Résumé des collisions mettant en cause des autobus scolaires, Canada 1989-1997

Le transport en toute sécurité des écoliers préoccupe Transports Canada depuis des années. L'adoption d'un certain nombre de normes de sécurité en 1982 a entraîné un grand nombre d'améliorations comme l'élimination des sièges à dossier en métal rigide munis de poignées de maintien rigides. Actuellement, 37 normes de sécurité s'appliquent aux autobus scolaires et font constamment l'objet d'examens et de modifications s'il y a lieu. Parmi les plus importantes, mentionnons les exigences concernant les bras d'arrêt escamotables, les matériaux ignifuges utilisés pour le revêtement des sièges, la rétention de l'essence au cours d'une collision, les issues de secours, la résistance des joints de construction des autobus, les rétroviseurs/miroirs, les sièges à rembourrage absorbant l'énergie et le rembourrage de certaines parties de l'autobus. L'exigence concernant l'installation de ceintures de sécurité à bord des autobus scolaires a été proposée en 1978, mais elle a été retirée de la norme définitive en raison des réactions hostiles qu'elle a suscitées.

En 1984, on a procédé à un programme d'essais pour déterminer les effets de l'ajout de ceintures sous-abdominales dans les autobus scolaires. Des autobus scolaires de trois tailles différentes ont ainsi été projetés contre une barrière rigide à la vitesse de 48 km/h pour simuler une collision frontale grave. Il y avait six mannequins à bord de chaque autobus, trois retenus par des ceintures et trois ne portant pas de ceinture. Le rapport [1] publié en 1985 a souvent fait l'objet de référence. La principale conclusion était la suivante : « Advenant une collision frontale très grave, l'usage des ceintures de sécurité sous-abdominales dans n'importe lequel des trois genres d'autobus scolaires (modèles récents) qui ont été mis à l'essai risque d'entraîner, pour un occupant ceinturé, des blessures à la tête et au cou plus graves que pour un occupant non ceinturé ».

En dépit de cette conclusion, on a jugé qu'il était possible que les ceintures de sécurité, reconnues pour grandement réduire le taux de mortalités et de blessures parmi les occupants des voitures de tourisme, soient aussi bénéfiques pour les occupants des autobus scolaires. On a donc entrepris un programme d'essais sur chariot d'accélération en 1986 pour déterminer s'il était possible d'éliminer les effets potentiellement néfastes des ceintures sous-abdominales sur les blessures à la tête et au cou en utilisant des sièges plus rembourrés, en ajoutant des baudriers simples ou doubles ou en orientant les sièges vers l'arrière. Les seules façons apparentes de rehausser le niveau de sécurité déjà offert étaient l'utilisation d'une ceinture sous-abdominale avec un baudrier simple et l'orientation des sièges vers l'arrière. L'utilisation de ceintures à trois points supposerait l'installation de solides appuis capables de résister aux forces des ancrages de ceinture, en particulier des ancrages supérieurs. Ceci reviendrait à anéantir les effets actuellement offerts par les sièges mous qui absorbent l'énergie. Alors, l'option de l'orientation des sièges vers l'arrière est apparue comme la solution la plus pratique.

Pour déterminer les types de problèmes opérationnels que risquait de poser l'orientation des sièges vers l'arrière, on a entrepris un programme de démonstration durant l'année scolaire 1987-1988. C'est ainsi que des autobus équipés de sièges orientés vers l'arrière ont été mis en service à divers endroits du Canada. Seuls les enfants plus âgés ont trouvé la solution inconfortable, ce qui indique que le désir d'être orientés vers l'avant est un élément acquis. Les rares problèmes devaient pouvoir être surmontés en commençant par installer ces sièges pour les jeunes enfants, puis en en poursuivant l'installation à mesure que les enfants grandissent.



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