Partie II — Programme d'instruction au sol et en vol — Exercice 25 — Vol de nuit

Introduction

Comment organiser l'instruction

L'instructeur qui dispense de la formation en vue d'une qualification de vol de nuit sait que son élève la considère comme un excellent moyen d'améliorer ses compétences et ses qualifications. Même s'il doit encore perfectionner certains détails, l'élève sait déjà comment tout faire de jour, tel que circuler au sol, décoller, effectuer des vols de navigation et atterrir. Il doit cependant apprendre à exécuter ces manoeuvres dans un nouvel environnement, l'obscurité, et ce qu'il apprendra lui sera utile pendant tous ses autres vols.

L'instruction pour la qualification de vol de nuit comporte du vol aux instruments combiné à du vol de nuit en double commande et en solo. Les exigences particulières sont énoncées dans le Règlement de l'aviation canadien (RAC). Le défi de l'instructeur est d'organiser l'instruction et de la dispenser de manière à respecter les principes de l'instruction, par exemple passer du simple au complexe.

Pourvu que les exigences de la licence soient respectées, l'instructeur jouit d'une liberté considérable sur la manière de dispenser cette instruction. Compte tenu de la diversité des élèves et des conditions locales, cette souplesse est essentielle. Qu'elle que soit la méthode adoptée, l'instructeur doit essayer d'organiser l'instruction pour enrichir l'expérience de son élève, et il doit tenir compte de ce que ce dernier pourrait rencontrer en vol après l'obtention de sa qualification de vol de nuit. Par exemple, le fait de diviser une leçon de deux heures en deux vols pendant des nuits différentes peut fournir à l'élève plus d'expérience sur pistes différentes et dans des conditions météorologiques diverses. Surveiller de près la fatigue, car il est possible que l'élève et l'instructeur aient déjà une bonne journée de travail derrière eux.

Instruction au sol

Bien que l'instruction au sol ne soit pas obligatoire pour la qualification de vol de nuit, de nombreux éléments des rubriques « Connaissances de base essentielles » des exercices en vol peuvent être enseignés au cours d'une séance générale d'instruction au sol en vue du vol de nuit avant l'instruction en vol proprement dite. Ces éléments sont les suivants :

(1)  Revoir le programme de formation. Le fait de donner un aperçu du programme pour la qualification de vol de nuit permet non seulement à l'élève de savoir à quoi s'attendre, mais aussi de lui dire ce que l'instructeur s'attend de lui.

(2)  Expliquer l'aménagement et le balisage lumineux de l'aéroport. Même si l'élève connaît l'aéroport, la révision de l'aménagement de ce dernier lui sera utile. Il est également important qu'il connaisse parfaitement les divers balisages lumineux tels que celui des voies de circulation, des bords de piste, des seuils de piste, des approches, des indicateurs de direction du vent et des indicateurs de pente d'approche.

(3)  Revoir le circuit électrique de l'avion. L'élève connaît déjà un peu le circuit électrique de bord, mais une révision l'aidera à comprendre comment ce circuit peut tomber en panne et ce qu'il peut faire quand cela se produit.

(4)  Expliquer l'éclairage de l'avion. Pour bien voler de nuit, il faut connaître le circuit d'éclairage de bord, c'est-à-dire savoir ce qui est disponible et comment et quand s'en servir.

(5)  Expliquer les facteurs humains liés au vol de nuit, notamment : la vision nocturne, les illusions kinesthésiques, les illusions visuelles, l'autokinésie, les trous noirs, les illusions de cabrage et de piqué, la fatigue et, en hiver, les vols par temps froid. Pour obtenir des renseignements utiles sur ces sujets et sur d'autres sujets, consulter les documents suivants : « Guide à l'intention des pilotes : facteurs médicaux et humains » et « Facteurs humains en aviation : Guide de l'instructeur ».

