Ville de Mont-Saint-Hilaire – Département d'urbanisme
Début en 2002, continu
Suite à la mise en service du train de banlieue reliant Mont-Saint-Hilaire au centre-ville de Montréal, la ville de Mont-Saint-Hilaire s'est inspirée d'un concept de « transit oriented development » ou TOD pour créer un développement résidentiel autour de la gare nommée : Village de la Gare.
Cette approche vise à réduire l'utilisation de l'automobile dans un village où les aménagements de type « traditionnel » accordent la priorité à la marche ou au vélo.
Depuis son début en 2002, le projet se concrétise:
Bernard Morel
Ville de Mont-Saint-Hilaire, Québec
Téléphone: (450) 467-2854
Courriel: urbanisme@villemsh.ca
Logé au pied d'une des collines montérégiennes, Mont-Saint-Hilaire est une petite ville à caractère résidentiel située sur la rive sud de Montréal, à 40 kilomètres du centre-ville. Elle compte environ 14 500 habitants.
Source: Université McGill
La municipalité se caractérise par son côté naturel qui offre à ses résidants une montagne, un lac, une rivière et plusieurs vergers. Forte de ces richesses, la ville mise sur la nature et le bien-être de ses citoyens. La montagne est désignée « Réserve Mondiale de la biosphère » par l'UNESCO depuis 1978 en raison de ses caractéristiques biologiques et géologiques uniques.
Mont-Saint-Hilaire s'étend sur une superficie de 43 km2. Son réseau routier compte 100 Km de route urbaine, 30 Km de route rurale et 24 Km de route appartenant au Ministère des transports du Québec. La ville compte quatre circuits d'autobus (dont deux passent par la gare) ainsi qu'un train qui relie Mont-Saint-Hilaire au centre-ville de Montréal.
Le service de train est disponible en semaine depuis 2002, du lundi au vendredi. Les départs et retours sont en fonction des horaires de travail conventionnels. Les quatre départs du train de Mont-Saint-Hilaire vers Montréal se font entre 5h45 et 7h30 et les quatre retours entre 17h15 et 19h00.
Depuis l'avènement de l'automobile, le développement des grandes villes nord-américaines s'effectue en fonction des grands axes autoroutiers. Ce type de développement urbain a entraîné de nombreux problèmes associés à l'automobile : congestion routière, bruit, étalement urbain, pollution, dépendance de plus en plus marquée envers l'automobile, accidents, problèmes de santé, etc.
Face à cette problématique, de nombreuses villes ont développé des aménagements visant à faciliter les déplacements en autobus, en métro, en tramway, à pied et à vélo. Ce concept nommé « transit oriented development » ou TOD a été mis en place dans plusieurs villes européennes et américaines dont Seattle, Portland et Redmon.
En mai 2000, l'Agence métropolitaine de transport (AMT) a remis en service le train (nommé train de banlieue) reliant le centre-ville de Montréal et les gares de Saint-Lambert, Saint-Bruno et McMasterville. Il y avait un départ le matin et deux départs en après-midi. À compter de septembre 2001, on a offert deux départs le matin et trois en après-midi. En septembre 2002, le service du train de banlieue s'est allongé en ajoutant la gare de Mont-Saint-Hilaire et le nombre de départs s'établit à quatre le matin et quatre l'après-midi. La fin de 2003 a vu l'ajout de service pour la gare de Saint-Basile-le-Grand et en décembre 2003 la gare de Saint-Hubert.
Le service du train de banlieue relie Mont-Saint-Hilaire au centre-ville de Montréal, en passant par d'autres banlieues.
Suite à la mise en service du train par l'AMT et dans la perspective de conserver une qualité de vie supérieure, la ville de Mont-Saint-Hilaire s'est inspirée de l'approche TOD pour créer le Village de la Gare. Les caractéristiques de cet aménagement sont la densité élevée, la proximité et la mixité des fonctions où le résidentiel, le commercial et l'institutionnel sont inclus dans une même zone. La ville de Mont-Saint-Hilaire est la première ville au Québec à s'inspirer de ce concept pourtant très populaire en Europe et aux États-Unis.
