Moi le héros ? (TP 2228F-16)

Promotion et sensibilisation en matière de sécurité

Il existe très peu de paysages aussi spectaculaires que les Rocheuses et, bien que la plupart des gens en admirent la beauté à une distance sécuritaire, il y a quelque chose qui incite la petite partie la plus audacieuse des explorateurs à escalader les montagnes en question, que ce soit par défi personnel ou simplement pour le plaisir. Il ne s'agit pas ici de s'interroger sur le but ou le bien-fondé de l'escalade ni d'aucun autre sport extérieur à risque très élevé, comme la plongée souterraine. Mais peut-être devrions-nous nous pencher sur le rôle des pilotes à qui, plus souvent qu'autrement, revient la tâche de secourir ces aventuriers lorsqu'ils sont blessés ou perdus. Plus particulièrement, sur le cas de pilotes qui se voient soudain confier une mission de sauvetage sans y être ni formés, ni préparés.

Nous avons tous entendu parler de missions de sauvetage « héroïques » à des endroits célèbres de l'Asie, de l'Europe et de l'Amérique du Nord. Quel pilote n'a pas rêvé, ne serait-ce qu'un instant, d'être Indiana Jones aux commandes d'un hélicoptère en flammes et d'avoir le cran de monter jusqu'à 17 000 pieds, sans oxygène, pour tirer une héroïne d'un dangereux plongeon qui l'aurait inévitablement menée à la mort? Bien que les pilotes spécialisés, les policiers plongeurs ainsi que les techniciens en recherche et sauvetage (TRS) militaires soient formés pour effectuer des missions de sauvetage à risque élevé, il est fort probable que la formation que vous avez reçue en la matière soit, au mieux, limitée.

Si vous vous trouvez soudain confronté à une mission de sauvetage ou d'évacuation médicale (MEDEVAC) non planifiée, ou que l'on vous demande de participer à une telle mission, arrêtez-vous un instant et évaluez la situation. Il se peut que vous vous aperceviez soudain qu'il vous manque les éléments suivants :

  • qualification et formation appropriées;
  • équipement approprié (aéronef et personnel);
  • quantité suffisante de carburant;
  • clarté suffisante;
  • autorisation de votre employeur; etc.

Pire : vous pourriez être aux prises avec des poursuites judiciaires, dans l'éventualité où votre tentative héroïque tournerait mal – ce qui peut arriver.

Bien que les demandes ad hoc de sauvetage en montagne soient rares, les demandes impromptues pour un MEDEVAC sont plus courantes, ce qui peut rapidement mettre un pilote dans l'embarras. Un exemple tragique d'un tel scénario peut être trouvé dans le rapport final A94Q0182 du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST). Le 24 septembre 1994, un pilote d'hélicoptère avait décollé pour effectuer un vol à vue de nuit jusqu'à Kuujjuaq (Québec), environ 94 milles à l'ouest. Il s'agissait d'un MEDEVAC en réponse à une urgence médicale pour le transport d'une personne gravement blessée. L'appareil n'est pas arrivé à destination et a percuté le sol en piqué prononcé, tuant les quatre occupants sur le coup.

Le BST a déterminé que, selon toute vraisemblance, le pilote a perdu le sens de l'orientation pendant qu'il poursuivait un vol MEDEVAC de nuit dans des conditions défavorables qu'il n'a pas pu reconnaÎtre à temps à cause de la faible clarté. Les facteurs suivants ont contribué à l'accident : le pilote n'était pas qualifié pour le vol de nuit ni pour le vol aux instruments, et l'état de la blessée a vraisemblablement eu une influence sur le pilote qui, pour des raisons humanitaires, a décidé d'entreprendre le retour de nuit vers Kuujjuaq.

Il est vraiment difficile pour quiconque de répondre à une telle demande lorsqu'aucune procédure formelle d'évacuation médicale n'est disponible. Dans toute situation semblable, assurez-vous de suivre les mêmes étapes de prise de décision. Discutez d'un tel scénario avec vos pairs et avec le pilote en chef, juste au cas où. Il se peut que la meilleure décision que vous puissiez prendre soit de céder le rôle du héros à un pilote de SAUVETAGE ou de MEDEVAC professionnel.

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