Vol aux instruments

Il faut savoir un peu voler aux instruments pour obtenir la qualification de vol de nuit parce que, dans certaines situations de nuit, seuls les instruments permettent de déterminer l'assiette de l'avion. Pour obtenir une licence de pilote privé, il faut maintenant effectuer cinq heures de vol aux instruments en double commande, sur lequel on peut compter à moins que la licence ait été obtenue des années auparavant. De nombreux instructeurs aiment dispenser au moins une partie de cette instruction au vol aux instruments la nuit, bien qu'elle ne compte pas dans les cinq heures de vol de nuit en double commande exigées pour obtenir la qualification. De plus, si l'équipement est disponible, il est recommandé que les élèves étudient davantage les aides à la radionavigation que le minimum exigé pour obtenir la licence de pilote privé, par exemple, apprendre à se servir du VOR, de l'ADF ou du GPS pour déterminer sa position et pour se rendre à une station ou à un point de cheminement.

Recommandation pour la qualification de vol de nuit

Aucun test en vol n'est requis pour obtenir la qualification de vol de nuit. Cependant, l'instructeur doit savoir quand son élève a la compétence voulue pour exercer les privilèges de cette qualification. Il ne s'agit pas simplement d'accumuler le nombre d'heures nécessaires en double commande et en solo pour l'obtenir. L'élève devrait pouvoir exécuter les exercices décrits dans Vol de nuit au niveau exigé dans la publication « Normes de test en vol — Licence de pilote privé et de pilote professionnel — Avions (TP 2655F) ».

Exercices en vol

Inspection avant vol

Objectif de l'instructeur

Montrer à l'élève à effectuer une inspection pré vol détaillée la nuit.

Motivation

Une inspection pré vol détaillée est toujours importante, mais il est plus difficile de l'exécuter dans l'obscurité. Il faut être vigilant pour ne rien oublier, d'autant plus qu'il faut vérifier plus d'éléments tels que l'éclairage de l'avion.

Connaissances de base essentielles

(1)  Revoir l'inspection pré-vol que l'on effectue de jour.

(2)  Revoir le circuit électrique de l'avion.

(3)  Revoir les mesures à prendre si l'inspection révèle un élément insatisfaisant.

(4)  Expliquer le fonctionnement et l'inspection de l'éclairage de l'avion :

  1. Éclairage du poste de pilotage;
  2. phare d'atterrissage;
  3. phare de roulage;
  4. phare rotatif;
  5. feu stroboscopique;
  6. feux de navigation.

(5)  Expliquer l'importance de transporter des fusibles de secours du bon type.

(6)  Expliquer la nécessité d'avoir une lampe de poche en bon état.

(7)  Expliquer les précautions additionnelles à prendre pour vérifier l'absence de la barre de remorquage, les cales, les dispositifs de blocage des gouvernes et les gaines du tube de Pitot.

Conseils à l'instructeur

(1)  La première démonstration d'une inspection pré vol devrait avoir lieu de jour ou dans un hangar éclairé.

(2)  Faire observer qu'il faut être plus vigilant pour déceler les détails la nuit que de jour puisque l'obscurité peut les masquer.

(3)  Insister sur l'importance du bon fonctionnement du circuit électrique la nuit.

Instruction en vol

Montrer comment exécuter une inspection pré vol la nuit.

Démarrage moteur et point fixe

Objectif de l'instructeur

Montrer à l'élève comment démarrer le moteur et effectuer un point fixe la nuit.

Motivation

La différence principale d'un démarrage moteur et d'un point fixe la nuit est qu'il faut utiliser convenablement l'éclairage de l'avion et exécuter les procédures pertinentes avec plus de vigilance en raison de l'obscurité.

Connaissances de base essentielles

(1)  Revoir les procédures de démarrage moteur et de point fixe.

(2)  Revoir les urgences qui peuvent se présenter pendant le démarrage.

(3)  Revoir l'exposé à donner aux passagers.

(4)  Expliquer :

  1. comment utiliser l'éclairage du poste de pilotage;
  2. comment se servir de la lampe de poche;
  3. l'importance d'utiliser une liste de vérifications imprimée;
  4. l'importance de surveiller l'indication de la génératrice ou de l'alternateur.

Conseils à l'instructeur

(1)  S'assurer que l'élève peut repérer au toucher l'emplacement de tous les commutateurs critiques.

(2)  S'assurer que l'élève surveille attentivement l'extérieur pour confirmer qu'il n'y a personne à proximité de l'avion avant le démarrage. Le fait d'allumer le phare rotatif et les feux de navigation et, au besoin, d'annoncer « dégagé » est suffisant pour annoncer le démarrage imminent du moteur.