De plus, ce village urbain ressemble aux villages traditionnels où toutes les commodités étaient regroupées, permettant de faire les emplettes à pied. Ainsi, on réduit l'utilisation de l'automobile, et on place l'humain au cœur du développement. En conséquence, le quartier est moins pollué, moins bruyant, plus sécuritaire et plus convivial.
Ce projet innovateur veut offrir une nouvelle façon de vivre en banlieue de Montréal à l'image de ce que font plusieurs grandes villes dans le monde.
La montagne donne un cachet exceptionnel au quartier
L'objectif de ce type de projet est de créer un quartier multifonctionnel autour des systèmes de transport en commun, le tout permettant de conserver l'aspect naturel de la ville. Dans le cas particulier de Mont-Saint-Hilaire, le concept d'aménagement de 1000 unités d'habitation sur un ancien site industriel (raffinerie de sucre) complètement réhabilité vise à favoriser la conservation du milieu naturel au périmètre de la montagne en diminuant la pression du développement autour de celle-ci. La proximité des services mis en place contribuera à augmenter l'utilisation du vélo et de la marche pour ainsi réduire l'utilisation de l'automobile et préserver la qualité de vie dans la région.
La conception du Village de la Gare s'inspire des orientations et des objectifs du développement durable, ce qui se traduit ici par un développement urbain centré sur le réseau de transport en commun. De plus, le secteur résidentiel se localise de façon à créer une aire d'affluence qui s'étend jusqu'à une distance maximale de 750 mètres par rapport à la gare. On retrouve les densités les plus fortes à proximité de la gare.
On a étudié quatre terrains potentiels selon une analyse multicritère portant principalement sur l'aspect fonctionnel et pratique de la gare, la circulation, le confort des usagers et l'insertion urbaine.
Le terrain de 73 hectares se site entre la rivière Richelieu et le chemin de fer. On localise les zones à haute densité (rouge) près de la gare alors que les extrémités du site sont moins denses (jaune). Une école primaire (bleu) est aussi prévue.
Le choix du site a été influencé en grande partie par la présence du service de train. Une partie du site avait autrefois une vocation agro-alimentaire. Il couvre une superficie d'environ 73 hectares (100 terrains de football), soit 30% du périmètre urbain de la municipalité. La mise en valeur des éléments naturels (cours d'eau et parc linéaire) a été une préoccupation très importante pour les promoteurs tout au long du projet.
Suite à la sélection du terrain, des analyses ont été effectuées en collaboration avec le ministère de l'Environnement du Québec pour garantir l'absence de contaminant et l'état de la nappe phréatique.
L'aménagement du territoire veut faciliter les déplacements sans automobile et garder l'aspect naturel du site.
À la fin du projet, le Village de la gare comptera 1000 unités d'habitation. Elles seront regroupées dans un rayon de 750 mètres autour de la gare ce qui équivaut à une marche d'environ 10 minutes de la gare. L'aménagement du quartier propose une alternative à l'automobile : des réseaux piétonniers et cyclables conduisent à la gare.
Aménagement du territoire
Les espaces verts occupperont 14% du site, et une plantation d'arbres servira de brise-vent au périmètre du site.
La grille des rues forme un quadrillé favorisant la marche plutôt que l'automobile.
Réseau routier
La conception du réseau routier prévoit plusieurs mesures d'atténuation de la circulation automobile (traffic calming):
Aménagement des bâtiments
Le boulevard de la Gare intègre une rangée d'arbres entre les deux voies.
Plusieurs caractéristiques favoriseront le cachet d'antan de ce village : l'implantation de bâtiments vers la rue, plusieurs typologie de bâtiments, la répartition des bâtiments selon un principe de densité, l'harmonisation avec le style architectural du village de Mont-Saint-Hilaire, l'importance du caractère champêtre et une distance de 3 à 5 mètres des bâtiments par rapport à la rue. De plus, certains secteurs intégreront la conservation de caractéristiques naturelles attrayantes comme les regroupements d'arbres, les dénivellations du terrain et les percées visuelles.
