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Les liens entre la santé publique et le transport durable et actif

Infrastructure de transport actif

Aperçu

Le transport durable et actif a un rôle important à jouer pour améliorer la santé des Canadiens.

Le présent document de discussion se veut un sommaire de la recherche pertinente sur les liens qui existent entre la santé des Canadiens et leur accès et leur utilisation en ce qui a trait aux infrastructures de transport durable et actif.

Il porte sur les principaux risques liés à l'inactivité physique et à l'exposition aux polluants atmosphériques émis par les véhicules de transport motorisés, ainsi que sur les nombreux avantages qui peuvent être tirés lorsque les gens décident d'utiliser les modes de transport actif et durable.

Ressources choisies

Les références se trouvent à la fin du document.



Contexte

Route écologique de Central ValleyL'accès aux infrastructures de transport actif et durable et les politiques et programmes d'appoint influent sur la façon dont les Canadiens se déplacent tous les jours. De même, les Canadiens qui décident d'utiliser les modes de transport actif et durable peuvent aussi améliorer leur santé en général et réduire les risques liés à certaines maladies.

Selon Statistique Canada, plus de 80 p.100 des Canadiens vivent en milieu urbain. La recherche démontre que vivre en milieu urbain peut être bénéfique pour la santé du fait que les personnes qui vivent dans des zones urbaines compactes et bien conçues ont tendance à marcher, à faire du vélo, à utiliser davantage les transports en commun et moins leur voiture.

Selon Statistique Canada, en 2005, environ 86 p. 100 des Canadiens ont utilisé une voiture pour aller au travail, soit comme conducteurs ou passagers. De ce nombre, 57 p. 100 vivaient à moins de cinq kilomètres de leur lieu de travail. Cela est particulièrement vrai dans les banlieues et les régions rurales où les collectivités sont conçues en fonction des voitures.

Ainsi, les gens ont tendance à prendre leur voiture pour aller au travail, à l'école, aux magasins, aux centres de loisirs, entre autres, une situation qui peut avoir des effets nocifs sur leur santé.



Enjeux liés à la santé et à la sécurité

Après des décennies de recherche, il est prouvé que même une faible amélioration de l'aptitude physique peut engendrer des bienfaits considérables pour la santé.

Pour jouir de ces bienfaits, l'Agence de santé publique du Canada (ASPC) recommande que les adultes fassent au moins 30 minutes d'exercice par jour. Toutefois, 63 p. 100 des Canadiens ne sont pas assez actifs pour bénéficier des effets positifs que procure l'activité physique. Le fait d'utiliser les modes de transport actif et durable pour les déplacements quotidiens peut aider à se conformer à cette exigence journalière.

Facteurs de risque liés à l'inactivité physique.
Dans le cadre de l'Enquête sur la santé des collectivités canadiennes, on a déterminé que presque la moitié des adultes canadiens ont un excédent de poids et que de ce nombre, 23 p. 100 sont obèses. Pour ce qui est des enfants, la Fondation des maladies du cœur, dans son Bulletin de santé des Canadiens 2005 souligne que le nombre d'enfants obèses a triplé au cours des 20 dernières années, 37 p. 100 des enfants ont un excédent de poids ou sont obèses.

Ski de fond

Le nombre de décès au Canada liés à l'obésité a presque doublé au cours des 15 dernières années, passant de 2 514 en 1985 à 4 321 en 2000 (Fondation des maladies du cœur, 2004), et d'après les Instituts de recherche en santé du Canada, 9 p. 100 de tous les décès au Canada chez les adultes âgés entre 20 et 64 ans sont dus à l'excédent de poids ou à l'obésité.

L'augmentation des cas d'obésité et la prévalence d'autres facteurs de risque, comme la haute pression, l'usage du tabac et le mode de vie sédentaire, augmentent l'incidence des maladies du cœur et des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Chaque année, 50 000 Canadiens subissent un AVC et 79 500 d'entre eux meurent à la suite de maladies cardiovasculaires (Fondation des maladies du cœur, 2006).


Le taux de diabète de type 2 augmente aussi. Contrairement au diabète de type 1, le type 2 peut être retardé ou prévenu entièrement avec l'adoption d'un régime alimentaire sain, l'augmentation de l'activité physique, la perte de poids, l'arrêt de fumer et la réduction du stress. Cinq mille personnes sont décédées des suites de cette maladie en 1999 et le taux de mortalité augmente depuis 1986.