(3)  La nuit, le démarrage et le point fixe peuvent prendre plus de temps et l'élève risque d'être nerveux. Donc, ne pas le bousculer.

(4)  S'assurer que les freins sont bien serrés, car il est difficile de se rendre compte que l'avion se déplace lentement la nuit.

(5)  Insister sur les précautions à prendre pour positionner l'avion en vue du point fixe, car il est difficile, par exemple, de voir la glace, les personnes et les autres avions la nuit.

Instruction en vol

(1)  Montrer comment démarrer le moteur la nuit.

(2)  Montrer comment échauffer le moteur la nuit.

Circulation au sol

Objectif de l'instructeur

Montrer à l'élève à circuler au sol convenablement la nuit.

Motivation

En raison de l'obscurité et de l'absence de repères visuels normaux la nuit, il faut être particulièrement vigilant pendant la circulation au sol.

Connaissances de base essentielles

(1)  Revoir les procédures de circulation au sol, notamment les vérifications des instruments en virage et la position des commandes de vol par vent fort.

(2)  Revoir comment déterminer la piste qui est en service.

(3)  Expliquer le balisage lumineux de l'aéroport :

  1. phare d'aérodrome;
  2. feux de voie de circulation;
  3. marques d'aires inutilisables;
  4. feux d'approche;
  5. feux de piste;
  6. indicateur de direction du vent;
  7. utilisation des lignes de voie de circulation;
  8. marques de sortie de piste;
  9. balises rétroréfléchissantes.

(4)  Expliquer comment évaluer la vitesse de circulation au sol la nuit.

(5)  Expliquer comment utiliser convenablement les phares de roulage et d'atterrissage au sol.

(6)  Expliquer l'utilisation obligatoire des feux anticollision et de navigation.

(7)  Expliquer qu'en circulant sur les aires éclairées de l'aérodrome, il faut être extrêmement prudent, car les ombres risquent de rendre les obstacles difficiles à voir.

Conseils à l'instructeur

(1)  être particulièrement vigilant la nuit. L'instructeur et l'élève doivent éviter de trop se concentrer sur les tâches à accomplir dans le poste de pilotage au point de négliger la surveillance extérieure.

(2)  Enseigner à l'élève comment circuler au sol avec et sans phare de roulage. Faire remarquer qu'il est préférable d'allumer le phare de roulage en virant ou en effectuant d'autres manoeuvres sur les aires inconnues ou encombrées.

(3)  S'assurer que l'élève détermine la direction du vent et s'en souvient et qu'il corrige convenablement aux commandes.

(4)  Si possible, demander à l'élève d'observer l'aéroport d'un point plus élevé, de la tour de contrôle par exemple.

Instruction en vol

(1)  Revoir comment :

  1. vérifier les freins;
  2. utiliser les commandes pendant la circulation au sol;
  3. vérifier les instruments pendant la circulation au sol.

(2)  Montrer comment :

  1. circuler au sol la nuit, avec et sans phare de roulage;
  2. Évaluer la vitesse de circulation au sol;
  3. utiliser professionnellement le phare d'atterrissage et le feu stroboscopique en circulant au sol.

Décollage

Objectif de l'instructeur

Montrer à l'élève comment décoller la nuit dans diverses conditions, avec et sans phare d'atterrissage.

Motivation

Les repères visuels différents pendant le décollage et l'absence de repères pendant la montée initiale imposent des exigences spéciales sur le pilote pendant les décollages de nuit.

Connaissances de base essentielles

(1)  Revoir les procédures de décollage normales et par vent de travers, y compris les vérifications avant décollage.

(2)  Revoir les procédures d'urgence pertinentes.

(3)  Expliquer l'utilisation du phare d'atterrissage pendant le décollage.

(4)  Expliquer qu'il est parfois nécessaire de se guider aux instruments après le décollage.

(5)  Expliquer l'importance de maintenir un taux de montée positif après le décollage.

(6) Expliquer l'illusion de l'accélération linéaire (illusion de cabrage) et l'illusion de trou noir.

(7)  Expliquer qu'il ne faut jamais faire de virages au-dessous d'une altitude de sécurité.

Conseils à l'instructeur

(1)  Exécuter le premier décollage phare d'atterrissage allumé.

