CALGARY
le 26 janvier 2012
Merci pour cette présentation.
C'est avec plaisir que je suis ici cet après-midi pour vous parler de l'avenir du réseau canadien des transports.
Ce forum est certainement l'endroit tout indiqué pour le faire. En effet, Transports Canada est, depuis plusieurs années, un fier partenaire du Van Horne Institute avec qui nous avons collaboré à maintes reprises.
Et bien sûr, le Van Horne Institute de l'Université de Calgary est reconnu pour son travail de longue date en ce qui concerne les transports au Canada.
J'étais heureux d'apprendre que la table ronde qui s'est tenue en novembre dernier a été un franc succès. Malheureusement, je n'ai pas pu y participer. Cependant, je tiens à vous féliciter pour la qualité exemplaire de vos documents d'information ainsi que pour vos discussions éclairées.
Votre séance a généré des idées intéressantes sur la façon de s'assurer que le secteur des transports demeure bien positionné pour faire face à l'avenir.
En particulier, j'ai noté que vous avez eu une discussion enrichissante et éclairée au sujet de la politique de transport nationale, des mécanismes de financement destinés à appuyer les besoins à venir en matière d'infrastructure, et des façons de favoriser l'innovation et de rendre le réseau de transport du Canada plus compétitif.
Ces questions, ainsi que les nombreuses autres questions abordées dans le cadre de la table ronde, présentent un grand intérêt pour moi et pour mon ministère alors que nous établissons notre orientation future et que nous prévoyons revoir d'ici 2015 la Loi sur les transports au Canada.
Mesdames et Messieurs, je souhaite aujourd'hui parler de l'avenir et de la façon dont notre gouvernement travaille avec ses partenaires, dont vous faites partie, pour se doter d'un réseau de transport capable de stimuler la croissance économique, de créer des emplois et de renforcer la compétitivité du Canada sur la scène mondiale.
J'évoquerai pour cela trois exemples de collaboration entre le gouvernement et ses partenaires en vue d'atteindre ces objectifs.
Avant de commencer, j'aimerais citer les paroles du très honorable David Cameron, premier ministre du Royaume-Uni, tirées de son allocution au Parlement en septembre dernier.
Il a déclaré qu'il « y a de fortes raisons de croire que le 21e siècle pourrait être celui du Canada. »
Il a ajouté ensuite que « le Canada a vu juste dans toutes ses décisions importantes des dernières années. »
Vous ne serez pas surpris d'apprendre que je suis entièrement d'accord avec cette dernière phrase qui se passe de commentaires.
Je veux toutefois revenir sur sa première phrase, puisqu'elle est en lien direct avec la discussion d'aujourd'hui.
Bien entendu, M. Cameron a raison : le 21e siècle pourrait être celui du Canada, mais j'ai plutôt la certitude qu'il sera celui du Canada.
Il en sera ainsi, car notre gouvernement prend les bonnes décisions.
Ce sera notre siècle, car les finances du Canada se portent mieux que celles de la plupart des autres pays, ce qui nous place dans une situation enviable pour l'avenir.
Ce sera notre siècle, car les Canadiens ont toujours eu le courage et la détermination de transformer leurs idées en réalité.
Toutefois, pour y arriver, nous devons nous assurer que nos bases sont solides, que nos politiques sont adéquates et que notre objectif est clair.
Nous devons donc nous doter d'un réseau de transport moderne, capable d'appuyer nos forces actuelles et notre potentiel.
Nous savons que c'est la voie à privilégier, car les transports au Canada ont toujours été synonymes d'occasions à saisir.
Notre réseau de transport relie les Canadiens : il permet aux ouvriers de se rendre au travail, aux voyageurs de se rendre à destination, et aux produits de se rendre jusqu'aux marchés.
Cependant, nous nous retrouvons aujourd'hui à la croisée des chemins alors que nous faisons face, tant à l'échelle nationale qu'internationale, à de nouvelles réalités telles que :
La prospérité du Canada de demain dépendra en grande partie de notre capacité à faire face aux pressions mondiales.
Nous avons la chance de pouvoir compter sur une de nos forces majeures, c'est-à-dire l'éventail de nos ressources naturelles qui sont en forte demande à l'échelle mondiale.
C'est pourquoi il est essentiel de pouvoir compter sur un réseau de transport capable de relever les défis imposés par toutes ces pressions, un réseau permettant un déplacement fiable et efficace des personnes et des biens.
Plusieurs idées sur la manière d'y parvenir ont été soulevées, et d'autres l'ont été à l'occasion de la table ronde tenue en novembre dernier. J'aimerais quand même vous en suggérer trois qui contribueront certainement à notre réussite.
Premièrement, nous devons assainir les finances publiques.