Au fur et à mesure que le taux d'obésité s'accroît et que la population du Canada vieillit, Santé Canada prédit que quatre millions de Canadiens seront affectés par le diabète de type 2, ce qui fera augmenter considérablement le taux de mortalité d'ici 2010.

Dans une étude menée par l'Association canadienne du diabète (ACD), les personnes à risque de contracter le diabète de type 2 peuvent diminuer ce risque de 58 p. 100 en faisant modérément de l'exercice 30 minutes par jour et en perdant entre 5 p. 100 et 7 p. 100 de leur excédent de poids. Chez les personnes âgées de 60 ans ou plus, ce risque diminue de 71 p. 100.

Exposition à la pollution atmosphérique.
Le transport routier de passagers est responsable de la moitié des émissions de gaz à effet de serre personnelles des Canadiens (Transports Canada (TC)). Le fait de moins conduire sa voiture, de faire du vélo, de marcher et d'utiliser les transports en commun plus souvent a des effets immédiats et positifs sur l'air que nous respirons.

Vélo de montagne

Certains problèmes de santé peuvent être retardés ou évités en faisant de l'exercice tous les jours et des choix sains en matière de mode de vie. De plus, ces choix peuvent diminuer le risque d'exposition aux émissions des véhicules.

La plupart des Canadiens sont maintenant sensibilisés aux alertes au smog, en particulier dans l'est du Canada, alors que le nombre de journées de smog a augmenté au cours des dernières années. Mais qu'est-ce que le smog exactement?


Le smog est constitué de matières particulaires (MP) et d'ozone de la basse atmosphère.

Une matière particulaire est constituée de poussière et de fumée émises par les véhicules, les cheminées industrielles, entre autres, et peut avoir des effets nocifs sur la santé humaine tout au long de l'année.

L'ozone de la basse atmosphère est constitué de deux polluants, soit les composés organiques volatiles (COV) ou hydrocarbures (HC) et les oxydes d'azote qui réagissent entre eux. L'ozone de la basse atmosphère requiert de la chaleur pour se former, c'est pourquoi le smog se produit normalement au cours des périodes chaudes de l'année. Toutefois, le smog d'hiver peut se produire lorsque l'air stagnant cause une accumulation de polluants.

Plusieurs études, y compris celles menées par la Environmental Protection Agency et le Center for Disease Control des États-Unis, ont démontré que même aux niveaux inférieurs le smog est dangereux.

Chaque année, les effets du smog causent environ 16 000 décès prématurés (Climate Change Connection Manitoba).

De plus, la Ontario Medical Association estime qu'en 2005 environ 17 000 Ontariens ont été admis à l'hôpital en raison de problèmes de santé liés à l'exposition à la pollution atmosphérique, un nombre qui devrait augmenter à 24 000 dans 20 ans.

Le nombre d'alertes au smog et de journées de smog en Ontario a augmenté au cours de la dernière décennie, 2005 étant une année de smog particulièrement mauvaise. Quinze avis de smog ont été émis, dont un au cours de la première semaine de février, le premier avis de smog d'hiver jamais émis au Canada.

Avis de smog émis pour l'Ontario par le ministère de l'Environnement depuis 1995
Année Nombre d'avis Nombre total de jours
1995 6 14
1996 3 5
1997 3 6
1998 3 8
1999 5 9
2000 3 4
2001 7 23
2002 10 27
2003 7 19
2004 8 20
2005 15 53
2006* 6 17

*Au 18 octobre 2006.
Source: ministère de l'Environnement de l'Ontario, Qualité de l'air Ontario.

Les effets commencent à se produire à des niveaux très bas de MP et d'ozone de la basse atmosphère et s'accroissent constamment au fur et à mesure que les concentrations augmentent. Les personnes âgées, les jeunes enfants et les personnes souffrant de maladies respiratoires ou cardiovasculaires sont les plus à risque, mais même les adultes en santé qui sont physiquement actifs ou qui travaillent à l'extérieur peuvent être atteints (Environnement Canada).

Les enfants, par exemple, ont besoin de plus d'oxygène pour leur poids corporel que les adultes et respirent plus rapidement, absorbant, toutes proportions gardées, plus de polluants atmosphériques (Institut canadien de la santé infantile, 2005). Le document de discussion no 40,Le transport chez les jeunes, publié dans le cadre du Programme de démonstration en transport urbain, de Transports Canada, donne un aperçu des problèmes de santé qui affectent les enfants.

