il est rendu, est incapable de réaliser que la situation se détériore ou à quel point elle se détériore.
  • Voler avec une quantité insuffisante de carburant — Ne pas tenir compte des exigences minimales en matière de carburant pour les vols IFR ou VFR, souvent par excès de confiance, faute d’avoir un plan de vol ou par non-conformité volontaire aux règlements.
  • Descendre à une altitude inférieure à l’altitude minimale en route — Manifestation du syndrome susmentionné de « descente sous l’altitude minimale » pendant la partie en route en vol IFR.
  • Ne pas respecter les limites de performance de l’aéronef — Croire (souvent à tort) qu’un aéronef à haute performance évoluera conformément aux attentes du pilote qui surestime la plupart du temps ses aptitudes en pilotage à bord d’un tel aéronef.
  • Faire peu de cas de la planification du vol, des inspections avant vol, des listes de vérification, etc. — Confiance non justifiée à l’égard de la capacité à court et à long terme (souvent surestimée) du pilote à se rappeler des techniques de pilotage, des routes qu’il utilise souvent et qu’il connaît bien, etc.

À un moment donné pendant leur carrière, tous les pilotes expérimentés ont adopté un ou quelques-uns de ces 12 comportements ou ont été tenté de le faire. Il est à souhaiter que ces comportements ne se résument qu’à des erreurs humaines et qu’ils soient vite perçus pour ce qu’ils sont et donc évités.

L’IHST fait la promotion de la sécurité et travaille à réduire le nombre d’accidents. Cette organisation a vu le jour en 2005 et a pour mandat de diriger l’effort de coopération entre le gouvernement et l’industrie à l’égard des facteurs ayant une incidence sur le taux inacceptable d’accidents d’hélicoptères. Le groupe s’est fixé comme objectif de réduire de 80 % le taux d’accidents d’hélicoptères civils à l’échelle internationale d’ici 2016.

Bien qu’ils fussent écrits pour les pilotes d’hélicoptères, ces conseils s’appliquent à tous les pilotes. Pour plus d’information sur l’IHST, veuillez consulter le site Web au www.IHST.org.

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