(2)  S'assurer que l'élève apprend à reconnaître l'emplacement de l'interrupteur de phare d'atterrissage.

(3)  Exécuter le premier vol de nuit au crépuscule permet à l'élève de s'habituer progressivement à l'obscurité.

(4)  Insister sur l'importance de bien planifier le décollage en tenant compte du vent, de la surface de la piste, des obstacles, de la turbulence et des tourbillons.

(5)  S'assurer que les décollages sont effectués avec phare d'atterrissage allumé et éteint.

(6)  S'assurer que les décollages ont lieu à partir de pistes différentes et, si possible, d'aéroports différents.

(7)  S'assurer que l'élève confirme un taux de montée positif après le décollage en surveillant le variomètre et l'altimètre.

Instruction en vol

Montrer comment exécuter des décollages normaux et par vent de travers, et laisser l'élève s'y exercer, avec phare d'atterrissage allumé et éteint.

Circuit

Objectif de l'instructeur

Montrer à l'élève comment quitter, intégrer et suivre avec précision un circuit la nuit.

Motivation

Pour effectuer avec précision un circuit la nuit, il faut combiner repères visuels et instruments afin de maintenir la bonne position par rapport à la piste et aux autres aéronefs en vol. Une telle précision est essentielle et une source de satisfaction, d'autant plus qu'elle rehausse la compétence du pilote.

Connaissances de base essentielles

(1)  Revoir les procédures relatives au circuit :

  1. départ du circuit;
  2. entrée dans le circuit;
  3. aéroports contrôlés et non contrôlés;
  4. procédures radio.

(2)  Revoir les procédures d'urgence pertinentes, notamment en cas de panne moteur, d'atterrissage forcé, d'incendie d'origine électrique, de défaillances électriques et de panne radio (incidences relatives à l'éclairage d'aérodrome télécommandé d'aéronef (ARCAL)).

(3)  Expliquer comment utiliser l'indicateur de cap pour exécuter un circuit de précision la nuit.

(4)  Expliquer comment s'orienter d'après les feux de piste et les feux d'approche.

(5)  Expliquer comment évaluer les distances la nuit.

Conseils à l'instructeur

(1)  Un bref vol de familiarisation la nuit dans le secteur est recommandé avant le premier vol de nuit.

(2)  Il est plus difficile d'évaluer la dérive la nuit, mais cette évaluation est essentielle pour exécuter un circuit avec précision. Aider l'élève à reconnaître et à compenser pour la dérive dans le circuit.

(3)  La nuit, les leçons longues dans le circuit peuvent fatiguer l'élève. Les garder raisonnablement courtes.

(4)  Laisser l'élève quitter le circuit et y retourner peut être une expérience utile.

Instruction en vol

(1)  Effectuer un bref vol de familiarisation dans le secteur.

(2)  Montrer comment effectuer des circuits et laisser l'élève s'y exercer :

  1. dans différentes conditions de balisage d'approche et de piste;
  2. dans différents aéroports, si possible, contrôlés et non contrôlés;
  3. et suivre des procédures d'urgence, notamment en cas de panne moteur, d'atterrissage forcé, de défaillance électrique et de panne de communication dans le circuit.

(3)  Montrer comment utiliser l'indicateur de cap pour exécuter un circuit avec précision la nuit.

(4)  Si possible, montrer comment se servir de l'éclairage d'aérodrome télécommandé d'aéronef (ARCAL).

Approche et atterrissage

Objectif de l'instructeur

Montrer à l'élève comment effectuer convenablement des approches et des atterrissages la nuit.

Motivation

Les repères visuels en approche la nuit sont différents de ceux qui sont utilisés de jour. De plus, les nombreuses illusions éventuelles imposent des exigences spéciales sur le pilote pendant les approches et les atterrissages de nuit.

Connaissances de base essentielles

(1)  Revoir :

  1. les approches et les atterrissages normaux et par vent de travers, ainsi que les vérifications connexes;
  2. la procédure de remise des gaz;
  3. le balisage d'approche et de piste;
  4. le VASIS et le PAPI;
  5. l'évitement de la turbulence de sillage;
  6. les procédures ARCAL;
  7. l'utilisation de balises rétroréfléchissantes.