Child riding a bike

La bonne nouvelle est que les personnes qui utilisent des modes de transport actif et durable sont à moindre risque d'exposition à la pollution atmosphérique. En fait, le conducteur et les passagers d'une voiture sont exposés jusqu'à 10 fois plus à la pollution que les piétons, les cyclistes et les usagers des transports en commun (Climate Change Connection Manitoba).

Cela a été prouvé dans plusieurs études, y compris une étude publiée dans le Health Promotion Journal en Australie dont nous donnons ci-dessous les conclusions sur l'exposition relative à la pollution atmosphérique par mode de transport.


Les auteurs de l'étude ont conclu que les gens qui vont au travail au cours des heures de pointe devraient utiliser d'autres modes que la voiture pour réduire leur exposition et celle des autres navetteurs aux polluants atmosphériques en réduisant leur contribution aux émissions de gaz à effet de serre.

Comme cela a préalablement été mentionné, l'ozone de la basse atmosphère requiert de la chaleur pour se former. Les niveaux les plus élevés se produisent donc dans l'après-midi des journées chaudes. Pour réduire l'exposition au smog, de nombreux professionnels de la santé préconisent que les gens ne fassent pas d'exercice à l'extérieur au cours de ces périodes et qu'ils remplacent les activités vigoureuses comme le jogging par la marche ou qu'ils joggent tôt le matin ou dans la soirée.

Le Service de santé publique de Toronto, par exemple, a déterminé les niveaux de polluants selon l'heure de la journée dans le tableau ci-dessous.

Polluant Heure de la journée où le niveau des polluants
est inférieur à la moyenne
Dioxide de soufre Avant 7 h et après 18 h
Ozone Avant 10 h et après 20 h
Dioxyde d'azote Avant 6 h et entre 10 h et 19 h
Dioxyde de carbone Avant 6 h et après 17 h
Matière particulière ≤ 2.5 micromètres) Avant 7 h et après 19 h

Niveaux des polluants les plus communs

Source: "Comparison of Air Pollution Exposure for Five Commuting Modes in Sydney- Car, Train, Bus, Bicycle and Walking", Health Promotion Journal of Australia, vol. 15, no1.

Du fait qu'un grand nombre de niveaux des polluants les plus communs sont à des niveaux inférieurs au cours des heures de pointe, le fait d'utiliser des modes de transport actif et durable pour les déplacements quotidiens (en particulier les jours de smog) peut diminuer le risque d'exposition d'une personne à la pollution atmosphérique.

Circulation sécuritaire.
Les transports en commun, le vélo et la marche sont plus sécuritaires dans l'ensemble. Les données de Transports Canada démontrent qu'en 1995, les collisions de véhicules motorisés ont entraîné la mort de 3 347 Canadiens et en ont blessé 241 800. À l'opposé, de 1986 à 1995, 5 179 piétons ont été tués et 157 703 ont été blessés par des véhicules motorisés.

Selon le Victoria Transport Policy Institute (VTPI), le fait d'abandonner la voiture pour un mode de transport non motorisé réduit le total de risque de collision par habitant. D'après le VTPI, les collisions entre les piétons et les cyclistes et les véhicules motorisés diminuent dans les régions où le taux des déplacements non motorisés est plus élevé, ce qui permet de présumer que les conducteurs deviennent plus prudents lorsqu'ils voient plus de marcheurs et de cyclistes.

De même, selon la revue Cascadia Scorecard 2006, la circulation dans les rues étroites des villes et des banlieues plus populeuses semble se faire plus lentement que sur les grandes artères suburbaines, ce qui diminue la gravité des collisions. Un marcheur frappé par un véhiculeur motorisé filant à 64 kilomètres à l'heure (km/h) survit dans 15 p. 100 seulement des cas. À 48 km/h, les chances de survie sont de 45 p. 100.

De plus, d'après la American Public Transportation Association, le fait d'utiliser les transports en commun est 79 fois plus sécuritaire que d'utiliser une voiture.

Un facteur stratégique : la population vieillissante du Canada.
Selon Statistique Canada, d'ici 2031, le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans pèsera pour presque un quart de la population du Canada (Statistique Canada, le 15 décembre 2005). Cela aura non seulement des répercussions sur le système de soins de santé, mais aussi sur les transports en commun.