Sur une même rue, il y aura des bâtiments avec différentes densités, tout en gardant le caractère champêtre.
Modification du plan d'urbanisme
La réalisation de ce projet a nécessité des modifications au plan d'urbanisme, en particulier l'ajout des principes du développement durable. Le nouveau plan reconnaît que le transport en commun constitue l'armature principale du développement résidentiel de ce quartier et il vise à reconnaître la création du Village de la Gare comme un projet structurant pour la ville de Mont-Saint-Hilaire. La Ville a aussi dû harmoniser sa réglementation et l'émission des permis de construction en conséquence. Le nouveau règlement de zonage établit la répartition des typologies : forte densité près de la gare, faible densité près de la rivière. Par ailleurs, toute demande permis de construction doit inclure un plan d'implantation et d'intégration architecturale (PIIA) conforme aux dispositions applicables du règlement.
Les bâtiments se situent plus près de la rue (entre 3 et 5 mètres) voulant ainsi favoriser le cachet d'antan.
Aménagement de la gare
L'architecture de la gare s'inspire des gares traditionnelles. On l'a aménagée de façon à réduire les émissions de bruit vers les aires résidentielles. À cette fin, on a aménagé des talus tampons, le stationnement incitatif de 600 places se trouve près de la gare alors que les voies de garage des trains se situent dans le secteur industriel.
Train
La gare s'inspire d'une architecture traditionnelle. Un passage piétonnier surélevé relie les deux côtés de la gare.
Le train de banlieue relie directement Mont-Saint-Hilaire à la gare Centrale, adjacente à la station de métro Bonaventure au centre-ville de Montréal. Un trajet direct de 45 minutes procure un service rapide, confortable, ponctuel et économique.
Depuis le début du projet, 100 unités d'habitation ont été construites. Depuis la mise en service du train de banlieue à Mont-Saint-Hilaire en septembre 2002, il y a eu une augmentation de près de 30 000 usagers. L'achalandage annuel pour cette ligne en 2003 était de 1 040 540 personnes. Ces chiffres indiquent qu'il y a effectivement eu une diminution de l'utilisation de l'automobile vers le lieu de travail.
Selon un sondage fait par l'Agence métropolitaine de transport en septembre 2003, les usagers expriment leur satisfaction face au service.
De plus, la valeur des résidences à Mont-Saint-Hilaire a augmentée depuis l'aménagement du village. À l'extérieur du village, la valeur des condominiums situés près de la gare a augmenté de 30 à 40%. En 2004, les nouvelles résidences construites au village de la gare se vendent 250 000 $ et plus.
L'agence métropolitaine de transport (AMT), en collaboration avec la ville de Mont-Saint-Hilaire et le promoteur privé Cooke, Bombardier, & Lesage ont mis en chantier le Village de la Gare en septembre 2002. Le ministère de l'environnement du Québec a participé à la production du dossier environnemental du site. La firme Roche-Deluc a aidé à élaborer les plans du réseau routier. Plusieurs intervenants du milieu dont les citoyens, le comité consultatif d'urbanisme (CCU) et le conseil municipal ont participé à l'élaboration du projet. Les autres consultants du projet sont : Luc Bougie, urbaniste; Christian Faubert, ing. Groupe Conseil BMST Roumon; Alan Bellavance, architecte, Atelier A. Bellavance; Martin Choinière, ing. Circulation Roche-Deluc; Jules Hurtubise, économiste; et le personnel du service de planification de l'Agence métropolitaine de transport.
Les investissements requis pour ce projet sont estimés à 150 millions de dollars. Les coûts d'aménagement des infrastructures ont été partagés, selon les champs de compétence, entre la Ville, le ministère des Transports du Québec, l'AMT et le promoteur privé. Le programme Revi-Sols du ministère de l'Environnement du Québec a permis de défrayer une partie des coûts de décontamination des terrains anciennement occupés par une raffinerie de sucre.
La réalisation du Village de la Gare s'échelonnera sur une période de 10 ans.
Les images sont une gracieusété de la ville de Mont-Saint-Hilaire et l'Agence métropolitaine de transport de Montréal
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