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Notes d'allocution pour l'honorable Chuck Strahl, ministre des Transports, de l'Infrastructure et des Collectivités, à la cinquième Conférence annuelle Canada Maritime

Montréal, Québec
le 14 septembre 2010

LA VERSION PRONONCÉE FAIT FOI

Introduction

Merci de votre aimable présentation. J’aimerais remercier aussi le Journal of Commerce pour avoir organisé cet événement. 

Je suis ravi d’être ici à Montréal pour prononcer mon premier discours important à titre de ministre des Transports devant un auditoire qui s’intéresse au commerce maritime.

Des conférences comme celles-ci représentent une excellente occasion de souligner le rôle essentiel que joue le transport maritime dans les réseaux de transport efficaces et compétitifs qui desservent non seulement le Canada, mais toute l’Amérique du Nord. Elles nous permettent également d’échanger nos vues sur les possibilités et les défis que notre secteur des transports connaîtra à l’avenir.

Je suis également très heureux de vous rencontrer dans cette ville qui possède une histoire et une présence maritimes remarquables. 

Après tout, Montréal, est le deuxième port de conteneurs du Canada et un élément vital de notre porte continentale et de notre corridor commercial. 

Une position qui apporte d’énormes avantages à la ville et à la région.

En fait, selon le Port de Montréal, l’activité portuaire représente 18 200 emplois et produit 1,5 milliard de dollars en retombées économiques pour la grande région de Montréal.

Elle amène également des voyageurs. La gare maritime pour les navires de croisière a accueilli plus de 47 000 voyageurs et membres du personnel navigant l’an dernier. L’argent qu’ils dépensent se traduit par des emplois et une activité économique ici même à Montréal.

Mais surtout, le port de Montréal — et les autres ports de notre pays — sont des éléments essentiels de notre croissance économique.

C’est grâce à leur rôle si important que le gouvernement du Canada a pris des mesures pour faire en sorte que nos ports continuent d’être bien placés pour relever les défis du marché mondial. 

Créées à la fin des années 1990 en vertu de la Loi maritime du Canada, les administrations portuaires canadiennes sont des entités commerciales autonomes capables de fixer leurs propres orientations stratégiques et de répondre aux exigences de leur propre marché. 

Des modifications apportées à la Loi en 2008 ont donné une plus grande souplesse opérationnelle et financière à ces ports, notamment la capacité accordée aux administrations portuaires canadiennes de demander et de recevoir un financement du fédéral pour leurs infrastructures. Elles peuvent également recevoir des fonds pour des initiatives relatives au développement durable et pour la mise en œuvre de mesures de sûreté. 

En rétrospective, ces modifications se sont révélées cruciales pour les ports lorsque nous avons eu à traverser la pire récession depuis les années 1930.

Ces deux dernières années ont été très difficiles pour notre économie et les ports ne font pas exception. Le Plan d’action économique du Canada a répondu à cette crise économique en investissant les fonds nécessaires pour stimuler l’économie et créer des emplois dans tout le pays. 

Dans le cadre de ce plan, notre gouvernement a investi dans les ports canadiens, dont le port de Montréal, afin d’améliorer les connexions intermodales entre le transport maritime et le camionnage. Ces investissements ont eu lieu dans le cadre du Fonds de stimulation de l’infrastructure.

Dans d’autres ports le long du Saint-Laurent, comme celui de Sept-Îles et celui de Trois-Rivières, nous avons investi dans de grands projets qui profiteront aux industries régionales et faciliteront les exportations canadiennes qui sont si vitales pour notre économie.

D’autres fonds ont été investis dans le réseau portuaire du Canada, de Belledune sur la côte est à Vancouver sur la côte ouest.

Ces investissements font tous partie des 104 millions de dollars que le gouvernement du Canada a accordés aux installations maritimes dans le cadre du Plan d’action économique. 

Il est important de reconnaître aussi le rôle que joue l’industrie des transports et des gens comme vous en présentant ces projets et en engageant vos propres fonds pour les soutenir.

Ces investissements dans l’infrastructure sont maintenant tous engagés et les projets sont en cours.

Et ces investissements ont les effets désirés.

Ils ont stimulé l’économie lorsque le Canada en avait le plus besoin, en créant des emplois si nécessaires à tout le pays. 

Grâce à ce stimulant, nous continuerons de créer des emplois et notre économie continuera de croître pendant les années à venir en aidant les entreprises canadiennes à jouer un plus grand rôle dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Mais des difficultés complexes sont toujours présentes. Le travail du gouvernement et de l’industrie se poursuit. 

Nous avons beaucoup investi dans l’infrastructure pour la renouveler, mais il existe d’autres enjeux qui exigent de nouvelles façons de procéder. En particulier :

  • renforcer notre compétitivité dans une économie mondiale en évolution rapide;
  • améliorer notre performance environnementale;
  • établir des partenariats solides entre l’industrie et les gouvernements. 

Pour relever ces défis, nous devons aller plus loin et nous devons faire preuve d’intelligence, d’imagination et de capacité d’innovation. J’aimerais consacrer quelques instants à chacune d’elles.