(2)  Expliquer les illusions reliées aux approches et aux atterrissages :

  1. illusions causées par la pente et la largeur de piste;
  2. illusion de trou noir (en approchant un terrain non éclairé);
  3. influence de la hauteur et de l'intensité des feux de piste sur l'évaluation de l'arrondi.

(3)  Expliquer comment se servir des feux de piste pour évaluer l'angle d'approche et la dérive.

(4)  Expliquer les avantages et les inconvénients d'utiliser le phare d'atterrissage pour atterrir.

(5)  Expliquer comment utiliser la puissance pendant l'arrondi pour mieux atterrir.

(6)  Expliquer l'importance de réduire la vitesse avant de tourner pour sortir de la piste.

Conseils à l'instructeur

(1)  Envisager la possibilité d'effectuer les premiers exercices d'approche et d'atterrissage au crépuscule comme transition graduelle au vol de nuit.

(2)  Insister sur l'importance de compenser et de surveiller la vitesse.

(3)  Demander à l'élève d'atterrir quelques fois avec phare d'atterrissage allumé avant d'en effectuer phare éteint.

(4)  S'assurer que l'élève regarde suffisamment loin devant lui à l'atterrissage pour déceler tout mouvement avant, vertical et latéral de l'avion par rapport à la piste.

(5)  Le faisceau d'un phare d'atterrissage de nez prolonge, en quelque sorte, l'axe longitudinal de l'avion et il peut aider l'élève à s'aligner convenablement sur la piste en atterrissant par vent de travers.

(6)  Au début de l'instruction au vol de nuit, il vaut mieux commencer par des exercices d'atterrissages complets avant de passer aux arrêts-décollés ou aux posés-décollés.

Instruction en vol

(1)  Montrer ce qui suit et demander ensuite à l'élève de s'y exercer :

  1. approches et atterrissages de nuit, en introduisant graduellement des variantes telles que vent de travers, pistes différentes, phare d'atterrissage éteint, VASIS ou PAPI éteint (s'il y lieu), et intensités différentes des feux de piste;
  2. approches directes;
  3. simulation de pannes de systèmes de bord tels que panne d'éclairage des instruments du poste de pilotage, panne de phare d'atterrissage ou panne radio;
  4. arrondi au moteur;
  5. remises des gaz.

(2)  Faire remarquer toute illusion qui risque de se présenter en approche et à l'atterrissage la nuit.

Navigation à vue

Objectif de l'instructeur

Montrer à l'élève les techniques efficaces de navigation la nuit.

Motivation

La navigation la nuit, comme de jour, est complexe mais source de satisfaction quand elle est bien exécutée. La nécessité de se fier à des repères éclairés, l'absence relative de détails pour la navigation, et la difficulté de voir le mauvais temps qui peut s'approcher imposent des exigences spéciales sur le pilote.

Connaissances de base essentielles

(1)  Revoir :

  1. les procédures de planification avant vol;
  2. les techniques de navigation au départ, en route et à l'arrivée;
  3. l'éclairage du poste de pilotage;
  4. les procédures d'urgence;
  5. la manière d'obtenir l'aide de l'ATC et des caps de ralliement.

(2)  Expliquer :

  1. pourquoi la précision du cap et du minutage est importante;
  2. comment lire une carte la nuit;
  3. comment évaluer les distances la nuit;
  4. comment identifier la précipitation dans le faisceau du phare d'atterrissage.

Conseils à l'instructeur

(1)  Insister sur la nécessité d'obtenir un exposé météo détaillé.

(2)  Pour la planification des vols, encourager l'élève à adopter des limites météorologiques plus élevées que le minimum légalement exigé pour les vols VFR de jour.

(3)  Si possible, planifier le vol pour que l'élève puisse naviguer au-dessus des agglomérations et des zones non habitées.

(4)  Toujours prévoir un aérodrome de dégagement ou un endroit pour atterrir à chaque segment du vol.

(5)  S'assurer que l'élève comprend les procédures d'urgence avant d'entreprendre le vol de navigation et, pendant le vol, simuler des scénarios pour améliorer sa capacité à prendre des décisions.

(6)  De brefs vols hors du circuit et locaux peuvent aider l'élève à améliorer ses compétences en navigation avant le vol de navigation proprement dit.