Les aînés utilisent les transports en commun plus que tous les autres groupes d'âges et l'utilisation des transports en commun, en pourcentage de part du total des trajets, s'accroît considérablement avec l'âge. Par exemple, à Montréal, 66 p. 100 des trajets en dehors des heures de pointe sont effectués par les personnes âgées de 65 ans à 74 ans, et à Ottawa, 73 p. 100 des trajets en dehors des heures de pointe sont effectués par les personnes âgées de 65 ans à 74 ans. (Transports Canada, 1997).

L'Association canadienne du transport urbain (ACTU) estime que du fait que le pourcentage croissant de personnes âgées de 65 ans ou plus fera augmenter l'achalandage en dehors des heures de pointe, la demande de services « d'autobus communautaires », reliant les zones résidentielles aux magasins, aux installations de soins de santé et aux centres communautaires, augmentera à l'avenir.



Type de milieu urbain

Plusieurs études récentes ont démontré que le type de collectivité où vivent les Canadiens peut influer sur leur santé.

L'expansion tentaculaire.
L'expression « expansion tentaculaire » est utilisée depuis de nombreuses années pour décrire les collectivités érigées aux abords des villes, mais que signifie cette expression exactement ?

L'auteur d'une étude sur la relation entre les endroits où les gens vivent et les niveaux d'obésité définit l'expansion tentaculaire comme suit.

  • Une population grandement dispersée dans des complexes domiciliaires à faible densité.
  • Séparation drastique des domiciles, magasins et lieux de travail.
  • Absence de centres d'activités distincts et dynamiques, comme le sont les centres urbains ou suburbains.
  • Un réseau de routes bordées d'immeubles de grande taille et peu accessibles de l'un à l'autre (Ewing, et coll., 2003).

Une des principales études sur la relation entre le type de milieu urbain et la santé a été publiée dans le numéro d'août 2004 du American Journal of Preventive Medicine, sous le titre « Obesity Relationships with Community Design » (Relation de l'obésité avec la conception urbaine) (Frank, et coll., 2004). Les auteurs de l'étude ont suivi 11 000 personnes et constaté l'existence de liens entre la vie en banlieue et les niveaux d'obésité.

En fonction de l'âge, du revenu et du niveau d'éducation, les chances de devenir obèse diminuent dans les collectivités dotées d'un plus grand nombre de services. En d'autres mots, lorsque les gens peuvent marcher ou prendre leur vélo pour magasiner, travailler, s'instruire et vaquer à leurs occupations quotidiennes, ils sont moins aptes à prendre un excédent de poids ou à devenir obèses.

Pour les résidents des collectivités les plus piétonnières, plus d'un tiers faisaient les 30 minutes d'exercice quotidien requis (environ 2 kilomètres) et, pour chaque kilomètre de marche supplémentaire par jour, leurs chances de devenir obèses diminuaient d'un autre 5 p. 100. Toutefois, ceux qui passaient 30 minutes par jour à conduire leur véhicule avaient 3 p. 100 plus de chances de devenir obèses.

Conclusion des auteurs:

L'accroissement de la marche peut être obtenu par l'adoption de diverses politiques qui incluent des incitatifs à court terme pour favoriser la marche utilitaire et récréative et l'apport de changements à long terme de l'environnement structurel, comme une augmentation de la diversité des services, la densité, et la connectivité des rues qui font de la marche une option agréable et viable.

Les résultats de l'étude de Frank ont été confirmés par d'autres études nord-américaines. Dans son Bulletin 2005, la Fondation des maladies du cœur a constaté que les personnes qui vivent en banlieue et dans les petites villes utilisent leur voiture davantage et, par conséquent, font moins d'activités physiques. On a aussi constaté que les personnes vivant dans des endroits de densité moyenne à élevée, où les services communautaires et commerciaux sont à distance de marche ou de vélo de leur domicile, sont 2,4 fois plus aptes à faire les 30 minutes d'exercice quotidien requis.

Concevoir des collectivités pour une meilleure santé.
La conception des collectivités influe manifestement sur la façon dont les Canadiens font de l'exercice. De nombreuses zones suburbaines sont caractérisées par des rues sinueuses dont peu sont dotées de trottoirs, de pistes cyclables ou de passages pour piétons, voire aucune, ce qui rend la marche ou le cyclisme des options moins sécuritaires et agréables.

Infrastructure de transport actif

Par contre, la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) donne un aperçu de la façon dont la conception des collectivités peut avoir un effet positif sur la qualité de l'air.