C'est ce que notre gouvernement a réalisé dès son arrivée au pouvoir et que nous continuons de prôner aujourd'hui, particulièrement en ces temps où nous devons redoubler d'efforts pour faire face aux fluctuations économiques mondiales qui sont bien souvent hors de notre contrôle.
Cela explique pourquoi nous avons procédé à des investissements sans précédent lorsque les tout premiers signes de ralentissement économique se sont manifestés. En effet, nous avons investi dans les infrastructures canadiennes, élargi notre réseau commercial et jeté les bases d'une croissance économique.
Cela comprend l'introduction, par notre gouvernement, du Plan d'action économique du Canada, qui prévoyait également la simplification de la réglementation et des investissements dans l'infrastructure, de façon à favoriser la création d'emplois et à renforcer notre capacité commerciale.
Le 2 mai 2011, notre gouvernement a reçu un mandat solide de la part des Canadiens : garder les taux d'imposition à un faible niveau et continuer à créer des emplois qui viendront s'ajouter aux 600 000 emplois déjà créés depuis juillet 2009.
Soyons clairs : la partie est loin d'être gagnée et bon nombre de défis se profilent à l'horizon.
Toutefois, grâce à nos efforts, notre situation est beaucoup plus enviable que celle d'autres pays.
Pour ce qui est des transports et de l'infrastructure, il est impératif que nos finances publiques soient saines puisqu'elles nous permettent une plus grande latitude quand vient le temps de faire des choix en matière de politiques et d'investissements.
Pour mettre en place un réseau de transport efficace, nous devons reconnaître les tendances et les occasions émergentes afin d'adapter nos systèmes et nos politiques en conséquence et en tirer le meilleur profit. C'est là le deuxième point sur lequel nous devons insister.
Lorsque nous parlons de débouchés sur le plan de l'économie mondiale, nous parlons des économies émergentes comme le Brésil, l'Inde, la Chine et la Russie.
En fin de compte, celles-ci représentent des marchés potentiels pour les industries canadiennes, de même que des possibilités de croissance économique et de création d'emplois pour les travailleurs canadiens.
Prenons l'exemple de la Chine.
À l'heure actuelle, la Chine est notre deuxième partenaire commercial bilatéral, juste après les États-Unis. Il s'agit d'un partenariat dont l'importance ne cesse de croître sur le plan économique. Comme vous le savez, le Premier ministre Harper se rendra en Chine le mois prochain dans le cadre des efforts que déploie notre gouvernement pour renforcer nos liens économiques, créer de nouveaux marchés, et jeter les bases d'une croissance à long terme.
Les relations commerciales entre l'Alberta et la Chine ont plus que triplé depuis 2003, ce qui fait de la Chine le deuxième partenaire commercial en importance de l'Alberta.
Au cours des deux dernières années, les investissements chinois dans le secteur énergétique albertain ont connu une forte augmentation alors que les exportations d'autres ressources naturelles continuent de croître.
En d'autres mots, l'Alberta possède ce dont la Chine a besoin.
Le cas de l'Inde est similaire, et il en est ainsi des autres économies émergentes.
Pourtant, toutes ces occasions ne valent rien si notre réseau de transport ne nous permet pas de les saisir.
Bien que ces économies émergentes soient synonymes d'occasions à saisir, elles bousculent également le lien traditionnel établi au Canada entre le transport et le commerce.
La bonne nouvelle, c'est que le Canada reconnaît ce fait depuis longtemps et que nous poursuivons la modernisation de nos systèmes et de nos politiques pour que notre réseau de transport soit bâti en conséquence. Ce processus a été rendu possible grâce à l'apport précieux de certains groupes comme le vôtre.
La Porte et le Corridor de l'Asie-Pacifique en est un excellent exemple. Il s'agit d'un réseau de transport qui rassemble les principaux fournisseurs de services de transport, de main-d'œuvre et de logistique le long de nos chaînes d'approvisionnement.
Pour appuyer cette initiative, notre gouvernement a établi un partenariat avec les quatre provinces de l'Ouest, des municipalités et le secteur privé afin d'annoncer des projets d'infrastructures stratégiques totalisant plus de 3,5 milliards de dollars, dont plus de 1,4 milliard a été versé par le gouvernement fédéral.
Nous appliquons certaines des leçons apprises pour harmoniser les réseaux et accroître l'efficacité à d'autres portes et corridors clés du Canada, y compris notre important réseau commercial avec les États-Unis.
Au cours de la dernière décennie, notre gouvernement s'est engagé à verser, avec l'aide de ses partenaires provinciaux et territoriaux, plus de 4 milliards de dollars pour des projets d'infrastructures frontalières.
Ces projets sont conçus pour accroître l'efficacité aux frontières et renforcer nos portes et corridors clés.
Comme vous le savez, le Premier ministre Harper et le président des États-Unis, M. Obama, ont annoncé en décembre le plan d'action sur la sécurité du périmètre et la compétitivité économique.