(7) Si possible, prévoir des atterrissages à d'autres aéroports pendant le vol de navigation.

(8)  Même si un vol de navigation en solo n'est pas requis, nombre d'écoles de pilotage recommandent d'effectuer un tel vol la nuit, pouvant comporter un circuit à un autre aéroport.

Instruction en vol

(1)  Montrer comment :

  1. lire une carte;
  2. Évaluer les distances.

(2)  Surveiller les exercices de l'élève, notamment :

  1. la planification du vol;
  2. le départ;
  3. la mise de cap;
  4. la navigation en route;
  5. l'arrivée;
  6. les urgences.

Vol aux instruments

Objectif de l'instructeur

Enseigner à l'élève les connaissances pratiques nécessaires pour voler aux instruments la nuit (voir l'exercice 24).

Conseils à l'instructeur

(1)  Envisager d'effectuer un peu de vol aux instruments la nuit pour que l'élève puisse acquérir ces connaissances pratiques dans les mêmes conditions qu'elles devront être utilisées, c'est-à-dire dans l'obscurité.

(2)  Les exercices d'assiettes inhabituelles devraient être effectués de jour, car le risque de désorientation est plus élevé la nuit, autant pour l'élève que pour l'instructeur.

(3)  L'élève devrait accumuler toutes les heures de vol aux instruments nécessaires avant la fin de la formation au vol de nuit et, idéalement, même avant son premier vol de nuit en solo.

Procédure d'urgence

Objectif de l'instructeur

Montrer à l'élève comment réagir devant les urgences qui peuvent se présenter la nuit.

Motivation

Toutes les urgences qui peuvent survenir de jour peuvent également se présenter la nuit, et avec des complications additionnelles. Il existe aussi des urgences inhérentes au vol de nuit. L'élève doit comprendre ces situations d'urgence et doit savoir comment y remédier convenablement et en temps opportun, car la moindre indécision de sa part a une incidence néfaste sur le temps crucial dont il dispose.

Connaissances de base essentielles

(1)  Revoir :

  1. toutes les procédures d'urgence mentionnées dans le manuel d'utilisation de l'avion ou le manuel de pilotage;
  2. les procédures de caps de ralliement;
  3. le circuit carburant;
  4. le circuit électrique.

(2)  Expliquer :

  1. comment interpréter l'indication de l'ampèremètre;
  2. les incidences d'une batterie trop chargée ou insuffisamment chargée;
  3. les mesures à prendre en cas de défaillance du circuit électrique;
  4. l'importance de transporter des fusibles de secours du bon type;
  5. comment repérer les fusibles au toucher et les remplacer;
  6. l'importance de pouvoir repérer les commutateurs et les commandes essentiels du poste de pilotage sans hésitation et sans regarder;
  7. comment utiliser une lampe de poche en cas de panne d'éclairage du poste de pilotage;
  8. comment trouver au toucher l'ELT et la mettre en marche.

(3)  Expliquer comment choisir un terrain d'atterrissage forcé la nuit en tenant compte de détails tels que le terrain, la neige au sol, la lumière lunaire et même les phares des véhicules sur les routes.

(4)  Expliquer comment utiliser le phare d'atterrissage pendant un atterrissage forcé.

(5)  Expliquer comment se servir de l'ARCAL et les incidences d'une panne de l'émetteur.

Conseils à l'instructeur

(1)  Expliquer pourquoi il est important de bien connaître les circuits carburant et électrique pour mieux pouvoir affronter les urgences la nuit.

(2)  Pendant l'enseignement des procédures d'urgence, ne pas créer de situations qui menacent la sécurité du vol. En d'autres termes, ne pas s'exercer à faire des accidents.

(3)  Annoncer chaque exercice d'urgence par le mot « simulation ».

Instruction en vol

(1)  Montrer comment se sortir de situations d'urgence simulées, et demander ensuite à l'élève de s'y exercer :

  1. panne d'éclairage du poste de pilotage;
  2. panne électrique;
  3. procédures NORDO la nuit;
  4. procédure d'atterrissage forcé dans le circuit;
  5. choix d'un terrain d'atterrissage forcé.

(2)  S'assurer que l'élève peut repérer au toucher tous les commutateurs critiques.