La SCHL a constaté que dans la région de Toronto, les émissions de gaz à effet de serre des déplacements des jours de semaine des personnes vivant dans des zones à usage mixte et favorisant la marche et les transports en commun étaient le tiers du niveau d'émissions des déplacements des personnes vivant dans des zones dispersées aux abords des villes. (SCHL, Lors de votre prochain déménagement).


Nombre estimé de véhicules par ménage en moyenne: Vancouver

Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL). Estimations effectuées dans le cadre de l'étude de la SCHL intitulée « émissions de gaz à effet de serre attribuables aux déplacements urbains : outil d'évaluation de la durabilité des quartiers ». 2000. Selon une moyenne de 2,6 personnes par ménage. Tous droits réservés. Toute autre utilisation et reproduction de ce document sont interdites.

De plus, la SCHL a étudié cinq des plus grandes villes du Canada (Vancouver, Calgary, Toronto, Ottawa et Montréal) pour connaître le nombre de véhicules par ménage. Chaque ville à été divisée en cinq zones (p. ex. zone centrale et zones suburbaines).

Comme l'illustre le graphique ci-dessus pour la ville de Vancouver, les personnes vivant dans les banlieues possédaient deux fois plus de voitures que celles vivant dans les zones centrales où les transports en commun et les infrastructures de transport actif sont en plus grand nombre. Des résultats semblables ont été obtenus dans le cas des cinq villes étudiées.



Coûts et avantages

Les effets de l'inactivité physique, de la pollution atmosphérique et du manque d'options de transport comportent des coûts et des avantages.

Soins de santé.
D'après le Canadian Medical Association Journal, le fardeau économique annuel de l'inactivité physique est évalué à 5,3 milliards de dollars (1,6 milliard de dollars en coûts directs et 3,7 milliards de dollars en coûts indirects). Pour citer un exemple, Environnement Canada a estimé que les coûts médicaux moyens liés à une admission à l'hôpital pour une maladie respiratoire s'élèvent à 3 000 $, plus 1 000 $ en perte de salaire et en productivité.

L'Ontario, dont la population est la plus nombreuse, assume le plus fort montant des coûts liés aux soins de santé. Dans son rapport de 2004, le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario souligne que l'obésité coûte au système de soins de santé provincial 4,3 milliards de dollars annuellement, soit 1,6 milliard de dollars pour les coûts liés aux soins hospitaliers, aux médicaments et aux médecins et 2,7 milliards de dollars en coûts indirects, comme la perte de salaire due à la maladie ou à un décès prématuré.

Cela dit, les facteurs de risque pour de nombreuses maladies, par exemple, le diabète de type 2, les maladies du cœur, les AVC, l'arthrite, l'obésité, le cancer, l'ostéoporose, entre autres, diminuent lorsque les Canadiens accroissent leur niveau d'aptitude physique. Par exemple, les maladies cardiovasculaires, qui coûtent au système de soins de santé plus de 7,3 milliards de dollars en coûts directs annuellement, pourraient être réduites de moitié si les Canadiens faisaient de l'exercice régulièrement (ASPC).

Environnement.
Dans le cadre de sa Stratégie de développement durable de 1997, Transports Canada a fait état que les coûts environnementaux liés aux transports variaient entre 14 milliards de dollars et 36 milliards de dollars chaque année.
De plus, une étude commandée par le gouvernement de l'Ontario a démontré que le smog coûte environ 9,6 milliards de dollars annuellement en soins de santé et en dommages environnementaux (ministère de l'énergie de l'Ontario).

Le fait de remplacer la conduite d'une voiture par des modes de transport durable, par conséquent, a un effet immédiat et positif sur la qualité de l'air localement, ce qui contribue à réduire les effets nocifs du smog et des matières particulaires.

D'après l'organisation Vert l'action, si toute la population canadienne augmentait à 10 p. 100 sa moyenne de marche et de cyclisme d'aller-retour au bureau qui présentement s'établit à 8 p. 100, le nombre total de trajets de véhicules au Canada chuterait d'environ 100 millions par année. Chaque trajet à pied ou à vélo pour remplacer un trajet par voiture évite l'émission de 26 grammes d'hydrocarbure, de 20 grammes de dioxyde de carbone et de 1,6 gramme d'oxyde d'azote par voyageur mille.

