Étude de cas - Projet d'alimentation à quai au Port Metro Vancouver

Objectif du projet : Améliorer la qualité de l’air aux environs du Port Metro Vancouver (PMV) en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES) et de principaux contaminants atmosphériques (PCA) produites par les navires amarrés au terminal Place du Canada.

Partenaires : L’Administration portuaire de Vancouver Fraser (APVF) en collaboration avec Transports Canada (TC), Diversification de l’économie de l’Ouest Canada, la province de la Colombie-Britannique, Holland America Line (HAL), Princess Cruises (Princess); et BC Hydro ont rendu ce projet possible.

Durée du projet : De février 2009 à mars 2011.

Résultats du projet : Du mois d’avril 2010 au mois d’octobre 2010, 44 raccordements à l’alimentation à quai des navires ont été effectués au terminal Place du Canada du PMV. Lors de ces 44 raccordements les navires ont été connectés au réseau électrique de la Colombie-Britannique pour une durée total de 268 heures. Au cours de cette période, ils ont consommés 2 024 MWh d’électricité produite majoritairement à l’aide d’hydroélectricité au lieu de consommer 476 tonnes de combustibles fossiles, ce qui a réduit les émissions de GES de 1 521 tonnes ainsi qu’une quantité importante de PCA.

Description du projet

Le PMV a mis en œuvre un projet en vue de réduire les émissions atmosphériques provenant de navires de croisière grâce à l’assistance financière du Programme d’alimentation à quai des navires de Transports Canada. L’alimentation à quai des navires permet aux navires de s’alimenter à l’électricité lorsqu’ils sont amarrés au quai, au lieu de consommer du carburant diésel pour assurer le bon fonctionnement du navire. Les principaux avantages procurés par cette technologie incluent la réduction des coûts de carburant, l’amélioration significative de la qualité de l’air locale (réduction de GES et PCA) et une diminution importante du bruit. Ce projet contribue à l’atteinte des objectifs de la Colombie-Britannique 1 et du Canada  2 en ce qui a trait aux réductions de GES.

PMV était le premier port canadien à être équipé d’un système d'alimentation à quai des navires.

Méthodologie

Une fois la construction complétée, les données sur la consommation d’électricité des navires raccordés au système d’alimentation à quai ont été compilées et analysées afin de mesurer la réduction en consommation de carburant. La réduction de la consommation de carburant a engendrée des diminutions en émissions de GES et de PCA qui ont été obtenus à l’aide des plus récents facteurs d’émissions disponibles pour les navires en contexte canadien. L’analyse inclus également une comparaison entre le coût moyen du carburant par rapport au coût de l'électricité dans le but de déterminer les économies générées par l’utilisation de l’alimentation à quai.

Résultats de la performance

Les tableaux 1 et 2 résument les données obtenues lors des escales de navires et le résultat des raccordements pour la saison 2010 (d’avril à l'octobre).

  Tableau 1 - Sommaire des escales de navires, avril 2010 à octobre 2010
Nombre total de visites Nombre de visites avec utilisation de l’alimentation à quai Nombre d’heures amarrés (h)
177 58 629,5
  Tableau 2 - Raccordement au système d’alimentation à quai des navires, avril 2010 à octobre 2010
Nombre de raccordements complétés Heures de raccordements Consommation en électricité (MWh) Économies de carburant (tonnes) Réduction en équivalent de CO2 (tonnes)
44 267,7 2 024,1 475,6 1 521

Tel que spécifié dans les tableaux 1 et 2, le terminal de la Place du Canada du PMV a été utilisé à 177 reprises, pour un total de 629,5 heures, entre le mois d’avril 2010 et le mois d’octobre 2010. De ces 177 utilisations, 58 raccordements au système d’alimentation à quai auraient été possibles, cependant, des conflits d’horaires et autres considérations ont restreint le nombre de raccordements à 44. Au cours de ces 44 raccordements, les navires ont été alimentés en électricité pour un total de 267,7 heures et ont réduit les émissions de GES de 1 521 tonnes. En moyenne un navire était raccordé à l’alimentation à quai pour une durée de 6 heures et réduisait sa consommation de carburant de 10,7 tonnes par visite (ou 1,78 tonnes par heure).

Résultats financiers

Le coût final du projet était de 9,04 millions de dollars, ce qui dépasse légèrement les prévisions budgétaires initiales. L’analyse, basée sur les coûts en vigueur au moment où les mesures ont été prises, révèle que les navires de croisière économisaient en moyenne 234 $ et 1,78 tonne de carburant à l’heure en utilisant l’alimentation à quai.

Conclusion

Au cours de la première saison d'opération, le projet d'alimentation à quai des navires du terminal de la Place du Canada a produit des économies de carburant de 475,6 tonnes, une réduction équivalente à 1 521 tonnes de CO2 en émissions de GES ainsi qu’une réduction significative en émissions de PCA. Une augmentation du nombre de navires équipés pour recevoir une alimentation en électricité provenant du quai laisse présager une augmentation de l’utilisation de la technologie à l’avenir.

L'alimentation à quai des navires s’est révélé être une technologie fiable et efficace contribuant à la réduction des émissions de grande échelle. De plus, l’alimentation à quai des navires occasionne une réduction des émissions de GES et de PCA au terminal de la Place du Canada, un secteur particulièrement sensible puisqu’il est situé au cœur du centre-ville de Vancouver.

Un projet d'alimentation à quai des navires requiert la participation de tous les partenaires impliqués, y compris le port, les services d'utilité publique et les agences gouvernementales. Les défis les plus importants surmontés au cours de ce projet furent le développement et l'approbation d'un tarif accessible pour l’alimentation en électricité ainsi que la mise en place d’une entente quant à la juridiction du travail concernant le branchement et débranchement de l’équipement d’alimentation à quai des navires.

1 La Colombie-Britannique vise à réduire ses émissions de GES de 33 % par rapport au niveau de 2007 d’ici l’an 2020. (Retourne à 1)

2 Le Canada vise à réduire ses émissions de GES de 17 % par rapport au niveau de 2005 d’ici l’an 2020. (Retourne à 2)