Compétitivité

Le Canada est relativement mieux passé à travers la récession que les autres économies du G8, mais les temps restent difficiles pour l’économie canadienne et le secteur des transports. Les économies émergentes de la Chine, de la Russie, de l’Inde et du Brésil ont livré une forte concurrence dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, une concurrence qui va aller en s’intensifiant. 

Les ports canadiens sont en concurrence avec d’autres ports nord-américains pour obtenir une plus grosse part du commerce maritime. Nous ne sommes pas les seuls à étudier les forces et les faiblesses de nos chaînes d’approvisionnement et la logistique qui les soutient.

Parallèlement, le canal de Panama élargi sera inauguré en 2014 et créera de nouveaux défis, mais aussi de nouvelles possibilités.

Comme vous le savez, les expéditeurs regardent de près la productivité des ports et la façon dont les marchandises sont transportées à l’intérieur des terres par train, camion ou transport maritime à courte distance. 

Ils veulent de l’efficacité, des coûts compétitifs et de la fiabilité. Ils ne veulent pas de complications, de charges ni de surprises. Ils ont d’autres préoccupations et ont tendance à choisir les solutions qui facilitent le commerce.

La quête d’une plus grande efficience est certainement en tête de liste des priorités de chacun. Elle conduit à une baisse des coûts, à des revenus plus stables et à une fiabilité prévisible. Chaque partenaire de la chaîne d’approvisionnement essaie de faire autant de gains d’efficacité que possible dans ses propres opérations. 

Mais on se rend compte de plus en plus que les gains importants encore à réaliser seront le résultat d’une collaboration mieux intégrée. Cette approche à l’égard des transports et du commerce est au cœur de l’approche que nous avons adoptée pour nos portes et corridors.

Nous travaillons en ce moment à la mise en œuvre d’outils de mesure de rendement de la chaîne d’approvisionnement. Ces outils permettront de suivre les améliorations en matière de rendement au fil du temps et de nous assurer que les investissements dans les portes donnent des résultats.

L’an dernier, le temps d’arrêt des conteneurs ferroviaires d’importation aux principaux ports du Canada s’est maintenu en deçà de trois jours, faisant des transporteurs des leaders mondiaux en ce qui concerne le mouvement efficace des conteneurs du quai au service ferroviaire intérieur.

Il est bien évident que la fiabilité est un facteur essentiel pour attirer et créer de nouvelles affaires. Grâce à un réseau de ports fiable, les Canadiens peuvent accéder à des biens et des services dont les prix sont compétitifs. Cela veut dire également que le réseau des transports doit continuer de soutenir l’économie canadienne qui repose encore en grande partie sur les exportations.

Durabilité environnementale

Alors que nous cherchons à améliorer nos réseaux de transport, nous ne pouvons pas négliger les effets environnementaux de nos mesures. 

Le secteur maritime est fier d’offrir une option de transport écologique. Cependant, même un mode écologique doit continuer de s’améliorer et de chercher à le devenir encore plus. 

Comme beaucoup d’entre vous le savent, l’Alliance verte est une collaboration entre quelque 44 intervenants de l’industrie maritime présents dans le corridor de la Voie maritime du Saint-Laurent et des Grands Lacs, des deux côtés de la frontière.

Cette collaboration a donné lieu à un programme d’évaluation qui encourage chaque intervenant à évaluer son rendement par rapport à des questions environnementales importantes comme les résidus de cargaison et les émissions de gaz à effet de serre.

Étant donné que les solutions aux problèmes environnementaux du transport impliquent des innovations technologiques, l’investissement dans les bonnes technologies, la recherche et les bonnes pratiques commerciales confère un avantage concurrentiel en améliorant l’efficience, la fiabilité et la durabilité. 

Sur la scène internationale, le gouvernement du Canada a ratifié un certain nombre de conventions internationales concernant les impacts environnementaux du secteur des transports. Ces conventions auront pour effet de mieux protéger le milieu marin et la biodiversité, ainsi que la sécurité des navires, des marchandises et des travailleurs qui se trouvent à bord. 

Le Canada et d’autres pays prendront des mesures pour appliquer ces conventions. Pour sa part, l’industrie canadienne devra se conformer à ces exigences internationales pour pouvoir soutenir la concurrence des industries d’autres pays.

Nous continuerons également de collaborer avec les États-Unis et d’autres partenaires commerciaux pour poursuivre les objectifs environnementaux, mais sans oublier que notre réseau de transport doit rester efficient. 

L’industrie maritime demeure un élément fondamental du réseau de transport qui dessert l’économie nord-américaine.

Nous devons reconnaître que nos objectifs environnementaux sont les mêmes que nos objectifs économiques.

Par exemple, un réseau plus efficient non seulement contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais joue aussi un rôle important dans notre économie.

Ils ne s’excluent pas mutuellement.

Partenariats

L’amélioration de notre réseau de transport repose sur un aspect essentiel, une chose sans laquelle nous ne pouvons améliorer l’efficience, la fiabilité ou la durabilité environnementale : la nécessité de former des partenariats. 