Ce plan d'action renferme 32 mesures qui couvrent quatre volets :
Le plan d'action n'est pas un accord final relativement à la frontière, il s'agit plutôt du début d'efforts communs destinés à gérer la frontière au cours des prochaines années. Je suis convaincu qu'il facilitera le commerce et les déplacements entre le Canada et les États-Unis, et qu'il permettra d'améliorer considérablement l'efficacité et la sécurité à la frontière canado-américaine.
Bien que les investissements stratégiques et les partenariats soient importants, ils ne peuvent, à eux seuls, garantir les progrès dont nous avons besoin.
Notre approche doit également tenir compte de l'utilisation des outils stratégiques et réglementaires appropriés.
Notre récente mesure destinée à améliorer la chaîne d'approvisionnement du transport ferroviaire des marchandises, qui aide également à renforcer l'efficacité des portes et corridors du Canada, en fait foi.
En novembre dernier, j'ai nommé Jim Dinning à la tête du processus de facilitation qui est au cœur des mesures annoncées en mars par le gouvernement du Canada pour donner suite à l'Examen des services de transport ferroviaire des marchandises.
Ce processus réunit des expéditeurs, des compagnies de chemin de fer et d'autres intervenants en vue d'élaborer des accords de service types ainsi qu'un processus simplifié de résolution des différends commerciaux.
Dans le but d'appuyer ces mesures commerciales, je me suis également engagé à déposer un projet de loi une fois que le processus de facilitation sera terminé.
Cette loi aura pour but d'accorder aux expéditeurs le droit de conclure des accords de service avec des compagnies de chemin de fer et proposera un processus pour la mise en place de tels accords si les négociations commerciales échouent.
J'ai également annoncé que notre gouvernement menait actuellement une analyse approfondie de la chaîne d'approvisionnement du grain afin que nous puissions nous mobiliser sur les problèmes ayant une incidence sur ce secteur et trouver des solutions.
Cette étude tiendra également compte du nouvel environnement de libéralisation de la commercialisation et de la vente du blé, du blé dur et de l'orge cultivés dans l'Ouest canadien. Ce nouvel environnement sera en place pour l'année de récolte 2012.
Ces changements importants prouvent que nous sommes déterminés à mettre en place un réseau de transport qui répondra aux besoins du pays en ce 21e siècle.
Mesdames et Messieurs, il y a un fil conducteur bien présent dans notre démarche : nous misons sur l'intégration et non sur l'isolement.
Ainsi, l'époque où chaque mode de transport fonctionnait indépendamment des autres est révolue. Nous devons travailler ensemble à améliorer véritablement notre compétitivité.
En ce qui a trait aux systèmes de transport, une approche plus globale nous permettra de mieux gérer les nouveaux défis et d'améliorer la productivité au sein du secteur, laquelle avait ralenti au cours des dernières années. Finalement, une telle approche nous permettra de rattraper notre retard en ce qui a trait à l'innovation par rapport à nos partenaires commerciaux et à nos compétiteurs.
Voilà qui m'amène à mon troisième et dernier point, c'est-à-dire la mise en place d'un réseau de transport capable de répondre aux besoins du 21e siècle du Canada en matière de transport.
Alors que nous nous affairons à intégrer les modes et les systèmes de transport, nous devons aussi continuer à consolider notre engagement envers le partenariat et la collaboration.
Depuis son arrivée au pouvoir, notre gouvernement en a fait une priorité.
Notre feuille de route démontre que nous avons su travailler avec les domaines de compétence traditionnels pour trouver des solutions non seulement dans le secteur des transports, mais également dans celui des infrastructures, qui en sont le pilier.
Le secteur privé a trop longtemps été ignoré lors des prises de décisions. Aussi, nous nous efforçons de changer cette situation.
Nous poursuivrons cette approche à l'aube de la prochaine phase du Plan d'action économique du Canada et du processus de planification à long terme de l'infrastructure.
Nous allons continuer de collaborer avec des groupes tels que l'Université de Calgary et le Van Horne Institute afin d'entendre l'opinion des universitaires et des experts.
Il n'y a pas de place à l'exclusion, surtout en cette ère de défis et de transition.
Conclusion
Mesdames et Messieurs, c'est en assainissant nos finances publiques, en ciblant les possibilités qui s'offrent à nous tout en mettant en place le réseau qui nous permettra de saisir les occasions qui se présentent, et en renforçant nos partenariats que nous nous assurerons que le réseau de transport canadien répondra non seulement à nos besoins actuels, mais qu'il stimulera également la croissance économique et garantira une meilleure compétitivité du pays à l'échelle mondiale.
J'ai très hâte de travailler avec vous afin de saisir tout ce potentiel et de faire en sorte que le 21e siècle soit véritablement celui du Canada.
Merci.