Infrastructures de transport actif

Infrastructure.
Fournir une infrastructure de transport actif et durable est beaucoup moins coûteux que construire de nouvelles routes. Le ministère des Transports de l'Ontario estime que la fourniture d'accotements pavés pour les cyclistes coûte entre 50 000 $ et 100 000 $ le kilomètre et 205 000 $ le kilomètre pour les pistes pavées. Par contre, le coût d'élargir à quatre voies une artère urbaine coûte environ 1,3 million de dollars le kilomètre.


Autres avantages.
Selon le VTPI, l'économie moyenne pour 16 093 kilomètres (10 000 milles) du passage d'un mode de transport motorisé à un mode de transport non motorisé est d'environ 16 700 $ (14 300 $ US) comme l'illustre le tableau ci-dessous.

Avantages Par 1,609 km Total
Réduction de la congestion $0.02 $200
Économies liées à la route $0.05 $500
Économies liés au véhicule $0.28 $2,800
Coûts de stationnement $1.14 $11,400
Réduction de la pollution atmosphérique $0.05 $500
Réduction de la pollution par le bruit $0.03 $300
Conservation d'énergie $0.05 $500
Avantages liés à la sécurité de la circulation $0.05 $500
Total $1.67 $16,700

Source: Adapté du VTPI. Quantification des avantages du transport non motorisé pour atteindre les objectifs en matière de gestion de la mobilité, le 30 novembre 2004.

Pour les employeurs, le fait d'inciter les employés à utiliser les modes de transport actif et durable peut accroître la productivité et réduire les coûts liés au stress ou aux congés de maladie. Par exemple, les fonctionnaires municipaux de la ville de Toronto ont manqué 3,35 moins de jours au cours des premiers six mois d'existence du programme d'aptitude physique « Metro Fit » que ceux n'y ayant pas participé (Conseil canadien de la santé et de la vie active au travail (CCSVAT).

Les avantages sociaux peuvent être difficiles à quantifier, mais les faits semblent démontrer que le transport actif et durable favorise la cohésion sociale et une meilleure vie communautaire. La recherche semble aussi démontrer que pour les aînés, l'activité physique, comme celle générée par l'usage de modes de transport actif et durable, peut les aider à continuer à vivre de façon indépendante (ASPC).



Conclusion

La promotion du transport actif et durable peut être faite de nombreuses façons, et les programmes et les politiques peuvent provenir d'un grand nombre de sources différentes, des gouvernements, des employeurs, des professionnels de la santé, des écoles, entre autres.

Il existe une foule de programmes de gestion de la mobilité qui peuvent être mis en œuvre. Les études de cas menées dans le cadre du Programme de démonstration en transport urbain fournissent des renseignements fort utiles sur ces programmes et, pour faciliter les choses, nous donnons ci-dessous une liste des stratégies possibles.

  • Améliorer les infrastructures de transport en commun, de marche et de cyclisme.
  • Fournir des aires de stationnement des vélos et intégrer les vélos aux transports en commun.
  • Imposer des frais de congestion et de distance (p. ex. route à péage).
  • Offrir des incitatifs liés au transport aux employés (p. ex. laissez-passer à rabais pour les transports en commun).
  • Hausser les frais de stationnement ou la taxe sur le carburant.
  • Axer le développement sur le zonage efficace et les transports en commun (collectivités axées sur la croissance intelligente, concentration urbaine).
  • Atténuer la circulation.
  • Contribuer à la planification sans voiture.
  • Informer le public pour l'inciter à utiliser les modes de transport non motorisés.

Les sujets commentés dans le présent document touchent de nombreux aspects et ne peuvent être considérés que du point de vue des transports. Promouvoir une meilleure santé et réduire les modes de transport motorisés demandent de reconnaître et de cerner les obstacles qui existent et de créer les incitatifs requis pour inciter les gens à changer leur comportement en matière de déplacements.

Les campagnes de commercialisation sociale se sont avérées un outil efficace pour inciter les gens à changer leur comportement et à délaisser leur véhicule au profit de modes de transport actif et durable.

En dernier lieu, il est important de noter que les intervenants dans ces domaines doivent pouvoir compter sur l'appui d'alliés dans plusieurs secteurs, dont la santé publique. Les politiques et les programmes doivent non seulement réussir, mais ils doivent faire bénéficier la population d'avantages supplémentaires. Le fait de créer des partenariats avec diverses organisations accroît les ressources d'un projet, comme le financement ou l'expertise, et rehausse aussi la crédibilité des questions traitées auprès du grand public.



Références et ressources

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Date de modification :
2012-02-02