Des partenariats avec le secteur maritime. Des partenariats entre les différents modes. Des partenariats entre les gouvernements et le secteur privé et entre les paliers de gouvernement. Des partenariats au niveau international.

L'Initiative de la Porte et du Corridor de l'Asie-Pacifique continue de démontrer clairement l’intérêt de ce genre de partenariat. 

Les investissements dans les projets d’infrastructure évalués à plus de 3 milliards de dollars sont le résultat de partenariats entre les différents ordres de gouvernement et le secteur privé. Les investissements du gouvernement fédéral dans ces projets s’élèvent à 1,4 milliard de dollars. 

Nous avons vu les avantages de l’approche fondée sur la porte et le corridor sur la côte ouest et nous voulons reproduire ce modèle pour les portes atlantique et continentale. 

Il a fallu beaucoup de temps pour établir le partenariat avec l’Asie-Pacifique—plus de dix ans. 

Une des leçons les plus importantes à retenir de l’initiative Asie-Pacifique est qu’il faut bien plus que de l’infrastructure pour améliorer la compétitivité d’une porte ou d’un corridor. 

Le partenariat entre l’Administration portuaire de Prince Rupert, Maher Terminals et le CN a donné des résultats impressionnants.

L’an dernier, alors que la plupart des ports d’Amérique du Nord enregistraient une baisse de leurs volumes au beau milieu de la crise économique, les volumes du port de Prince Rupert augmentaient au rythme de 45 pour cent. Et cette croissance s’est poursuivie en 2010.

Nous avons mis en œuvre des mesures destinées à rendre la porte et le corridor plus compétitifs, puis nous avons déterminé des mesures visant à accroître notre efficacité. Enfin, nous avons fait la promotion de nos avantages uniques à l’étranger au moyen de visites ministérielles et de stratégies de marketing ciblées.

Grâce à l’étroite collaboration entre nos partenaires, nos messages ont été entendus.

Depuis deux ans, nous développons les portes atlantique et continentale et établissons les partenariats dont nous avons tant besoin pour réaliser tout le potentiel que ces portes ont à offrir.

Pour ce qui est de l’avenir, il est évident que nous devons nous concentrer sur ce qui touche notre compétitivité sur le marché mondial.

Par exemple, nous devons examiner les structures de gouvernance et nos cadres de réglementation actuels pour nous assurer qu’ils ne représentent pas des obstacles à la croissance.

Il faut des politiques intégrées entre les diverses administrations et il faut que tous les intervenants collaborent à un objectif commun. Il faut trouver des solutions vraiment créatrices pour rapprocher les modes de façon totalement nouvelle.

Les ports et les chemins de fer l’ont déjà compris, et je pense que c’est une indication positive de ce qui se prépare. Ils se sont entendus pour s’attaquer aux questions de rendement et établir un système permettant de mesurer avec quelle efficacité ils transportent les marchandises sur le réseau.

Lorsqu’on mesure ce genre de rendement, chacun se concentre alors sur les vrais objectifs : améliorer l’efficience du système dans son ensemble et faire la preuve de notre capacité à répondre aux besoins des expéditeurs nationaux et internationaux. 

Cela n’aide pas seulement les ports et les chemins de fer — cela aide toute la chaîne d’approvisionnement.

Mesdames et messieurs, les partenariats ont joué un rôle fondamental dans le succès de nos initiatives des portes et, selon moi, ils continuent d'être la voie à suivre.

Par exemple, aujourd’hui, nous parlons de porte « à valeur ajoutée ». En fait, cela veut dire qu’il faut poursuivre les initiatives qui font pleinement ressortir la valeur économique de nos investissements dans les portes. 

Dans le cadre du soutien apporté au développement des ports intérieurs stratégiques, des groupes d’industries connexes génèrent de nouveaux investissements et créent des emplois.

Notre gouvernement a également mis en place plusieurs mesures fiscales incitatives qui favorisent la croissance de nos secteurs des importations et des exportations et qui donnent au Canada le système fiscal le plus compétitif des pays du G7.

Par exemple, nous avons harmonisé les règles sur les tarifs douaniers pour les conteneurs maritimes internationaux avec celles de nos partenaires américains.  Nous avons terminé des consultations sur un projet d’exonération des droits d’importation imposés sur les navires construits à l’étranger.

Dans le dernier budget, nous nous sommes engagés à éliminer tous les droits de douane sur la machinerie et l’équipement afin que d’ici 2015, le Canada devienne une zone franche pour les manufacturiers.

Nous continuerons de collaborer avec d’autres gouvernements et avec l’industrie pour créer le contexte qui permettra aux industries à valeur ajoutée de croître et de prospérer le long de nos portes et nos corridors de transport.

C’est un grand moment pour œuvrer dans les transports. Malgré les défis de l’avenir, je vois de nouvelles possibilités. C’est avec plaisir que je vais collaborer avec l’industrie maritime et ses partenaires intermodaux pour nous attaquer à ces défis et pour saisir ces possibilités. 

Merci de votre attention.

Date de modification :
2011-09-26